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jeudi 12 avril 2012

Vraie-fausse confirmation d'inscription chez LivingSocial

Tout est bon en matière de ventes façon daily deals pour « accrocher » l'internaute, quitte à lui envoyer de fausses confirmations d'inscription, comme vient de le faire LivingSocial.

J'ai reçu dans la nuit du 30 mars dernier un e-mail de Living Social, poussé sur l'adresse qui m'avait servi à m'inscrire sur ce site. Très intrigué par son contenu - une demande de validation de mon inscription - je clique dans le doute sur ce lien de confirmation.

Activez_des_maintenant_votre_inscription_sur_LivingSocial.png

L'intitulé de l'e-mail, « Activez dès maintenant votre inscription sur LivingSocial » ne laissait que peu de doute quant à la destination de ce message.

Quelques secondes plus tard, je devais recevoir une confirmation de mon inscription mais... au programme Évasions (voyages) de LivingSocial ! :-)

Bienvenue_sur_LivingSocial_Evasions.png

En consultant l'historique de mes messages chez LivingSocial, je découvre que mon inscription auprès de ce concurrent de Groupon remontait à avril 2011.

Il fallait bien regarder le logotype de ce faux e-mail de confirmation et faire attention à sa signature escapes, envoi qui était en réalité une campagne de recrutement pour le programme Évasions de la marque. Mais à aucun moment cette subtilité n'est expliquée dans l'e-mail de « confirmation ».

Tout semble bon pour recruter du membre, quitte à tromper grossièrement les internautes. :-(

Contactée par mes soins, l'équipe de LivingSocial ne m'a pas encore fourni d'explications sur cette bien curieuse façon de procéder...

samedi 3 mars 2012

Quand Wikio s'emmêle les pinceaux

En novembre dernier Wikio, qui proposait jusque-là une sélection des meilleurs blogs et des outils de consultation et de diffusion d'actualités essentiellement orientés blogueurs, a fermé ses portes poussé par la nouvelle stratégie du groupe Ebuzzing, et à ré-ouvert sous le nom de Wikio Shopping.

wikio.jpgWikio est donc devenu Ebuzzing, se consacrant par la même occasion au marché du B2B. L'URL Wikio.fr n'a pour autant pas été abandonnée, puisqu'elle affiche maintenant un portail B2C dédié au shopping.

Au programme : comparateur de prix, codes promotionnels et avis de consommateurs... (à noter que ce service existait déjà avant la fermeture de Wikio, ndla)

Hélas, l'exploitation commerciale de Wikio.fr ne s'est pas arrêtée à cette initiative.

Utilisateur occasionnel (et très satisfait) des services de Wikio pour les besoins de mes blogs, j'étais comme de nombreux internautes inscrit sur cette plateforme jusqu'à sa fermeture, fin novembre 2011.

« Bienvenue dans le programme »

Trois mois quasiment jour pour jour après cette fermeture, je reçois un e-mail commercial poussé sur l'adresse dédiée au service Wikio par une certaine « Sandrine » pour le compte d'un service que je ne connaissais pas, Conso One. On remarquera que la charte graphique de ce site est proche de celle de Wikio.

Vous recevez ce message car vous êtes inscrit sur Wikioshopping.

Cet e-mail m'annonce qu'étant inscrit sur Wikioshopping (qui n'existait pas avant la fermeture de Wikio), je vais bénéficier « d'économies sur tout, recevoir des échantillons et obtenir des cadeaux » grâce à des programmes marketing comme Conso One, Gagner cadeaux et Idées Promo (cités dans l'e-mail de bienvenue).

L'inscription (c'est-à-dire l'utilisation de mes données personnelles) est en opt-out : je n'ai pas choisi de m'y inscrire, mais je peux « quitter » le programme dont on a du mal à comprendre qui en bénéficie en fin de chaîne. Uniquement Conso One ou bien les deux autres programmes cités ? Et qui sont ces sociétés ?

Remonter un problème (ou la boucle de dénégation)

Lorsque l'on remonte un problème lié à un spam présumé d'un annonceur, il est généralement commun de passer par différentes étapes dont les réponses pourraient être schématisées comme suit :

  1. Vous pouvez vous désabonner à tout moment dans le lien présent dans l'e-mail : se désabonner d'un envoi non-sollicité ? :-x
  2. Votre adresse est bien en opt-in partenaires, lisez nos CGU.
  3. On est désolé, il s'est produit une « erreur » humaine/technique (rayez la mention inutile).

Avec la variante : merci de nous envoyer la source du spam pour étude par nos équipes techniques qui généralement équivaut à un envoi direct vers /dev/null.

Combien de fois m'a-t-on fait le coup ? Je ne les compte plus... :-(

Ebuzzing/Wikio n'a malheureusement pas manqué à la règle, comme le montrent ces échanges sur Twitter (mais ils ont toujours répondu à mes tweets).

tweets-wikio-ebuzzing_01.jpg

Première étape donc, ne pas s'intéresser à la plainte et se rabattre sur le fameux lien de désinscription.

tweets-wikio-ebuzzing_02.jpg

Face à l'insistance de l'emmerdeur de l'internaute, lui annoncer que ses données personnelles, lors de son inscription, étaient automatiquement en opt-in partenaires.

tweets-wikio-ebuzzing_03.jpg

Problème, les fameuses CGU (qui semblent dater de 2006) toujours présentes sur Wikio Shopping (Wikio.fr) ne mentionnent absolument pas ce fait, qui au passage n'est pas tout à fait conforme à la législation française, cet accord ne pouvant être tacite (i.e. caché dans un document de plusieurs pages et non présenté sous la forme d'une case à cocher) et doit être révocable à tout moment, ce qui ne semble plus possible puisque les comptes personnels Wikio.fr sont inaccessibles depuis la fin du mois de novembre 2011.

tweets-wikio-ebuzzing_04.jpg

Donc la base a bien été transférée sous prétexte de ce fameux accord donné par l'internaute lors de son inscription (processus qu'il m'est impossible de vérifier puisque le service n'existe plus).

L'activité n'est plus du tout la même, mais Ebuzzing a estimé qu'elle pouvait exploiter ces données à d'autres fins que celles initialement prévues, sans en informer ses ex-membres. Dont acte.

tweets-wikio-ebuzzing_05.jpg

A force d'insister, j'obtiens tout de même le fin mot de l'histoire (de Wikio d'ailleurs, et non plus de Ebuzzing). Il s'agissait donc d'un bête cafouillage technique (l'équivalent du coup de la panne dans le monde du e-maketing). :-)

Mais aucune mesure de prise ?

Le problème a été remonté aux équipes de Ebuzzing depuis le 22 février, Wikio a finalement trouvé l'origine du problème et l'a très aimablement partagée avec moi le 28 février dernier, mais il faudrait maintenant que les envois cessent.

Pas seulement à ma seule attention, mais aussi pour tous ceux qui, comme moi, étaient inscrits sur Wikio.fr afin d'y promouvoir leurs blogs et reçoivent du spam en lègue.

A ce jour, j'ai reçu plusieurs courriers indésirables :

  • de Conso One (2 e-mails, dont deux fois celui de bienvenue),
  • de PhotoBox (meec7.com),
  • un message de « Lidy Coquine » sous forme de faux e-mail Facebook via le domaine meec7.com qui renvoie vers l'étrange et minimaliste site www.mes-economies.net,
  • et un dernier pour un service de voyance (reçu le 2 mars) toujours poussé par Conso One.

On remarquera encore une fois l'étrange similitude des mentions légales des sites Conso One (visibles ici) et Mes-economies.net (disponibles ici). Aucune adresse postale, numéro d'inscription au RCS, adresse de l'hébergeur n'y sont présents, seul le numéro de dossier CNIL est mentionné.

A noter que l'on parlait déjà de Conso One en 2010 sur ce blog.

A qui mes données personnelles ont-elles été cédées ? La question reste entière.

MAJ au 4 mars : Les envois continuent donc avec deux autres annonceurs : Le Figaro.fr Madame par « Meec7 » et Zalando par « Conso One ».

Je suis maintenant pratiquement certain que ces deux programmes marketing sont animés par la société dirigée par Nathalie Quinette, Predictys S.A.S. dont le siège se trouverait à Grenoble.

Ce serait donc à cette entreprise qui « monétise les bases de données » [et diffuse] votre offre à un public ultra ciblé » selon l'argumentaire de leur site, qu'auraient été cédées mes données personnelles.

Enfin, le numéro de déclaration CNIL de Conso One est identique à celui indiqué sur le site Predictys.fr (1338761).

mardi 17 janvier 2012

Smartdate, ce n'est pas tout à fait fini

Smartdate a fermé son site il y a quelques jours, mettant fin à deux ans de développement et plusieurs semaines de polémique après la démission de membres du conseil d'administration et le départ des salariés.

L'histoire n'est pour autant pas totalement finie, puisque Smartdate faite encore parler de lui de la même manière qu'il m'avait amené à m'intéresser de plus près à cette société : c'est-à-dire en envoyant du courrier indésirable à ses dorénavant anciens abonnés (le site étant je le rappelle fermé, les comptes Twitter et Facebook supprimés : plus de possibilité de changer ses préférences utilisateurs, de lire les C.G.U., d'entrer en contact avec les responsables, etc.).

Mais revenons plus d'un an en arrière.

Inscription et départ de Smartdate

Inscrit sur Smartdate à la fin de l'année 2010, avec d'autres sites de rencontre afin de les évaluer et de souscrire à un abonnement sur le site qui aura répondu à mes attentes, je quitte le service début 2011 après avoir demandé et obtenu la suppression de mon compte personnel.

Celui-ci ne sera d'ailleurs jamais totalement détruit, puisque d'une part je recevrais plus tard des sollicitations commerciales de la part de Smartdate mais je constaterais aussi qu'en tentant de me ré-identifier sur le site, le message suivant s’affiche à l'écran :

Message compte Smartdate désactivé

Le compte est donc mis « en sommeil » et toujours présent dans la base de données en ligne puisqu'il reconnait mon identifiant (notez que la législation française impose la conservation des données utilisateurs afin de les présenter à toute commission rogatoire, mais qu'il n'est nullement obligatoire de les laisser en ligne).

Définition du spam et législation française

Avant d'aller plus loin, il faut tout d'abord définir ce qu'est un spam selon la loi française. En matière de législation du spam, il faut se référer à trois textes :

  • la fameuse loi n° 78 -17 du 6 janvier 1978 « informatique, fichiers et libertés » qui est applicable pour la collecte frauduleuse d’adresses électroniques ;
  • la directive européenne n°2002/58 du 12 juillet 2002 relative à la vie privée et aux communications électroniques ;
  • et la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), transposition de la directive européenne « vie privée et communications électroniques ».

Que disent ces textes ? Qu'une adresse e-mail est considérée comme une donnée personnelle et donc protégée, que la collecte des adresses doit être faite dans le respect des règles d'usage et déclarées à la CNIL, que la durée de conservation des données doit être limitée dans le temps (et déterminée) et enfin que « le consentement préalable des internautes est obligatoire avant de pouvoir leurs envoyer des courriers électroniques promotionnels » (source caspam.org).

C'est le fameux opt-in plus spécifiquement appelé opt-in partenaires dans le jargon du e-marketing.

De plus, « il est interdit d’émettre [du courrier] électronique, sans indiquer de coordonnées valables auxquelles le destinataire puisse transmettre une demande tendant à obtenir que ces communications cessent sans frais autre que ceux liés à la transmission de celle-ci. »

Le législateur a décidé que toute société ou individu qui ne respecterait pas l'une de ces règles s'exposerait à des peines de 5 ans d'emprisonnement et 300.000 € d'amende, ce qui est relativement dissuasif, sur le papier tout au moins.

Première série de courriers indésirables

Ayant totalement oublié Smartdate, je suis plutôt surpris de recevoir un e-mail le 26 juin 2011 envoyé de la part d'un certain Luc Prevot, conseiller de Smart Shopping m'expliquant alors que :

Lors de votre inscription sur le site Smartdate, vous avez souhaité bénéficier des offres partenaires. C'est à ce titre que nous avons l'honneur de vous informer que vous êtes à présent intégré à notre programme gratuit de bons plans shopping Smart Shopping. Vous recevrez régulièrement notre sélection des meilleures offres shopping du net ou encore notre newsletter thématique des ventes privées en cours.

Près de 6 mois se sont donc écoulés depuis ma désinscription du site et pourtant mes données personnelles sont toujours conservées et utilisées par Smartdate. Je reçois 9 autres e-mails suite à mon « abonnement d'office » à ce programme de bons plans, bien loin du cœur d'activité du site sur lequel j'étais inscrit : ventes privées, achat ou réparation de voitures, jeux concours, etc.

Particularité de ces envois, que l'on retrouvera ultérieurement : ils sont tous poussés sur l'adresse Facebook manifestement captée par l'application Smartdate lorsque j'ai eu le malheur de lier mes comptes Smartdate et Facebook pendant quelques minutes. Et je n'avais pas encore le réflex d'utiliser l'adresse e-mail proxy proposée par Facebook.

Le 15 juillet 2011, on souscrit pour moi à un autre programme de bons plans. Il s'agit cette fois du programme Effimail. L'e-mail sera envoyé avec comme objet Smartdate par Effimail. Cette fois, c'est l'adresse e-mail strictement réservée au site Smartdate qui est utilisée, et non plus mon adresse Facebook (unique elle aussi). Une certaine Sylvie Deschamps m'écrit donc :

Vous êtes inscrit(e) sur la base de notre partenaire Smartdate. Nous aurons dorénavant le plaisir de vous transmettre par email des offres valorisantes en affinité avec vos attentes. En intégrant notre programme Effimail, vous recevrez gratuitement les meilleures offres spécialement sélectionnées pour vous.

Suivront ensuite 9 autres e-mails toujours poussés par Smart Shopping via le nom de domaine smartypromos.com pour « les ventes privées du jour ». Le premier push commercial d'Effimail arrivera le 30 juillet 2011 pour l'annonceur Le Monde du Bagage (et un second le 23 août).

Le 7 août, alors que j'ai déjà écrit un billet sur ces envois intempestifs, prévenu Smartdate à travers son formulaire de contact et que son P-Dg est lui aussi informé et me menace déjà de poursuites judiciaires pour diffamation, je suis de nouveau abonné à un programme marketing, celui de FunnyMel. Cette société exploitera là encore mon adresse Facebook.

J'ai cherché sans succès à contacter Effimail et sa société mère dans l'intervalle. Malheureusement l'adresse e-mail contact@effimail.com trouvée sur leur site minimaliste - qui ne présente aucune des mentions légales pourtant obligatoires - n'existe pas et mon message envoyé via un formulaire de contact à l'éditeur du site restera lettre morte.

Mes recherches concernant le programme Smart Shopping me feront remonter jusqu'au site ShoppingActu et au service PerformAds.fr, deux sites gérés par M. Sylvain Eche. Je laisserais un commentaire sur le forum de ShoppingActu auquel l'administrateur du site répondra avant de supprimer purement et simplement le thread. Une copie d'écran est tout de même disponible ici.

La page des références de PerformAds sera même un temps agrémentée du témoignage du P-Dg de Smartdate (ce dernier m'ayant dit ne pas avoir été informé de cette utilisation).

Capture d'écran des références de PerformAds

Après plusieurs échanges avec le P-Dg de Smartdate, j'obtiens finalement des informations sur ces ventes. Les voici :

  • Smartdate n'aurait jamais contracté qu'avec Shopping Actu.
  • Il s'agirait d'un petit test ne concernant qu'une partie de la base de données.
  • Le test n'aurait duré que 10 jours.
  • Le chiffre d'affaires généré par ce test avoisinerait les 1000 €.

Enfin, l'opt-in partenaires existerait bien sur le site Smartdate (sans que l'on me précise ).

J'ai donc procédé à une nouvelle inscription afin de détecter à quel moment il était proposé à l'utilisateur de recevoir des offres commerciales de partenaires (l'acte doit être volontaire, c'est-à-dire que le membre doit lui-même cocher la case ; elle ne peut être pré-cochée).

Mais je n'ai trouvé aucune trace de cet opt-in. La série de captures d'écran que j'ai effectuées peut en attester :

Et de toute manière, bien qu'on en tienne alors aucun compte chez Smartdate, je ne suis plus membre de ce site depuis des mois.

Finalement le 11 août, après quelques échanges, le P-Dg de Smartdate conviendra avec moi des pratiques douteuses de Smart Shopping (18 e-mails reçus entre le 26 juin et le 24 juillet pour « 10 jours » de tests sans parler d'Effimail ou FunnyMel) par cette phrase : « C dingue ce truc, ils appellent ça smart shopping en plus! ».

Je me « désabonne » alors de tous ces programmes marketing (Smart Shopping, Effimail et FunnyMel) à travers les liens ad hoc pensant avoir réglé le problème à la source.

Deuxième série d'envois

Plusieurs mois s'écoulent lorsque je reçois de nouveau un spam de FunnyMel le 15 novembre, mais cette fois à l'adresse Smartdate et non plus Facebook (j'espère que vous suivez !).

Je prends donc contact avec cette société afin de l'alerter de la situation et j'en profite pour prévenir le P-Dg de Smartdate, pensant que Smart Shopping avait dépassé une nouvelle fois le cadre de leurs anciens accords comme le sous-entendait Smartdate.

J'obtiendrais deux réponses.

La première de FunnyMel, par l'intermédiaire de M. Edouard Ducray, P-Dg de Dreamlead Interactive (l'éditeur du site) que je remercie de m'avoir répondu. Voici notamment ce qu'il m'écrira :

La liste de nos partenaires reprend uniquement les annonceurs au nom et pour le compte desquels nous relayons des offres commerciales par mail. C'est la raison pour laquelle nous avons pris la peine de vous envoyer cet email de bienvenue vous informant de notre partenariat avec la société Smartdate. Si vous avez contacté le fondateur de Smartdate, je ne doute pas que celui-ci vous aura effectivement confirmé le partenariat commercial qui lie nos deux sociétés.

La seconde du P-Dg de Smartedate, plus laconique et véritable petite « bombe » dans le Landerneau du Web français :

SD a été revendue.. Je n’y peux rien

A cette date, le site ne répond effectivement plus. Après quelques recherches sur le Net, je décide de publier un billet annonçant la fin de Smartdate.

Je cherche donc à trouver qui est responsable de cette nouvelle vente de mes données personnelles qui, encore une fois, se fait sans mon accord.

Mais les choses se compliquent lorsque j'apprends que la société n'a pas été vendue mais que ce sont des membres du conseil d'administration qui ont démissionné, selon leurs déclarations et la publication au Journal Officiel du 19/12/2011. De plus, le projet semble toujours porté (ou du moins supporté) par son ancien P-Dg selon Societe.com et son blog personnel.

Qui est donc responsable de ce nouvel envoi ?

Troisième série d'envois

Pensant une nouvelle fois ne plus entendre parler de Smartdate, ce service s'est rappelé à moi le 25 décembre dernier sous la forme d'un énième e-mail commercial poussé par... eDarling ! Ils s'agit alors d'une « offre exclusive réservée aux membres de Smartdate : 1 mois Premium offert sur eDarling.fr pour la souscription d'un abonnement de 6 mois ! »

L'envoi est fait sur l'adresse Facebook, comme cela avait été le cas pour le tout premier e-mailing commercial de Shopping Actu.

eDarling enverra deux autres e-mails qui seront suivis par un envoi de Fotochat (12/01/2012), un de Cupid.com (12/01/2012) puis de ParAffinite.com (17/01/2012), tous trois des sites de rencontres. La base Smartdate, qui à cette date a cessé de maintenir en ligne son site Internet, est donc de nouveau commercialement exploitée.

Des 4 sites de rencontre, seul Fotochat m'a répondu à ce jour (à travers M. Nicolas Grumbach que je remercie) m'indiquant qu'il a bien récupéré des données chez Smartdate, qui lui a répondu (en anglais) suite à ma plainte :

the email he sent you is not in the database... so he used another... and since we don't keep last names in the database its hard to find...

Je lui ai alors communiqué plus de détails et toutes les adresses en question, j'attends maintenant sa réponse.

Spam ou pas spam ?

Si nous faisons abstraction de la législation française et que nous nous contentons des conditions d'utilisation du site Smartdate, aucune trace n'est trouvée d'une hypothétique utilisation commerciale de nos données. C'est tout le contraire qui est était écrit :

Page privacy de Smartdate.com

Ainsi que :

Smartdate privacy e-mail

Sans parler de l'absence avérée de l'opt-in, seule la case Newsletter (qui était décochée pour le compte en question) s'approche de très loin du concept d'abonnement à des offres commerciales de partenaires (voir les captures plus haut).

L'étude des conditions générales d'utilisation ne prévient pas non plus de l'usage commercial qui pourrait être fait de vos données sans votre accord. Elles sont consultables ici.

Le fait est qu'en qualité d'ancien membre de Smartdate, j'ai reçu 32 e-mails commerciaux non sollicités sur deux adresses différentes toutes connues de Smartdate en l'espace de 6 mois malgré mes efforts pour alerter l'éditeur du site et ses différents clients ou partenaires marketing. Sans parler de la CNIL, Signal Spam et d'autres organismes luttant contre le spam.

J'aimerais donc comprendre qui d'autre que Smartdate possède et vend leur base de données, que ce soit pour la période estivale, celle de novembre et enfin la toute dernière de décembre/janvier avec à chaque fois des interlocuteurs ou des messages qui se prévalent d'accords avec Smartdate.

Je tiens bien entendu toutes les sources des e-mails reçus, des échanges par e-mail et des captures d'écrans effectuées à qui voudra bien traiter cette affaire afin de tourner définitivement la page Smartdate.

Mise à jour au 30 janvier : j’ai obtenu quelques réponses à mes e-mails signalant l’utilisation frauduleuse de mes données personnelles. Pour mémoire, ces demandes ont été envoyées à Cupid.com, Fotochat, eDarling, ParAffinite.com et EmailVision, le routeur de certaines de ces campagnes commerciales.

Tout d’abord un message de Fabrice Le Parc via LinkedIn, que je reproduis ici :

« Hello! je n'ai plus rien à voir avec SD mais suis intrigué par ton dernier billet et vais investiguer. Quels sont tes emails toujours présents dans cette fameuse base qui circule? »

Ma réponse envoyée le 19 janvier dernier n'a pas encore eu de suite.

Ensuite, après Fotochat qui m’a dit avoir contracté avec Smartdate, sans pour autant me dire avec qui malgré ma demande de précision, c’est la Valérie Fer de eDarling qui m’a donné cette information et cite nommément le responsable, selon elle, de ces ventes. Elle me « confirme que [mon] adresse [leur] a été transmise par la société SmartDate. [eDarling a] signé un contrat avec Fabrice le Parc, PDG de Smartdate, [leur] garantissant que les adresses transmises ont bien été récupérées en opt-in partenaire. »

J’ai demandé à Mme Fer quand ce contrat avait été signé et le nombre d’adresses e-mails achetées, mais je n’ai eu depuis aucune réponse de sa part.

ParAffinite.com et Cupid.com ont pour leur part préféré me répondre en suivant une procédure standard sans prendre la peine de lire mon message, et n’ont pas encore réagi au complément d’information que je leur ai communiqué. Seul Cupid.com m’a demandé de transférer ma plainte à leur administrateur système après les avoir relancé sur Twitter. Envoi resté lui aussi sans réponse.

Mise à jour au 19 février : j'aurai finalement reçu un total de 6 spams de la part d'eDarling, dont trois après les avoir averti (et accusé réception de cet avertissement) que la base utilisée n'était pas légalement exploitable, preuves à l'appui. J'ai le sentiment qu'on se moque de la législation et des internautes chez certains « professionnels » de la rencontre...

Dans le même temps, on peut lire sur certains forums ou blogs que des prélèvements bancaires sont toujours effectués sur les comptes de certains (ex) abonnés Smartdate.

samedi 17 septembre 2011

ZeroThune : vers un prochain lancement ?

Page d'accueil du mini-site ZéroThune

Plus d'un an après avoir été annoncée, la sortie du site de téléchargement de musique gratuite ZeroThune serait finalement imminente. Décryptage.

Annoncé pour septembre 2010 sur le blog de Philippe Lagane, avant de connaître de graves difficultés financières qui déboucheront sur un dépôt de bilan et une mise en redressement judiciaire début 2011, le site zerothune.com serait sur le point de voir le jour.

Il se faisait d'ailleurs attendre sur la page Facebook officielle du projet, comme en témoignent certains commentaires agacés de « fans ».

De nouveaux partenaires...

La société éditrice du futur ZeroThune, Urban Musique, s'est tournée vers de nouveaux partenaires afin d'assurer le développement et le lancement de son site Web.

La version initiale du site, qui devait laisser une place conséquente au contenu éditorial grâce à « (...) une encyclopédie de type Wiki administrée par l’entreprise et complétée par les internautes sous forme participative » et à un « (...) contenu rédactionnel plus fourni que sur n’importe quel autre concurrent actuel » selon les mots de la journaliste du Site des marques, sera en tout état de cause simplifiée dans cette nouvelle mouture (quoique temporaire a priori).

Le premier de ces nouveaux partenaires est le site de vente à crédit WellPack.fr. Cette enseigne - qui ne donne que très peu d'interviews ou d'informations sur ses résultats, si ce n'est à travers SOCIETE.COM et dont le dernier article dans le Journal du Net remonte à 2008 - est un système de vente à crédit de produits high-tech pour l'essentiel.

Par exemple, il vous en coûtera 10 € par mois pendant 48 mois afin d'acquérir la nouvelle Nintendo 3DS (pack avec deux jeux) contre 167 € chez Amazon en achat comptant (console nue). Un système intéressant lorsque vous ne pouvez débourser une telle somme dans le mois, mais qualifié de « cher au final » selon l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, et affichant des « prix au comptant (qui) sont parfois prohibitifs », toujours selon elle.

Le développement technique de cette nouvelle version de ZeroThune a vraisemblablement été confié à la SSII West Interactive. Cette société est proche de WellPack, dont elle a d'ailleurs réalisé le site Internet. Le site sera en toute probabilité hébergé sur ses serveurs.

Logotype de 7digitalEnfin, et c'est probablement le plus surprenant, la musique ne sera plus fournie par Amazon France, ce qui avait été annoncé par AccessOWeb en 2010, mais par un de ses concurrents venu d'outre-Manche : la société 7digital. Impossible de savoir ce qui a motivé l'abandon d'Amazon pour 7digital, on peut simplement supposer que la position « d'outsider » de la société aura offert une meilleure base de négociation pour Urban Musique. Les titres seront téléchargés depuis ce site, tout comme ils devaient l'être depuis le site d'Amazon dans la première version de ZeroThune.

7digital s'est lancée assez tardivement sur le marché français, mi-septembre 2009 et compte 13 millions de titres dans son catalogue, dont certains disponibles en qualité lossless (le nouveau cheval de bataille des sites de téléchargement légal).

...et un mini-site de teasing

Une offre comme celle de WellPack a un besoin constant de nouveaux prospects à démarcher afin de générer de nouvelles ventes à crédit. En se rapprochant de cette société, le site ZeroThune se dotera, on peu le supposer, d'une certaine assise financière, du savoir-faire marketing des équipes dirigées par Boris Berdah, P-dg de WellPack et de la base de membres constituée par cette dernière.

La musique est un droit - art. 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

A la charge du concept développé par ZeroThune d'apporter une meilleure qualification et donc un meilleur taux de transformation de ses fichiers prospects.

Exemple de formulaire ZeroThune - Copyright Urban Musique, WellPack, West Interactive

Le nouveau site ZeroThune n'a semble-t-il pas encore été finalisé car on annonce à l'internaute qu'il sera « (parmi) les premiers prévenus de l'ouverture » ; il laisse temporairement la place à un site simplifié : exit le contenu musical biographique et discographique et les ambitions éditoriales et « wiki » des premières heures.

La mécanique est axée sur le remplissage de questionnaires destinés à dresser votre « profil consommateur ». Plus vous passerez d'étapes (4 écrans) et plus vous remplirez de formulaires, plus votre compteur de « thunes », la monnaie virtuelle du site, augmentera (jusqu'à 50 thunes, maximum atteignable dans cette pré-version de ZeroThune).

Saisie du téléphone mobile - Copyright Urban Musique, WellPack, West Interactive

Mais il sera nécessaire de laisser votre numéro de téléphone portable afin d'accéder aux deux premiers titres offerts (tous sans DRM, contrairement à Beezik), le bon d'achat étant envoyé par SMS. A noter que la version à laquelle j'ai pu avoir accès est susceptible de changer d'ici le lancement officiel du site.

etape-4.jpg

Ce mini-site laisse à penser qu'il s'agit avant tout d'un « galop d'essai » destiné à mesurer les retours et dont la suite du projet pourrait dépendre.

Un modèle économique difficile à cerner

Ce pré-lancement doit bien entendu avoir un coût, qui passe par la musique offerte. Deux titres sont proposés à la fin du tunnel d'inscription qui comporte 4 étapes. C'est-à-dire que chaque nouveau « membre » de ZeroThune coûte un peu moins de 2 € à la structure Urban Musique-WellPack pendant cette phase.

Connaissant le système des chèques cadeaux, ceux-ci ont probablement dû être achetés en gros et suffisamment provisionnés afin d'absorber le pic de demandes des premiers jours (deux morceaux gratuits étant offerts par internaute). Un titre vaut en moyenne 0,80 € HT à l'achat. Mettons que l'objectif du lancement de ZeroThune soit d'atteindre les 10.000 inscriptions, c'est donc un chèque de 16.000 € qui a dû être concédé (2 x 0,80 € x 10.000).

ZeroThune se dit être un système permettant de trouver « pour (les internautes) le moyen de financer leur musique et se (chargeant) de leur trouver des opportunités, des avantages particuliers et des promotions auprès de marques de références », selon la fiche de la start-up sur CrunchBase.

Reste à rentabiliser cet investissement et à transformer l'essai en proposant d'autres morceaux en téléchargement à ces nouveaux utilisateurs. Il existe trois principales formes de monétisation de bases de données qui pourraient soutenir cet effort : le lead generation, la location de fichiers et la co-registration.

Le lead generation est certainement la méthode la plus lucrative (de 3 à 5 € pour un « prospect froid » jusqu'à plusieurs dizaines d'euros dans certains secteurs comme... le crédit !). Mais elle requiert que toutes les coordonnées de l'utilisateur soient communiquées à l'acheteur/annonceur. On constate en moyenne une vente de fichier qualifié pour 10.000 contacts générés dans sa base. La masse critique de cette dernière est donc fondamentale.

La location de fichiers rapporte en moyenne 0,50 € de chiffre d'affaires par an et par inscrit (c'est ce qu'on appelle l'ARPU). Elle consiste très simplement à communiquer les adresses e-mail des membres ou router des messages pour le compte d'annonceurs. La tarification se fait au CPM ou bien parfois au CPA/CPL (le tarif dépend alors du rendement des adresses louées).

Enfin, la dernière méthode, la co-registration (le fameux opt-in partenaire) rapporterait de 0,15 € à 0 ,50 € par adresse, en fonction des conditions de location de celles-ci (via une régie ou bien en direct avec l'annonceur). Le chiffre d'affaires en co-registration serait de 0,30 € par an et par inscrit.

A titre d'exemple, on estime l'ARPU de Facebook à $4 par an et par utilisateur « actif ». La clé du système réside donc dans la taille de la base de données, indépendamment de la qualité ou la fraîcheur des données qu'elle renferme : 100.000 inscrits semble être un chiffre à atteindre avant de pouvoir séduire annonceur ou brokers (qui se chargent alors de commercialiser votre base moyennant commission).

Un système au service de WellPack ?

On imagine donc que le système ne reposera pas sur ces trois leviers lors de son lancement mais plutôt sur la symbiose ZeroThune-WellPack : ce nouveau service doit aussi servir à alimenter la base de données de WellPack afin de générer de nouvelles ventes à crédit (avec un incentive de 50 €). Charge ensuite à cette entité de faire grossir la base de données ZeroThune et de trouver des débouchés commerciaux à travers les canaux habituels du marketing-direct.

On peut craindre cependant que les futures offres poussées par ZeroThune vers ses membres ne soient constituées que de produits vendus par WellPack, au moins dans un premier temps (j'ai effectivement reçu suite à cette opération en une dizaine de jours 6 e-mails commerciaux de WellPack, ndla). ZeroThune pourrait aussi prendre le chemin d'un programme de fidélisation des clients WellPack : des thunes leur étant offertes lorsqu'ils complètent leurs fiches membres, achètent des produits à crédit, parrainent leurs amis, etc.

Il est possible d'imaginer que ZeroThune aura obtenu de 7digital une réduction sur la musique du fait de l'apport de clients à sa plateforme de téléchargement. Mais ce coût d'acquisition initial doit être tout de même très élevé. On est amené aussi à se poser des questions sur l'entretient de la base de données ZeroThune : il faudra bien offrir de nouveaux téléchargements pour fidéliser les « zéronautes » et éviter un trop grand turn-over.

C'est d'ailleurs l'un des problèmes de Guvera, concurrent d'outre-Atlantique : ses membres se plaignent sur les réseaux sociaux de l'absence d'offres publicitaires qui leurs permettent de télécharger de nouveaux titres gratuits. Guvera a d'ailleurs lancé l'écoute en streaming afin de calmer la grogne de ses utilisateurs et s'est lancée cet été dans la « Groupon-Mania ».

Guvera's Facebook wall

La publicité peut-elle encore financer le téléchargement de musique ? C'est à cette question que devra se confronter le prochain ZeroThune dont aucune date de lancement n'a pour l'instant été communiquée.

Mise à jour : l'ouverture du mini-site et le lancement de l'opération ont bien eu lieu le 22 septembre dernier, l'e-mailing m'ayant été envoyé à l'adresse que j’utilisais pour recevoir la newsletter du site WellPack. Le site est en tous points semblable à celui testé en avant-première.

L'opération n'a pas été relayée sur le site temporaire ni sur les outils sociaux de la marque (Twitter ou Facebook pour ne citer qu'eux). A noter enfin qu'un seul titre n'était réellement téléchargeable sur 7digital au lieu des deux annoncés sur le site (bien qu'il m'ait été dit par ZeroThune que deux titres étaient effectivement téléchargeables).

dimanche 17 juillet 2011

Les erreurs de ZeroThune : le produit

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4. Un produit qui se cherche

Puisque l'engouement pour le téléchargement gratuit est si fort et que le besoin de trouver de futurs clients pour les marques l'est tout aussi, pourquoi ne pas proposer du téléchargement sponsorisé par des marques qui toucheraient de nouveaux prospects et engrangeraient de nouvelles ventes ?

Cette équation, pleine de bons sens, a pourtant difficilement accouché d'un modèle économique.

Élaborer un modèle économique basé sur un produit qui coûte cher (la musique) et une source de revenus extrêmement variable, voire incertaine (le lead qualifié), s'est révélé extrêmement complexe dès les premières phases du projet. D'abord lorsqu'il a fallu dessiner les contours du système (sponsoring simple ? Qualification ? Recrutement ? Fidélisation ? Tout ça à la fois ?) puis lorsqu'il a fallu ensuite développer le produit avec les moyens et les ambitions du moment, c'est-à-dire à faible coût (y compris la partie fonctionnement et commercialisation qui devaient être entièrement « automatisés »), le plus rapidement possible et la recherche d'une rentabilité quasi-immédiate.

Le produit a souffert d'un manque de spécifications qui n'ont réellement été arrêtées qu'à la fin de l'année 2009, malgré une volonté affichée de rajouter toujours plus de wagons à un train pourtant bloqué en gare, soit dans le but de séduire d'éventuels investisseurs et répondre à un effet de mode, soit pour viabiliser le modèle économique en accumulant les centres de profits.

Il s'est donc écoulé plus d'une année et demi entre le lancement du projet (2008) et la possibilité pour l'équipe technique d'en entreprendre la mise en œuvre. Mais il faudra tout de même que cette équipe technique arrête d'elle-même les spécifications et les réflexions autour de nouvelles idées afin d'espérer développer un produit simplifié par la force des choses.

L'encyclopédie de la musique

Ce retard dans l'écriture des spécifications s'explique d'abord par le fait que le projet se voulait un site de téléchargement de musique en ligne adossé à une encyclopédie. La musique et son contenu associé tenant alors une place essentielle, un temps précieux fut consacré à la réflexion sur ses possibles formes et son inévitable monétisation. Le tout devant former un ambitieux wiki parfois pompeusement qualifié de « Google de la musique ».

Or, la mise en place d'un tel site, après avoir échoué en 2008 (échec qui se répétera un an plus tard, pour les mêmes raisons : pas de catalogue de musique disponible) s'est très vite heurtée à la mi-2009 à une des réalités occultées du projet : la nécessité d'effectuer de lourds investissements financiers et de longues négociations (catalogue musical, back-office, etc.) auprès des majors, agrégateurs et maisons de disque. Ces « barrières à l'entrée » n'avaient semble-t-il pas ou peu été anticipées.

Sans pour autant tirer les conclusions de ces deux échecs relatifs, l'accent fut mis sur le deuxième volet du projet, c'est-à-dire l'outil permettant de monétiser l'audience et les données personnelles accumulées sur ZeroThune. Outil ambitieux qui deviendra plus tard le BabelPush (le « AdWords » du fichier qualifié).

Il n'y avait donc plus un produit (ZeroThune Musique) mes deux à développer en parallèle avec toujours les mêmes moyens humains (nous y reviendrons dans un prochain billet). Et ce deuxième produit héritera des mêmes carences que son prédécesseur (absence de spécifications et « empilement » d'idées).

Capture d'écran version bêta du BabelPush

Du seul point de vue du modèle économique et de son incarnation - le business plan - les produits étaient beaucoup plus nombreux : publicité au CPM, co-registration, location de données non qualifiées, cash-back, panels (sondages), questionnaires et newsletters sponsorisés, vente de titres (en direct puis via l'affiliation avec Amazon lorsqu'il a enfin été admis que la musique coûtait trop cher au projet), etc.

En somme, un modèle complexe et peu lisible, difficile à mettre en œuvre autant techniquement que commercialement, surtout dans des délais évidemment toujours très courts.

Le paradoxe de l'œuf et de la poule

Et tous ces modèles souffraient d'une terrible inertie : celle de la taille de la base de données qualifiées. Pas de membres, pas de données. Pas de données, pas de ventes. Pas de ventes, pas d'argent à redistribuer. Et pas d'argent, pas de musique à télécharger (donc pas de membres...). Et comment contraindre des internautes à répondre à des centaines de questions sans leur donner le moindre morceau ?

Ces différentes sources de revenus n'avaient d'autre but que de viabiliser le modèle voulu pour le BabelPush et ZeroThune, modèle empêtré dans cette double problématique : comment réussir à la fois à amasser suffisamment de profils qualifiés d'internautes et les vendre à des annonceurs en mal de prospects ?

Le BabelPush devait aussi répondre au soucis du livrable : l'annonceur n'achète pas une adresse e-mail qualifiée (nominative, segmentée, etc.), mais utilise un outil de prospection à la mécanique particulière qui n'offrait pas la possibilité de « travailler » sa cible par actions successives. On achète donc un contact en « one shot » comme on achèterait un clic sur un lien sponsorisé à Google. Or, la prospection ne fonctionne pas tout à fait de cette façon quand il s'agit de fichiers.

Pourtant, une solution avait déjà été évoquée au tout début du projet quand il était avant tout question de fidélisation. On éliminait ainsi le problème du recrutement extrêmement coûteux d'internautes qu'il faut ensuite qualifier à coup de musique gratuite. Ce sera d'ailleurs en partie le modèle retenu par la société MyFanGroup et l'orientation récente de Guvera.

Une consultante nous mettra très tôt sur une seconde piste qui restera inexploitée : obtenir gratuitement la récompense grâce à un mécanisme de compensation (c'est sur ce modèle que s'est développé le catalogue de cadeaux de Maximiles). La musique n'était alors plus à avancer aux maisons de disque et payée rubis sur l'ongle.

Enfin, à l'instar du modèle de Mailorama, très proche de ZeroThune, ou encore de l'affiliation et du cash-back en général, tous basés sur l'accumulation de points, le modèle économique retenu n'a pas permis de faire en sorte que la récompense (le téléchargement d'un titre) soit immédiate. Comment le public aurait-il accueilli une telle formule ? Ne serait-ce que pour proposer un premier titre gratuit, la société aurait du bénéficier d'une grosse trésorerie, difficilement envisageable faute de levée de fonds.

Mais cette accumulation « forcée » de points allait à l'encontre de l'idée initiale, qui était le téléchargement immédiat, légal et gratuit. Modèle qu'a très vite développé le concurrent Beezik dès juin 2009...

Crédit photo : James Davidson, tous droits réservés

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