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samedi 17 octobre 2009

De la rétention des adresses e-mails

Les récents billets que j'ai pu consacrer au spam révèlent une mauvaise pratique du e-marketing : une durée exagérément longue de rétention des adresses e-mails.

Découplage base (opt-in) & base d'envoi

La collecte d'adresse e-mails sur le Web n'est plus un problème, elle se fait à travers différents services, du jeu-concours à l'achat en ligne, en passant par la simple demande d'information.

Il est par contre une mauvaise habitude encore trop répandue : dissocier les adresses e-mails de ses clients des adresses utilisées pour ses e-mailings. Deux sources coexistent donc, au risque de créer des envois en doublon, ou provoquer des situations absurdes.

C'est le cas d'EDF qui me demandait la semaine dernière « êtes vous prêt a faire de nouvelles économies d'énergie ? » dans le premier numéro de leur newsletter un coin de ciel bleu. Manifestement, eux ne feront pas l'économie d'un envoi, car la question me fut posée deux fois, une fois à l'adresse de mon compte client, une autre sur la toute première adresse renseignée il y a deux ans de cela...

Deux coins de ciel bleu

Plus drôle, PriceMinister m'a récemment envoyé une invitation à m'inscrire assortie d'un bon de réduction à l'adresse avec laquelle j'avais créé mon tout premier compte :-)

Et je ne reviendrai pas sur le cas Chaud-Devant ou plus récemment Canal+. Marchands, gérez et faites vos envois vous-même : on est jamais mieux servi que par soi-même.

La communication aux (fameux) partenaires

Ces adresses e-mails parfois oubliées ou abandonnées par leurs propriétaires (qui les ont remplacées par de nouvelles adresses entre temps) peuvent un jour être utilisées ou même communiquées à des partenaires. Affiliation (pas plus tard que ce matin pour CDiscount via un affilié TradeDoubler qui avait acheté mon adresse je-ne-sais-où), routeurs, sites partenaires, changements d'activités, etc.

Tout est fait pour que votre adresse circule et finisse immanquablement entre des mains peu scrupuleuses. C'est peut-être pour cela que la CNIL semble se pencher sur ce problème, selon PC INpact. Il serait demandé aux collecteurs d'adresses que l'ensemble des destinataires soient connus de l'internaute au moment de la collecte et même a posteriori.

Je ne peux saluer que très bas cette demande qui fera certainement pousser des cris à la profession, comme ce fut le cas pour la LCEN. Comme le disait Fred Cavazza à ce propos :

Ceux qui utilisent (les newsletters) se sont perdus en chemin.

Espérons qu'une nouvelle fois la CNIL saura les remettre dans le droit chemin...

vendredi 16 octobre 2009

Opt-in partenaires d'office chez SeLoger.com

J'ai eu le plaisir de recevoir ce matin un e-mail d'Assurland, en partenariat et donc relayé par SeLoger.com.

Spam Assurland via SeLoger

L'e-mailing précise :

Vous recevez cet emailing en tant qu'abonné(e) aux offres partenaires SeLoger.com.

Ah bon ? Soit... Peut-être qu'en février dernier - six mois déjà - lorsque j'ai inscrit l'adresse e-mail utilisée ici, ai-je coché la petite case opt-in partenaires ?

Qu'à cela ne tienne, SeLoger m'informe une ligne plus bas qu'il est possible d'y remédier :

Si vous souhaitez accéder à votre compte sur SeLoger.com pour modifier vos coordonnées, vos alertes ou vos abonnements, cliquez ici.

Allons-y. Après quelques tentatives d'identification infructueuses, il faut bien me résoudre à l'évidence : je n'ai pas de compte client sur ce site. Je décide d'en créer un grâce à leur fonction d'activation d'anciens comptes (i.e. de simples alertes programmées lors de recherches immobilières).

Quelques clics et une validation par e-mail plus tard, j'accède enfin à la page de gestion des newsletters. Et là, le découvre écrit en caractères gras :

Vous n'êtes actuellement pas inscrit aux offres partenaires SeLoger.com

Mais alors ? Opt-in ou pas opt-in ? Spam ou pas spam ? B-)

dimanche 13 septembre 2009

Deux nouvelles entrées dans le Hall of Spam : Free et Théâtre On Line

SpamJ'ai finalement opté pour la création d'une rubrique Spam, poussé par la recrudescence de pourriels envoyés par des sociétés pourtant soucieuses du respect des lois et des données personnelles.

Ce billet inaugure donc cette catégorie dédiée à toutes les entreprises qui auront la mauvaise idée de vendre mes données sans mon accord...

Grosse déception pour Free

Free, dirigée par le bouillonnant Xavier Niel via le groupe Iliad, est une société que je respecte beaucoup, malgré une qualité de service parfois capricieuse et un SAV pouvant s'avérer catastrophique. Je leur suis pourtant fidèle depuis 2002, date de réception de ma Freebox v1, qui rendît l'âme en ce terrible été caniculaire de 2003.

Bref... voilà que Free, pour la première fois, a vendu mon adresse e-mail ainsi que mon nom et mon prénom à la société Yuseo, qui m'a gentillement envoyé un spam une invitation à participer à une étude 100% en ligne (je cite) destinée à évaluer des sites internet de supermarchés en ligne. Yuseo officie pour le compte de l'Observatoire e-Performance avec le saint patronage de la Fevad et envoyé via la société (?) LRSM PUBLICATIONS qui n'en serait pas à ses premiers errements...

Du beau linge, donc. Au passage, on se délectera de la contrepartie offerte :

  1. Yuseo s'engage à reverser 1,5 € par participant à une ONG (belle initiative)
  2. Mais comme nous sommes tous des êtres cupides, un tirage au sort est organisé afin de gagner une télé LCD de 102 cm ;-)

Vous aimez aller au théâtre ? Pariez sur le bon cheval !

Quel rapport entre une activité qui sent le souffre mais a le vent en poupe - les paris en ligne - et le noble théâtre me diriez-vous ? Je n'en sais fichtre rien, mais la société qui gère le site Théâtre On Line le sait, elle, puisqu'elle a gentillement (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil) vendu mon adresse e-mail à Turfez.com, qu'on peut donc classer dans la catégorie des clients "je savais pas, m'sieur, j'vous jure".

Comment Théâtre On Line gère-t-elle les données de ses clients (dont je fais bien sûr partie) ? Et bien il suffit de lire leurs CGV :

Nous ne commercialisons pas ni ne communiquons vos données personnelles à des tiers, tels que des partenaires, des fournisseurs ou des sponsors. Toutefois, si nous choisissions à l'avenir de le faire, vous en seriez préalablement informé dans les Conditions Générales d'Utilisation ou lors de la collecte même de ces données, par exemple lorsque vous remplissez un formulaire.

Faut-il que la crise soit si forte pour que ces sociétés, dont le business model ne me semble pas être fondé sur l'e-mailing de masse aveugle, embêtent à ce point leurs gentils clients ?

MAJ du 20/09/09 : Ce n'est pas Free mais bien Canal+ qui a communiqué mon adresse e-mail à Yuseo. Toutes mes excuses à Free et à Xavier Niel ;-)

Mention spéciale à Yuseo qui a fait preuve de réactivité et de professionnalisme, ce qui n'est pas le cas de Canal+ dont j'attends encore les explications. Théâtre On Line a aussi pris la chose très au sérieux et m'a tout de suite répondu, mais ceci fera l'objet d'un prochain billet.

jeudi 10 septembre 2009

Comment se prépare une newsletter ?

L'été nous réserve souvent son lot de mauvaises pratiques. La récidive ne semble pas décourager les plus téméraires d'entre les spammeurs du Web tricolore, je m'en vais donc vous compter comment se prépare et se gère les newsletters chez Chaud-Devant. Oui, encore eux. Non, ni mon ex ni ma belle-mère ne travaillent pour eux. Pire, je suis client.

Cette conversation totalement imaginaire a lieu entre « The Boss » et « Le P'tit stagiaire », les deux protagonistes de cette tragédie estivale. Les dates, la méthodologie et les envois sont hélas véridiques...

7 juillet 2009 : Acte I

The Boss : Les chiffres sont vraiment mauvais, faut faire quelque chose.

Le P'tit stagiaire : Heu... une newsletter ?

The Boss : Quelle idée géniale ! Bon, faut juste passer par une société plus complaisante...

Le P'tit stagiaire : Complaisante comment ?

The Boss : Qui ne se pose pas trop de questions sur la provenance des e-mails à router (faut tout leur apprendre à ces stagiaires !). Prépare-moi un envoi qu'on balancera sur notre base de données. Non attend, prends les adresses collectées ces 6 derniers mois pour être sûr de ratisser large.

Le P'tit stagiaire : Ok Boss ! Mais faudra quand même un mécanisme de désinscription, non ?...

The Boss : Mouais... Tu vas me pondre un petit script PHP qui balance un e-mail de confirmation, pas la peine de le relier à notre base, pas l'temps et ils n'y verront que du feu ;-) Tu leur écris un truc bien senti, par exemple : Nous avons bien pris en compte votre désincription à notre Newsletter. Elle est effective dès maintenant.

Le P''tit stagiaire : Z'êtes le meilleur, Boss !

14 juillet 2009 : Acte II

The Boss : Bon, j'ai vu les chiffres de l'envoi du 7 juillet, c'est vraiment pas terrible. On va fêter à notre façon la Fête Nationale en re-balançant notre newsletter.

Le P'tit stagiaire : La même ?! Sur une nouvelle liste d'adresses ?

The Boss : Mais non, il est fou, trop cher, on utilisera la même ! Et recycle-moi la newsletter du 7 juillet, ils n'y verront que du feu (bis). Aller, zou !

Le P'tit stagiaire : Et ceux qui se sont désinscrits entre-temps ?

The Boss : Au pire on leur expliquera que "ça prend du temps", que "c'est techniquement compliqué" et "que c'est long de contacter son prestataire afin de mettre à jour la base".

Le P'tit stagiaire : Mais ils vont nous répondre qu'il suffit de ne pas faire d'envois aussi rapprochés ?

The Boss : Te pose pas trop de questions... Des e-mails ils en reçoivent des brouettées, alors un de plus...

Chaud-Devant Unsub

27 juillet 2009 : Acte III

The Boss : Décidément, j'y comprends plus rien, nos taux de transfo font la tronche. C'est la crise... On va pousser un nouvel e-mailing, on a un super menu à 18 euros !

Le P'tit stagiaire : Heu...

The Boss : Je te vois venir avec tes scrupules. Aller, balance-moi ça aux mêmes, de toute façon la moitié était en vacances en juillet et ils n'ont probablement rien reçu. Et puis ce sont nos clients, merde ! Mais passe par notre prestataire habituel, qu'on se fasse plus discrets...

10 septembre 2009 : Acte IV

The Boss : Tant qu'à faire, tu m'en envois un p'tit pour notre site Allo Apéro, sur la même base bien sûr, je le sens bien ce coup-ci.

Le P'tit stagiaire : Ok Boss ! Z'êtes vraiment le meilleur !

mardi 7 juillet 2009

Chaud-Devant contre-attaque

J'hésite à créer une catégorie spam... bien qu'elle soit dans le ton de ces billets, elle m'exposerait à de très sérieuses représailles judiciaires (bonjour diffamation).

Quoiqu'il en soit, et avant d'en arriver à ces extrêmes, Chaud-Devant aura eu le dernier mot. Si vous n'avez pas suivi le premier épisode de cette triste saga de la relation client-fournisseur, agrémenté de la réponse d'une responsable de l'entreprise, je vous invite à lire ce billet-ci.

Mon billet a donc permis, je cite :

... de mettre en évidence un problème de paramétrage de notre plateforme d'envoi d'emailing. Sachez que nous allons y remédier dans les plus brefs délais et vous prions de nous excuser.

Seulement, quelques jours plus tard, je recevais... une nouvelle newsletter de Chaud-Devant, datée du 26 juin (Le nouveau catalogue est arrivé) ! Problème corrigé, effectivement ;-)

Mais comme le facteur sonne toujours deux fois, devinez ce qui m'attendait dans ma boîte aux lettres, la vraie, celle qui sert avant tout de déversoir publicitaire ? Le nouveau catalogue de Chaud Devant bien entendu ! A partir de combien de messages reçus sous différentes formes d'envoi peut-on se déclarer harcelé ? :-P

Catalogue Chaud-Devant

Mais le plus drôle, c'est que l'envoi du catalogue a été fait à mon ancienne adresse postale, changée plusieurs mois auparavant sur le site de Chaud-Devant.

Mon conseil à Chaud-Devant : si vous ne faites pas confiance aux informations transmises par vos clients, ne leur demandez plus rien ;-)

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