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lundi 2 avril 2012

Guvera à la recherche 50 millions de dollars

La startup australienne Guvera chercherait à lever 50 millions de dollars, une levée de fonds qui viendrait s'ajouter aux 30 millions déjà récoltés, première étape avant son introduction en bourse. Un changement radical de cap serait aussi d'actualité.

Guvera (voir ce billet qui présente le service) ne s'est pas encore lancé au Royaume-Uni, comme elle l'espérait pourtant. A l'heure du streaming et des applications smartphone, la startup chercherait à renforcer sa position aux États-Unis. Ce mouvement passerait par un transfert du siège sur ce continent au dépend de l'Australie, pays d'origine du projet et des fondateurs.

Bandeau Guvera.comCette relocalisation des équipes s'accompagnerait d'une levée de fonds de 50 millions de dollars. Une somme considérable compte tenu de ceux précédemment levés. Une levée de fonds d'environ 10 millions de dollars avait été envisagée fin 2010 sans pour autant savoir si elle avait ou non abouti.

Selon le site startupsmart.com.au (relayé par Hypebot), cette levée de fonds serait la première étape vers une introduction en bourse à la mi-2013 sur le marché américain. A cet effet, Philip Quartararo a été nommé directeur des opérations pour le marché américain. Quartararo est un ancien de Virgin Music America et ancien président de Warner Bros Records (catalogue auquel Guvera n'a d'ailleurs pas encore accès). Ironie du sort, Spotify s'apprêterait à se lancer sur le marché australien.

Plusieurs inconnues subsistent à propos de Guvera comme par exemple les montants réellement levés. L'article du journal The Australian, repris par StartupSmart, fait état de $25 millions. Guvera annonçait pourtant avoir levé un total de $30 millions ($10 millions entre 2008 et 2009 puis $20 millions en janvier 2010). Un montant relativement élevé si on le compare à d'autres levées d'acteurs de la musique (par exemple $17,5 millions pour Rdio, ou encore Spotify et Deezer à la même époque).

De l'augmentation de capital de $9 millions lancée fin 2010 et évoquée dans un précédent billet, personne n'en a plus jamais parlé. Un an-et-demi plus tard, il est question d'un montant 5 fois plus élevé et d'une introduction en bourse. AMMA, chargé des premières levées de fonds de Guvera, ne fait état que de $12M sur son site Web.

Toutes ces levées de fonds se sont faites auprès de petites investisseurs dont le nombre est estimé à un millier. On apprend par exemple sur un forum de discussion qu'un de ces investisseurs a placé $20,000 dans Guvera. En 2010, les pertes de la société s'élevaient à 7 millions de dollars pour un chiffre d'affaires de 17 000 dollars. La valorisation de la société était alors de 50 millions de dollars.

Guvera, qui entre dans sa cinquième année d'activité, n'a pas encore démontré qu'elle était profitable ni convaincu les maisons de disque de la viabilité de son modèle économique : son catalogue est encore très réduit (la société annonce 3 millions de titres sur son site).

Guvera's Facebook wall

De nombreux utilisateurs font état d'une moyenne de trois ou quatre titres téléchargeables par semaine. Après avoir proposé du streaming de titres afin de pallier à ce manque d'annonceurs et par conséquence d'occasions de télécharger légalement ses morceaux, puis d'avoir succombé à la mode des daily deals à la Groupon, une rumeur annoncerait un changement de cap radical. Guvera pourrait proposer une offre beaucoup plus proche d'un Spotify et (en partie ?) délaisser son modèle économique basé sur du téléchargement payé par la publicité.

En effet, il semblerait d'après certains commentaires que le streaming prendrait le pas sur le download, soit pour des raisons de coûts (il est plus facile de « vendre » du streaming financé par la publicité qu'un fichier MP3) soit pour des raisons d'usage de la part des membres de Guvera (ce qui renforce ma conviction que le marché du téléchargement a vécu). Il serait aussi question du prochain lancement d'une application qu'on suppose mobile...

Ce modèle repose sur une qualification de l'internaute en amont qui permet un ciblage qui se veut plus précis des campagnes de recrutement. Une fois « ciblé », le téléchargement se fait à travers le channel de l'annonceur sur le site de Guvera. Une méthode très proche de feu ZeroThune. Cette page comporte, outre la musique téléchargeable, des encarts dédiés à la promotion de produits ou relais de campagnes existantes, des call-to-action, etc.

Un format qui n'aurait pas vraiment séduit les marques et qui expliquerait le repositionnement de la startup vers des offres locales ou les réseaux sociaux.

samedi 23 juillet 2011

Licence globale en 2012, Guvera, MXP4 et dématérialisation

Des nouvelles de MXP4

En avril dernier, MXP4 lançait Bopler Games, un jeu musical sur Facebook. Depuis 3 mois, l’application, actuellement en bêta publique, a regroupé presque 200 000 utilisateurs « sans marketing et avec une base catalogue très faible au démarrage », a confié Albin Serviant, son CEO, à TechCrunch.

Billet à lire sur TechCrunch France

Martine Aubry propose une licence globale de 2 € par mois...

La candidate à la primaire socialiste a réaffirmé sa volonté d'abroger la Hadopi et de lui substituer un système de contribution sur les abonnements à Internet. Son coût ? Deux euros par mois et par abonné, soit un budget d'un demi-milliard d'euros par an sur une base de 20 millions d'abonnés en France.

A lire sur 01net.

...projet qui n'a pas tardé à faire réagir les labels de musique

Premières concernées par les mesures de lutte contre le téléchargement illégal, les maisons de disques analysent la proposition de Martine Aubry (voir ci-dessus) de remplacer la loi Hadopi par une contribution mensuelle de deux euros de la part des abonnés à Internet. (Analyse est un bien grand mot : le P-Dg d'Universal Music trouve 40 millions d'euros de budget quand d'autres voient un demi-milliard, soit plus de deux fois le marché de la musique enregistrée en France, ndla).

Lire l'article sur le site des Inrocks

Musique à la Fnac : moins en boutique, plus sur le Web

En réaction à des performances décevantes, le nouveau P-Dg de la Fnac, Alexandre Bompard, a dévoilé mardi un plan stratégique à 5 ans, « Fnac 2015 ». Développement du réseau, réorganisation des espaces, renouvellement du concept magasin, tels sont les axes forts de ce plan, où la musique occupera une place de choix (non plus en magasin, mais en ligne sur Fnac.com, ndla).

La suite sur le site de l'IRMA et lire la brève sur Musique Info

Spotify : « Future of music is access, not ownership »

J'ai un peu envie de dire « amen » aux paroles de Daniel Ek, P-Dg de Spotify, relevées par CNN jeudi dernier. Bien que prêchant évidemment pour sa paroisse, il répète une nouvelle fois ce que beaucoup refusent d'admettre (un peu comme pour le MP3 à la fin des années 90). La musique n'est plus une question de possession d'un objet mais bien un service : on accède à travers des devices, des tuyaux, à « sa » bibliothèque musicale. Et on ne reviendra plus en arrière.

Comme le disait @Valery__, on collectionne des playlists et non plus des fichiers (et encore moins des disques).

A lire sur le site de CNN

Hadopi: « La loi rend le citoyen lambda responsable »

Sécuriser sa connexion, les Labs d'Hadopi, le rôle de la Haute autorité, l'affaire TMG... Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi a répondu aux questions des internautes de L'Express qui nous en livre le compte-rendu.

Lire l'article sur le site de l'Express

Guvera se lance dans les daily deals

thumb_introducing_deals.jpgLa firme australienne Guvera, spécialisée dans le téléchargement gratuit financé par la publicité, diversifie encore ses activités et les modes de rémunération de la musique en cédant au sirènes des daily deals.

La start-up proposera très bientôt (en fait les 1ères offres ont été envoyées dans la nuit) un nouveau service calqué sur le « modèle » Groupon. A chaque « deal du jour » souscrit, l'internaute bénéficiera de crédits - des dollars semble-t-il - que l'on suppose ensuite convertibles en musique téléchargeable.

Voir l'annonce officielle (newsletter du 21 juillet) et le site dédié à ce service

mardi 22 mars 2011

Guvera, retour sur la startup australe

Guvera cover

Il y a un an se lançait aux États-Unis la startup Guvera, après une bêta de quelques mois en Australie.

Guvera est un nom qui ne doit probablement rien vous évoquer. C'est pourtant avec Beezik et Echolize une des rares offres de téléchargement gratuit (et immédiat) de musique sur le Web, sans DRM évidemment.

Guvera, acteur du « tout-gratuit » financé par la pub

Cette société australienne s'est lancée sur son marché en décembre 2009 afin de roder son service tout en capitalisant sur les artistes locaux. Après deux levées de fonds totalisant 30 millions de dollars, elle a très vite mis le cap sur les États-Unis fin mars 2010 avec de grosses ambitions : y détrôner tous les acteurs du marché.

Pour ceux qui ne connaissent pas les principes de fonctionnement du « Ché » de la musique numérique, un précédent billet vous présentera le service qui se veut une alternative au téléchargement pirate.

Le magazine Billboard a d'ailleurs classé Guvera en 8ème position des meilleures startups musicales de l'année 2010.

Vers une troisième levée de fonds de $9 millions

Malgré les sommes déjà levées il y a à peine un an, la société a lancé fin octobre 2010 une augmentation de capital afin de récolter au mieux 9 millions de dollars auprès de ses investisseurs initiaux (via AMMA Private Investment) ainsi que de nouveaux entrants.

Le dossier financier nous en apprend plus sur la situation actuelle de Guvera, ses freins ainsi que ses ambitions. Le premier objectif est de sécuriser les contrats passés entre Guvera et les majors EMI et Universal Music aux États-Unis et en Australie (pas moins de $700,000 seraient ainsi consacrés à ces contrats signés dans l'hypothèse d'une levée de fond minimale d'un million de dollars).

Les fonds levés, s'ils devaient atteindre les objectifs les plus optimistes, serviraient également à convaincre Sony-BMG d'ouvrir son catalogue dans ces deux pays et Warner en Australie seulement (la major étant particulièrement frileuse face aux sites « gratuits »). Du point de vue musique justement, le document fait état d'un tout petit million de morceaux MP3 encodés en 256 kbps, mais la société a annoncé disposer de 3 millions de titres sur Twitter en février dernier.

Guvera révèle aussi ses intentions d'explorer d'autres produits que la musique (films et séries TV) et de développer des applications mobiles afin d'y permettre le streaming de titres (le streaming sera à mon sens le cheval de bataille de l'année 2011 pour bien des startups). Guvera a aussi ouvert une antenne en Angleterre où elle négocierait les droits d'accès aux catalogues de musique.

Côté utilisateurs, bien que la startup se félicite de recruter 10 000 nouveaux utilisateurs par mois, elle ne comptait que 160 000 membres en janvier 2011 tous pays confondus (cf. annonce sur Twitter). Ils étaient 120 000 en octobre. C'est extrêmement peu sur un créneau aussi porteur que le gratuit, comparé aux 1,2 millions de membres de Beezik lancé quelques mois plus tôt mais sur un marché français considérablement plus petit et sans réel effort de communication.

Des taux de clics de 10% et plus

Les études de cas qui illustrent le dossier financier nous révèlent que le taux de clic s'échelonne entre 7% (pour American Express qui est aussi client de Free All Music) jusqu'à un remarquable 40% ; la moyenne des cas repris correspond plutôt à un taux de clic de 10~12%. Mais est-ce cependant l'exception ou la règle du système Guvera ?

L'entreprise, qui espère être profitable fin 2011-début 2012, fait état d'un chiffre d'affaire très modeste : 17 000 dollars de ventes réalisées en 2010 (chiffre à prendre avec beaucoup de précautions). Ce chiffre peut s'expliquer par la nécessité pour un annonceur d'une part de maîtriser le concept particulier des chanels développé par la startup, et d'autre part la difficulté d'évaluer le ROI d'une opération relativement coûteuse (plusieurs milliers de dollars, chaque titre téléchargé étant évidemment payé par l'annonceur).

Extrait de la brochure commerciale de Guvera

Il est d'ailleurs intéressant de jeter un œil à leur documentation commerciale qui met l'accent sur la fidélisation client quitte à faire une entorse à son modèle publicitaire original, diversification probablement imposée par le marché. Une démarche B2B - sans passer par le recrutement coûteux et la qualification de membres - aurait sans doute été plus judicieuse.

C'est d'ailleurs sur ce créneau que la société française MyFanGroup s'est tout de suite positionnée. Mais sur ce marché, Guvera a devant elle d'autres concurrents aux États-Unis : Music Interactive et Free All Music...

Quelques enseignements tirés de cette année d'exploitation

  • La musique représente 3/4 des besoins en trésorerie de la société, c'est un poids considérable et un frein au développement de toute startup officiant dans le monde de la musique numérique.
  • Le tout-gratuit n'est pas synonyme d'inscriptions spontanées et en nombre. Il aura fallu sponsoriser un roadshow pour que Guvera voit enfin son taux d'inscription grimper, malgré une couverture médiatique supérieure ou égale à celle de Beezik. Le processus d'accès à la musique est donc capital (téléchargement immédiat et illimité sur Beezik, limité et au final différé sur Guvera) en matière d'acquisition d'utilisateurs.
  • Convaincre les annonceurs d'utiliser un nouveau support publicitaire en ligne prend nécessairement beaucoup de temps. Le point mort ne sera atteint qu'après deux années d'activité selon les prévisions optimistes de Guvera. Les moyens humains et financiers liés à la commercialisation de ses produits représentent (après le développement de la plateforme en 2008-2010) le second poste de dépenses de la société, juste derrière la musique.

lundi 29 mars 2010

Le bout du tunel pour les ventes physiques ?

Carte musique jeune : mode d'emploi

Qui sera concerné ? Quand ? Comment s'inscrire ? L'appel d'offres lancé par la Direction générale des médias et des industries culturelles détaille les modalités de mise en œuvre de la « carte musique jeune » voulue par Nicolas Sarkozy.

Lire l'article sur 01net.

YouTube : 8.000$ par heure pour les maisons de disques

La panne qui a affecté YouTube jeudi dernier a donné l'idée à Billboard.biz d'évaluer ce que celle-ci avait pu coûter aux maisons de disques en se basant sur les statistiques de visites. Ils arrivent à environ 8.000 dollars par heure de manque à gagner (soit 0,65 cents par diffusion).

Lire l'article sur Canoë.ca

La baisse du marché physique s'enraille

Une analyse un peu poussée de l'évolution des ventes de détail de CD audio et DVD musicaux à partir de 2007 laisse entrevoir la possibilité que le recul du marché physique soir enraillé et celle d'un amoindrissement sensible de sa baisse cumulée à moyen terme.

Lire le billet sur le Digital Jukebox (ZDNet)

Interview du fondateur de Wizeap

Le bloggeur & musicien (ou l'inverse ?) Bidibule a interviewé le fondateur du site de téléchargement gratuit financé par la pub Wizeap. Une initiative intéressante mais qui aura très peu de chance d'aboutir.

Lire le billet sur le blog de Bidibule

Le marché de la musique se reprend

Sortie de crise en vue pour l'industrie du disque ? Nous sommes peut-être à un tournant au Royaume-Uni. L'année dernière, les ventes de musique numérique ont enfin compensé la baisse des revenus du disque.

Lire le billet sur blog hypebot

Pandora consacre 70% de ses revenus en royalties

La webradio Pandora (rare projet rentable en matière de streaming sur le Web) annonce laisser 70% de ses revenus en royalties. Ce chiffre est constant depuis le début de ses activités : le volume des ventes n'a pas d'indice sur le prix de revient. Un chiffre à rapprocher des 70 cents par titre d'iTunes.

Lire le billet sur Digital Audio Insider

Interview du fondateur de Guvera

Guvera fucks piratesEt pour finir cette revue de presse, l'interview de Claes Loberg, co-fondateur et CEO de Guvera, un site qui je l'espère fera beaucoup parler de lui outre-Atlantique.
Claes se montre particulièrement lucide sur le positionnement et les objectifs du site. Et j'aime beaucoup l'iconographie du site, très « Ché » ;-)

Lire le billet sur le blog hypebot

lundi 8 mars 2010

Guvera, le Ché du téléchargement en ligne

GuveraJ'ai eu le plaisir de tester la semaine dernière la bêta version du site Guvera, étoile montante du téléchargement gratuit de musique. Voici donc un petit compte rendu de ce qu'il est possible de faire sur cette pré-version.

Viva la revolución!

Guvera est un projet qui nous vient de l'autre bout de la planète : l'Australie. Il n'en reste pas moins que ce projet fait beaucoup parler de lui de part son côté « révolutionnaire » tant sur le fond que sur le forme, d'ailleurs.

When prosecution is the only option, its only a matter of time before people make their own changes.

Sur le fond, il s'agit bêtement de téléchargement MP3 financé par la publicité. Mais pas n'importe quelle forme de publicité. Les créateurs ont voulu qu'elle ne soit pas intrusive. Elle prend d'ailleurs le contre-pied des formats publicitaires actuels (le pre-roll de Beezik, par exemple) en intégrant le musique au cœur de la marque et non l'inverse.

Bienvenue dans le channel McDonald's

Pour ce faire, Guvera a créé le principe des Channels : une page sur le site aux couleurs de la marque et bénéficiant d'un certain degré de personnalisation (grands visuels, fond qui habille la page, blocs de textes, liens, etc.). Plusieurs modèles (ou templates) sont prévus à cet effet et d'ores et déjà visibles avec la petite dizaine d'annonceurs que compte la bêta.

Channel Guvera pour Travelsim

L'interface de Guvera se fait d'ailleurs très discrète et fait la part belle à l'espace annonceur. Il est d'ailleurs impossible de télécharger de la musique sans passer ou adhérer au channel d'une marque.

Une qualification basée sur le déclaratif

Lorsque vous vous inscrivez sur Guvera, vous aurez à remplir 11 petits questionnaires qui s'attachent à définir vos goûts et vos habitudes dans des domaines variés comme les loisirs, les vacances, le sport, etc.

Parfois les questions fleurent bon l'Australie (le surf est un thème dominant), mais il est obligatoire de répondre à au moins une question pour chaque questionnaire afin d'obtenir un profil rempli à 100% (quand bien même votre réponse devait être fausse, comme avec le questionnaire Favorites Charities qui ne contient pas de réponse Je ne fais pas de dons).

Informations basiques Guvera

Questionnaire Food de Guvera

A noter que l'adresse postale semble être vérifiée, certainement par l'envoi d'un code qui doit être ensuite renseigné dans un champ déjà présent sur le site.

On peut donc supposer que de la publicité « papier » sera envoyée aux membres. Mais il est difficile de dire ce qui sera réellement communiqué aux marques en matière de données personnelles, ni comment les membres pourront gagner plus de crédits à ce stade de la bêta, si ce n'est en adhérant à d'autres channels.

Du point de vue de l'annonceur

La mise en place d'une campagne annonceur se fait en deux grandes étapes :

  1. L'annonceur créé un channel. Ce faisant, il définit quelle musique il souhaite proposer et un algorithme proche de celui que propose Pandora détermine pour lui les titres les plus « pertinents ».
  2. Viennent ensuite les paramètres de sa campagne de recrutement : l'annonceur caractérise son audience (ses prospects), quelle quantité de musique il est prêt à consacrer par prospect (les titres), ainsi que le montant total qu'il souhaite dépenser pour sa campagne (son plafond).

L'annonceur aura le loisir de consulter en temps réel, c'est-à-dire au fur et à mesure des téléchargements, le profil-type et les comportements de sa cible.

Liste des channels disponibles

Lorsqu'un membre de Guvera recherche de la musique, il se voit proposer une liste de channels d'annonceurs répondant à ses critères. En consultant un channel, il se voit attribuer des crédits afin de télécharger son titre ; un téléchargement ou une écoute en streaming valant 1 crédit - oui, Guvera propose aussi du streaming on demand !

Les annonceurs proposent en moyenne deux crédits par membre ciblé, soit deux téléchargements MP3 en 256 Kbps. J'ai pu télécharger quelques titres sympa, comme My Sharona du groupe The Knack. Mais l'ensemble sent tout de même le fond de catalogue, bêta oblige.

Le modèle économique est un peu plus obscur : un annonceur payera une certaine somme par téléchargement, les maisons de disque recevant en retour un pourcentage de cette somme (qui devrait comprendre au moins le prix du titre...). A la lecture de différents articles, il n'est pas sûr que le montant payé aux maisons de disque soit au final de 70c le titre, mais moins !

Quelques données sur l'entreprise

A l'heure actuelle, les labels ou distributeurs ayant signé avec Guvera sont au nombre de 4 : EMI et Universal Music pour les majors, secondés de IODA et INGrooves (qui a d'ailleurs récemment signé avec MOG et Deezer). Seul le catalogue EMI semble être en partie disponible sur la bêta...

Claes Loberg, Finbar O'Hanlon et Dan Thompson

La société a levé 10 millions de dollars l'année dernière et a récemment bouclée une deuxième levée de fonds 20 millions de dollars. Une grande fête a été organisée à New York où trônait un énorme « Revolution » sculpté dans un bloc de glace B-)

Enfin, il semblerait que seuls les États-Unis soient bloqués à la porte du site et que l'Europe ait été « oubliée » lors de la mise en place du filtrage géographique (le magazine Wired s'en plaignait). Il faut simplement être un peu malin lors de l'inscription... A bon entendeur ;-)

Révolutionnaire ?

Guvera n'est pas en soit un modèle révolutionnaire dans la mesure où il ne donnera pas accès à des albums en intégralité. Exit donc les gros consommateurs de musique. Mais il est cependant très prometteur et se rapproche d'un Beezik où le téléchargement d'un titre s'accompagne du visionnage d'une publicité.

Les créateurs l'ont bien dit : il n'y aura de titres gratuits qu'à hauteur de ce que les annonceurs daigneront apporter. Tout repose donc sur le ROI de ce « nouveau » format qui mélange track-listings thématiques et décors publicitaires.

Enfin, on sait très peu de choses sur ce que l'annonceur paye au final : une présence ? Des données comportementales ? Des données personnelles comme le nom et l'adresse e-mail ou postale ? Car c'est finalement cette donnée qui fera de Guvera un succès ou un flop à 20 millions de dollars.

Guvera devrait cependant faire parler de lui dans les semaines à venir, lorsqu'il se sera lancé outre-Atlantique.