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mardi 17 janvier 2012

Smartdate, ce n'est pas tout à fait fini

Smartdate a fermé son site il y a quelques jours, mettant fin à deux ans de développement et plusieurs semaines de polémique après la démission de membres du conseil d'administration et le départ des salariés.

L'histoire n'est pour autant pas totalement finie, puisque Smartdate faite encore parler de lui de la même manière qu'il m'avait amené à m'intéresser de plus près à cette société : c'est-à-dire en envoyant du courrier indésirable à ses dorénavant anciens abonnés (le site étant je le rappelle fermé, les comptes Twitter et Facebook supprimés : plus de possibilité de changer ses préférences utilisateurs, de lire les C.G.U., d'entrer en contact avec les responsables, etc.).

Mais revenons plus d'un an en arrière.

Inscription et départ de Smartdate

Inscrit sur Smartdate à la fin de l'année 2010, avec d'autres sites de rencontre afin de les évaluer et de souscrire à un abonnement sur le site qui aura répondu à mes attentes, je quitte le service début 2011 après avoir demandé et obtenu la suppression de mon compte personnel.

Celui-ci ne sera d'ailleurs jamais totalement détruit, puisque d'une part je recevrais plus tard des sollicitations commerciales de la part de Smartdate mais je constaterais aussi qu'en tentant de me ré-identifier sur le site, le message suivant s’affiche à l'écran :

Message compte Smartdate désactivé

Le compte est donc mis « en sommeil » et toujours présent dans la base de données en ligne puisqu'il reconnait mon identifiant (notez que la législation française impose la conservation des données utilisateurs afin de les présenter à toute commission rogatoire, mais qu'il n'est nullement obligatoire de les laisser en ligne).

Définition du spam et législation française

Avant d'aller plus loin, il faut tout d'abord définir ce qu'est un spam selon la loi française. En matière de législation du spam, il faut se référer à trois textes :

  • la fameuse loi n° 78 -17 du 6 janvier 1978 « informatique, fichiers et libertés » qui est applicable pour la collecte frauduleuse d’adresses électroniques ;
  • la directive européenne n°2002/58 du 12 juillet 2002 relative à la vie privée et aux communications électroniques ;
  • et la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), transposition de la directive européenne « vie privée et communications électroniques ».

Que disent ces textes ? Qu'une adresse e-mail est considérée comme une donnée personnelle et donc protégée, que la collecte des adresses doit être faite dans le respect des règles d'usage et déclarées à la CNIL, que la durée de conservation des données doit être limitée dans le temps (et déterminée) et enfin que « le consentement préalable des internautes est obligatoire avant de pouvoir leurs envoyer des courriers électroniques promotionnels » (source caspam.org).

C'est le fameux opt-in plus spécifiquement appelé opt-in partenaires dans le jargon du e-marketing.

De plus, « il est interdit d’émettre [du courrier] électronique, sans indiquer de coordonnées valables auxquelles le destinataire puisse transmettre une demande tendant à obtenir que ces communications cessent sans frais autre que ceux liés à la transmission de celle-ci. »

Le législateur a décidé que toute société ou individu qui ne respecterait pas l'une de ces règles s'exposerait à des peines de 5 ans d'emprisonnement et 300.000 € d'amende, ce qui est relativement dissuasif, sur le papier tout au moins.

Première série de courriers indésirables

Ayant totalement oublié Smartdate, je suis plutôt surpris de recevoir un e-mail le 26 juin 2011 envoyé de la part d'un certain Luc Prevot, conseiller de Smart Shopping m'expliquant alors que :

Lors de votre inscription sur le site Smartdate, vous avez souhaité bénéficier des offres partenaires. C'est à ce titre que nous avons l'honneur de vous informer que vous êtes à présent intégré à notre programme gratuit de bons plans shopping Smart Shopping. Vous recevrez régulièrement notre sélection des meilleures offres shopping du net ou encore notre newsletter thématique des ventes privées en cours.

Près de 6 mois se sont donc écoulés depuis ma désinscription du site et pourtant mes données personnelles sont toujours conservées et utilisées par Smartdate. Je reçois 9 autres e-mails suite à mon « abonnement d'office » à ce programme de bons plans, bien loin du cœur d'activité du site sur lequel j'étais inscrit : ventes privées, achat ou réparation de voitures, jeux concours, etc.

Particularité de ces envois, que l'on retrouvera ultérieurement : ils sont tous poussés sur l'adresse Facebook manifestement captée par l'application Smartdate lorsque j'ai eu le malheur de lier mes comptes Smartdate et Facebook pendant quelques minutes. Et je n'avais pas encore le réflex d'utiliser l'adresse e-mail proxy proposée par Facebook.

Le 15 juillet 2011, on souscrit pour moi à un autre programme de bons plans. Il s'agit cette fois du programme Effimail. L'e-mail sera envoyé avec comme objet Smartdate par Effimail. Cette fois, c'est l'adresse e-mail strictement réservée au site Smartdate qui est utilisée, et non plus mon adresse Facebook (unique elle aussi). Une certaine Sylvie Deschamps m'écrit donc :

Vous êtes inscrit(e) sur la base de notre partenaire Smartdate. Nous aurons dorénavant le plaisir de vous transmettre par email des offres valorisantes en affinité avec vos attentes. En intégrant notre programme Effimail, vous recevrez gratuitement les meilleures offres spécialement sélectionnées pour vous.

Suivront ensuite 9 autres e-mails toujours poussés par Smart Shopping via le nom de domaine smartypromos.com pour « les ventes privées du jour ». Le premier push commercial d'Effimail arrivera le 30 juillet 2011 pour l'annonceur Le Monde du Bagage (et un second le 23 août).

Le 7 août, alors que j'ai déjà écrit un billet sur ces envois intempestifs, prévenu Smartdate à travers son formulaire de contact et que son P-Dg est lui aussi informé et me menace déjà de poursuites judiciaires pour diffamation, je suis de nouveau abonné à un programme marketing, celui de FunnyMel. Cette société exploitera là encore mon adresse Facebook.

J'ai cherché sans succès à contacter Effimail et sa société mère dans l'intervalle. Malheureusement l'adresse e-mail contact@effimail.com trouvée sur leur site minimaliste - qui ne présente aucune des mentions légales pourtant obligatoires - n'existe pas et mon message envoyé via un formulaire de contact à l'éditeur du site restera lettre morte.

Mes recherches concernant le programme Smart Shopping me feront remonter jusqu'au site ShoppingActu et au service PerformAds.fr, deux sites gérés par M. Sylvain Eche. Je laisserais un commentaire sur le forum de ShoppingActu auquel l'administrateur du site répondra avant de supprimer purement et simplement le thread. Une copie d'écran est tout de même disponible ici.

La page des références de PerformAds sera même un temps agrémentée du témoignage du P-Dg de Smartdate (ce dernier m'ayant dit ne pas avoir été informé de cette utilisation).

Capture d'écran des références de PerformAds

Après plusieurs échanges avec le P-Dg de Smartdate, j'obtiens finalement des informations sur ces ventes. Les voici :

  • Smartdate n'aurait jamais contracté qu'avec Shopping Actu.
  • Il s'agirait d'un petit test ne concernant qu'une partie de la base de données.
  • Le test n'aurait duré que 10 jours.
  • Le chiffre d'affaires généré par ce test avoisinerait les 1000 €.

Enfin, l'opt-in partenaires existerait bien sur le site Smartdate (sans que l'on me précise ).

J'ai donc procédé à une nouvelle inscription afin de détecter à quel moment il était proposé à l'utilisateur de recevoir des offres commerciales de partenaires (l'acte doit être volontaire, c'est-à-dire que le membre doit lui-même cocher la case ; elle ne peut être pré-cochée).

Mais je n'ai trouvé aucune trace de cet opt-in. La série de captures d'écran que j'ai effectuées peut en attester :

Et de toute manière, bien qu'on en tienne alors aucun compte chez Smartdate, je ne suis plus membre de ce site depuis des mois.

Finalement le 11 août, après quelques échanges, le P-Dg de Smartdate conviendra avec moi des pratiques douteuses de Smart Shopping (18 e-mails reçus entre le 26 juin et le 24 juillet pour « 10 jours » de tests sans parler d'Effimail ou FunnyMel) par cette phrase : « C dingue ce truc, ils appellent ça smart shopping en plus! ».

Je me « désabonne » alors de tous ces programmes marketing (Smart Shopping, Effimail et FunnyMel) à travers les liens ad hoc pensant avoir réglé le problème à la source.

Deuxième série d'envois

Plusieurs mois s'écoulent lorsque je reçois de nouveau un spam de FunnyMel le 15 novembre, mais cette fois à l'adresse Smartdate et non plus Facebook (j'espère que vous suivez !).

Je prends donc contact avec cette société afin de l'alerter de la situation et j'en profite pour prévenir le P-Dg de Smartdate, pensant que Smart Shopping avait dépassé une nouvelle fois le cadre de leurs anciens accords comme le sous-entendait Smartdate.

J'obtiendrais deux réponses.

La première de FunnyMel, par l'intermédiaire de M. Edouard Ducray, P-Dg de Dreamlead Interactive (l'éditeur du site) que je remercie de m'avoir répondu. Voici notamment ce qu'il m'écrira :

La liste de nos partenaires reprend uniquement les annonceurs au nom et pour le compte desquels nous relayons des offres commerciales par mail. C'est la raison pour laquelle nous avons pris la peine de vous envoyer cet email de bienvenue vous informant de notre partenariat avec la société Smartdate. Si vous avez contacté le fondateur de Smartdate, je ne doute pas que celui-ci vous aura effectivement confirmé le partenariat commercial qui lie nos deux sociétés.

La seconde du P-Dg de Smartedate, plus laconique et véritable petite « bombe » dans le Landerneau du Web français :

SD a été revendue.. Je n’y peux rien

A cette date, le site ne répond effectivement plus. Après quelques recherches sur le Net, je décide de publier un billet annonçant la fin de Smartdate.

Je cherche donc à trouver qui est responsable de cette nouvelle vente de mes données personnelles qui, encore une fois, se fait sans mon accord.

Mais les choses se compliquent lorsque j'apprends que la société n'a pas été vendue mais que ce sont des membres du conseil d'administration qui ont démissionné, selon leurs déclarations et la publication au Journal Officiel du 19/12/2011. De plus, le projet semble toujours porté (ou du moins supporté) par son ancien P-Dg selon Societe.com et son blog personnel.

Qui est donc responsable de ce nouvel envoi ?

Troisième série d'envois

Pensant une nouvelle fois ne plus entendre parler de Smartdate, ce service s'est rappelé à moi le 25 décembre dernier sous la forme d'un énième e-mail commercial poussé par... eDarling ! Ils s'agit alors d'une « offre exclusive réservée aux membres de Smartdate : 1 mois Premium offert sur eDarling.fr pour la souscription d'un abonnement de 6 mois ! »

L'envoi est fait sur l'adresse Facebook, comme cela avait été le cas pour le tout premier e-mailing commercial de Shopping Actu.

eDarling enverra deux autres e-mails qui seront suivis par un envoi de Fotochat (12/01/2012), un de Cupid.com (12/01/2012) puis de ParAffinite.com (17/01/2012), tous trois des sites de rencontres. La base Smartdate, qui à cette date a cessé de maintenir en ligne son site Internet, est donc de nouveau commercialement exploitée.

Des 4 sites de rencontre, seul Fotochat m'a répondu à ce jour (à travers M. Nicolas Grumbach que je remercie) m'indiquant qu'il a bien récupéré des données chez Smartdate, qui lui a répondu (en anglais) suite à ma plainte :

the email he sent you is not in the database... so he used another... and since we don't keep last names in the database its hard to find...

Je lui ai alors communiqué plus de détails et toutes les adresses en question, j'attends maintenant sa réponse.

Spam ou pas spam ?

Si nous faisons abstraction de la législation française et que nous nous contentons des conditions d'utilisation du site Smartdate, aucune trace n'est trouvée d'une hypothétique utilisation commerciale de nos données. C'est tout le contraire qui est était écrit :

Page privacy de Smartdate.com

Ainsi que :

Smartdate privacy e-mail

Sans parler de l'absence avérée de l'opt-in, seule la case Newsletter (qui était décochée pour le compte en question) s'approche de très loin du concept d'abonnement à des offres commerciales de partenaires (voir les captures plus haut).

L'étude des conditions générales d'utilisation ne prévient pas non plus de l'usage commercial qui pourrait être fait de vos données sans votre accord. Elles sont consultables ici.

Le fait est qu'en qualité d'ancien membre de Smartdate, j'ai reçu 32 e-mails commerciaux non sollicités sur deux adresses différentes toutes connues de Smartdate en l'espace de 6 mois malgré mes efforts pour alerter l'éditeur du site et ses différents clients ou partenaires marketing. Sans parler de la CNIL, Signal Spam et d'autres organismes luttant contre le spam.

J'aimerais donc comprendre qui d'autre que Smartdate possède et vend leur base de données, que ce soit pour la période estivale, celle de novembre et enfin la toute dernière de décembre/janvier avec à chaque fois des interlocuteurs ou des messages qui se prévalent d'accords avec Smartdate.

Je tiens bien entendu toutes les sources des e-mails reçus, des échanges par e-mail et des captures d'écrans effectuées à qui voudra bien traiter cette affaire afin de tourner définitivement la page Smartdate.

Mise à jour au 30 janvier : j’ai obtenu quelques réponses à mes e-mails signalant l’utilisation frauduleuse de mes données personnelles. Pour mémoire, ces demandes ont été envoyées à Cupid.com, Fotochat, eDarling, ParAffinite.com et EmailVision, le routeur de certaines de ces campagnes commerciales.

Tout d’abord un message de Fabrice Le Parc via LinkedIn, que je reproduis ici :

« Hello! je n'ai plus rien à voir avec SD mais suis intrigué par ton dernier billet et vais investiguer. Quels sont tes emails toujours présents dans cette fameuse base qui circule? »

Ma réponse envoyée le 19 janvier dernier n'a pas encore eu de suite.

Ensuite, après Fotochat qui m’a dit avoir contracté avec Smartdate, sans pour autant me dire avec qui malgré ma demande de précision, c’est la Valérie Fer de eDarling qui m’a donné cette information et cite nommément le responsable, selon elle, de ces ventes. Elle me « confirme que [mon] adresse [leur] a été transmise par la société SmartDate. [eDarling a] signé un contrat avec Fabrice le Parc, PDG de Smartdate, [leur] garantissant que les adresses transmises ont bien été récupérées en opt-in partenaire. »

J’ai demandé à Mme Fer quand ce contrat avait été signé et le nombre d’adresses e-mails achetées, mais je n’ai eu depuis aucune réponse de sa part.

ParAffinite.com et Cupid.com ont pour leur part préféré me répondre en suivant une procédure standard sans prendre la peine de lire mon message, et n’ont pas encore réagi au complément d’information que je leur ai communiqué. Seul Cupid.com m’a demandé de transférer ma plainte à leur administrateur système après les avoir relancé sur Twitter. Envoi resté lui aussi sans réponse.

Mise à jour au 19 février : j'aurai finalement reçu un total de 6 spams de la part d'eDarling, dont trois après les avoir averti (et accusé réception de cet avertissement) que la base utilisée n'était pas légalement exploitable, preuves à l'appui. J'ai le sentiment qu'on se moque de la législation et des internautes chez certains « professionnels » de la rencontre...

Dans le même temps, on peut lire sur certains forums ou blogs que des prélèvements bancaires sont toujours effectués sur les comptes de certains (ex) abonnés Smartdate.

samedi 17 décembre 2011

Les adresses IP ne sont pas fiables

L’Elysée dément qu’un de ses collaborateurs ait pu se livrer à de telles pratiques, expliquant que les adresses IP ne sont pas fiables car elles peuvent être piratées.

Cité par Reflets in HADOPI : la gadgetophrase de l’Elysée qui fait tâche

jeudi 15 décembre 2011

Rara.com, le nouveau service de streaming à la demande d'Omnifone

Le fournisseur de solutions musicales « clé en main » et en marque blanche, Omnifone franchit aujourd'hui une nouvelle étape en lançant une offre en direct de streaming à la demande.

Logo rara.com - courtesy Rara Media Group Ltd. & Musically.comOmnifone n'est pas une marque connue du grand public car cette société anglaise opère dans le monde du B2B, c'est-à-dire des services aux entreprises. Omnifone est ainsi derrière l'offre de streaming d'un certain nombre d'acteurs de l'informatique ou de l'électronique : HP, Sony, RIM (avec l'application BlackBerry Music), etc. à travers son offre white label MusicStation, véritable boite à outils de la musique numérique.

La société Omnifone vient de franchir une nouvelle étape en propulsant dans 16 pays, dont les États-Unis et la France, un nouveau service de streaming à la demande. Ce service s'appelle rara et ce lancement présente quelques caractéristiques qui méritent que l'on s'y intéresse.

De la marque blanche à la marque en propre

On imagine sans peine le savoir-faire technique et la connaissance du marché de la musique numérique accumulés par les équipes d'Omnifone à travers les différents partenariats et déploiements de solutions Web, applicatifs et mobiles pour le compte de ses clients.

Là où je pense personnellement que le marché B2B est bien plus intéressant que le B2C déjà (laborieusement) occupé par les Spotify ou Deezer, Omnifone procède en sens inverse : d'abord la marque blanche puis le lancement d'une marque en propre, rara.com.

Le discours de Rob Lewis est relativement simple : l'objectif est de séduire les 80% d'internautes ou possesseurs de smartphones qui n'ont pas encore cédé aux sirènes du streaming à la carte (et qui estiment que leur opérateur ne se goinfre pas déjà suffisamment tous les mois). Et pour ce faire, rara mise sur une large couverture géographique dès le lancement et sur une application Web et mobile (Android seulement pour l'instant, mais iOS a été annoncé) qui se veut plus graphique, ludique et simple d'utilisation.

HP devrait précharger (quoi donc d'ailleurs, une application ?) rara sur ses ordinateurs, faisant doublon avec l'offre conjointe déjà lancée sous l'étiquette MusicStation.

Une offre qui n'apporte rien de nouveau

Sans surprise, la grille tarifaire de rara.com n'est qu'un copier-coller de ce que propose la concurrence, grille dont on peut dire qu'elle est dictée par les quatre trois majors du disque. Pas d'innovation possible de ce côté-ci : 4,99 € pour la version Web et 9,99 € pour l'abonnement mobile.

Le lancement rapide semble avoir été facilité d'une part, par l'expérience d'Omnifone mais aussi par son modèle économique : en effet, exit le freemium cher à Spotify et Deezer : pour tester le produit, il faudra passer obligatoirement par la case abonnement. Mais rassurez-vous, les trois premiers mois seront facturés 0,99 € (1,99 €pour l'offre mobile). Cela suffira-t-il à ne pas laisser à la porte du site (mal traduit en français) les plus curieux ?

Rara affiche au compteur « plus de 10 millions de titres » et déjà une embrouille avec le distributeur Merlin, absent de cette sélection qui n'a pas manqué de critiquer le lancement de l'offre malgré l'absence de ses artistes.

Autant dire que l'interface graphique tant vantée par le chairman de Rara Media Group Ltd. aura intérêt à être à la hauteur (avec une bonne dose de Facebook pour ne pas contrevenir à la bulle mode actuelle).

Lancement global pour concurrence locale

Rara aura donc à affronter sur le terrain local des services de streaming à la carte plusieurs adversaires : Spotify tout d'abord, qui a certainement le plus d'arguments à opposer à la spin-off d'Omnifone, Deezer et sa béquille Orange qui fait de lui un acteur majeur sur le marché français, puis Qobuz sur le créneau de la « super-vraie-qualité-CD-tu-m'en-diras-des-nouvelles », l'offre d'Allomusic dont le système de zeeks est en train de se retourner contre elle et enfin le discret musicMe.

J'ouvre ici une petite parenthèse au sujet d'Allomusic : c'est le seul site dont le streaming « gratuit » n'est pas (encore) bridé, contrairement à ses deux grands concurrents. Encore un paradoxe de l'industrie du disque. Parenthèse close. :-)

L'abandon du freemium a sans doute permis d'une part un lancement rapide à l'international, raccourcissant les négociations avec les ayants droit dont certains répugnent à regarder ce modèle pourtant proche de celui de la radio, et d'autre part de prendre un risque financier moindre. Un de mes fidèles lecteurs saura sans doute de quoi je veux parler. ;-)

Il est enfin intéressant de noter qu'on ne se lance plus dans le téléchargement payant mais uniquement dans le streaming : personne ne veut répliquer le modèle de l'iTunes Store, pas même Google comme le faisait très justement remarquer aujourd'hui un intervenant de l'émission On refait la musique sur Radio Neo (bien qu'ils y viennent enfin avec Android Market).

Le téléchargement est mort, le freemium aussi, vive l'abonnement, vive le streaming !

lundi 28 novembre 2011

Changement des coordonnées du propriétaire pour un domaine .es

De nombreux bureau d'enregistrement (registrars) proposent le dépôt de noms de domaine espagnols, le plus répandu étant le .es. Malheureusement, la gestion des coordonnées du propriétaire du service se fait directement auprès du registre.

nic.es.pngLe dépôt de .es peut être intéressant à plusieurs titres : sécuriser une zone géographique mais aussi « jouer » sur les pluriels afin d'obtenir un nom original (par exemple voitur.es) ou une URL courte (en faisant « disparaître » le suffixe du TLD).

Nous allons donc voir comment procéder à la modification des données du propriétaire depuis le site du registre espagnol, nic.es.

Récupération du NIC-handle

La première étape consiste à récupérer votre identifiant de gestion de vos domaines, couramment appelé NIC-handle. Il est associé au nom de domaine, probablement à chaque création. (Je suppose qu'il y a autant de NIC que de domaines déposés ? N'ayant qu'un seul domaine .es, il m'est impossible de le vérifier.)

Rendez-vous en premier lieu sur la page de requête whois nic.es et saisissez dans le champ votre nom de domaine (par exemple mondomaine.es). La validation se fait en cliquant sur le bouton Buscar.

Un tableau vous présentera différents résultats (exact et approchants). Repérez votre domaine (1ère ligne) et cliquez sur le lien Ver datos (3ème colonne).

Une fois le captcha passé, vous aurez la liste des contacts associés au domaine : propriétaire, administratif et technique. Vous noterez au passage que les coordonnées ne sont pas masquées (il n'y a pas de base whois .es en libre accès), d'où la présence de ce captcha, bien maigre protection...

La ligne qui nous intéresse est la 3ème du tableau : Identificador, c'est-à-dire le NIC-handle du propriétaire du domaine.

Récupération du mot de passe associé

Une fois le NIC en votre possession, il vous faudra demander au registre de vous envoyer le mot de passe associé.

Formulaire de récupération du mot de passe

Cette demande se fait sur cette page. Le mot de passe est alors envoyé par e-mail à l'adresse associée à votre compte client chez votre registrar au moment du dépôt du nom (attention donc à ne pas utiliser cette fonction si vous n'êtes plus en mesure de relever le courrier de ce compte).

Accès à l'interface d'administration des domaines

Accès au manager du registre nic.es

Après réception du mot de passe par e-mail (qui malheureusement révèle dans le même e-mail le NIC-handle...) il vous faudra vous rendre sur la page d'accès de l'interface d'administration. Remplissez les champs ad hoc et validez votre saisie par le bouton Autentificarse.

Modification des coordonnées

Une fois identifié, cliquez sur le lien Mis Dominios disponible dans le menu de navigation de gauche, ce qui vous donnera accès à la liste des noms déposés sous cette identité (Listado de Dominios).

Cliquez ensuite sur le numéro du contact propriétaire (celui que vous venez de récupérer) associé au nom de domaine en question (colonne Titular), puis cliquez sur le bouton Editar Contacto. Vous devriez être en face d'un écran de ce type :

Modification des coordonnées du propriétaire

Validez vos changements via le lien Modifiar Contacto. Les changements sont instantanés côté registre, reste à voir en combien de temps votre registrar les répercutera (ce n'est pas immédiat chez OVH, par exemple).

Mise à jour janvier 2012 : Contrairement à ce que m'avait annoncé dans un premier temps le support OVH, le rafraîchissement des coordonnées propriétaire provenant du Registre espagnol n'est pas du tout automatique.

Constatant la présence de mon ancienne adresse postale plus d'un mois après la publication de ce billet, j'ai ouvert un ticket au support OVH qui, quelques jours plus tard, à abouti à l'envoi d'un justificatif de domicile et seulement après à la mise à jour de mon adresse. Je pense donc que toutes ces démarches étaient inutiles...

mercredi 16 novembre 2011

Rien ne va plus pour SmartDate ?

Logo du site Smartdate.com, copyright SmartdateSmartDate, la jeune start-up de rencontres sur Internet lancée en avril 2010 par Fabrice Le Parc, ne répond plus.

Le site est en effet down depuis 24 heures ainsi que tous ses services, blog compris. Plus aucune communication n'est effectuée sur les plateformes sociales comme Twitter ou Facebook depuis près de trois mois, les derniers messages datant du 20 septembre.

Sur le forum Les Arnaques, un membre annonçait que « (les) employés semblent depuis un moment invités à quitter la Société ». Les courriers envoyés au siège semblent aussi revenir à leur expéditeur, toujours selon les messages postés sur différents forums.

SmartDate avait réalisé deux levées de fonds : une première de 2 millions d'euros auprès de 360° Capital Partners en février 2010 et une seconde en novembre 2010 de 3,5 millions d'euros via Pierre Kosciusko-Morizet et Pierre Krings, co-fondateurs de PriceMinister.

La start-up ambitionnait de détrôner rapidement son concurrent Meetic en moins de deux ans et avait pour se faire passé le cap des 3 millions de membres en mars 2011 grâce à sa connectivité avec Facebook.

Interviewé par TechCrunch France en février dernier, Marc Simoncini donnait son avis sur ces nouveaux concurrents de Meetic :

La plupart sont (...) voués à l’échec ou à être revendus quelques années plus tard après avoir brûlé beaucoup d’argent de leurs actionnaires.

Aujourd'hui, Fabrice Le Parc qui a fondé une nouvelle société, SquareChic et qui s'est récemment installé aux États-Unis, a cédé les parts qu'il détenait dans la startup (voir FrenchWeb Le Mag n°1). Sur son tumbler, il revient sur les raisons de ce « grand gâchis » et nous livre les enseignements qu'il a pu en retirer.

L'identité du repreneur n'est pas connue ni non plus ce qui sera fait du site SmartDate et de ses millions de membres. La société semble cependant toujours active, ayant récemment noué un partenariat commercial avec DreamLead Interactive, selon son P-Dg.

MAJ au 17 Novembre : les serveurs de SmartDate sont revenus dans la nuit. Fabrice La Parc a publié un tweet indiquant que le site avait été victime d'un hack qu'il aurait corrigé. Dans un autre tweet, FrenchWeb a confirmé son départ de la société. Enfin, selon Alexa, l'audience du site de rencontres enregistrerait une baisse importante de son trafic depuis la fin du mois d'août.

MAJ au 19 Novembre : Fabrice Le Parc m'ayant fait part de sa réaction officielle aux problèmes que connaît SmartDate, je reproduis ici sa déclaration à sa demande :

« Suite à un désaccord global entre actionnaires, Fabrice Le Parc a finalement démissionné de ses fonctions chez Smartdate en octobre. Les autorités compétentes ont décidé de liquider l’entreprise car elle n’est plus managée. Cependant, Fabrice n’a pas coupé le site pour assurer une continuité de service aux abonnés. Il garde la capacité d’effectuer la maintenance du site, et invite les abonnés qui ne souhaitent plus l’être à se désabonner en cliquant sur le lien dans la gestion de leur compte. Sans que rien ne l'y oblige, Fabrice espère pouvoir maintenir le service, le rendre gratuit (auquel cas les abonnés seraient remboursés au prorata) et financer sa maintenance grâce à la publicité. Fabrice Le Parc se consacre désormais à sa nouvelle société, basée aux US, et regrette n’avoir pu résoudre le blocage sur le management de Smartdate. »

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