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samedi 17 septembre 2011

ZeroThune : vers un prochain lancement ?

Page d'accueil du mini-site ZéroThune

Plus d'un an après avoir été annoncée, la sortie du site de téléchargement de musique gratuite ZéroThune serait finalement imminente. Décryptage.

Annoncé pour septembre 2010 sur le blog de Philippe Lagane, avant de connaître de graves difficultés financières qui déboucheront sur un dépôt de bilan et une mise en redressement judiciaire début 2011, le site zerothune.com serait sur le point de voir le jour.

Il se faisait d'ailleurs attendre sur la page Facebook officielle du projet, comme en témoignent certains commentaires agacés de « fans ».

De nouveaux partenaires...

La société éditrice du futur ZéroThune, Urban Musique, s'est tournée vers de nouveaux partenaires afin d'assurer le développement et le lancement de son site Web.

La version initiale du site, qui devait laisser une place conséquente au contenu éditorial grâce à « (...) une encyclopédie de type Wiki administrée par l’entreprise et complétée par les internautes sous forme participative » et à un « (...) contenu rédactionnel plus fourni que sur n’importe quel autre concurrent actuel » selon les mots de la journaliste du Site des marques, sera en tout état de cause simplifiée dans cette nouvelle mouture (quoique temporaire a priori).

Le premier de ces nouveaux partenaires est le site de vente à crédit WellPack.fr. Cette enseigne - qui ne donne que très peu d'interviews ou d'informations sur ses résultats, si ce n'est à travers SOCIETE.COM et dont le dernier article dans le Journal du Net remonte à 2008 - est un système de vente à crédit de produits high-tech pour l'essentiel.

Par exemple, il vous en coûtera 10 € par mois pendant 48 mois afin d'acquérir la nouvelle Nintendo 3DS (pack avec deux jeux) contre 167 € chez Amazon en achat comptant (console nue). Un système intéressant lorsque vous ne pouvez débourser une telle somme dans le mois, mais qualifié de « cher au final » selon l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, et affichant des « prix au comptant (qui) sont parfois prohibitifs », toujours selon elle.

Le développement technique de cette nouvelle version de ZéroThune a vraisemblablement été confié à la SSII West Interactive. Cette société est proche de WellPack, dont elle a d'ailleurs réalisé le site Internet. Le site sera en toute probabilité hébergé sur ses serveurs.

Logotype de 7digitalEnfin, et c'est probablement le plus surprenant, la musique ne sera plus fournie par Amazon France, ce qui avait été annoncé par AccessOWeb en 2010, mais par un de ses concurrents venu d'outre-Manche : la société 7digital. Impossible de savoir ce qui a motivé l'abandon d'Amazon pour 7digital, on peut simplement supposer que la position « d'outsider » de la société aura offert une meilleure base de négociation pour Urban Musique. Les titres seront téléchargés depuis ce site, tout comme ils devaient l'être depuis le site d'Amazon dans la première version de ZéroThune.

7digital s'est lancée assez tardivement sur le marché français, mi-septembre 2009 et compte 13 millions de titres dans son catalogue, dont certains disponibles en qualité lossless (le nouveau cheval de bataille des sites de téléchargement légal).

...et un mini-site de teasing

Une offre comme celle de WellPack a un besoin constant de nouveaux prospects à démarcher afin de générer de nouvelles ventes à crédit. En se rapprochant de cette société, le site ZéroThune se dotera, on peu le supposer, d'une certaine assise financière, du savoir-faire marketing des équipes dirigées par Boris Berdah, P-dg de WellPack et de la base de membres constituée par cette dernière.

La musique est un droit - art. 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

A la charge du concept développé par ZéroThune d'apporter une meilleure qualification et donc un meilleur taux de transformation de ses fichiers prospects.

Exemple de formulaire ZéroThune - Copyright Urban Musique, WellPack, West Interactive

Le nouveau site ZéroThune n'a semble-t-il pas encore été finalisé car on annonce à l'internaute qu'il sera « (parmi) les premiers prévenus de l'ouverture » ; il laisse temporairement la place à un site simplifié : exit le contenu musical biographique et discographique et les ambitions éditoriales et « wiki » des premières heures.

La mécanique est axée sur le remplissage de questionnaires destinés à dresser votre « profil consommateur ». Plus vous passerez d'étapes (4 écrans) et plus vous remplirez de formulaires, plus votre compteur de « thunes », la monnaie virtuelle du site, augmentera (jusqu'à 50 thunes, maximum atteignable dans cette pré-version de ZéroThune).

Saisie du téléphone mobile - Copyright Urban Musique, WellPack, West Interactive

Mais il sera nécessaire de laisser votre numéro de téléphone portable afin d'accéder aux deux premiers titres offerts (tous sans DRM, contrairement à Beezik), le bon d'achat étant envoyé par SMS. A noter que la version à laquelle j'ai pu avoir accès est susceptible de changer d'ici le lancement officiel du site.

etape-4.jpg

Ce mini-site laisse à penser qu'il s'agit avant tout d'un « galop d'essai » destiné à mesurer les retours et dont la suite du projet pourrait dépendre.

Un modèle économique difficile à cerner

Ce pré-lancement doit bien entendu avoir un coût, qui passe par la musique offerte. Deux titres sont proposés à la fin du tunnel d'inscription qui comporte 4 étapes. C'est-à-dire que chaque nouveau « membre » de ZéroThune coûte un peu moins de 2 € à la structure Urban Musique-WellPack pendant cette phase.

Connaissant le système des chèques cadeaux, ceux-ci ont probablement dû être achetés en gros et suffisamment provisionnés afin d'absorber le pic de demandes des premiers jours (deux morceaux gratuits étant offerts par internaute). Un titre vaut en moyenne 0,80 € HT à l'achat. Mettons que l'objectif du lancement de ZéroThune soit d'atteindre les 10.000 inscriptions, c'est donc un chèque de 16.000 € qui a dû être concédé (2 x 0,80 € x 10.000).

ZéroThune se dit être un système permettant de trouver « pour (les internautes) le moyen de financer leur musique et se (chargeant) de leur trouver des opportunités, des avantages particuliers et des promotions auprès de marques de références », selon la fiche de la start-up sur CrunchBase.

Reste à rentabiliser cet investissement et à transformer l'essai en proposant d'autres morceaux en téléchargement à ces nouveaux utilisateurs. Il existe trois principales formes de monétisation de bases de données qui pourraient soutenir cet effort : le lead generation, la location de fichiers et la co-registration.

Le lead generation est certainement la méthode la plus lucrative (de 3 à 5 € pour un « prospect froid » jusqu'à plusieurs dizaines d'euros dans certains secteurs comme... le crédit !). Mais elle requiert que toutes les coordonnées de l'utilisateur soient communiquées à l'acheteur/annonceur. On constate en moyenne une vente de fichier qualifié pour 10.000 contacts générés dans sa base. La masse critique de cette dernière est donc fondamentale.

La location de fichiers rapporte en moyenne 0,50 € de chiffre d'affaires par an et par inscrit (c'est ce qu'on appelle l'ARPU). Elle consiste très simplement à communiquer les adresses e-mail des membres ou router des messages pour le compte d'annonceurs. La tarification se fait au CPM ou bien parfois au CPA/CPL (le tarif dépend alors du rendement des adresses louées).

Enfin, la dernière méthode, la co-registration (le fameux opt-in partenaire) rapporterait de 0,15 € à 0 ,50 € par adresse, en fonction des conditions de location de celles-ci (via une régie ou bien en direct avec l'annonceur). Le chiffre d'affaires en co-registration serait de 0,30 € par an et par inscrit.

A titre d'exemple, on estime l'ARPU de Facebook à $4 par an et par utilisateur « actif ». La clé du système réside donc dans la taille de la base de données, indépendamment de la qualité ou la fraîcheur des données qu'elle renferme : 100.000 inscrits semble être un chiffre à atteindre avant de pouvoir séduire annonceur ou brokers (qui se chargent alors de commercialiser votre base moyennant commission).

Un système au service de WellPack ?

On imagine donc que le système ne reposera pas sur ces trois leviers lors de son lancement mais plutôt sur la symbiose ZéroThune-WellPack : ce nouveau service doit aussi servir à alimenter la base de données de WellPack afin de générer de nouvelles ventes à crédit (avec un incentive de 50 €). Charge ensuite à cette entité de faire grossir sa base de données ZéroThune et de trouver des débouchés commerciaux à travers les canaux habituels du marketing-direct.

On peut craindre cependant que les futures offres poussées par ZéroThune vers ses membres ne soient constituées que de produits vendus par WellPack, au moins dans un premier temps (j'ai effectivement reçu suite à cette opération en une dizaine de jours 6 e-mails commerciaux de WellPack, ndla). ZéroThune pourrait aussi prendre le chemin d'un programme de fidélisation des clients WellPack : des thunes leur étant offertes lorsqu'ils complètent leurs fiches membres, achètent des produits à crédit, parrainent leurs amis, etc.

Il est possible d'imaginer que ZéroThune aura obtenu de 7digital une réduction sur la musique du fait de l'apport de clients à sa plateforme de téléchargement. Mais ce coût d'acquisition initial doit être tout de même très élevé. On est amené aussi à se poser des questions sur l'entretient de la base de données ZéroThune : il faudra bien offrir de nouveaux téléchargements pour fidéliser les « zéronautes » et éviter un trop grand turn-over.

C'est d'ailleurs l'un des problèmes de Guvera, concurrent d'outre-Atlantique : ses membres se plaignent sur les réseaux sociaux de l'absence d'offres publicitaires qui leurs permettent de télécharger de nouveaux titres gratuits. Guvera a d'ailleurs lancé l'écoute en streaming afin de calmer la grogne de ses utilisateurs et s'est lancée cet été dans la « Groupon-Mania ».

Guvera's Facebook wall

La publicité peut-elle encore financer le téléchargement de musique ? C'est à cette question que devra se confronter le prochain ZéroThune dont aucune date de lancement n'a pour l'instant été communiquée.

Mise à jour : l'ouverture du mini-site et le lancement de l'opération ont bien eu lieu le 22 septembre dernier, l'e-mailing m'ayant été envoyé à l'adresse que j’utilisais pour recevoir la newsletter du site WellPack. Le site est en tous points semblable à celui testé en avant-première.

L'opération n'a pas été relayée sur le site temporaire ni sur les outils sociaux de la marque (Twitter ou Facebook pour ne citer qu'eux). A noter enfin qu'un seul titre n'était réellement téléchargeable sur 7digital au lieu des deux annoncés sur le site (bien qu'il m'ait été dit par ZéroThune que deux titres étaient effectivement téléchargeables).

lundi 25 juillet 2011

Sondage sur vos habitudes de téléchargement

J'ai débuté il y a quelques temps un petit sondage sur les habitudes de téléchargement à travers ce blog, en y installant un module pour Dotclear.

Le résultat n'étant pas satisfaisant, notamment du fait de son format « widget » et des difficultés d'en assurer la diffusion sur le Web, je relance ce sondage cette fois grâce à Flisti et avec plus de choix parmi les boutiques en ligne (notamment Jazz en ligne, les stores Orange et Nokia, etc.). Le choix unique étant aussi une erreur, il est maintenant possible de sélectionner plusieurs fournisseurs.

Ce nouveau sondage est accessible sur Flisti

D'avance merci de votre participation (anonyme) qui ne vous prendra que quelques secondes. :-)

Résultats du précédent sondage

Voici tout de même les résultats du précédent sondage, qui statistiquement ne valent pas grand chose... Près d'un tiers des répondants déclare ne pas acheter de musique en ligne quand un autre tiers précise ne pas télécharger sur ces sites, qui constituent pourtant l'essentiel de l'offre légale.

Le site VirginMega arrive en tête, ce qui est une petite surprise, devant iTunes Store, Amazon MP3 et Fnac. Mais compte tenu du très faible nombre de votants, les résultats sont forcément biaisés.

Graphique des résultats

Résultats du premier sondage musical

Solution utilisée : MapTools.org

Données brutes

Total des votes : 37 (un vote = un choix)

  • iTunes Store (Apple)  : 3 votes (8,11 %)
  • Fnac.com : 2 votes (5,41 %)
  • Amazon MP3 : 2 votes (5,41 %)
  • VirgninMega : 4 votes (10,81 % )
  • Starzik : aucun vote
  • musicMe : 1 vote (2,7 %)
  • Qobuz : 1 vote (2,7 %)
  • MusiClassics : aucun vote
  • E-compil : aucun vote
  • 7digital : aucun vote
  • Site pas dans cette liste : 13 votes (35,14 %)
  • Ne sais plus où : 1 vote (2.7 %)
  • N'a jamais acheté de musique téléchargeable : 10 votes (27.03 %)

mercredi 20 juillet 2011

Jiwa racheté par Allomusic

Mise à jour du 21 juillet : rendons à César ce qui lui appartient, l'annonce a été en premier lieu publiée par Christophe Baillon, toujours sur Twitter. Christophe est l'ex-CTO de Jiwa (on s'est d'ailleurs peut-être déjà croisé là-bas...).

Mise à jour du 21 juillet (10h30) : ce n'est plus une rumeur, Allomusic a bien repris Jiwa il y a de cela quelques jours, avec l'intention de conserver la marque et son esprit.

C'est par un tweet de Philippe Astor du webzine ElectronLibre.info, qui anime aussi le (trop rare) blog Digital Jukebox sur ZDNet, que l'on apprend le probable rachat du site se streaming Jiwa.fm par son concurrent Allomusic.com.

tweet-makno-jiwa.png

Allomusic avait totalement changé de cap fin 2010, abandonnant le modèle du portail thématique (une « encyclopédie participative 100% musique on-line » selon les termes des fondateurs) pour se lancer dans le streaming à la demande, c'est-à-dire le même modèle que Spotify et Deezer, ou de Jiwa avant ses ennuis financiers.

Les actifs de Jiwa.fm avaient précédemment été repris par Digiteka suite à la liquidation judiciaire de la start-up. Il y a quelques semaines, le P-Dg de cette société annonçait même dans une interview publiée par PC INpact le lancement d'une nouvelle version du site et l'arrivée prochaine d'offres Premium sur smartphones.

Annonce du rachat et de la prochaine relance de Jiwa par Digiteka, encore en page d'accueil de leur site

Et bien, pour la deuxième fois de sa courte histoire, le site de streaming n'aura peut-être pas droit à son application mobile (Jiwa espérait déjà officieusement lancer une application mobile avec abonnement courant 2009). Le nom de domaine Jiwa.fm a effectivement été transféré à Allomusic :

whois-jiwa.fm.png

Allomusic propose quasiment les mêmes produits que Jiwa : des offres d'abonnement Web et mobiles appuyées par du streaming gratuit. Mais différence de taille : l'écoute gratuite est à la demande et illimitée, quand on doit se contenter de smartradios chez Jiwa, coût d'acquisition des catalogues oblige. Comme quoi avec Universal Music et les majors en général, c'est la règle du deux poids, deux mesures.

Alors que compte faire Allomusic de sa première acquisition, et pas des moindres ? Stimuler des ventes de packs qu'on imagine plutôt mauvaises, mais cette fois sous la marque « Jiwa » mieux connue des internautes ? Fermer le site et rediriger son audience vers Allomusic ? Ou l'inverse ? Ou bien segmenter l'offre en jouant habilement avec les deux marques ?

On attend maintenant l'hypothétique communiqué de presse officiel qui nous en dira peut-être plus sur les raisons de l'abandon de Jiwa par Digiteka et les motivations de ce rachat par Allomusic.

mardi 28 juin 2011

Musique numérique : ce que nous réserve l'année 2011-2012

Dessin de Claudio Munoz pour The Economist

L'arrivée de nouveaux services véritablement sociaux et basés sur un concept qui personnellement me plaît beaucoup, le crowdsourcing, va peut-être redéfinir l'orientation du marché de la musique numérique, ou du moins une de ses formes de consommation.

Ainsi Turntable.fm, malheureusement bloqué depuis l'Europe (mais cette limitation est facilement contournable) et blip.fm forment cette nouvelle garde, mais il doit certainement en exister bien d'autres. Ces services seraient la grande innovation de 2011 et dépassent largement le côté « social » que Spotify et Apple ont tenté d'introduire dans leurs produits respectifs (pour ne citer qu'eux).

Si je devais sortir ma boule de cristal, je définirais l'avenir de la musique en ligne à travers ces différents produits :

Le download

Le téléchargement classique, essentiellement au titre, obligatoirement associé aux périphériques les plus en vogue (iPods, smartphones, matériel HiFi de demain, etc.) au sein d'une chaîne de distribution, de stockage et d'écoute cohérente et unifiée (au détriment des « petites » boutiques en ligne).

C'est une pratique essentiellement compulsive, basée sur la facilité de l'acte et moins sur une démarche construite du mélomane. L'exemple type étant l'achat de morceaux en soirée afin d'alimenter la playlist de l'hôte.

Sans véritable développement qualitatif, et nous en sommes encore très loin (je vous renvoie pour cela aux ateliers du 3ème MusicNet.Work), le téléchargement n'a que peu de chance de remplacer le CD audio comme celui-ci avait poussé vers la sortie le vinyl et la K7.

Au téléchargement de musique viendra bientôt se joindre le téléchargement de clips, qui fera véritablement la différence avec le MP3 et les précédents supports musicaux.

Le streaming on-demand

Le streaming payant, via sa formule d'abonnement, restera marginal mais présent à travers un ou deux acteurs majeurs, à l'international obligatoirement afin de rentabiliser le service.

L'abonnement Premium devrait tourner autour des 7/8 € au lieu des 10 actuels. Peut-être même moins avec les bundles des opérateurs qui y voient comme Apple avec iTunes Store une très bonne façon de fidéliser leurs clients (music as a service).

Music on the cloud

Les services de music file lockers permettent de réintégrer les milliards de fichiers pirates dans les circuits légaux (et de générer enfin des revenus) à travers un abonnement qui demain s'étendra aussi à la vidéo/films, en plus de transformer directement chaque achat légal en musique « streamable ».

Si l'abonnement annuel devait s'imposer, le succès de la formule serait assuré.

La radio en ligne

Beaucoup plus économique à mettre en œuvre, donc à financer, les webradios (à ne pas confondre avec le on-demand) et smartradios s'imposeront là où le streaming à la Deezer ou Spotify a échoué: soit selon le modèle « classique » (Pandora) soit celui du « social » (Turntable.fm).

Elles viendront prendre les parts de marché de radios musicales (avec lesquelles elles partagent la même structure de coûts et de revenus) et de l'actuel streaming à la demande gratuit qui est appelé à disparaître. Gros succès d'audience en perspective.

Et le modèle du tout gratuit ?

La publicité ne peut véritablement pas (plus ?) financer une consommation normale et régulière de musique, hors smart/webradio (et encore). Les Guvera, les Beezik, n'ont pas d'avenir dans le mass-market et disparaîtront (Guvera) ou se recycleront (Beezik) sous d'autres formes numériques (presse, eBook, etc.).

Les sites de téléchargement en ligne vont soit diversifier leurs activités (à la manière de Starzik) en faisant là encore du tout numérique, soit se spécialiser (Qobuz avec ses formats très haute qualité) mais toutes auront toujours beaucoup de mal à suivre le rythme, se battre contre une concentration toujours plus forte du marché (qu'elle vienne des maisons de disque comme de la concurrence) et faire face à l'explosion des services tout-en-un.

Crédit illustration : Claudio Munoz pour The Economist

vendredi 10 juin 2011

Opération de co-branding Bouygues Telecom & Beezik

Au détour d'un tweet, je suis tombé sur une opération en co-branding menée par Bouygues Telecom et reposant sur Beezik. Petit tour d'horizon...

Elle a d'intéressant le fait qu'elle reprend la mécanique « inventée » par Beezik tout en l'adaptant aux règles du co-branding (nous ne sommes plus loin de la marque blanche que propose leur service B2B).

Screenshot_BT_Beezik_Facebook.png

Relayé sur Twitter et Facebook, l'accès se fait via un sous-domaine : bouygues.beezik.com. Nous ne sommes donc pas tout à fait sur le site Beezik ni chez Bouygues Telecom. Le branding de l'opérateur telecom est naturellement très fort.

Landing_page_Beezik_-_Bouygues_Tel.png

La mécanique est alors la même : une vidéo publicitaire, ici unique, se lance en plein-écran, puis aboutie à la page de téléchargement du titre MP3 (en l'occurrence Lussi in the Sky avec J'm'en fous) limité à 1000 exemplaires.

Cependant, nul besoin d'avoir un compte utilisateur Beezik ni de compte client Bouygues (ou de laisser ses coordonnées), la conversion se faisant plus tard.

Landing_page_Beezik_-_Bouygues_Tel__OK_.png

Une fois la vidéo regardée et le titre téléchargé, le dernier écran nous invite à télécharger l'application mobile Beezik (puisque nous sommes dans l'univers de deux marques, une d'opérateur de téléphonie et l'autre de téléchargement gratuit de musique) mais surtout de devenir « fan » de Bouygues Telecom sur Facebook ou partager ce bon plan avec ses amis.

L'utilisateur totalement anonyme jusque-là devient alors un prospect que l'on pourra recontacter à travers le réseau social et l'opération virale grâce à un post sur le wall de l'internaute.

On retrouve bien sûr l'habituel flocage du visuel associé au fichier MP3 :

Flocage_Beezik.jpg

Ce format particulier permet donc à Beezik et la marque de s'extraire du site et d'étendre l'audience aux non-utilisateurs du service. Beezik devient alors un véhicule de conquête ou de fidélisation de la marque, l'internaute ne devenant pas membre du site, mais éventuellement fan de l'annonceur. A sa charge de transformer ce prospect intéressé en futur client ;-)

Il serait d'ailleurs intéressant de connaître la structure tarifaire de cette opération : les fans sont-ils facturés à la marque, par exemple ?

En fin de compte, ce procédé est exactement le même que les services d'un Free All Music ou d'un Music Interactive, le premier se reposant maintenant à 100% sur Facebook (à travers ses Free Music Tuesdays). Mais ceci fera l'objet d'un prochain billet !

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