Vialet.org

Aller à l'accueil | A propos de ce blog | Contactez-moi

dimanche 3 mai 2009

Le retour de la vulgate de Goebbels

Il est vraiment dommage de ne pas avoir réussi à trouver un seul des discours de Joseph Goebbels entre 1933 et 1945 en français. J'aurais en effet voulu établir un parallèle entre le phrasé de la voix du Troisième Reich et le discours tenu par les trois sinistres personnages de cette vidéo.

L'Histoire se répète, mais ce n'est pas le meilleur de ce qu'elle pouvait nous proposer, loin de là.

mardi 31 mars 2009

Du problème de l'identification des Panzers

Les très bons ouvrages sur l'organisation de l'armée Allemande durant la Seconde Guerre Mondiale en français sont plutôt rares. Panzertruppen, aux éditions Heimdal (dont on attend toujours le catalogue en ligne), écrit par François de Lannoy et Josef Charita, en est justement un (exceptionnel).

Panzer III ou Panzer IV ?

Je ne ferai pas la chronique de ce livre, que vous pourrez lire sur ce site. Je voudrais plutôt lui reprocher de pêcher dans la dernière partie consacrée à la reproduction commentée de photographies de propagande. Il n'y a rien de plus énervant de voir à quel point l'identification des blindés laisse ici à désirer, et détonne du reste de l'ouvrage.

Il y a tout d'abord une réelle confusion entre le Panzer III et le Panzer IV tout au long des commentaires, à la défaveur du Panzer III qui est quasiment toujours identifié comme étant un modèle IV sur les photos datant de la période 1942-1944. Il n'y a pas non plus d'effort en ce qui concerne les différents modèles de ces blindés : il faudra vous contenter du type. Est-ce un Panzer IV Ausf. D ? G ? Un Panzerbefehlswagen ? Vous n'en saurez rien.

Panzer III L hors de combat

Je me propose donc de combler partiellement et modestement ces manquements...

Erratum de Panzertruppen

Pages 202-203 : il s'agit de Panzer III, probablement des Ausf. H ou J (page 202) et Ausf. J ou L (203) équipés du canon court KwK 38 L/42 (50 mm).

Page 207 : de beaux clichés de Panzer III Ausf. L ou M (équipés du canon long KwK 39 L/60 de 50 mm) pris dans le feu de l'action.

Pages 218 : il y a un Panzer III Ausf. L ou M équipé de schurzen (le deuxième en partant de la gauche sur la photo du milieu). On retrouve le même blindé page 221 sur les deux clichés, toujours au sein de cette même colonne composée de Tigres I Ausf. E et de Panzer IV H.

Page 225 : un Panzer IV Ausf. H croise un III L ou M dont on distingue très bien les plaques de blindage supplémentaire rivetées sur la coque et l'épais mantelet du canon de 50 mm. La dernière photo de cette page est aussi un cliché d'un Panzer III (probablement le même).

Page 226 : à nouveau la légende mentionne un Panzer IV quant il s'agit d'un III : Belle vue d'un Panzer IV. Nous sommes certainement en présence d'un modèle M de dernière génération ou un modèle plus ancien ré-équipé (nouveau canon, blindage supplémentaire, schürzen, etc.).

Page 233 : erreur à mon sens bien pire que les précédentes (le III ressemble beaucoup à un IV quant on ne connaît pas leurs caractéristiques propres) : un char russe BT-7 léger est pris pour un T-34 !

Page 234 : il y a des Panzer IV (Ausf. C ou D) dans cette colonne de blindés, tout à l'avant de celle-ci.

Page 236 : le cliché du bas présente en arrière plan un Panzer I et non pas II (qui lui est bien au premier plan).

Page 245 : là encore l'auteur voit un Panzer IV quant il s'agit d'un Panzer III Ausf. G (probablement) équipé d'un 5 cm KwK 38 L/42.

Page 248 : cette fois-ci, ce sont des Panzer IV Ausf. G qui sont identifiés comme étant des III. Page suivante nous retrouvons un III identifié comme étant un IV.

Pages 252 et 253 : une belle série de clichés sur des Pz III Ausf. J ou L.

Page 254 : un Panzerbefehlswagen III avec probablement un 37 mm (donc un Ausf. G ou H reconvertis). On peut clairement voir que la mitrailleuse de coque MG-34 n'est pas présente, signe caractéristiques des chars de commandement.

Page 263 : encore un Panzerbefehlswagen III dans sa version tropicale.

Page 264 : deux Panzer IV sur le même cliché : un IV Ausf. G (avec canon long de 75 mm) et un IV Ausf. E (canon court de 75 mm). Sur la page suivante, la dernière photo est celle d'un Panzer III Ausf. J ou L.

Comment distinguer un Panzer III d'un IV et inversement ?

Panzer IV G

L'armement

Ces deux chars n'auront jamais le même armement principal, sauf pour la toute dernière version du Panzer III qui sera équipé du tout premier canon du Panzer IV :-) Au début de la guerre (1939-1942) le Panzer IV sera équipé d'un canon de 75 mm court puis d'un 75 mm long (avec un frein de bouche bien visible). Le III d'un canon 37 puis 50 mm (de deux calibres différents), pour finir par un 75 mm court (donc sans frein de bouche pour tous ces modèles).

Le train de roues

Si jamais le cliché présente les flancs du char, __comptez les galets de retour (les roues supérieures sur lesquelles les chenilles reposent) : 3 pour le Panzer III, et 4 pour le IV :-)

Crédit photos : http://worldwar2.free.fr

mardi 11 novembre 2008

Tué à l'ennemi

Il y a maintenant 90 ans, près de la Marne, dans un petit village aujourd'hui disparu appelé Ripont, mon grand-oncle Adrien Husband devait trouver la mort. C'était le 27 septembre 1918, à peine un mois-et-demi avant la fin de la première guerre dite "moderne".

De l'Algérie à la Marne

Né à Saïda, près d'Oran, en 1889, il est lieutenant en 1918 lorsqu'il rejoint le front avec le 2ème Tirailleurs Marocains (2e RTM), régiment mixte composé à la fois de pieds noirs et de troupes « coloniales », engagé tardivement dans la guerre (l'état major français est d'abord réticent à l'idée d'aligner des troupes indigènes, mais face aux dernières offensives allemandes de 1918, toutes les ressources - américaines, coloniales - sont bonnes à prendre). Face à l'imminence de la fin du conflit, après 5 années de saignées et l'effondrement moral de l'Allemagne (qui débutera véritablement le 29 septembre 1918), Adrien n'a d'autres pensées que s'illustrer sur le champ de la 2ème bataille de la Marne. A défaut de gloire et de médaille, c'est une balle qui le fauchera en pleine tête : il venait de fêter ses 29 ans.

Acte de décès d'Adrien Husband

Le petit village de Ripont ne fut même pas reconstruit après guerre, tant sa destruction était totale. Mon grand-père rapatria après-guerre le corps de son frère, qui repose maintenant en paix en Normandie.

Les commémorations de 14-18

Que dire aujourd'hui de ce fatras médiatique autour des commémorations de la "Grande Guerre" ? Je reprendrai le commentaire publié dans Le Monde d'Antoine Prost, professeur à l'université Paris-I-Sorbonne :

Choisir Douaumont plutôt que l'Arc de triomphe, c'est se ranger du côté des victimes plutôt que du côté des vainqueurs. Cela revient, comme quand on célèbre Guy Môquet, à mettre l'accent sur la compassion sans se poser la question de la repentance. En cela, le président de la République est parfaitement en phase avec l'époque.

Il est plus que temps aujourd'hui d'aborder la question de la repentance, c'est-à-dire de la responsabilité et de la culpabilité de la France dans ce massacre. 90 ans après les faits, la classe politique française et l'Armée se posent encore la question de la réhabilitation des quelques 600 fusillés pour l'exemple officiels, c'est-à-dire des hommes désignés ou tirés ou sort afin d'être passés par les armes. Je ne saurais trop vous conseiller une fiction, Path of Glory, de Kubrick qui vous plongera dans l'aberration du code militaire français (le film fut d'ailleurs interdit de projection en France pendant près de 18 ans...).

Au delà de cette focalisation sur le troufion de base, qui n'est que l'arbre qui cache la foret, c'est bien les événements de 1914-1918 qu'il faudra pendre le temps d'enseigner et de faire comprendre.

Les fautes de la France

Tout d'abord, l'aveuglement idéologique et la bêtise dont firent preuve le Haut Commandement français (népotique et corrompu) mais aussi anglais à préférer le choc, l'offensive directe, à une réelle approche stratégique indirecte. Et ce, pendant 5 longues années. Les poncifs tactiques de l'armée française sont nombreux à ce sujet, celui-ci est particulièrement représentatif :

Action locale en vue d'entretenir la combativité.

En d'autres termes, lancer un assaut pour rien. Sans objectif.

Ensuite, c'est l'anachronisme de la pensée militaire française alors que de nombreux exemples sont à sa disposition : la Guerre de Sécession, celle des Boers et plus proche encore, le conflit russo-japonais (1904-1905). Les précédents sont donc nombreux et ne peuvent avoir été ignorés, si ce n'est volontairement.

Le fantassin français est mal équipé : pantalon rouge, pas de casque ; il porte un sac de 35 kg et est armé d'un fusil Lebel sans chargeur. Surtout, le Règlement de manœuvre d'Infanterie, totalement surréaliste, a un siècle de retard dans ses préceptes. En voici un exemple :

Article 330. Dès que le moment de l'assaut devient proche, la baïonnette est mise au canon. Entraînés par les officiers et les gradés, les tirailleurs prennent le pas de course et se jettent, baïonnettes hautes, sur l'adversaire au cri de « En avant, à la baïonnette ! » Les tambours ou clairons sonnent ou battent la charge.

On comprend mieux les conditions dans lesquelles Adrien trouva la mort, mais moins le fait qu'à la toute fin du conflit, on a toujours recours à ces charges inutiles et meurtrières... Le premier film d'un assaut, daté de 1916, montre bien l'harnachement et la fameuse baïonnette au fusil du Règlement.

Enfin, c'est une France qui jette pour la première fois de son histoire une telle masse de soldats sur un front réduit, s'embourbant elle-même dans une guerre de position. C'est une France qui ne comprend pas l'intérêt stratégique que procurent les lignes de chemin de fer (et le déplacement rapide de troupes d'un front à l'autre). C'est une France qui ne comprend pas non plus les implications d'une guerre totale et industrialisée. Et c'est finalement une France victorieuse qui ne saisit pas, à la toute fin, l'opportunité de faire une vraie paix européenne et qui ouvrira directement la voie à un nouveau conflit.

Ces Père la Victoire (Clemenceau), ces Joffre, ces Pétain, ces Nivelle, sont autant de figures que l'histoire a jugées mais pas encore condamnées. Que l'on cesse de parler des tués à l'ennemi, qu'on arrête de se recueillir sur les tombes, et que l'on parle véritablement de la Première Guerre mondiale.

Je finirai ce billet sur une phrase extraite du discours de Nicolas Sarkozy prononcé ce jour, que je vous laisse sans commentaire :

Je penserai à cette jeunesse qui n'ira plus mourir en masse sur les champs de bataille. Je penserai à ces hommes dont on avait trop exigé, qu'on avait trop exposés, que parfois des fautes de commandement avaient envoyés au massacre et qui un jour n'ont plus eu la force de se battre.

mardi 4 novembre 2008

Les valeurs de la Marseillaise

La Marseillaise est trop souvent entendue comme une mélodie mais pas comme une pédagogie.

Telle fut la déclaration de Brice Hortefeux, du ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire (vous pouvez respirer).

Il est urgent, je pense, que le monde politique cesse de se mêler de l'Histoire en général, et plus particulièrement celle troublée de la France.

Si je devais enseigner les origines et la signification de la Marseillaise, de son véritable nom Chant de guerre pour l'armée du Rhin, que pourrais-je en dire ?

Une marche militaire...

Tout d'abord, la Marseillaise n'était pas destinée à devenir un hymne national ; elle le fut deux ans après sa création. La Marseillaise est avant tout le symbole de l'auto-destruction de la jeune république française par les armes. Ce chant miliaire donc, a été composé dans le cadre de la déclaration de guerre de la France à l'Autriche de François II, afin de soutenir moralement l'Armée du Rhin stationnée près de Strasbourg.

1792 voit donc s'ouvrir le début des guerres révolutionnaires, guerres d'agression (on dirait aujourd'hui préemptives) et guerres de survie face à la coalition formée en 1793 par l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse, la Hollande, l'Espagne et le royaume de Sardaigne.

...suivie de 23 années de guerre

De ces guerres interminables, qui dureront 23 ans et verront disparaître la République au profit de l'Empire de Napoléon Bonaparte puis la Restauration, il ne nous reste comme symbole vivant que ce Chant de guerre pour l'armée du Rhin, devenu Marseillaise. La Révolution fut avant tout un sanglant confit, une guerre livrée d'abord pour le peuple (français), puis contre lui, et enfin contre l'Europe toute entière.

Sensibiliser les migrants sur l'hymne national, de valoriser la Marseillaise, son histoire, ses valeurs, d'en faire un outil de patriotisme, comme cela fut dit dans l'entourage du ministre, relève donc d'une lecture totalement partisane à des fins propagandistes de l'histoire de la Révolution française.

Y voir des valeurs humaines, modernes et universelles est bien la preuve que la politique et l'Histoire sont en totale opposition.

lundi 27 octobre 2008

Rencontre insolite en Afghanistan

Vu sur Flickr, via les widget de Yahoo!, quelques photos d'une rencontre insolite entre un touriste et les restes d'un char Soviétique, le fameux T-34 en plein Afghanistan.

On peut aisément reconnaître le modèle de T-34 photographié grâce à la forme de la tourelle et à son long canon : il s'agit de la dernière déclinaison du tank, le T-34/85, armé d'un canon anti-char de 85 mm et qui fut mis en service en 1944.

La production de ce char ayant été arrêtée à la fin des années cinquante (après avoir atteint plus de 20 000 unités), il s'agit donc d'une carcasse veille de plus d'un demi-siècle ! Le moteur (situé à l'arrière du blindé) et quelques roues ont d'ailleurs certainement été récupérés par les locaux.

Je suppose qu'il fut utilisé par le gouvernement afghan soutenu par les russes pendant la Guerre d'Afghanistan , ou bien par les moudjahidines ? Certains de ces chars sont d'ailleurs toujours en service, preuve s'il en est de la très grande fiabilité et simplicité de conception du T-34.

2977073111_0510145fa4.jpg

2977073863_6165af0b12.jpg

2977073653_e11ddcb8c1.jpg

2977935172_5b18582aa3.jpg

D'autres photos du char ainsi que d'un obusier de campagne sont visibles ici.

page 2 de 2 -