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mardi 24 janvier 2012

Allomusic lance une nouvelle formule pour le site Jiwa

Allomusic a lancé aujourd'hui une nouvelle version de Jiwa.fm. Il n'est plus possible d'écouter la musique au titre mais uniquement à travers des webradios et smartradios.

banner-logo-jiwa.jpg

Jiwa a traversé de nombreuses épreuves depuis 2010 : d'abord un dépôt de bilan en août suite à son incapacité à rentabiliser ses services et lancer son application mobile payante, suivi d'un rachat par Digiteka en novembre 2010 qui finira par abandonner le projet et le cédera très rapidement à Allomusic en juillet/août 2011, société déjà éditrice d'un site de streaming à la demande.

Six mois après ce rachat, les équipes d'Allomusic viennent de pousser la v3 de Jiwa (qui se sera fait longtemps attendre car annoncée pour le printemps 2011), version qui se rapproche d'ailleurs graphiquement et fonctionnellement du site Allomusic.com. Le logotype de Jiwa est ainsi griffé d'un Jiwa by Allomusic. On ne pourra pas leur reprocher cette cohérence graphique et la simplification d'une interface v2 que j'ai toujours trouvé trop « lourde » et un peu brouillonne.

Deux « produits » sont dorénavant disponibles :

  • Les webradios thématiques.
  • La smartradio paramétrable (selon le genre musical, l'artiste, l'année, la voix féminine/masculine, etc.).

Le tout streamé au format MP3 en 256 ou 320 Kbps.

Jiwa-radios-disponibles.png

Les playlists des anciens utilisateurs ne pourront être lues qu'à la condition de contenir plus de 3 heures d'écoute (chacune). On ne peut plus non plus en créer de nouvelles (ndla : elles seront bientôt de nouveau disponibles d'après Jiwa).

L'écoute d'un titre précis (via la recherche par mot-clé) est limitée à 30 secondes. Par contre il est possible d'écouter la smartradio d'un artiste ou d'un groupe (mais vous n'aurez pas accès aux seuls morceaux de l'artiste choisi). Il est enfin possible de cliquer sur le bouton de recommandation pour chaque titre ou écoute (symbolisé par un cœur) ce qui aura une incidence sur vos prochaines écoutes.

Jiwa-choix-smartradio.png

A noter qu'il n'est pas nécessaire d'être membre pour avoir accès à l'ensemble des fonctionnalités d'écoute de Jiwa, ce qui rend inutile l'inscription sur le site (puisque les playlists ont disparu ou sont quasi-inutilisables) à l'heure actuelle (les futures radios personnalisées et les playlists nécessiteront un compte, ndla).

Le modèle économique de nouveau Jiwa est relativement simple : à chaque 1er chargement d'une radio, smartradio ou changement de paramètre de cette dernière, une publicité vidéo de 25 secondes environ est jouée avec obligation de la visionner de bout en bout.

Nous sommes donc proches du modèle « inventé » par Beezik pour le téléchargement de musique, à savoir le spot vidéo garanti. Mais contrairement à celui-ci, la vidéo ne se joue pas en plein-écran et aucun mécanisme empêche l'internaute de changer d'onglet ou d'application.

Publicité vidéo sur Jiwa

La vidéo et les annonceurs sont apportés par la société StickyAdsTV, solution là encore très proche de celle de BeeAd.

On note aussi la présence de bandeaux publicitaires classiques poussés par différents programmes comme celui de DoubleClick, par exemple.

Un timide bandeau Allomusic est présent sur toutes les pages, créant un pont entre les deux services qui ne communiquaient pas vraiment entre eux jusqu'à présent.

Il est cependant dommage de ne pas exploiter plus en profondeur la synergie entre Jiwa (smartradio gratuite) et Allomusic (streaming à la demande, lire mon billet à ce sujet). Par exemple dans le listing des titres disponibles ou via les playlists en pensant Premium. ;-)

jiwa-encart-allomusic.png

Une pop-up intempestive s'ouvrira aussi à la fin de la diffusion de la vidéo, vous proposant systématiquement de laisser un commentaire sur le mur de votre compte Facebook (sans rapport avec le titre ou la radio écouté).

Il sera intéressant de suivre l'évolution des statistiques de fréquentation des mois de janvier et février afin de voir l'impact positif ou négatif de cette nouvelle version sur l'audience de Jiwa qui a encore de nombreux fans sur la Toile, preuve de l'excellent travail fourni par l'équipe fondatrice du service.

mercredi 20 juillet 2011

Jiwa racheté par Allomusic

Mise à jour du 21 juillet : rendons à César ce qui lui appartient, l'annonce a été en premier lieu publiée par Christophe Baillon, toujours sur Twitter. Christophe est l'ex-CTO de Jiwa (on s'est d'ailleurs peut-être déjà croisé là-bas...).

Mise à jour du 21 juillet (10h30) : ce n'est plus une rumeur, Allomusic a bien repris Jiwa il y a de cela quelques jours, avec l'intention de conserver la marque et son esprit.

C'est par un tweet de Philippe Astor du webzine ElectronLibre.info, qui anime aussi le (trop rare) blog Digital Jukebox sur ZDNet, que l'on apprend le probable rachat du site se streaming Jiwa.fm par son concurrent Allomusic.com.

tweet-makno-jiwa.png

Allomusic avait totalement changé de cap fin 2010, abandonnant le modèle du portail thématique (une « encyclopédie participative 100% musique on-line » selon les termes des fondateurs) pour se lancer dans le streaming à la demande, c'est-à-dire le même modèle que Spotify et Deezer, ou de Jiwa avant ses ennuis financiers.

Les actifs de Jiwa.fm avaient précédemment été repris par Digiteka suite à la liquidation judiciaire de la start-up. Il y a quelques semaines, le P-Dg de cette société annonçait même dans une interview publiée par PC INpact le lancement d'une nouvelle version du site et l'arrivée prochaine d'offres Premium sur smartphones.

Annonce du rachat et de la prochaine relance de Jiwa par Digiteka, encore en page d'accueil de leur site

Et bien, pour la deuxième fois de sa courte histoire, le site de streaming n'aura peut-être pas droit à son application mobile (Jiwa espérait déjà officieusement lancer une application mobile avec abonnement courant 2009). Le nom de domaine Jiwa.fm a effectivement été transféré à Allomusic :

whois-jiwa.fm.png

Allomusic propose quasiment les mêmes produits que Jiwa : des offres d'abonnement Web et mobiles appuyées par du streaming gratuit. Mais différence de taille : l'écoute gratuite est à la demande et illimitée, quand on doit se contenter de smartradios chez Jiwa, coût d'acquisition des catalogues oblige. Comme quoi avec Universal Music et les majors en général, c'est la règle du deux poids, deux mesures.

Alors que compte faire Allomusic de sa première acquisition, et pas des moindres ? Stimuler des ventes de packs qu'on imagine plutôt mauvaises, mais cette fois sous la marque « Jiwa » mieux connue des internautes ? Fermer le site et rediriger son audience vers Allomusic ? Ou l'inverse ? Ou bien segmenter l'offre en jouant habilement avec les deux marques ?

On attend maintenant l'hypothétique communiqué de presse officiel qui nous en dira peut-être plus sur les raisons de l'abandon de Jiwa par Digiteka et les motivations de ce rachat par Allomusic.

mardi 30 novembre 2010

Allomusic se repositionne face à Deezer & Spotify

Lancé fin 2009 comme portail de la musique, le site offre aujourd'hui des abonnements d'écoute en streaming et s'aligne sur Deezer.

Allomusic est un portail d'information musical lancé en mars 2009. Il se définit alors comme « le portail français de toutes les musiques ». Allomusic espérait alors atteindre 1,5 millions de visiteurs uniques d'ici mai/juin 2010, et 3 millions d’ici la fin de cette même année. Objectifs remplis ?

Lancé par Philippe Abitbol, Patrick Bruel, Gérard Darmon et Manu Katché, le site se voulait un Deezer associé à une richesse éditoriale et de contenus que le site d'écoute ne proposait pas (et ne propose toujours pas). Le site revendiquait alors une pléthore de services : écoute en streaming, téléchargement de titres, location de places de concerts, vente et échange de matériels neufs ou d'occasion, radios thématiques, forums, blogs, quiz, etc.

Allomusic nouvelle version : « on gagne à écouter »

Un an plus tard, force est de constater que le grand fourre-tout qu'était Allomusic (très décrié au lancement) a laissé sa place à un modèle beaucoup plus sobre calqué sur son compétiteur désigné, Deezer.

Le concept

On retrouve toujours la dimension contenu de l'ancienne mouture, mais ils ne sont plus mis en avant comme l'étaient la WebTV, l'actualité ou le contenu produit par la communauté des internautes.

Le comparateur de prix répond lui aussi à l'appel, mais ne propose plus que le téléchargement MP3 auprès d'Amazon MP3, iTunes Store, VirginMega et Qobuz via de classiques liens en affiliation. Fnac.com brille ici par son absence.

Le site est dorénavant structuré par grands styles de musique :

  • Variété
  • Pop/Rock
  • Folk
  • Indé
  • etc.

Le site se présente maintenant lui-même comme « [le] plus grands catalogues de musique du monde » sans bien sûr avancer de chiffres ;-) A ma connaissance le plus grand catalogue de musique du monde est celui que propose l'iTunes Store d'Apple avec 14 millions de titres.

Orienté streaming à la demande, le site propose trois abonnements : le premier appelé Gratuit, est... gratuit (!) comme son nom l'indique. Il vous permettra d'écouter à la demande les titres proposés par le (très grand) catalogue d'Allomusic, l'écoute étant entrecoupée de spots publicitaires.

Formules d'abonnement

A l'heure où j'écris ce billet, l'écoute n'est pas disponible, le player semblant en effet souffrir de problèmes de jeunesse. Bêta oblige...

startSession(): Internal error, please contact administrator. | E-ACS/D/102-9-1 | initSession() must be called before startSession().

Deux autres formules payantes respectivement 4,99 € pour l'offre Argent et 9,99 € pour l'Or, font sauter la publicité et améliorent l'écoute qui est alors qualifiée de « qualité CD » pour un taux de compression de 320 kbps.

L'offre Or propose d'une part une application (« Allogiciel ») permettant d'écouter sa musique sans connexion et d'autre part une version mobile du site avec écoute (mais qui ne propose pas la lecture hors connexion). L'application mobile, disponible sur iPhone et Android a été lancée il y a quelques jours seulement.

Application iPhone

Du point de vue ergonomique, le site est plus agréable à utiliser que son prédécesseur mais nous sommes encore bien loin des canons de Deezer ou Spotify, notamment au niveau de la recherche.

Une touche de Beezik

Allomusic a conservé du premier site le concept des points. Appelés AlloCrédits dans la v1, ils sont devenus des Zeeks.

Gains à l'inscription

Un « zeek » vaut aussi 0,001 €. Ces points permettent ainsi de récompenser des actions effectuées par les membres, comme par exemple l'inscription qui est créditée de 100 zeeks, soit 10 centimes d'euros, ou l'écoute d'une nouveauté gratifiée de 10 zeeks (1 centime).

Barème des points

Ces points peuvent être échangés contre des bons cadeaux d'une valeur de 1 à 50 € auprès d'Amazon et de la Fnac. Allomusic promet sur son site des gains pouvant s'élever jusqu'à 30 € par mois ! Tant sur le fond que sur la forme, nous sommes proches de Beezik.

Les zeeks se gagnent par exemple :

  • en devenant membre,
  • en écoutant les nouveautés de la semaine,
  • en envoyant des informations sur les artistes,
  • quand un autre membre écoute trois chansons de votre playlist,
  • en parrainant ses amis.

Afin d'encourager les abonnements, les gains sont doublés si vous êtes membre Argent ou Or.

Valeur des bons cadeaux

Un compétiteur de taille pour Deezer et Spotify ?

Difficile de juger de la qualité de cette offre tant le site est encore grévé de bugs empêchant d'utiliser l'écoute de morceaux en streaming. La politique tarifaire est identique à Deezer (offres Premium et Premium+) ou Spotify (Unlimited et Premium), mais Allomusic ne communique pas sur la profondeur de son catalogue. Les majors sont-ils tous là (EMI et Universal Music sont citées comme partenaires) ? Quid des nombreux catalogues d'indépendants ?

Le contenu, encore présent mais remisé à un rôle secondaire, et la gratification de points feront-ils vraiment la différence ? Le modèle initial n'ayant semble-t-il pas trouvé son public, ce repositionnement opportun laisse malgré tout planer quelques doutes sur les chances de réussite de la start-up.