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mercredi 9 novembre 2011

L'inconsistance de l'offre numérique

Je reprends aujourd'hui mon bâton de pèlerin du numérique afin d'effectuer une second comparatif d'achat de musique numérique (le précédent est ici). Ma recherche porte cette fois sur un double album de musiques de films.

François de Roubaix (D.R.) - Courtesy Last.fmL'album en question s'intitule Le Monde électronique de François de Roubaix. Il s'agit d'une compilation de bandes originales de films composées par le génial François de Roubaix. Ce double album de 39 titres (20 pour le premier CD, 19 pour le second) est relativement récent (2004 pour le volume I et 2006 pour le volume II). Il a été publié par Emarcy via Universal Music.

Amateur de musiques de films et de ce grand monsieur qui a marqué toute une époque (La Scoumoune, Le Vieux Fusils, Les Aventuriers) cette compilation fera bonne figure dans ma petite collection un peu trop anglophone à mon goût.

A la recherche de ce double album

La tâche qui me semblait simple s'est en réalité révélée plus laborieuse. En effet, seulement deux sites proposent le double album en téléchargement. Un grand nombre ne référence aucun des deux CD quand les autres ne proposent arbitrairement que le volume un ou deux.

Ensuite, comble du ridicule, il est quasiment plus intéressant d'acheter le double album sur CD audio (neuf) plutôt que de le télécharger !

Amazon : 9,99 € / MP3 256 Kbps (VBR)

Seul le premier volume est disponible en téléchargement numérique, vendu 9,99 €. Les deux albums sont pourtant bien disponibles au format CD chez ce même marchand, pour 12,68 € pièce (frais de ports offerts).

Pour seulement 2,69 € de plus par album (le deuxième opus n'étant pas disponible en numérique), vous aurez donc une qualité et un produit bien supérieur au format MP3 proposé (Amazon propose le plus mauvais format du marché). Il est possible d'acheter les CD neufs sur la Marketplace d'Amazon, ce qui fera descendre la dépense respectivement à 9,95 € et 10,18 €.

Amazon annonce 17 millions de morceaux en téléchargement.

iTunes Store

Apple ne propose aucun de ces deux albums parmi ses 20 millions de références annoncées. Ce qui met en lumière le côté totalement artificiel et trompeur de ce chiffre au demeurant impressionnant.

VirginMega : 9,99 € / MP3 320 Kbps (CBR)

Ce disquaire est le seul de ce comparatif à proposer à la vente le double album recherché dans un format respectable (du 320 Kbps en constant bit rate). A noter qu'une pop-up intempestive s'est (encore) manifestée afin de pousser un produit ou service de la marque, une habitude sur VirginMega.

Qobuz : 9,99 € / MP3 320 Kbps (CBR) - 12,99 € / FLAC

Le spécialiste de la qualité ne référence qu'un seul des deux opus, le second en l’occurrence. Comme à son habitude, Qobuz le propose dans deux formats : à 9,99 € en MP3 320 Kbps (CBR) (c'est-à-dire le même format que VirginMega) et à 12,99 € en FLAC (l'équivalent numérique du CD audio, compression sans perte en plus).

Qobuz se révèle donc aussi cher que du « physique » à qualité d'écoute égale mais pour deux produits bien différents (licence vs CD audio).

Starzik : 9,99 € (MP3 192 Kbps, FLAC, OGG, AAC, WMA)

Comme son camarade Qobuz, Starzik ne propose qu'un seul des deux albums, mais cette fois-ci le second ! Le prix reste inchangé - 9,99 € - mais vous aurez droit à de nombreux formats : MP3 (192 Kbps), FLAC, OGG, AAC, WMA (edit : tous encodés à partir d'une source en 192 Kbps dans un codec proche du MPEG 4 AAC+). Starzik se révèle donc moins cher que son précédent concurrent pour une qualité d'écoute numérique égale (lossless).

musicMe

Ces deux albums n'y sont pas référencés. Apparemment musicMe propose trois formats audio dans différents taux de compression. Le meilleur des trois ne semble cependant pas systématiquement disponible. musicMe dispose de 6,6 millions de titres.

7digital : 6,99 € / MP3 320 Kbps (CBR)

Aucun des deux albums n'est vendu chez nos amis anglais qui dispose pourtant 15 millions de titre. Edit : Le disquaire anglais référence bien le premier album et le propose même à 6,99 €. Il fallait deviner qu'en Albion François de Roubaix se dit François Roubaix. La recherche est donc déficiente. Contrairement à ce que j'avais précédemment constaté, 7digital ne propose pas d'AAC pour cet album.

La Fnac

L'enseigne référence les deux albums au format CD audio vendus 14 € pièce (le prix moyen d'un album CD) mais rien du côté du numérique. Elle a pourtant récemment déclaré mettre l'accent sur le numérique (avec seulement 6 petits millions de titres à son actif).

On peut cependant trouver les deux CD deux fois moins cher sur la Marketplace du marchand, copie de celui d'Amazon.

Ecompil

Vide absolu pour Ecompil. A noter que je me suis rendu sur le site français d'Universal Music par acquis de conscience. Ce dernier référence bien un des deux albums (le premier) et indique à tort et à renfort de liens qu'il est disponible sur Ecompil et iTunes Store...

Orange Music Store

Pas de trace non plus de François de Roubaix, hormis les albums habituellement disponibles pour ce compositeur et que l'on retrouve un peu partout : « Dernier Domicile Connu » Et Autres Films, Le Samouraï / Les Aventuriers et L'Homme Orchestre. Quand on connait la discographie de l'homme, ça fiche un peu le bourdon.

Beezik : 0 € / WMA (avec DRM) 192 Kbps

C'est un peu la surprise de ce comparatif et le deuxième site, avec VirginMega, à proposer les deux albums ! Pour peu qu'on prenne le temps de visionner 39 publicités (soit environ 15 minutes de spots publicitaires) et que l'on s’accommode des DRM, bien entendu. ;-)

Il est tout de même aberrant de constater qu'on trouve plus facilement ces deux albums de musique en téléchargement gratuit qu'en payant.

Conclusion

Cinq Six marchands référencent au moins un des deux albums que je souhaitais acheter. Il est plus facile de trouver le deuxième opus (4 sites le référencent) plutôt que le premier (3) sans vraiment savoir pourquoi. Edit : 7 digital vient rééquilibrer les choses : 4 partout. :-)

Pour découvrir l’œuvre de François de Roubaix, rien de mieux que d'aller faire un tour sur YouTube puis d'acheter le double CD sur Amazon ou La Fnac (pour cette dernière on lui préférera sa Marketplace, mais attention aux frais de port). A moins que le CD ne soit pas lui-même protégé par des DRM contraires au dispositif de la copie privée, le rapport qualité-prix sera bien meilleur que toutes les offres numériques proposées.

Quant aux plus impatients ou avares, ils pourront toujours se faire une idée du talent du musicien en le téléchargeant légalement sur Beezik. Ce qui ne vous dispensera pas d'aller visiter son site personnel.

A noter que les albums brillent par leur absence sur le comparateur Hubluc.

Qui a dit que le CD ou le tout gratuit étaient morts ?

mardi 8 novembre 2011

A propos des nouvelles offres Qobuz

La start-up française Qobuz a annoncé hier le lancement de nouvelles offres d'abonnement en streaming qui viendront remplacer les formules actuelles et compléter son activité de téléchargement payant.

Une nouvelle grille de services

Courtesy www.c4mprod.comQualifiée de « première mondiale », Qobuz a en effet lancé une offre de streaming sur mobiles Apple et Android au format FLAC 16 bits/44,1 kHz. En clair, l'abonné aura accès à un format audio sans perte (« lossless ») par rapport à une écoute sur CD quand d'autres proposent « seulement » du MP3 en 320 Kbps.

La société française reprend ainsi son cheval de bataille : privilégier et faire payer la qualité plutôt que la quantité et une expérience d'écoute de moindre qualité (la compression MP3 dégradant en effet le son). Ainsi sur Qobuz, le format dit lossless est proposé à un prix supérieur à son équivalent compressé. Il peut arrive qu'un album vendu dans ce format soit quasiment au même prix que son équivalent sur CD.

La nouvelle grille tarifaire, reprise de l'article publié par PC INpact, comprend trois niveaux de service :

  • Basic : streaming sur ordinateur uniquement – MP3 à 320 Kbps à 7 € par mois.
  • Premium : streaming sur ordinateur et mobile (Apple/Android) et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X au format MP3 320 Kbps pour 13 € par mois.
  • Haute-Fidélité : streaming sur ordinateur et mobile et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X en lossless (16 bits/44 kHz) à 29 € par mois.

L'avenir de la musique selon Qobuz

Sur son blog, Qobuz justifie ces nouveaux services et tarifs dans un argumentaire tenant en trois points :

  1. Les abonnements streaming à 10 € par mois ne peuvent pas faire vivre la filière du disque. Il faut donc augmenter les tarifs afin de pérenniser ce mode de consommation de la musique. Ces tarifs sont pourtant en partie fixés par l'industrie du disque (tout au moins par les majors du disque). Je me rappelle les ambitions d'un Jiwa qui voulait justement « casser » ces prix jugés trop élevés.
  2. La qualité audio proposée par la concurrence n'est pas suffisante et laisserait ainsi à la porte une grande partie des consommateurs, déçus par l'offre légale. L'adoption de ce mode d'accès à la musique pour une majorité de personnes doit, pour Qobuz, passer obligatoirement par une amélioration de la qualité d'écoute.
  3. Il n'y aurait pas de vrai service de musique en ligne ; les acteurs du marché doivent donc se concentrer sur l'essentiel : la musique. Modèles économiques hasardeux, grandes surfaces ou publicité n'ont rien à faire avec la distribution numérique.

Les « abonnements haute-qualité à valeur ajoutée » sont la réponse à ces trois problématiques : prix, qualité, spécificité.

On ne fera pas de commentaire sur le ton très « qobuzien » de leur communiqué de presse que je vous laisse découvrir. ;-)

Du téléchargement « illimité » limité

Tordons déjà le cou à cette formule galvaudée mais toujours à la mode. Le téléchargement « illimité » proposé par Qobuz ne correspond ni plus ni moins qu'à la synchronisation hors ligne des offres Deezer ou Spotify Premium.

Vous n'aurez pas la possibilité de copier vos titres sur votre baladeur ou chaîne Hi-Fi équipée d'un disque dur ou d'une prise USB. L'écoute sera obligatoirement faite depuis un PC ou un Mac équipé du logiciel bientôt fourni par Qobuz. En clair, il s'agit de téléchargements avec DRM ce qui implique que les morceaux « téléchargés » verront leur licence révoquée en fin d'abonnement.

On comprend la tentation pour Qobuz de qualifier de « téléchargement illimité » cette nouvelle fonctionnalité, mais elle aura plutôt comme conséquence de troubler et frustrer le consommateur, comme l'indique déjà la réaction de certains.

Des choix stratégiques de Qobuz

Du streaming en lossless

Les opérateurs télécoms ne sont pas forcément favorables aux applications consommatrices de bande passante. Un article des Échos montre que la tarification, et donc la bande passante et le quota associé, varie fortement d'une offre à l'autre et selon les opérateurs.

L'ARCEP a aussi mis en lumière les différences en matière de couverture et qualité d'accès à la 3G : il y a une différence sensible entre les débits théoriques ou annoncés et la réalité sur le terrain. Pour ma part, depuis mon domicile parisien, mon BlackBerry capte très difficilement le signal 3G (opérateur SFR). :-(

Comment donc se comportera le streaming en lossless, où un débit de 700 Kbps est nécessaire (12 Mo pour un morceau de 2min30, et quatre fois plus en 24 bits) sur une connexion mobile 3G dans des conditions réelles ? A cela on pourra rétorquer que le système de cache présent sur l'application mobile permet de télécharger les morceaux de sa playlist et les jouer même en cas d'absence de toute connexion réseau. Il faudra donc privilégier une connexion WiFi sous peine de voir votre quota mensuel fondre comme neige au soleil (une heure de musique FLAC équivaut à environ 250 à 400 Mo).

Quid aussi du respect de la neutralité du Net en matière de débits pour Orange qui pousse activement l'offre concurrente Deezer vers ses clients ?

Les mélomanes sur smartphones veulent-ils du lossless ?

J'ai toujours du mal à voir l'intérêt du lossless en streaming mobile : un smartphone n'est tout simplement pas la meilleure plateforme d'écoute pour qui accorde une grande importance à la qualité audio. La restitution de la musique sur mobile est souvent desservie par un mauvais chipset ou un casque de piètre qualité. Le mobile est un appareil souvent utilisé dans un environnement bruyant à l'instar du baladeur.

De plus, il est nécessaire de passer soit par son mobile (donc par un jack audio sur Android qui est loin d'être la panacée, ou AirPlay pour l'iPhone) soit par un PC/Mac (DRM oblige) via le Qobuz Desktop pour écouter ses morceaux sur une chaîne Hi-Fi, seule capable de correctement restituer une musique qualité CD. Or Qobuz s'adresse avant tout à la niche des amateurs avertis de musique à la recherche de qualité plutôt que d’exhaustivité. Il y a là, à mon sens, une petite contradiction.

Sans parler du fait que iPhone et autres mobiles Android ne sont pas capables de lire un morceau encodé en 24 bits (bien qu'Apple réfléchisse à passer une partie de son catalogue iTunes Store dans ce format).

Le manque de profondeur du catalogue

Certes, Spotify ne propose qu'une partie de ses titres en MP3 320 Kbps, mais il affiche 15 millions de morceaux au compteur, soit deux fois plus que Qobuz (7,2 millions). Ce dernier botte en touche en arguant que le site opère de lui-même une « sélection » des artistes et albums à la manière d'un disquaire.

Pour autant, les goûts ne devraient pas se discuter. Le disquaire traditionnel avait avant tout à régler la problématique de ses stocks et rayonnages non extensibles, contraintes qui n'existent plus dans le numérique où la partie éditoriale d'un site comme Qobuz est justement là pour orienter le consommateur alors qu'il le laisse à la porte de son service, faute de lui offrir ce qu'il cherche. Certains genres brillent ainsi par leur absence comme les musiques de films.

Qobuz peut-il se permettre de tout sacrifier au nom de la qualité ?

Une tarification élevée

C'est à mon sens le point crucial de cette annonce. Les deux premières offres sont à peu de choses près équivalentes à ce que propose la concurrence incarnée par Deezer et Spotify, mais elles sont facturées ici 30 à 40% plus cher pour une profondeur de catalogue réduite de 47% (Deezer) à 54% (Spotify).

La véritable nouveauté et le fer de lance de Qobuz - qui mise ici tout sur le streaming payant, l'avenir de la musique selon la start-up - réside donc dans la dernière offre dite Haute-Fidélité. L'abonnement bondit à 29 € par mois (prix de lancement) qu'il est possible de réduire à un peu moins de 25 € en souscrivant à l'année.

Qobuz fait donc un double pari : celui que les consommateurs privilégient la qualité sur la quantité/profondeur de catalogue, et que cette qualité justifie un écart de prix de 30% à 40% à produit égal (streaming MP3 en 320 Kbps). Le streaming en qualité Hi-Fi a quant à lui peu de chance de trouver son public compte tenu de son prix prohibitif : 29 € par mois, soit l'équivalent de deux à trois albums CD, ce qui ne doit pas être loin de la consommation moyenne d'un amateur de musique.

Se tromper de cible et d'adversaire ?

Le raisonnement de Qobuz est certes louable mais ne correspond pas d'après moi aux réalités du marché qui n'a cessé de muter ces 10 dernières années. La qualité et le soutien à l'industrie du disque à travers des tarifs plus élevés ne sont pas des arguments à même de changer profondément et massivement les habitudes ou d'attirer les réfractaires au tout numérique, et encore moins les « pirates ».

Les études montrent d'une part que la qualité d'écoute en 320 Kbps sur les supports actuels est considérée comme largement suffisante pour le plus grand nombre. Le prix est ensuite un facteur clé. Il y avait déjà peu de différence entre le prix de vente d'un fichier compressé et son équivalent CD, cette différence disparaît avec le lossless pour un produit (le numérique) qui n'est pas perçu comme émotionnellement et qualitativement identique au Compact Disc.

La profondeur de catalogue est aussi un élément important : un des « avantages » essentiels du téléchargement « pirate » réside dans la richesse de son « offre » et dans la disponibilité de titres ou albums introuvables, car celle-ci s'affranchit de la lourdeur bien réelle des droits d'auteur. Pour acheter en ligne, il faut d'abord trouver ce que l'on cherche. Le client est ensuite fidélisé par la qualité du produit et des services associés, et enfin par les recommandations faites en fonction de ses achats, goûts ou de la ligne éditoriale du site.

Je pense enfin que Qobuz se trompe d'adversaire : les services comme Deezer (véritable bête noire de son P-Dg) et Spotify ne sont pas les vrais adversaires de la société (ni les « supermarchés » de la musique). Le véritable ennemi, c'est bien la contrefaçon qui a depuis longtemps versé dans le lossless.

Faire encore la distinction fin 2011 entre du téléchargement et du streaming et utiliser des DRM montre que la distribution numérique - et avec elle toute l'industrie du disque - a encore quelques années devant elle avant de véritablement proposer une alternative crédible, accessible et compétitive au téléchargement « pirate » et adaptée aux nouveaux modes de consommation de la musique.

jeudi 27 octobre 2011

(Petit) comparatif de sites de téléchargement de musique

Acheter de la musique sur le Web est devenu un acte extrêmement banal. Encore faut-il trouver son bonheur parmi les offres légales, affichant le beau label PURE de la Hadopi.

Je me suis donc mis en quête d'un morceau spécifique, la version « Radio Edit » du tube Spin Spin Sugar de Sneaker Pimps (du trip hop, ce détail aura son importance), dont le clip est disponible sur YouTube, bien sûr.

Cette version est très différente de celle présente sur l'album Becoming X, et elle a ma préférence.

J'ai mis à l'essai la fameuse offre légale qui bénéficiera très bientôt d'une deuxième couche de vernis brillant « carte musique (jeune) ». Voici la liste des solutions testées :

Soit 11 plateformes de téléchargement (payant ou gratuit financé par la pub).

Résultats...

Sur ces onze candidats, seulement 5 (soit 45%) référencent le titre. Sans surprise, ce sont les 5 plus gros sites de téléchargement du paysage français : Amazon, iTunes Store, VirginMega, 7digital et Fnac.com.

Aucun ne propose de lossless, c'est-à-dire de fichier audio non compressé. Le plus mauvais ratio est celui proposé par Amazon (MP3 256 Kbps), les meilleurs étant proposés par le trio Virgin/7digital/Fnac.

Voici dans le détail les résultats de ce test.

Amazon : 0,79 € / 6,05 Mo / MP3 256 Kbps (VBR)

Amazon est la seule boutique à proposer une page produit dédiée au titre et non pas le track-listing d'un album (ici généralement l'album Spin Spin Sugar EP, sauf pour la Fnac...). Une bonne initiative.

C'est aussi le moins cher de ce comparatif, mais, en admettant que l'AAC soit un meilleur format de compression que le MP3, c'est aussi lui qui propose le plus mauvais encodage.

Le format de compression n'est d'ailleurs pas indiqué directement sur la fiche mais dans une pop-up qui précise que l'encodage peut être aussi en VBR, mais généralement en 256 Kbps.

L'achat en « un clic » permet de télécharger le morceau quasi immédiatement, pour peu que vous ayez déjà un compte client Amazon.

Amazon.jpg

Côté méta-données, on retrouve les informations basiques et le cover de l'album, en basse définition (voir un exemple).

iTunes Store : 0,99 € / 7,22 Mo / AAC 320 Kbps (VBR)

Bien que l'usine à gaz le logiciel iTunes Store soit censé faciliter l'achat de contenus numériques, force est de constater que ça n'a pas été le cas cette fois-ci : trois identifications ont été nécessaires, un rappel de l'expiration prochaine de ma carte bleue (alors que mon compte est largement provisionné - merci la carte « jeune » v1), énième validation des conditions générales et engagement de confidentialité (?) d'Apple...

Aucun format de fichier n'est précisé sur la fiche produit, ni ailleurs me semble-t-il. Celui-ci sera, après téléchargement, de l'AAC 256 Kbps (VBR, c'est-à-dire à débit variable).

Tout comme pour Amazon, le morceau est extrait de l'album Spin Spin Sugar EP. Le téléchargement via iTunes Store est sensiblement plus long qu'avec un navigateur classique.

iTunes-Store.jpg

Question méta-données, c'est un peu moins bien qu'avec Amazon, mais le cover de l'album est bien présent. Là où Amazon voyait un titre de Rock alternatif, iTunes nous indique qu'il s'agit d'électro...

VirginMega : 0,99 € / 8,24 Mo / MP3 320 Kbps (CBR)

Sur ce site, il a tout d'abord été impossible de trouver ce titre en effectuant une recherche sur le nom complet avec parenthèses. Ensuite, le morceau référencé ne fait pas mention de sa version Radio Edit, il faut donc écouter les deux homonymes pour trouver lequel est le bon. L'écoute est entravée par un trop grand nombre d'ouvertures de pop-ups.

Enfin, il faut 3 ou 4 clics pour trouver un début d'information sur le format audio, au-delà du fait qu'il s'agit de MP3, information qui ne sera même pas révélée dans l'aide après consultation. Il faut donc attendre l'achat et le téléchargement du fichier pour le découvrir (du 320 Kbps).

Manque de chance, le mot de passe de mon compte VirginMega n'étant plus le bon, il a fallu passer par la case réinitialisation. En réalité, le champ mot de passe dans la base de données du site ne peut contenir que 20 caractères quand je lui en avais soumis un de 32 caractères... sans que j'en sois averti. :-(

Le site propose de mémoriser vos coordonnées bancaires afin de faciliter de futurs achats, tout comme pour Amazon. On aime ou on n'aime pas, mais c'est parfois bien pratique.

Le téléchargement peut se faire soit directement (donc en HTTP à travers son navigateur) soit via un download manager, solution que je n'ai pas testée (j'ai une sainte horreur de ces bestioles, ce que propose aussi... Amazon !).

VirginMega.jpg

Pas de (bonne) surprise au niveau des méta-données, si ce n'est le genre qui devient Rock indé (sic).

Qobuz

Le titre est indisponible sur Qobuz, qui il faut le rappeler, n'est pas une boutique généraliste mais a ses spécialités (le trip hop ne devant pas en faire partie). Dommage pour le lossless...

Starzik

Idem, titre non référencé sur Starzik chez qui j'avais effectué mon tout dernier achat de musique avant ce banc d'essai.

musicMe

Titre indisponible. Dommage aussi ! J'apprécie la grande qualité du site.

7digital : 0,99 € / 8,36 Mo / MP3/AAC 320 Kbps (CBR)

La page de paiement est très déroutante : on y trouve en effet des champs inhabituels, comme la saisie de la date d'émission de votre carte bleue (et sus de la date d'expiration), que j'ai bêtement commencé à remplir. A noter tout de même la possibilité de payer avec un compte PayPal.

7digital propose deux formats téléchargeables : MP3 en 320 Kbps et AAC (iPod) en 320 Kbps.

7digital.jpg

Rien à dire niveau méta-données, aussi pauvres que chez la concurrence. Le genre musical est identifié ici comme étant Alternatif.

Fnac.com : 0,99 € / 8,22 Mo / MP3 320 Kbps (CBR)

Tout comme sur VirginMega, le site de la Fnac a beaucoup de mal à me trouver le morceau recherché. Le moteur retourne en effet 80 109 résultats pour Spin Spin Sugar (Radio Edit) rien que ça ! Il est pourtant bien disponible, pour peu que l'on effectue une recherche portant sur le nom du groupe et non le titre.

Contrairement à tous les autres « disquaires » en ligne, la Fnac ne propose pas l'album Spin Spin Sugar EP mais 6 Underground Rewired.

Le format est ici précisé, en bas de fiche cependant : MP3 320 Kbps.

Une fois le règlement effectué, un gestionnaire de téléchargement est proposé ainsi qu'un téléchargement direct.

Fnac.jpg

La Fnac est le vilain petit canard de ce comparatif question méta-données : nous n'aurons même pas droit à la pochette de l'album, tagué encore une fois musique alternative.

E-compil

Titre indisponible. Ce site est-il toujours en activité ?!

Beezik

Titre non disponible.

Orange Music Store

Sans trop de surprise, le morceau recherché n'est pas disponible. Il est cependant en écoute sur Deezer.

Conclusions

Le « vieux » format MP3 est roi, sauf chez Apple et 7digital pour des raisons commerciales.

Notons que l'utilisation du comparateur de prix Hubluc.com nous aurait sans doute un peu aidé, mais il s'est montré incapable de comparer les titres disponibles et non pas les albums. Impossible donc de faire un choix sans visiter chaque site retenu.

Comparatif-hubluc.png

Finalement, la qualité audio est sensiblement la même quel que soit le site retenu, et même un peu en deçà pour Amazon mais le site se rattrape au niveau prix. Le consommateur ne dispose donc pas d'une offre très différenciée : même prix, même qualité audio, même (absence de) méta-données.

A produit identique*, et donc sans surprise, la différence ne peut se faire qu'à travers les services offerts : qualité du référencement du site, disponibilité du morceau (profondeur du catalogue : merci la longue traîne), facilité de recherche, pré-écoute, processus d'achat et de téléchargement sans accrocs, possibilité de télécharger (voire de stocker) son morceau ultérieurement depuis le site, etc.

Sans parler des méta-données, grande absente et véritable régression entre le « physique » et le numérique, après la qualité audio : photographies, paroles, biographie, goodies, etc. passent à la trappe.

(* La qualité d'un fichier encodé dépend bien entendu de la source, du codec, de l'encodeur, du taux de compression, etc. et peut énormément varier d'un site à un autre sans qu'il soit possible d'en vérifier les paramètres au moment de l'achat.)

mercredi 26 octobre 2011

Thomas More's poetry

And when the shares of pure light
Dance in her dear eyes,
I see my angel for the first time.

Know my purpose, feel my birth,
Hear, at first faintly, then distinctly
The sweet strains of our union.

Our love heats up the cold universe
And gives my tired, desperate hope
A reason and season to be revealed.

We, purified by our kisses
Are eternally healed.

In The Saint (1997)

mardi 25 octobre 2011

Comparatif d'achat du Sansa Clip+ 8 Go

Il y a quelques mois de cela, je publiais dans ces colonnes le cahier des charges de ce qui devait être mon prochain baladeur MP3, en remplacement de mon bon vieux i-Bead100 Plus et de ses 256 Mo de mémoire.

J'aimerais aujourd'hui vous faire part mon choix et analyser le processus de sélection et d'achat d'un tel appareil, car il permet de mieux comprendre en quoi l'e-commerce diffère de son grand cousin.

1. La recherche du meilleur produit adapté à mes besoins

Courtesy LesNumeriquesExceptionnellement, j'avais établi un cahier des charges définissant le baladeur MP3 « idéal », donc très probablement inexistant. Après quelques recherches notamment sur Les Numeriques et après avoir sollicité les conseils de Génération MP3, mon choix s'est finalement porté sur le SanDisk Sansa Clip+ 8 Go.

Sa capacité sera ultérieurement portée au-delà des 8 Go par l'adjonction d'une carte mémoire microSD (j'en ai d'ailleurs une qui traîne quelque part...). L'idée étant d'avoir plus de 32 Go de musique dans la poche.

Courtesy LesNumeriquesIl est notoirement connu que les écouteurs livrés avec les baladeurs sont de piètre qualité, j'ai ainsi retenu, toujours en suivant le même schéma de recherche (forums, avis consommateurs, tests, etc.) l'AKG K 317.

Impossible de le commander en bundle avec le Sansa Clip+, ce produit étant plutôt rare à trouver (car déréférencé de nombreux sites de vente en ligne). Ce casque permet notamment d'être passé autour du cou, en plus du clip offert par le SanDisk.

2. Identification des points de vente

L'achat en ligne peut être hybride ou click and mortar, c'est-à-dire combiner une visite en boutique avec un achat en ligne. C'est ce que j'ai fait en allant voir le produit en boutique, en l'occurrence au Surcouf Haussmann, afin de me rendre compte de la finition et surtout la taille du lecteur. Il est d'ailleurs beaucoup plus petit qu'on ne pourrait le penser en regardant les photos du produit. Plus petit même que mon i-Bead !

L'achat aurait d'ailleurs pu se faire en boutique si le prix proposé avait été compétitif (5 € d'écart avec les meilleures offres en ligne), comme le montre le comparatif qui suit.

3. Comparatif

Le choix de l'e-marchand s'est porté entre Cdiscount et Pixmania. Une fois les frais de port comptabilisés, Pixmania s'est trouvé aussi compétitif que Cdiscount, que la réputation aurait sans doute disqualifié (a noter la « petite combine » de Cdiscount consistant à ne pas ajouter l'écotaxe sur la fiche produit mais uniquement dans le caddie...).

Signalons que Grosbill - et Amazon.fr à travers sa marketplace - est le plus cher de ce comparatif (où j'ai aussi fait figurer une des nouvelles « super boutiques » de Priceminister).

Enfin, je n'ai appliqué la remise offerte via un programme de cash back (eBuyClub en l'occurrence) qu'au seul Pixmania. Carton rouge pour ce dernier qui, en 2011, impose toujours d'envoyer un message au support (soit 24 heures d'attente) afin de changer l'adresse e-mail associée à son compte client. :-(

Autre carence chronique : l'incapacité pour une majorité de sites à communiquer, dès la fiche produit ou le panier le montant des frais de livraison qui comptent pourtant pour une part importante dans le processus décisionnel. Il faut généralement créer un compte client pour en prendre connaissance...

Dernier obstacle : la multiplication des garanties additionnelles, cross-selling, services annexes qui viennent de plus en plus polluer le check-out.

Baladeur MP3 SanDisk

Mon choix s'est donc porté sur Pixmania qui offre le meilleur prix de base + frais de livraison, sans compter le petit « plus » du cash back. ;-)

Comparatif d'achat SanDisk Sansa Clip+ 8 Go

Casque audio AKG

Je n'ai pas vraiment eu le choix tant l'offre est maigrichonne pour ce produit, pourtant sorti en 2008. J'ai donc opté pour un achat chez Macprice (qui offrait les frais de port). A noter que ce casque pouvait être trouvé à 19 € dans le fameux quartier de Montgallet.

Comparatif d'achat AKG K 317

Récapitulatif des critères d'achat

  1. Disponibilité du produit : ça parait évident mais il est toujours bon de rappeler le critère n°1 : le produit est-il proposé à la vente ? Si oui, est-il en stock ?
  2. Tests, avis des consommateurs : cette étape est essentielle ; elle débute en réalité en amont du processus d'achat mais boucle tout au long de l'achat lui-même (afin de vérifier tel ou tel aspect dans les moments de doutes...).
  3. Prix : critère roi sur le Web, mais qui est plutôt complexe à mettre en œuvre compte tenu de ses différents paramètres (prix TTC, frais de livraison, remises, cash back...) ce que les comparateurs de prix ont d'ailleurs un peu de mal à intégrer. Les frais de livraison pèsent pour beaucoup dans le choix final pour ce type de panier (inférieur à 100 €).
  4. E-réputation : les boutiques retenues sont-elles fiables ? Proposent-elles des services comme ceux de FIA-NET ? Qu'en disent les forums et associations de consommateurs ?
  5. Remises : l'offre sélectionnée peut-elle bénéficier d'un coupon de réduction ? D'un cash back à travers les différents programmes existants ?
  6. Délais de livraison et choix du transporteur (certains étant notoirement à éviter, comme Adrexo) ou du point de retrait de proximité.

Mise à jour : le cash back offert par eBuyClub s'élève à 1,65 € et non pas 1,15 €. Une agréable surprise bien qu'il m'ait fallu déposer une réclamation et obtenir un versement exceptionnel pour ne pas avoir suivi la (trop longue) liste de ce qu'il faut faire et ne pas faire pour qu'un achat soit pris en compte...

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