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jeudi 17 mai 2012

Allomusic et Jiwa, c'est peut-être fini...

La société éditrice des sites de streaming Allomusic et Jiwa (repris en juillet 2011 après un rapide passage chez Digiteka), les Investisseurs réunis présidée par Philippe Abitbol, est en liquidation judiciaire à environ 6 mois de son objectif d'équilibre financier, prévu pour 2013.

allomusic-homepage.jpg

Le secteur de la musique en ligne est sans doute en passe de perdre un de ses acteurs : Allomusic serait en liquidation judiciaire. C'est en tous les cas ce que l'on peut constater sur le site Societe.com.

Pourtant, il y a quelques semaines, Allomusic annonçait l'implémentation de l'Open Graph de Facebook ainsi que le prochain lancement qu'une grande campagne de communication radio, TV et Internet (source Musique Info).

Allomusic avait au début de l'année mis fin à son système de points de fidélité (les « zeeks ») qui représentait pour bon nombre d'abonnés, le véritable intérêt des formules Premium argent ou or vendues par le site de streaming. Un rapide calcul, que bon nombre d'internautes ont fait, aidés par les sites spécialisés qui traquent les bons plans du Net, montrait en effet les largesses et failles de ce programme de fidélité.

Du contenu au streaming

Allomusic s'était lancée fin 2009 sur le créneau du contenu. Extrêmement brouillon, la première mouture du site qui se voulait un portail d'information musicale tout azimut, n'a pas trouvé son public mais surtout de revenus à même de pérenniser l'aventure à laquelle participent alors Philippe Abitbol, Patrick Bruel, Manu Katché et Gérard Darmon.

Le site ne vend ni musique ni abonnement streaming en direct, mais de l'espace publicitaire.

Un an s'écoule avant que le changement de modèle ne soit consommé : dorénavant, Allomusic proposera du streaming et rejoint Deezer et Spotify (lancé en France en février 2010) sur ce marché où peu d'acteurs se pressent pour y proposer leurs services. Et pour cause, l'accès aux catalogues des différentes maisons de disque a un coût prohibitif difficilement rentable, compte tenu du faible nombre d'abonnés potentiels. A ce jour, aucun acteur de ce marché n'est d'ailleurs rentable, même à l'international.[1]

Afin de marquer sa différence, indépendamment de l'aspect contenu musical qui est en partie maintenu, Allomusic rémunère l'écoute sous forme de points de fidélité échangeables contre des bons d'achat (les zeeks). Système qui, on le sait maintenant, sera contreproductif et abandonné fin 2011. Il sera remplacé par une simple loterie (une seule aura été organisée avant la liquidation de la société).

A l'été 2011, Allomusic met la main sur les actifs de Jiwa en les rachetant à son ancien propriétaire Digiteka qui n'en aura strictement rien fait. Disposant encore d'une audience très respectable, aucune synergie visible entre les deux services n'est pourtant mise en place et il faudra attendre le lancement d'une troisième version de Jiwa.fr pour qu'un timide pont soit établi entre les deux offres des Investisseurs réunis.

Pour autant, les playlists et l'écoute au titre sont (temporairement, ndla) sabrées (car encore une fois économiquement non viables) afin de laisser place à une simple smartradio comme il en existe des dizaines sur le Web. Ce changement de cap aura probablement contribué à tarir un peu plus les ressources publicitaires de Jiwa en faisant fuir nombre d'anciens utilisateurs du service.

Un marché extrêmement fragile et concurrentiel

Ce sont donc deux sites qui vont disparaître, si aucun repreneur ne se manifestait : Allomusic et Jiwa. L'un des fondateurs historique de Jiwa, Jean-Marc Plueger, a depuis lancé une nouvelle start-up toujours dans la musique numérique : Yasound.

Les leçons de Jiwa ont d'ailleurs bien été retenues, puisque le projet repose directement sur une application mobile (iOS pour l'instant) et une écoute en mode smartradio, c'est-à-dire un modèle économique qui se passe des exorbitantes avances sur recettes exigées par les majors. Pour l'utilisateur final, le service est gratuit, ce qui le dispense de régler un couteux abonnement mensuel.

La survie d'un site de streaming comme Allomusic est problématique à plus d'un titre. D'une part, l'offre doit être suffisamment étoffée pour être intéressante, c'est-à-dire proposer un catalogue de titres le plus étendu possible afin de brasser tous les genres et goûts musicaux des futurs abonnés. Allomusic ne propose qu'un « petit » catalogue de 7 millions de titres quand la concurrence en offre plus du double.

Certains diront, à l'instar de Qobuz, que la qualité prime sur la quantité, mais ce point de vue est discutable.

Ensuite, la masse critique des abonnés est un facteur de rentabilité essentiel, et cette croissance est à aller chercher au-delà des frontières françaises, ce qu'Allomusic n'a jamais pu entreprendre.

Il faut aussi créer des synergies fortes : Deezer s'est associé à Orange, Spotify à SFR (mais très timidement), il restait donc Bouygues Telecom et le dernier arrivant, Free Mobile (a noter que Xavier Niel est actionnaire de Deezer). Bouygues qui par le passé avait déjà réalisé une opération de co-branding avec Beezik, n'est pas étranger à la chose musicale.

Contrairement à un Rdio - qui s'est justement lancé sur le marché français il y a deux semaines - Allomusic propose encore un site d'écoute 100% gratuit. Bien que le « gratuit » ait aidé à populariser Deezer ou Spotify (qui ont depuis fortement limité l'écoute gratuite), l'abonnement Argent à 4,99 € par mois ne présente pas vraiment d'intérêt du fait de cette gratuité, sauf si vous souhaitez gagner plus de... zeeks ! ;-)

Il est curieux de noter que les foudres d'Universal Music ne sont tombées en France que sur Deezer qui, lui aussi, tenait au caractère illimité de son offre de streaming gratuit...

Enfin, la technologie utilisée par Allomusic ne semble pas faire l'unanimité parmi les abonnés qui auront beaucoup de griefs à formuler sur les forums du site. Développée en marque blanche par la société Snowite (celle-là même qui a racheté OpenDisc), Allomusic n'a donc pas dans son escarcelle de technologie propre, hormis celle acquise au moment du rachat de Jiwa mais qui semble avoir été abandonnée avec la v3 du site.

Or la partie technique est un élément essentiel des nouvelles offres de streaming Web ou mobile. Les récentes évolutions de Spotify et de Deezer qui deviennent peu à peu de véritables boîtes à outils pour les développeurs de mashups, ne font que confirmer la prépondérance de ce nouvel aspect des métiers de la distribution (et donc de la consommation) de musique.

Aucune annonce officielle

Depuis le 8 mai, plus aucun message n'est diffusé sur les réseaux sociaux, les forums ou le site Allomusic. Les salariés que j'ai contactés n'ont pas souhaité s'exprimer ou ne m'ont tout simplement pas répondu. On ne sait donc pas combien de temps sera maintenu le service d'écoute Web ou mobile ni ce que deviendront les centaines de milliers de zeeks inutilisés.

tweet-allomusic.png

Personne dans la presse spécialisée ne semble s'intéresser aux problèmes financiers et commerciaux de cet acteur du streaming, et il est regrettable de voir disparaître un service d'accès gratuit à la musique, un de plus dira-t-on. Un pas de plus vers l'uniformisation totale des offres de streaming ou de téléchargement de musique.

L'heure n'est sans doute plus à l'arrivée de nouveaux acteurs de streaming par abonnement mais à des offres plus souples, soit en occupant une niche comme Qobuz, soit en proposant un service de smartradio à forte connotation sociale comme Yasound, Serendip ou encore Bloom.

Note

[1] Deezer se dit rentable mais uniquement grâce à la « béquille » Orange et ses abonnés fantômes ; Spotify aurait annoncé être proche du seuil de la profitabilité mais sans le confirmer. Les deux acteurs sont toujours à la recherche de sommes à 8 zéros...

mardi 24 janvier 2012

Allomusic lance une nouvelle formule pour le site Jiwa

Allomusic a lancé aujourd'hui une nouvelle version de Jiwa.fm. Il n'est plus possible d'écouter la musique au titre mais uniquement à travers des webradios et smartradios.

banner-logo-jiwa.jpg

Jiwa a traversé de nombreuses épreuves depuis 2010 : d'abord un dépôt de bilan en août suite à son incapacité à rentabiliser ses services et lancer son application mobile payante, suivi d'un rachat par Digiteka en novembre 2010 qui finira par abandonner le projet et le cédera très rapidement à Allomusic en juillet/août 2011, société déjà éditrice d'un site de streaming à la demande.

Six mois après ce rachat, les équipes d'Allomusic viennent de pousser la v3 de Jiwa (qui se sera fait longtemps attendre car annoncée pour le printemps 2011), version qui se rapproche d'ailleurs graphiquement et fonctionnellement du site Allomusic.com. Le logotype de Jiwa est ainsi griffé d'un Jiwa by Allomusic. On ne pourra pas leur reprocher cette cohérence graphique et la simplification d'une interface v2 que j'ai toujours trouvé trop « lourde » et un peu brouillonne.

Deux « produits » sont dorénavant disponibles :

  • Les webradios thématiques.
  • La smartradio paramétrable (selon le genre musical, l'artiste, l'année, la voix féminine/masculine, etc.).

Le tout streamé au format MP3 en 256 ou 320 Kbps.

Jiwa-radios-disponibles.png

Les playlists des anciens utilisateurs ne pourront être lues qu'à la condition de contenir plus de 3 heures d'écoute (chacune). On ne peut plus non plus en créer de nouvelles (ndla : elles seront « bientôt » de nouveau disponibles d'après Jiwa).

L'écoute d'un titre précis (via la recherche par mot-clé) est limitée à 30 secondes. Par contre il est possible d'écouter la smartradio d'un artiste ou d'un groupe (mais vous n'aurez pas accès aux seuls morceaux de l'artiste choisi). Il est enfin possible de cliquer sur le bouton de recommandation pour chaque titre ou écoute (symbolisé par un cœur) ce qui aura une incidence sur vos prochaines écoutes.

Jiwa-choix-smartradio.png

A noter qu'il n'est pas nécessaire d'être membre pour avoir accès à l'ensemble des fonctionnalités d'écoute de Jiwa, ce qui rend inutile l'inscription sur le site (puisque les playlists ont disparu ou sont quasi-inutilisables) à l'heure actuelle (les futures radios personnalisées et les playlists nécessiteront un compte, ndla).

Le modèle économique de nouveau Jiwa est relativement simple : à chaque 1er chargement d'une radio, smartradio ou changement de paramètre de cette dernière, une publicité vidéo de 25 secondes environ est jouée avec obligation de la visionner de bout en bout.

Nous sommes donc proches du modèle « inventé » par Beezik pour le téléchargement de musique, à savoir le spot vidéo garanti. Mais contrairement à celui-ci, la vidéo ne se joue pas en plein-écran et aucun mécanisme n'empêche l'internaute de changer d'onglet ou d'application.

Publicité vidéo sur Jiwa

La vidéo et les annonceurs sont apportés par la société StickyAdsTV, solution là encore très proche de celle de BeeAd (Beezik).

On notera aussi la présence de bandeaux publicitaires classiques poussés par différents programmes comme celui de DoubleClick, par exemple.

Un timide bandeau Allomusic est présent sur toutes les pages, créant un pont entre les deux services qui ne communiquaient pas vraiment entre eux jusqu'à présent.

Il est cependant dommage de ne pas exploiter plus en profondeur la synergie entre Jiwa (smartradio gratuite) et Allomusic (streaming à la demande, lire mon billet à ce sujet). Par exemple dans le listing des titres disponibles ou via les playlists en pensant Premium. ;-)

jiwa-encart-allomusic.png

Une pop-up intempestive s'ouvrira aussi à la fin de la diffusion de la vidéo, vous proposant systématiquement de laisser un commentaire sur le mur de votre compte Facebook (sans rapport avec le titre ou la radio écouté).

Il sera intéressant de suivre l'évolution des statistiques de fréquentation des mois de janvier et février afin de voir l'impact positif ou négatif de cette nouvelle version sur l'audience de Jiwa qui a encore de nombreux fans sur la Toile, preuve de l'excellent travail fourni par l'équipe fondatrice du service.

mercredi 20 juillet 2011

Jiwa racheté par Allomusic

Mise à jour du 21 juillet : rendons à César ce qui lui appartient, l'annonce a été en premier lieu publiée par Christophe Baillon, toujours sur Twitter. Christophe est l'ex-CTO de Jiwa (on s'est d'ailleurs peut-être déjà croisé là-bas...).

Mise à jour du 21 juillet (10h30) : ce n'est plus une rumeur, Allomusic a bien repris Jiwa il y a de cela quelques jours, avec l'intention de conserver la marque et son esprit.

C'est par un tweet de Philippe Astor du webzine ElectronLibre.info, qui anime aussi le (trop rare) blog Digital Jukebox sur ZDNet, que l'on apprend le probable rachat du site se streaming Jiwa.fm par son concurrent Allomusic.com.

tweet-makno-jiwa.png

Allomusic avait totalement changé de cap fin 2010, abandonnant le modèle du portail thématique (une « encyclopédie participative 100% musique on-line » selon les termes des fondateurs) pour se lancer dans le streaming à la demande, c'est-à-dire le même modèle que Spotify et Deezer, ou de Jiwa avant ses ennuis financiers.

Les actifs de Jiwa.fm avaient précédemment été repris par Digiteka suite à la liquidation judiciaire de la start-up. Il y a quelques semaines, le P-Dg de cette société annonçait même dans une interview publiée par PC INpact le lancement d'une nouvelle version du site et l'arrivée prochaine d'offres Premium sur smartphones.

Annonce du rachat et de la prochaine relance de Jiwa par Digiteka, encore en page d'accueil de leur site

Et bien, pour la deuxième fois de sa courte histoire, le site de streaming n'aura peut-être pas droit à son application mobile (Jiwa espérait déjà officieusement lancer une application mobile avec abonnement courant 2009). Le nom de domaine Jiwa.fm a effectivement été transféré à Allomusic :

whois-jiwa.fm.png

Allomusic propose quasiment les mêmes produits que Jiwa : des offres d'abonnement Web et mobiles appuyées par du streaming gratuit. Mais différence de taille : l'écoute gratuite est à la demande et illimitée, quand on doit se contenter de smartradios chez Jiwa, coût d'acquisition des catalogues oblige. Comme quoi avec Universal Music et les majors en général, c'est la règle du deux poids, deux mesures.

Alors que compte faire Allomusic de sa première acquisition, et pas des moindres ? Stimuler des ventes de packs qu'on imagine plutôt mauvaises, mais cette fois sous la marque « Jiwa » mieux connue des internautes ? Fermer le site et rediriger son audience vers Allomusic ? Ou l'inverse ? Ou bien segmenter l'offre en jouant habilement avec les deux marques ?

On attend maintenant l'hypothétique communiqué de presse officiel qui nous en dira peut-être plus sur les raisons de l'abandon de Jiwa par Digiteka et les motivations de ce rachat par Allomusic.

vendredi 1 juillet 2011

Turntable (encore), MySpace vendu, des nouvelles de Jiwa

Turntable.fm peut-il survivre à son succès ?

Wired revient sur le buzz et le succès foudroyant de la toute jeune startup Turntable.fm qui compte officieusement pas moins de 140.000 membres en à peine un mois d'existence et qui font dire à certains spécialistes que Pandora serait bien avisé de la racheter ! Mais il faudra confirmer ce succès en surmontant plusieurs obstacles...

A lire sur Wired (article en anglais)

Face à l’échec d’Hadopi, le partage légalisé contre 5 euros/mois ?

L’approche de l'échéance 2012 ravive le projet Création Public et Internet (CPI). Ses auteurs, l'UFC Que Choisir, la Quadrature, le collectif Pour le Cinéma et le SAMUP, demandent aux candidats à l'élection présidentielle des engagements « pour un accès élargi à la création ».

La suite sur PC INpact

De la gestion collective des droits musicaux sur le Net

L'Adami, qui a du essuyer une grosse tempête pour avoir inventé et proposé la licence globale, a fait évoluer sa position pour proposer une gestion collective du droit exclusif pour la musique sur Internet. Cette proposition a été retenue par le rapport Zelnik-Cerruti-Toubon puis par le Président de la République qui, durant ses vœux 2010, a demandé l'ouverture d’une négociation entre les parties.

Lire la suite sur Don't believe the Hype

Interview de Charles Ganem (Jiwa) : bientôt une offre Premium et Jiwa v3

Ancienne maquette Jiwa v3 - copyright Jiwa/PC INpact

Suite aux récentes restrictions imposées par Deezer et Spotify pour leurs membres gratuits, PC INpact a interrogé Charles Ganem, président de Digiteka et repreneur de Jiwa, l'un des concurrents en France des deux sites de streaming audio. L'intéressé en a profité pour nous annoncer qu'un abonnement payant était proche, tout comme la v3 du site (et qui va dans le sens de ce que j'écrivais dans un précédent billet, ndla).

Lire l'interview sur PC INpact

Bon Iver, sortie prématurée de son dernier album

Selon la presse américaine, la plateforme légale iTunes serait responsable de la diffusion prématurée sur les réseaux pirates du dernier album de Bon Iver : lors de la sortie digitale du premier single de l'album, Calgary, un employé d'Apple aurait par erreur mis à disposition pendant quelques heures tous les nouveaux morceaux de l'artiste !

Lire la brève sur Musique Info

MySpace vendu à un réseau publicitaire pour $35 millions

MySpace a finalement trouvé un acquéreur. C'est la société Specific Media, réseau publicitaire en ligne, qui a remporté la mise pour seulement 35 petits millions de dollars, beaucoup moins que les 100 millions espérés par News Corp. for a mere $35 million. L'actuel CEO, Mike Jones, a annoncé qu'il quittera la société et une bonne partie du personnel devrait lui emboîter le pas. Enfin, Justin Timbelake aurait déclaré sa volonté d'investir dans la startup.

A lire sur Mashable (en anglais)

A l'approche du lancement de Spotify aux USA, Rdio lance son application Windows

Capture d'écran applicaiton Rdio - TechCrunch.com

Rdio sera le grand concurrent de Spotify lors de son imminent lancement sur le marché Nord-Américain. A l'origine uniquement disponible sur smartphone et via un navigateur, le service de streaming à la demande des fondateurs de Skype est maintenant disponible sous forme d'une application pour Mac OS mais aussi depuis peu pour Windows.

Lire le billet sur TechCrunch US (en anglais)de

vendredi 18 février 2011

La guerre des chiffres : 8 millions de titres pour Deezer, et après ?

Deezer 8 millions de titres

Deezer a annoncé début février avoir franchi le cap des 8 millions de titres disponibles sur sa plateforme de streaming.

Huit millions de morceaux de musique, c'est beaucoup et peu à la fois. Difficile de comparer ce chiffre avec la production annuelle de titres au niveau mondial, cette information étant difficile sinon impossible à trouver. Comparons-le donc avec la concurrence.

  • Jiwa comptait avant sa fermeture mi-2010 4,8 millions de titres. La petite start-up accuse donc un sérieux retard face à son éternel rival.
  • WorMee, avant d'être condamné à disparaître suite à la participation d'Orange au capital de Deezer, recensait 4,9 millions de morceaux.
  • Spotify, n°1 européen du secteur, affiche 10 millions de titres au compteur. Deezer court évidemment derrière ce chiffre à 8 zéros...

Regardons maintenant quelques chiffres du côté du téléchargement payant, autre facette du marché de la musique numérique.

  • Le club des 4 millions : la Fnac (ce qui me semble très étrange), VirginMega, Starzik et 7digital. Des sites qui ne poussent pas vraiment du côté de l'exhaustivité.
  • Qobuz : 6 millions de titres dont de nombreux morceaux en qualité CD ;-)
  • musicMe qui fait mieux que le gros de la concurrence avec 6,1 millions de titres !
  • Apple/iTunes Store affiche près du triple de titres que ses principaux concurrents avec 11 millions de références.
  • AmazonMP3 qui aurait le leadership d'une courte tête devant iTunes Store avec pas moins de 11,5 millions de morceaux (sur 13 millions officiellement licenciés, selon l'IFPI).

Enfin, dans le domaine du gratuit, nous n'avons plus que Beezik sur le marché français qui affiche 2,4 millions de titres avec et sans DRM au compteur. C'est assez révélateur des limites du système de la « gratuité ».

Cette course aux chiffres cache difficilement plusieurs travers du marché :

  1. il est très difficile de proposer une offre riche et variée tant les conditions d'accès aux catalogues peuvent être difficiles ;
  2. la grande majorité des titres produits n'est pas disponible en téléchargement et encore moins en streaming, fut-il payé 10 euros par mois ;
  3. les distributeurs et les maisons de disque se contentent de livrer au public de la musique mainstream, celle la plus consommée, sans se soucier de ce que la longue traîne pourrait leur (r)apporter ;
  4. enfin, de nombreux ayant-droits s'opposent de toute façon à la réédition de leur musique, certains titres ou albums n'étant même pas disponibles sur CD Audio (sans parler des éditions limitées, des conflits juridiques qui bloquent les rééditions, le caca nerveux de certains artistes, etc.).

L'offre légale numérique qui devrait donc être celle de tous les records en matière d'exhaustivité, n'est qu'une pâle représentation de l'immense production musicale de ces dernières décennies.

Note : ces chiffres ne sont plus forcément d'actualité, n'hésitez pas à me corriger.

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