Vialet.org

Aller à l'accueil | A propos de ce blog | Contactez-moi

Mot-clé - allomusic

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 17 mai 2012

Allomusic et Jiwa, c'est peut-être fini...

La société éditrice des sites de streaming Allomusic et Jiwa (repris en juillet 2011 après un rapide passage chez Digiteka), les Investisseurs réunis présidée par Philippe Abitbol, est en liquidation judiciaire à environ 6 mois de son objectif d'équilibre financier, prévu pour 2013.

allomusic-homepage.jpg

Le secteur de la musique en ligne est sans doute en passe de perdre un de ses acteurs : Allomusic serait en liquidation judiciaire. C'est en tous les cas ce que l'on peut constater sur le site Societe.com.

Pourtant, il y a quelques semaines, Allomusic annonçait l'implémentation de l'Open Graph de Facebook ainsi que le prochain lancement qu'une grande campagne de communication radio, TV et Internet (source Musique Info).

Allomusic avait au début de l'année mis fin à son système de points de fidélité (les « zeeks ») qui représentait pour bon nombre d'abonnés, le véritable intérêt des formules Premium argent ou or vendues par le site de streaming. Un rapide calcul, que bon nombre d'internautes ont fait, aidés par les sites spécialisés qui traquent les bons plans du Net, montrait en effet les largesses et failles de ce programme de fidélité.

Du contenu au streaming

Allomusic s'était lancée fin 2009 sur le créneau du contenu. Extrêmement brouillon, la première mouture du site qui se voulait un portail d'information musicale tout azimut, n'a pas trouvé son public mais surtout de revenus à même de pérenniser l'aventure à laquelle participent alors Philippe Abitbol, Patrick Bruel, Manu Katché et Gérard Darmon.

Le site ne vend ni musique ni abonnement streaming en direct, mais de l'espace publicitaire.

Un an s'écoule avant que le changement de modèle ne soit consommé : dorénavant, Allomusic proposera du streaming et rejoint Deezer et Spotify (lancé en France en février 2010) sur ce marché où peu d'acteurs se pressent pour y proposer leurs services. Et pour cause, l'accès aux catalogues des différentes maisons de disque a un coût prohibitif difficilement rentable, compte tenu du faible nombre d'abonnés potentiels. A ce jour, aucun acteur de ce marché n'est d'ailleurs rentable, même à l'international.[1]

Afin de marquer sa différence, indépendamment de l'aspect contenu musical qui est en partie maintenu, Allomusic rémunère l'écoute sous forme de points de fidélité échangeables contre des bons d'achat (les zeeks). Système qui, on le sait maintenant, sera contreproductif et abandonné fin 2011. Il sera remplacé par une simple loterie (une seule aura été organisée avant la liquidation de la société).

A l'été 2011, Allomusic met la main sur les actifs de Jiwa en les rachetant à son ancien propriétaire Digiteka qui n'en aura strictement rien fait. Disposant encore d'une audience très respectable, aucune synergie visible entre les deux services n'est pourtant mise en place et il faudra attendre le lancement d'une troisième version de Jiwa.fr pour qu'un timide pont soit établi entre les deux offres des Investisseurs réunis.

Pour autant, les playlists et l'écoute au titre sont (temporairement, ndla) sabrées (car encore une fois économiquement non viables) afin de laisser place à une simple smartradio comme il en existe des dizaines sur le Web. Ce changement de cap aura probablement contribué à tarir un peu plus les ressources publicitaires de Jiwa en faisant fuir nombre d'anciens utilisateurs du service.

Un marché extrêmement fragile et concurrentiel

Ce sont donc deux sites qui vont disparaître, si aucun repreneur ne se manifestait : Allomusic et Jiwa. L'un des fondateurs historique de Jiwa, Jean-Marc Plueger, a depuis lancé une nouvelle start-up toujours dans la musique numérique : Yasound.

Les leçons de Jiwa ont d'ailleurs bien été retenues, puisque le projet repose directement sur une application mobile (iOS pour l'instant) et une écoute en mode smartradio, c'est-à-dire un modèle économique qui se passe des exorbitantes avances sur recettes exigées par les majors. Pour l'utilisateur final, le service est gratuit, ce qui le dispense de régler un couteux abonnement mensuel.

La survie d'un site de streaming comme Allomusic est problématique à plus d'un titre. D'une part, l'offre doit être suffisamment étoffée pour être intéressante, c'est-à-dire proposer un catalogue de titres le plus étendu possible afin de brasser tous les genres et goûts musicaux des futurs abonnés. Allomusic ne propose qu'un « petit » catalogue de 7 millions de titres quand la concurrence en offre plus du double.

Certains diront, à l'instar de Qobuz, que la qualité prime sur la quantité, mais ce point de vue est discutable.

Ensuite, la masse critique des abonnés est un facteur de rentabilité essentiel, et cette croissance est à aller chercher au-delà des frontières françaises, ce qu'Allomusic n'a jamais pu entreprendre.

Il faut aussi créer des synergies fortes : Deezer s'est associé à Orange, Spotify à SFR (mais très timidement), il restait donc Bouygues Telecom et le dernier arrivant, Free Mobile (a noter que Xavier Niel est actionnaire de Deezer). Bouygues qui par le passé avait déjà réalisé une opération de co-branding avec Beezik, n'est pas étranger à la chose musicale.

Contrairement à un Rdio - qui s'est justement lancé sur le marché français il y a deux semaines - Allomusic propose encore un site d'écoute 100% gratuit. Bien que le « gratuit » ait aidé à populariser Deezer ou Spotify (qui ont depuis fortement limité l'écoute gratuite), l'abonnement Argent à 4,99 € par mois ne présente pas vraiment d'intérêt du fait de cette gratuité, sauf si vous souhaitez gagner plus de... zeeks ! ;-)

Il est curieux de noter que les foudres d'Universal Music ne sont tombées en France que sur Deezer qui, lui aussi, tenait au caractère illimité de son offre de streaming gratuit...

Enfin, la technologie utilisée par Allomusic ne semble pas faire l'unanimité parmi les abonnés qui auront beaucoup de griefs à formuler sur les forums du site. Développée en marque blanche par la société Snowite (celle-là même qui a racheté OpenDisc), Allomusic n'a donc pas dans son escarcelle de technologie propre, hormis celle acquise au moment du rachat de Jiwa mais qui semble avoir été abandonnée avec la v3 du site.

Or la partie technique est un élément essentiel des nouvelles offres de streaming Web ou mobile. Les récentes évolutions de Spotify et de Deezer qui deviennent peu à peu de véritables boîtes à outils pour les développeurs de mashups, ne font que confirmer la prépondérance de ce nouvel aspect des métiers de la distribution (et donc de la consommation) de musique.

Aucune annonce officielle

Depuis le 8 mai, plus aucun message n'est diffusé sur les réseaux sociaux, les forums ou le site Allomusic. Les salariés que j'ai contactés n'ont pas souhaité s'exprimer ou ne m'ont tout simplement pas répondu. On ne sait donc pas combien de temps sera maintenu le service d'écoute Web ou mobile ni ce que deviendront les centaines de milliers de zeeks inutilisés.

tweet-allomusic.png

Personne dans la presse spécialisée ne semble s'intéresser aux problèmes financiers et commerciaux de cet acteur du streaming, et il est regrettable de voir disparaître un service d'accès gratuit à la musique, un de plus dira-t-on. Un pas de plus vers l'uniformisation totale des offres de streaming ou de téléchargement de musique.

L'heure n'est sans doute plus à l'arrivée de nouveaux acteurs de streaming par abonnement mais à des offres plus souples, soit en occupant une niche comme Qobuz, soit en proposant un service de smartradio à forte connotation sociale comme Yasound, Serendip ou encore Bloom.

Note

[1] Deezer se dit rentable mais uniquement grâce à la « béquille » Orange et ses abonnés fantômes ; Spotify aurait annoncé être proche du seuil de la profitabilité mais sans le confirmer. Les deux acteurs sont toujours à la recherche de sommes à 8 zéros...

vendredi 16 mars 2012

Allomusic et l'échec des zeeks

Allomusic a mis fin à son système d'écoute rémunérée qui permettait de cumuler des points appelés zeeks et de les échanger contre des bons d'achat Fnac ou Amazon. La raison de ce revirement ? Un système par trop généreux.

Ce sont des utilisateurs d'Allomusic qui m'auront amené à m'intéresser à ce problème, suite à quelques commentaires extrêmement vindicatifs laissés sur deux de mes billets. La raison de leur colère ? La fin de la conversion de leurs zeeks en bons d'achat sur le site d'écoute Allomusic.

Allomusic et l'écoute rémunérée

Logo Allomusic 160x56La start-up Allomusic s'est lancée en mars 2009 comme un portail de la musique multi-services, l'équipe produisant elle-même le contenu du site, agrégeant services d'écoute, d'achat de places de concerts, comparateur de prix, etc.

La formule n'ayant pas pris, le site se positionne alors sur le créneau de l'écoute en streaming gratuit et par abonnement sur le modèle d'un Deezer ou d'un Spotify.

Afin de se dissocier de ses concurrents, Allomusic décide de « rémunérer » ses membres (qu'ils soient ou non abonnés) lorsqu'ils écoutent par exemple une nouveauté. Les points accumulés appelés zeeks (qui existaient déjà dans la première formule du site) sont ensuite convertibles en bons d'achat Fnac ou Amazon qui permettent d'y acheter tout ce que proposent ces sites, un « zeek » valant 0,001 €.

Formules d'abonnement Allomusic

L'idée est intéressante sur le papier mais en pratique elle se révèlera désastreuse à la fois en termes de trésorerie et d'image.

Allomusic se moque de ses clients, ne parvient jamais à leur fournir des bons, site totalement bidon !

Fin 2011, les bons d'achat sont de plus en plus difficiles à obtenir. Allomusic semble freiner leur distribution et l'incompréhension cède la place à la colère parmi les abonnées (premium) du site. Certains ont en effet accumulé des dizaines, des centaines de milliers de zeeks en quelques mois et beaucoup ont déjà profité des largesses du système qui leur a permis d'acheter iPads, ordinateurs, etc.

Discussion Twitter 14 décembre 2011

Jusque-là, le site se montrait très généreux. Les abonnés bénéficient d'un doublement de leurs points qu'ils payent 5 ou 10 euros par mois. La formule à 5 € permet donc d'accumuler plus facilement des zeeks sans débourser les 10 euros mensuels demandés par la formule or.

Écouter les nouveautés ou partager une playlist avec des amis permet, par exemple, de gagner des zeeks. Il suffit alors de créer plusieurs comptes, créer des playlists faussement populaires, écouter en échange celles des autres, et voir votre capital de zeeks augmenter. De même, il est possible de jouer les morceaux en tâche de fond et même de couper le son du lecteur intégré sans que cela gêne l'attribution des points.

On comprend mieux comment certains membres ont pu accumuler autant de points, comme en atteste la liste des membres les plus actifs :

Top Membres Allomusic

A en croire ce tableau, les cinq premiers membres ont accumulé plus de 200 € de gains, à comparer aux 119,88 € annuels de la formule or ou même aux 59,88 € de la formule argent.

Des bons d'achat au tirage au sort

Face au problème croissant que posaient les zeeks, Allomusic a mis fin à leur conversion en décembre puis a annoncé préparer une nouvelle formule qui a malheureusement beaucoup tardé à être révélée et appliquée, générant toujours plus de grogne et d'insatisfaction parmi les membres, ces derniers attendant les nouvelles modalités d'échange pour renouveler (ou pas) leur abonnement.

Annonce de la nouvelle offre

L'argument officiel derrière ce changement à 180° n'était pas l'excès de popularité et la trop grande générosité du système mais le fait que les membres d'Allomusic achetaient des produits bien éloignés de l'univers musical du site, ce qui était certainement vrai mais il n'y avait aucune obligation de la part de l'internaute de consommer de la musique, seulement un vœu pieu de la direction. Bref, ce n'était pas très « musique » d'acheter une poussette ou un iPad avec ses zeeks.

Or, après de longues semaines d'attente, le nouveau système a enfin été révélé fin février (pour un lancement courant mars).

Les zeeks deviennent une monnaie de loterie : plus vous misez de zeeks (au minium 1000 zeeks soit « 1 € »), plus vous aurez de chances de remporter un des lots mis en jeu. Une bonne manière de réduire le nombre de cadeaux distribués tout en liquidant un maximum de zeeks sans aucune contrepartie.

De plus, les loteries n'auraient lieu qu'une fois par mois : 19 cadeaux dont 9 potentiellement intéressants sont donc à partager au sein de la communauté.

Annonce loterie Allomusic sur Facebook

Problème : les lots ne sont pas non plus totalement orientés « musique » : on y retrouve un iPad et des blousons parmi d'autres cadeaux (casques audio et mixtapes). Sans doute afin de ménager les abonnés.

Sur les forums d'Allomusic ou sur sa page Facebook, la grogne n'a bien sûr pas cessé, ce nouveau système ne satisfaisant pas tous les membres. Certains réclament même le solde de leur compte au 31 décembre 2011 sous la forme de bons d'achat.

Quel impact aura eu cette gestion de crise sur les abonnements ? Difficile à dire puisque Allomusic, qui affiche 7 millions de titres au catalogue contre 15 millions pour ses concurrents, ne communique pas sur le nombre d'abonnés or ou argent ou même d'inscrits.

Quel est aujourd'hui la stratégie et le positionnement de ce site qui bénéficie pourtant d'un énorme avantage sur Deezer ou Spotify en France puisqu'il est le dernier site de streaming Web totalement gratuit et sans limites d'écoute, privé de son « écoute rémunérée » qui semblait être le principal intérêt de la formule, à en croire ses membres ?

mardi 24 janvier 2012

Allomusic lance une nouvelle formule pour le site Jiwa

Allomusic a lancé aujourd'hui une nouvelle version de Jiwa.fm. Il n'est plus possible d'écouter la musique au titre mais uniquement à travers des webradios et smartradios.

banner-logo-jiwa.jpg

Jiwa a traversé de nombreuses épreuves depuis 2010 : d'abord un dépôt de bilan en août suite à son incapacité à rentabiliser ses services et lancer son application mobile payante, suivi d'un rachat par Digiteka en novembre 2010 qui finira par abandonner le projet et le cédera très rapidement à Allomusic en juillet/août 2011, société déjà éditrice d'un site de streaming à la demande.

Six mois après ce rachat, les équipes d'Allomusic viennent de pousser la v3 de Jiwa (qui se sera fait longtemps attendre car annoncée pour le printemps 2011), version qui se rapproche d'ailleurs graphiquement et fonctionnellement du site Allomusic.com. Le logotype de Jiwa est ainsi griffé d'un Jiwa by Allomusic. On ne pourra pas leur reprocher cette cohérence graphique et la simplification d'une interface v2 que j'ai toujours trouvé trop « lourde » et un peu brouillonne.

Deux « produits » sont dorénavant disponibles :

  • Les webradios thématiques.
  • La smartradio paramétrable (selon le genre musical, l'artiste, l'année, la voix féminine/masculine, etc.).

Le tout streamé au format MP3 en 256 ou 320 Kbps.

Jiwa-radios-disponibles.png

Les playlists des anciens utilisateurs ne pourront être lues qu'à la condition de contenir plus de 3 heures d'écoute (chacune). On ne peut plus non plus en créer de nouvelles (ndla : elles seront « bientôt » de nouveau disponibles d'après Jiwa).

L'écoute d'un titre précis (via la recherche par mot-clé) est limitée à 30 secondes. Par contre il est possible d'écouter la smartradio d'un artiste ou d'un groupe (mais vous n'aurez pas accès aux seuls morceaux de l'artiste choisi). Il est enfin possible de cliquer sur le bouton de recommandation pour chaque titre ou écoute (symbolisé par un cœur) ce qui aura une incidence sur vos prochaines écoutes.

Jiwa-choix-smartradio.png

A noter qu'il n'est pas nécessaire d'être membre pour avoir accès à l'ensemble des fonctionnalités d'écoute de Jiwa, ce qui rend inutile l'inscription sur le site (puisque les playlists ont disparu ou sont quasi-inutilisables) à l'heure actuelle (les futures radios personnalisées et les playlists nécessiteront un compte, ndla).

Le modèle économique de nouveau Jiwa est relativement simple : à chaque 1er chargement d'une radio, smartradio ou changement de paramètre de cette dernière, une publicité vidéo de 25 secondes environ est jouée avec obligation de la visionner de bout en bout.

Nous sommes donc proches du modèle « inventé » par Beezik pour le téléchargement de musique, à savoir le spot vidéo garanti. Mais contrairement à celui-ci, la vidéo ne se joue pas en plein-écran et aucun mécanisme n'empêche l'internaute de changer d'onglet ou d'application.

Publicité vidéo sur Jiwa

La vidéo et les annonceurs sont apportés par la société StickyAdsTV, solution là encore très proche de celle de BeeAd (Beezik).

On notera aussi la présence de bandeaux publicitaires classiques poussés par différents programmes comme celui de DoubleClick, par exemple.

Un timide bandeau Allomusic est présent sur toutes les pages, créant un pont entre les deux services qui ne communiquaient pas vraiment entre eux jusqu'à présent.

Il est cependant dommage de ne pas exploiter plus en profondeur la synergie entre Jiwa (smartradio gratuite) et Allomusic (streaming à la demande, lire mon billet à ce sujet). Par exemple dans le listing des titres disponibles ou via les playlists en pensant Premium. ;-)

jiwa-encart-allomusic.png

Une pop-up intempestive s'ouvrira aussi à la fin de la diffusion de la vidéo, vous proposant systématiquement de laisser un commentaire sur le mur de votre compte Facebook (sans rapport avec le titre ou la radio écouté).

Il sera intéressant de suivre l'évolution des statistiques de fréquentation des mois de janvier et février afin de voir l'impact positif ou négatif de cette nouvelle version sur l'audience de Jiwa qui a encore de nombreux fans sur la Toile, preuve de l'excellent travail fourni par l'équipe fondatrice du service.

mercredi 20 juillet 2011

Jiwa racheté par Allomusic

Mise à jour du 21 juillet : rendons à César ce qui lui appartient, l'annonce a été en premier lieu publiée par Christophe Baillon, toujours sur Twitter. Christophe est l'ex-CTO de Jiwa (on s'est d'ailleurs peut-être déjà croisé là-bas...).

Mise à jour du 21 juillet (10h30) : ce n'est plus une rumeur, Allomusic a bien repris Jiwa il y a de cela quelques jours, avec l'intention de conserver la marque et son esprit.

C'est par un tweet de Philippe Astor du webzine ElectronLibre.info, qui anime aussi le (trop rare) blog Digital Jukebox sur ZDNet, que l'on apprend le probable rachat du site se streaming Jiwa.fm par son concurrent Allomusic.com.

tweet-makno-jiwa.png

Allomusic avait totalement changé de cap fin 2010, abandonnant le modèle du portail thématique (une « encyclopédie participative 100% musique on-line » selon les termes des fondateurs) pour se lancer dans le streaming à la demande, c'est-à-dire le même modèle que Spotify et Deezer, ou de Jiwa avant ses ennuis financiers.

Les actifs de Jiwa.fm avaient précédemment été repris par Digiteka suite à la liquidation judiciaire de la start-up. Il y a quelques semaines, le P-Dg de cette société annonçait même dans une interview publiée par PC INpact le lancement d'une nouvelle version du site et l'arrivée prochaine d'offres Premium sur smartphones.

Annonce du rachat et de la prochaine relance de Jiwa par Digiteka, encore en page d'accueil de leur site

Et bien, pour la deuxième fois de sa courte histoire, le site de streaming n'aura peut-être pas droit à son application mobile (Jiwa espérait déjà officieusement lancer une application mobile avec abonnement courant 2009). Le nom de domaine Jiwa.fm a effectivement été transféré à Allomusic :

whois-jiwa.fm.png

Allomusic propose quasiment les mêmes produits que Jiwa : des offres d'abonnement Web et mobiles appuyées par du streaming gratuit. Mais différence de taille : l'écoute gratuite est à la demande et illimitée, quand on doit se contenter de smartradios chez Jiwa, coût d'acquisition des catalogues oblige. Comme quoi avec Universal Music et les majors en général, c'est la règle du deux poids, deux mesures.

Alors que compte faire Allomusic de sa première acquisition, et pas des moindres ? Stimuler des ventes de packs qu'on imagine plutôt mauvaises, mais cette fois sous la marque « Jiwa » mieux connue des internautes ? Fermer le site et rediriger son audience vers Allomusic ? Ou l'inverse ? Ou bien segmenter l'offre en jouant habilement avec les deux marques ?

On attend maintenant l'hypothétique communiqué de presse officiel qui nous en dira peut-être plus sur les raisons de l'abandon de Jiwa par Digiteka et les motivations de ce rachat par Allomusic.

mardi 30 novembre 2010

Allomusic se repositionne face à Deezer & Spotify

Lancé fin 2009 comme portail de la musique, le site offre aujourd'hui des abonnements d'écoute en streaming et s'aligne sur Deezer.

Allomusic est un portail d'information musical lancé en mars 2009. Il se définit alors comme « le portail français de toutes les musiques ». Allomusic espérait alors atteindre 1,5 millions de visiteurs uniques d'ici mai/juin 2010, et 3 millions d’ici la fin de cette même année. Objectifs remplis ?

Lancé par Philippe Abitbol, Patrick Bruel, Gérard Darmon et Manu Katché, le site se voulait un Deezer associé à une richesse éditoriale et de contenus que le site d'écoute ne proposait pas (et ne propose toujours pas). Le site revendiquait alors une pléthore de services : écoute en streaming, téléchargement de titres, location de places de concerts, vente et échange de matériels neufs ou d'occasion, radios thématiques, forums, blogs, quiz, etc.

Allomusic nouvelle version : « on gagne à écouter »

Un an plus tard, force est de constater que le grand fourre-tout qu'était Allomusic (très décrié au lancement) a laissé sa place à un modèle beaucoup plus sobre calqué sur son compétiteur désigné, Deezer.

Le concept

On retrouve toujours la dimension contenu de l'ancienne mouture, mais ils ne sont plus mis en avant comme l'étaient la WebTV, l'actualité ou le contenu produit par la communauté des internautes.

Le comparateur de prix répond lui aussi à l'appel, mais ne propose plus que le téléchargement MP3 auprès d'Amazon MP3, iTunes Store, VirginMega et Qobuz via de classiques liens en affiliation. Fnac.com brille ici par son absence.

Le site est dorénavant structuré par grands styles de musique :

  • Variété
  • Pop/Rock
  • Folk
  • Indé
  • etc.

Le site se présente maintenant lui-même comme « [le] plus grands catalogues de musique du monde » sans bien sûr avancer de chiffres ;-) A ma connaissance le plus grand catalogue de musique du monde est celui que propose l'iTunes Store d'Apple avec 14 millions de titres.

Orienté streaming à la demande, le site propose trois abonnements : le premier appelé Gratuit, est... gratuit (!) comme son nom l'indique. Il vous permettra d'écouter à la demande les titres proposés par le (très grand) catalogue d'Allomusic, l'écoute étant entrecoupée de spots publicitaires.

Formules d'abonnement

A l'heure où j'écris ce billet, l'écoute n'est pas disponible, le player semblant en effet souffrir de problèmes de jeunesse. Bêta oblige...

startSession(): Internal error, please contact administrator. | E-ACS/D/102-9-1 | initSession() must be called before startSession().

Deux autres formules payantes respectivement 4,99 € pour l'offre Argent et 9,99 € pour l'Or, font sauter la publicité et améliorent l'écoute qui est alors qualifiée de « qualité CD » pour un taux de compression de 320 kbps.

L'offre Or propose d'une part une application (« Allogiciel ») permettant d'écouter sa musique sans connexion et d'autre part une version mobile du site avec écoute (mais qui ne propose pas la lecture hors connexion). L'application mobile, disponible sur iPhone et Android a été lancée il y a quelques jours seulement.

Application iPhone

Du point de vue ergonomique, le site est plus agréable à utiliser que son prédécesseur mais nous sommes encore bien loin des canons de Deezer ou Spotify, notamment au niveau de la recherche.

Une touche de Beezik

Allomusic a conservé du premier site le concept des points. Appelés AlloCrédits dans la v1, ils sont devenus des Zeeks.

Gains à l'inscription

Un « zeek » vaut aussi 0,001 €. Ces points permettent ainsi de récompenser des actions effectuées par les membres, comme par exemple l'inscription qui est créditée de 100 zeeks, soit 10 centimes d'euros, ou l'écoute d'une nouveauté gratifiée de 10 zeeks (1 centime).

Barème des points

Ces points peuvent être échangés contre des bons cadeaux d'une valeur de 1 à 50 € auprès d'Amazon et de la Fnac. Allomusic promet sur son site des gains pouvant s'élever jusqu'à 30 € par mois ! Tant sur le fond que sur la forme, nous sommes proches de Beezik.

Les zeeks se gagnent par exemple :

  • en devenant membre,
  • en écoutant les nouveautés de la semaine,
  • en envoyant des informations sur les artistes,
  • quand un autre membre écoute trois chansons de votre playlist,
  • en parrainant ses amis.

Afin d'encourager les abonnements, les gains sont doublés si vous êtes membre Argent ou Or.

Valeur des bons cadeaux

Un compétiteur de taille pour Deezer et Spotify ?

Difficile de juger de la qualité de cette offre tant le site est encore grévé de bugs empêchant d'utiliser l'écoute de morceaux en streaming. La politique tarifaire est identique à Deezer (offres Premium et Premium+) ou Spotify (Unlimited et Premium), mais Allomusic ne communique pas sur la profondeur de son catalogue. Les majors sont-ils tous là (EMI et Universal Music sont citées comme partenaires) ? Quid des nombreux catalogues d'indépendants ?

Le contenu, encore présent mais remisé à un rôle secondaire, et la gratification de points feront-ils vraiment la différence ? Le modèle initial n'ayant semble-t-il pas trouvé son public, ce repositionnement opportun laisse malgré tout planer quelques doutes sur les chances de réussite de la start-up.