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samedi 16 juillet 2011

Quand Smartdate se met au spam

Une nouvelle entrée de poids dans mon Hall of Spam, rubrique qui recense les sociétés françaises s'arrogeant le droit de spammer les internautes.

Smartdate abandonnerait-il la rencontre en ligne ?

Logo du site Smartdate.com, copyright SmartdateOn pourrait bien le croire quand on voit la pluie de messages envoyés ces dernières semaines.

Si vous êtes (ou comme moi avez été) abonnés à ce site, n'avez-vous pas récemment reçu des messages poussé par Smartypromos (smart@smartypromos.com) ou le programme Smartshopping ou encore Effimail (pierre@effimail.com) ? Il s'agit de programmes de spam d'e-marketing poussés par e-mail. Vous savez, ces bases qui vous envoient de la pub dite « ciblée » (sur quels critères ?) et se font de l'argent sur votre dos avec vos données ?

A la recherche d'une nouvelle source de revenus ?

Les e-mails (10 reçus à ce jour depuis la fin juin) concernent les ventes privées et le couponing (encore !), les jeux-concours et les promotions en tout genre. Il semblerait que Smartypromos ne fasse que de l'agrégation via les nombreux systèmes d'affiliation disponibles pour ces sites. C'est donc une « coquille vide » qui redirige les internautes sur Vente-privee.com, sur Bazarchic, etc.

Bien entendu, Smartdate le fait d'une part en toute illégalité puisque l'inscription est faite d'office : un e-mail vous prévient que vous êtes abonnés (et qui vous annonce que « lors de votre inscription sur le site Smartdate, vous avez souhaité bénéficier des offres partenaires », or ce choix est inexistant) mais qu'il vous est possible de vous désabonner (sic). Or l'inscription forcée à ce type de programme est interdite et ne peut se faire qu'en opt-in et non pas en opt-out. De plus, ce programme est contraire aux propres engagements de Smartdate censés garantir la vie privée et la tranquillité de ses membres.

En effet, la page Vie privée indique que la société ne fait aucune utilisation commerciale de ces données personnelles.

Page privacy de Smartdate.com

Celui qui se vantait de détrôner Meetic aurait-il à ce point besoin d'argent frais d'augmenter son chiffre d'affaires ?

Selon la législation en vigueur, toute revente ou communication de données personnelles en vue de prospection commerciale doit faire l'objet du consentement explicite de l'internaute, ce qui n'a pas été le cas avec les envois publicitaires de Smartshopping.

De plus, cette réception s'est faite non pas sur l'adresse renseignée sur mon profil Smartdate mais sur l'adresse que j'utilise pour le service Facebook, adresse qui a été collectée par Smartdate lors de la liaison éphémère (rompue dans l'heure) entre les deux services.

Je trouve d'ailleurs le lien de désinscription des e-mailing publicitaires de Smartshopping très révélateur et cocasse à la fois ;-)

Vous en avez marre de recevoir cette newsletter ?

La partie qui concerne l'usage et la fréquence d'envoi des e-mails est encore plus drôle, car elle indique que le membre n'a pas besoin de fermer son compte pour ne plus être importuné.

Smartdate privacy e-mail

Or, je ne suis plus membre de Smartdate depuis plusieurs mois, pourtant je constate que mes données personnelles sont d'une part toujours conservées (mon adresse e-mail Facebook, celle du service Smartdate, et que sais-je encore) et exploitées commercialement (Smartshopping, Effimail).

Smartdate, un service lui-même « douteux » ?

Que dire du service Smartdate lui-même, où je n'ai jamais eu d'autres contacts que des tentatives d'extorsions de fonds (une bonne quinzaine de faux profils au bas mot) ? Vous devez maintenant tous connaître ces pratiques qui ont été vulgarisées par France Televisions dans l'émission Envoyé Spécial.

Après avoir signalé le problème à l'équipe de modération, je me suis fait répondre que c'était à moi de faire le ménage dans leur propre base de données. Quid de celles ou ceux qui se risqueraient à répondre directement par e-mail à ces professionnels de l'arnaque ?

Mais ce manque de contrôle favorise a priori une montée en flèche du nombre d'inscrits. Dans le même temps, je n'ai jamais réussi à nouer un seul contact qui soit légitime (c'est-à-dire autre que « moi rechercher amour grand et honnête pour fonder vie famille près Paris 75000 »). Et les rares profils non trafiqués étaient connectés 24/24. Des modératrices ? (Ndla : j'en ai eu la confirmation plus tard, il s'agissait bien d'une employée, retrouvée sur Facebook grâce à sa photo).

Bref, toute cette entreprise me donne personnellement l'impression d'être gérée avec un manque flagrant de sérieux... :-( Dommage, car le monde de la rencontre sur Internet avait besoin d'outsiders, ne serait-ce que pour faire baisser des coûts d'adhésion exagérément élevés, mais pas d'une énième source de « spams à bons plans »...

Conclusion

On voit une nouvelle fois le danger de l'affiliation, qui permet de diffuser des annonces à travers des réseaux totalement incontrôlables par la marque ou même manifestement par l'affiliateur.

Pour l'internaute, ses données personnelles sont récupérées à la fois à travers le réseau social Facebook (soyez donc prudent avec l'usage du Facebook connect) et à travers le compte client Smartdate. Malgré la fermeture de ce dernier (en réalité : mis en sommeil, les données sont conservées par cette société), les données sont toujours commercialement exploitées et même communiquées à d'autres sociétés, comme ce fut le cas avec Effimail (et impossible d'avoir accès à un quelconque règlement ou charte de cette dernière société).

Ces pratiques viennent un peu plus pourrir les relations entre l'internaute et les programmes e-marketing qui remplissent déjà sa boîte de réception et le poussent jour après jour à abandonner ce mode de communication au profit de solutions plus sécurisées mais totalement fermées, comme Facebook justement.

vendredi 10 juin 2011

Opération de co-branding Bouygues Telecom & Beezik

Au détour d'un tweet, je suis tombé sur une opération en co-branding menée par Bouygues Telecom et reposant sur Beezik. Petit tour d'horizon...

Elle a d'intéressant le fait qu'elle reprend la mécanique « inventée » par Beezik tout en l'adaptant aux règles du co-branding (nous ne sommes plus loin de la marque blanche que propose leur service B2B).

Screenshot_BT_Beezik_Facebook.png

Relayé sur Twitter et Facebook, l'accès se fait via un sous-domaine : bouygues.beezik.com. Nous ne sommes donc pas tout à fait sur le site Beezik ni chez Bouygues Telecom. Le branding de l'opérateur telecom est naturellement très fort.

Landing_page_Beezik_-_Bouygues_Tel.png

La mécanique est alors la même : une vidéo publicitaire, ici unique, se lance en plein-écran, puis aboutie à la page de téléchargement du titre MP3 (en l'occurrence Lussi in the Sky avec J'm'en fous) limité à 1000 exemplaires.

Cependant, nul besoin d'avoir un compte utilisateur Beezik ni de compte client Bouygues (ou de laisser ses coordonnées), la conversion se faisant plus tard.

Landing_page_Beezik_-_Bouygues_Tel__OK_.png

Une fois la vidéo regardée et le titre téléchargé, le dernier écran nous invite à télécharger l'application mobile Beezik (puisque nous sommes dans l'univers de deux marques, une d'opérateur de téléphonie et l'autre de téléchargement gratuit de musique) mais surtout de devenir « fan » de Bouygues Telecom sur Facebook ou partager ce bon plan avec ses amis.

L'utilisateur totalement anonyme jusque-là devient alors un prospect que l'on pourra recontacter à travers le réseau social et l'opération virale grâce à un post sur le wall de l'internaute.

On retrouve bien sûr l'habituel flocage du visuel associé au fichier MP3 :

Flocage_Beezik.jpg

Ce format particulier permet donc à Beezik et la marque de s'extraire du site et d'étendre l'audience aux non-utilisateurs du service. Beezik devient alors un véhicule de conquête ou de fidélisation de la marque, l'internaute ne devenant pas membre du site, mais éventuellement fan de l'annonceur. A sa charge de transformer ce prospect intéressé en futur client ;-)

Il serait d'ailleurs intéressant de connaître la structure tarifaire de cette opération : les fans sont-ils facturés à la marque, par exemple ?

En fin de compte, ce procédé est exactement le même que les services d'un Free All Music ou d'un Music Interactive, le premier se reposant maintenant à 100% sur Facebook (à travers ses Free Music Tuesdays). Mais ceci fera l'objet d'un prochain billet !

mercredi 1 juin 2011

Reed et l'opt-in partenaires

Détournement satirique du logo de Reed Expositions

Reed Expositions possède plusieurs salons auxquels j'ai participés l'année dernière pour le compte de mon ex-employeur, ZéroThune. Que maintenant vous ne pouvez plus ne pas connaître. ;-)

Moi qui d'habitude fais très attention à la démoniaque case opt-in partenaires (la boîte de pandore de l'e-mailing) j'ai cette fois-ci oublié de la décocher. Étais-je porté par un enthousiasme effréné à l'idée de participer à un énième salon du e-quelque chose au moment de mon inscription ? Au point de cocher ce piège à con cette case ? Ou bien était-elle déjà cochée ?? Ah mais non, suis-je bête : l'opt-in passif fait clairement partie des mauvaises pratiques du e-marketing.

Donc j'ai coché cette fameuse petite case source de bien des ennuis.

Les services marketing de Reed (ou plutôt Vertical-Mail), ayant le soucis de rentabiliser leur base de données de gens impatients d'avoir des nouvelles d'obscures sociétés dites partenaires, se sont rappelés aujourd'hui à mon bon souvenir. Et plutôt cinq fois qu'une.

Oui chère madame, pourquoi n'envoyer qu'un seul e-mail lorsque l'envoi de 5 ne vous coûtera pas plus cher, mais vous rapportera plus ?

On me propose donc :

  • une formation en anglais (ce n'est pas tombé loin, j'en suis justement une) pour utiliser mon DIF ;
  • un mailing spécial BTP (ça sent le ciblage ultra-précis) ;
  • des tickets restaurants (pour une société qui n'a plus un seul salarié) ;
  • une nouvelle couche d'anglais, mais cette fois avec « coach particulier » (comprenez : au téléphone) ;
  • et le livre blanc de la géolocalisation pour aider mes salariés itinérants...

Tout ça en l'espace de 12 heures, sur une seule et même adresse e-mail (nominative).

Certes, il est possible de se désabonner, c'est même à la carte avec Reed :

  1. se désabonner des futurs envois du spammeur de l'annonceur,
  2. se désabonner des offres des partenaires du groupe Reed,
  3. et enfin, se désabonner des newsletters et invitations de Reed.

Le plus drôle pour la fin : la durée de suppression de mon adresse e-mail de leur base d'envoi est de... 15 jours ! :-D

jeudi 24 mars 2011

Beezik diversifie ses activités avec BeeAd

Comme les fondateurs de Beezik le laissaient entendre dans une précédente interview donnée au magazine Dynamique Entrepreneuriale, la startup a inauguré en octobre dernier une nouvelle plateforme publicitaire appelée BeeAd.

Logo de BeeAd

L'idée est simple mais efficace : monétiser le contenu de sites en généralisant l'utilisation de son « spot plein écran garanti ». Plutôt que de télécharger un titre de musique, l'internaute - après avoir vu une publicité vidéo - aura accès à du contenu autrement payant.

Micropaiement publicitaire

Ce système de micropaiement repose sur un programme d'affiliation accessible à tous les éditeurs de sites Web et sur des accords de gestion passés entre Beezik et certains groupes médias ou sites en ligne. Doc News nous en donne la liste : Aufeminin, Marmiton, l'Express, l'Expansion, Le Point (récemment signés) et Télécharger.com, 20 minutes, Nouvelobs, NRJ, 750g, Femmeplus, Terrafemina, Recrut.com, Confidentielles, Auto-buzz.

Pour mémoire, Beezik facture environ 0,20 € la diffusion (et le « clic ») d'un spot publicitaire sur son site. Les tarifs pratiqués par BeeAd doivent probablement différer afin de s'adapter à chacune des problématiques d'audience et de contenu des sites partenaires.

A noter que certaines publicités diffusées sur Beezik sont servies non plus par Allociné mais directement par YouTube, ce qui n'est pas sans provoquer certains problèmes au système de spot garanti. Il est en effet alors possible de changer de page sans que cela interrompe la diffusion de la vidéo.

Vers une transformation du modèle de Beezik ?

BeeAd répond à mon sens à plusieurs besoins :

  • capitaliser le savoir-faire acquis avec Beezik et l'appliquer au B2B ;
  • augmenter la diffusion de son inventaire publicitaire tout diversifiant l'audience et en améliorant la segmentation de la cible ;
  • offrir à l'entreprise un vrai levier de croissance hors du marché du téléchargement gratuit ;
  • devenir leader sur un secteur qu'il peut véritablement maîtriser, celui du spot vidéo garanti.

On est en droit de se demander si le site Beezik ne deviendra pas une sorte de laboratoire commercial pour ce format publicitaire commercialisé par la régie BeeAd et que cette activité B2B ne supplantera pas à terme l'activité historique de la startup.

En tout état de cause, le marché du micropaiement et de la monétisation de contenus offre bien plus de possibilités que celui du téléchargement gratuit de musique.

Par contre, l'inventaire vidéo de Beezik est-il suffisant pour soutenir ces deux activités ?

mardi 16 novembre 2010

Fidéliser ses clients grâce au mobile avec Shopkick

ShopkickVous connaissez peut-être Foursquare ou Gowalla, ces sociétés qui proposent des réseaux sociaux basés sur la géo-localisation et la mobilité. Vous connaissez certainement Groupon, le site qui su transposer le principe du couponing sur le Web.

Un des grands problèmes d'un Foursquare, c'est le mélange entre réseau social et marketing (points de vente, coupons de réduction, etc.) : ces deux composantes se mélangent justement très mal (tout comme un message publicitaire trop criante sur un Facebook).

Le problème d'un Groupon, c'est qu'il ne récompense pas la fidélité mais les casual shoppers ou pire, ceux qui ne courent qu'après les réductions.

Shopkick est une sorte de mixe entre un Foursquare-like et Groupon. Le principe est simple : vous gagnez des points à chaque fois que vous entrez dans un magasin participant à l'opération. Simple !

Pour ce faire, vous devez installer une petite application sur votre iPhone ou votre Android, et franchir le seuil de votre magasin préféré. Un récepteur installé dans la boutique se charge du reste.

Ces points peuvent ensuite être échangés contre des bons de réduction, des cartes iTunes, des crédits Facebook, et bien d'aures choses. Et, bien entendu, sous la forme de cash-back lors d'un futur achat.

Les points accumulés vous aident à passer à des niveaux supérieurs (façon jeux-vidéo), passage qui doit vous aider à multiplier les gains, accéder à des bonus (remises spéciales), etc.

Ecran application Shopkick

Best Buy, Macy's, American Eagle, Sports Authority et Simon Malls (qui serait la plus grosse chaîne de malls aux US) font déjà partie de leurs clients ayant déployés capteurs et offres associées.

La société, crée en juin 2009, a déjà levé 20 millions de dollars et s'est lancée en août dernier. La vidéo de présentation vous décrira le concept côté client.

Cette application est donc clairement orientée fidélisation et n'est pas une application faussement sociale qui en masquerait les aspects marketings. On imagine sans peine l'énorme potentiel de ce dispositif (qui doit aussi pouvoir attirer le chaland se baladant dans le mall...).

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