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mardi 24 avril 2012

ZeroThune musique a enfin ouvert ses portes

Après près de 4 ans de gestation et de développement, le site de téléchargement de musique gratuite ZeroThune devrait bientôt se lancer officiellement. Il a d'ores et déjà ouvert ses portes aux curieux.

Capture d'écran ZeroThune - copyright 2012 Urban Musique

ZeroThune est un projet né de l'imagination de deux entrepreneurs, Yves Sassi et Philippe Macaire. Le premier a créé le site l'Observatoire de la franchise, revendu à Reed Expositions quelques années plus tard, ainsi que le Site des marques ; le second a notamment travaillé pour Yves Rocher, la franchise Physiomins ou la salle de foot indoor Festifoot.

Ce duo a ensuite été rejoint courant 2011 par Boris Berdah, créateur du site d'achat à crédit WellPack.fr.

La société derrière ZeroThune, Urban Musique, est encore en phase d'observation suite à sa mise en redressement judiciaire il y a un an de cela.

Une phase de rodage avant lancement

Capture d'écran de la page d'accueil de ZeroThune - copyright Urban MusiqueLe projet a connu trois phases : la première de la mi-2008 jusqu'en janvier-février 2011 (dont vous retrouvez l'historique dans ces colonnes) n'a jamais été rendue publique.

La seconde qui a débouché sur un test grandeur-nature en septembre dernier avec l'aide de la société West Interactive.

Et enfin l'ouverture au public de la troisième mouture du site www.zerothune.com, lundi 23 avril.

La musique est un droit, la musique est votre droit...

Ce lancement n'est pour l'instant qu'une phase de rodage et de correction de bugs et de lenteurs qui rendent pénible la navigation sur le site. Il n'est en effet pas encore possible de télécharger de la musique, même en la payant car c'est une nouveauté de cette troisième formule.

Comme indiqué dans un précédent billet, ZeroThune est aujourd'hui porté par la société Wellpack, spécialisée dans la vente de produits high-tech à crédit. La charte graphique du « nouveau » ZeroThune s'en ressent d'ailleurs, elle est un mélange entre l'ancienne charte graphique (disponible sur la page CrunchBase dédiée au projet ou sur Facebook) et celle du site Wellpack.fr.

Des fichiers qualifiés en échange de musique

Bien qu'il soit impossible d'utiliser pleinement le site à l'heure où ce billet est rédigé, la mécanique du site est clairement visible et exposée à travers quelques petits messages d'aide.

La formule est la suivante : remplissez des questionnaires - qualifiez-vous - répondez à des questions posées par des marques-sponsors et en échange, vous gagnerez des points (appelés thunes) que vous pourrez dépenser uniquement sur ZeroThune sous la forme de musique téléchargeable. Vos morceaux vous auront alors coûtés zéro thunes. ;-)

Les 4 étapes proposées par ZeroThune :

Mécanique de gains de thunes ZeroThune - copyright Urban Musique

Cent thunes équivalent à un morceau de musique, c'est-à-dire grosso-modo 1 €. C'est 10 fois plus que ce que rapporte par exemple l'écoute rémunérée de AlloMusic.com dont on sait aujourd'hui qu'elle n'a pas bien fonctionné.

Il existe ainsi plusieurs types de questionnaires qui seront rémunérés en thunes, selon l'aide et les textes explicatifs du site, mais au barème encore inconnu :

  • le formulaire d'inscription (à noter l'absence d'identification via Facebook ou Twitter, comme c'est maintenant d'usage afin de faciliter - et maximiser - les inscriptions) ;
  • des questionnaires « Passions » basés sur 17 thématiques, comme les voyages, la finance ou encore le sport - chacun comportant une bonne quinzaine de questions fermées à choix unique ou multiple ;
  • des questionnaires « Sponsors » (ou plutôt une récolte d'informations personnelles) poussés par les marques au moment du téléchargement.

Questionnaires thématiques - copyright Urban Musique

Chaque nouvel utilisateur serait gratifié de plusieurs titres téléchargeables après confirmation d'inscription (procédure de double opt-in bien que l'e-mail de confirmation ait été bloqué par mon filtre anti-spam), comme l'indique l'écran ci-après.

Capture d'écran de la validation d'inscription - copyright Urban Musique

Toujours d'après le site, un achat consécutif à l'envoi d'offres par e-mail sera rétribué en thunes. Une sorte de cash back mais sous forme de musique téléchargeable. Un modèle qui, somme toute, n'est pas sans rappeler celui de Mailorama.

L'utilisation qui sera faite des données personnelles n'est pas expliquée et les CGU - qui n'ont pas encore été rédigées ou mises en ligne - ne répondent pas à cette question que l'internaute sera certainement amené à se poser.

Nous noterons deux choses : d'abord l'absence d'opt-in partenaires, mention obligatoire si les données devaient être cédées à des tiers. Et le fait que l'âge n'est pas demandé ou obligatoire : les moins de 18 ans ne seront donc pas refoulés à l'entrée, le site voulant sans doute s'ouvrir à un public le plus large possible (c'est pourtant une donnée de ciblage essentielle).

On suppose donc, un peu à la manière d'un Guvera et ses channels de marques, qu'il faudra attendre d'avoir à disposition de nouveaux questionnaires de sponsors à remplir afin de télécharger ses titres désirés. Et que ces questionnaires (ou offres d'achat) seront poussés par e-mail en fonction du profil que le membre aura bien voulu se créer en remplissant les questionnaires thématiques.

Une partie musicale apportée par des partenaires

Le développement d'une offre de téléchargement musical est à la fois long et très couteux. Ce sont les principales raisons qui expliquent pourquoi aujourd'hui, sur le marché français, il ne se lance pratiquement aucun nouveau site de téléchargement de musique. Seul le streaming en mode smartradio (c'est-à-dire dépendant d'une tarification « radio » fixée par la SACEM) attire encore de nouveaux arrivants, comme Yasound.

Faute de levée de fonds (aucune annonce n'a été faite en ce sens), les fondateurs de ZeroThune ont donc dû se passer des traditionnels accords avec les maisons de disque et la SACEM, l'implémentation d'un back office, d'outils de reporting, etc. Accords qu'il aurait été difficile pour ne pas dire impossible à obtenir tant le « gratuit » rebute aujourd'hui les Majors. Mais ce qui signifie que vous ne pourrez pas être diffusé directement sur ZeroThune en tant qu'artiste.

7digital

Mais ZeroThune est avant tout un site dédié à la musique (qui veut être à cet art ce que Wikipédia est à l'encyclopédie, selon la page Qui sommes-nous).

Cet aspect a été confié à deux partenaires avec tout d'abord 7digital pour le catalogue musical (qui apporte 10 millions de titres téléchargeables à ZeroThune quand il en annonce 15 millions sur son propre site). Le partenariat avec Amazon et ses 17 millions de morceaux, pourtant publiquement annoncé en juillet 2010, n'a donc pas été maintenu. C'est tout de même près du double de ce que propose Beezik.

Le téléchargement n'étant pas activé, il est encore impossible d'en décrire le processus côté partenaire. L'écoute 60' (une durée plutôt inhabituelle) est par contre accessible sur certains albums.

Aucun détail n'est donné sur la qualité audio des fichiers proposés. A titre d'information, 7digital propose plusieurs formats qui vont du MP3 encodés en CBR 320 Kbps jusqu'au Flac (donc lossless). Est-ce ce format qui sera disponible sur ZeroThune ? Le cartel indique pour l'instant du 256 Kbps, c'est-à-dire exactement celui d'Amazon.

Music Story

La partie contenu, souvent le parent pauvre des sites dédiés à la vente de musique numérique, est ici fournie par la société Music Story. Les artistes, discographies, biographies, notes et critiques sont ainsi poussées par cette solution bâtie sur le modèle de l'américain AllMusic (pour faire simple).

Une interrogation subsiste : les membres de ZeroThune pourront-ils participer à l'élaboration du contenu musical, comme semble le suggérer le texte de présentation du projet ?

Il sera intéressant de voir comment Google gérera le duplicate content étant donné le nombre de sites qui déploient rigoureusement le même contenu issus des bases de Music Story (dont le leur).

De la musique gratuite... qu'il est aussi possible d'acheter

La véritable nouveauté de cette version est l'apparition d'un processus d'achat de packs de thunes de différents montants payables par carte bleue ou même PayPal (selon le site). Phase de rodage oblige, les montants indiqués sur des jetons de casino ne correspondent pas toujours avec la valeur du pack.

Les différents packs de musique - copyright Urban Musique

Les montants de ces packs sont plutôt étranges et doivent certainement être fantaisistes à l'heure actuelle (532 thunes, 734, 1254, etc.) car une fois convertis en euros et donc en musique téléchargeable, ils semblent peu intéressants pour l'internaute.

Ils laissent cependant supposer que les thunes pourraient se gagner à l'unité.

Un modèle déjà pratiqué

Le modèle du téléchargement de musique gratuite financé par la publicité n'en est pas à son premier coup d'essai. A l'international, on rappellera seulement l'expérience malheureuse de SpiralFrog.

Sur le marché français, le seul à avoir tiré son épingle du jeu est Beezik grâce à la formule du « spot vidéo garanti ». Son récent rachat par Ebuzzing n'a fait que confirmer le succès de ce format publicitaire.

D'autres ont misé sur des formats plus traditionnels ou sur la qualification de fichiers, comme Airtist, sans pour autant réussir à atteindre l'équilibre, le marché publicitaire étant généralement jugé trop modeste pour faire vivre de telles initiatives.

En se référant à l'ARPU d'un site à succès comme Facebook dont le modèle est aussi la publicité ciblée, on a du mal à imaginer qu'il puisse être possible de télécharger plus d'une dizaine de titres par an dans le meilleur des cas sur un site comme ZeroThune. C'est pourtant tout le mal que je souhaite à ce projet.

Enfin, la société est à la recherche d'un nouveau développeur PHP/MySQL afin de poursuivre le travail réalisé jusqu'ici.

Mise à jour à 16h : contre toute attente, le site a finalement fermé ses portes peu avant 16h aujourd'hui. Aucune date de lancement n'est annoncée sur la nouvelle page temporaire de ZeroThune.

Il faudra sans doute attendre l'arrivée de sponsors en nombre suffisant avant de pouvoir s'inscrire et profiter du téléchargement gratuit comme l'annonçait cette mise en ligne précoce.

Mise à jour à 18h30 : le site est à nouveau disponible ! ça n'aura duré que quelques minutes.

jeudi 15 mars 2012

La musique numérique à l'heure de l'achat groupé (ou presque)

Logotype RainbowTunes.com

Le phénomène Groupon n'aura sans doute échappé à personne, tant il a été médiatisé, analysé, copié et finalement décrié dans les médias. Deux start-ups françaises ont récemment décidé de l'adapter à la musique téléchargeable : RainbowTunes et MP3TopDeals.

Petit rappel du modèle économique du téléchargement

Avant d'aborder le tout nouveau modèle de l'achat groupé de MP3, intéressons-nous d'abord à celui plus traditionnel (bien qu'encore jeune) de la vente au titre ou d'albums.

Il faut savoir que le prix de gros HT d'un album ou d'un titre MP3 tel que vendu sur catalogue par les majors, agrégateurs ou maisons de disque est généralement identique à son prix de vente TTC, marge du distributeur incluse. Par exemple, une nouveauté sera vendue 1,29 € HT prix catalogue avant remises, quand la plateforme de distribution aura ensuite à le proposer à 0,99 € TTC pour ne pas voir sa clientèle filer tout droit à la concurrence.

Comment donc proposer des tarifs compétitifs dans un marché excessivement fermé ? En jouant sur les volumes : plus vous achèterez (et vendrez...) de titres, plus les remises concédées par vos fournisseurs seront importantes. Faisant donc baisser le prix de gros HT. A cela s'ajoute tout de même d'autres taxes comme celles de la SACEM, la TVA (qui va bientôt augmenter...), la marge du distributeur qui doit bien vivre d'autre chose que de son amour de la musique, etc.

Les très faibles marges réalisées expliquent ainsi les montages fiscaux complexes mis en place par Apple, Amazon ou encore Spotify afin d'augmenter la profitabilité en réduisant le prix de la « matière première » (puisqu'il est impossible d'augmenter le prix de vente, sauf à proposer un produit unique, ce qui est d'ailleurs le positionnement de Qobuz).

Les marges sont meilleures avec les ventes d'albums mais quand on sait que la vente de titres représente 80% des téléchargements sur les plateformes légales en France (sources : SNEP), on se pose des questions sur la viabilité du modèle économique mis en place par les maisons de disque. Je doute donc que vous trouviez sur le sol français un distributeur de musique numérique qui ait déjà passé le cap de la rentabilité. :-(

L'achat groupé de musique

La France a de particulier le fait d'être une terre propice aux modèles économiques novateurs, originaux voire étranges en matière de musique numérique.

Il y a eu Beezik qui a très vite trouvé son public et s'est vu récemment racheté par le groupe Ebuzzing, Moozar, Airtist, Hubluc ou Mioozic, aujourd'hui nous accueillons RainbowTunes et MP3TopDeals qui s'attaquent tous deux au modèle de l'achat groupé et par conséquent au problème du prix et des marges du téléchargement numérique.

logotwitter_reasonably_small.pngRainbowTunes.com n'est pour l'instant pas encore ouvert au public et il est malheureusement possible qu'il n'ouvre jamais ses portes, le projet affichant un « lancement du site prochainement » depuis plusieurs mois. Les comptes Twitter et Facebook ne donnent d'ailleurs plus signe de vie depuis fin janvier.

D'après le billet de NeoSting.net, le site doit proposer des fichiers MP3 en 320 Kbps affichant parfois une réduction de l'ordre de 70%. La vente par lots ne concernera pas seulement la musique mainstream mais devrait aussi s'ouvrir aux artistes indépendants qui ne sont pas forcément à l'honneur sur les plateformes de téléchargement classiques.

Des offres spéciales ou des inédits seront aussi au programme (le billet évoque deux albums + un live inédit de Vampire Weekend pour 9 €). De trois à quatre ventes devraient avoir lieu par semaine. Enfin, il est question d'un lancement d'applications pour smartphones sans plus de précisions sur ce qu'elles apporteront au modèle.

Logotype MP3TopDealsMP3TopDeals est quant à lui bien vivant et a lancé - sauf erreur - sa première offre début février (la société a été créée en décembre 2011).

La mécanique est proche en apparence de celle des Daily Deals inventés par Groupon, à savoir la mise en ligne doublée d'un envoi par e-mail d'une nouvelle offre à un rythme quasi quotidien. L'offre n'est pas limitée dans le temps (malgré la présence d'un compteur...) et n'a pas non plus de seuil minimal ou maximal d'acheteurs.

L'offre est assez variée puisqu'il peut s'agir de musique traditionnelle des Andes, de country, de tubes des années 90, etc. A l'heure où j'écris ce billet, 5 génériques de série TV sont proposés à 1,18 €. Aucune indication n'est donnée sur à la qualité du fichier audio (on suppose qu'il s'agit à chaque fois de MP3...). Il vous faudra donc les acheter afin d'en découvrir le format.

Capture d'écran du site MP3TopDeals

Hélas, afin de bénéficier de tarifs aussi attractifs, n'espérez pas télécharger des originaux. Et c'est là que le modèle adopté par MP3TopDeals montre ses limites : il s'agira généralement de reprises de morceaux connus.

Cela vous rappellera peut-être l'âge d'or des compilations douteuses des années 90 : ces albums censés contenir des musiques de films ou des tubes disco qui n'étaient que d'horribles reprises exécutées au synthétiseur. La grande époque de la musique vendue dans les hypermarchés ! :-)

La formule est ici un peu la même. On ne joue donc pas sur le volume mais sur les droits d'auteur des morceaux commercialisés, contrairement à ce que pourrait laisser supposer le modèle de l'achat groupé.

Un RainbowTunes pas encore lancé, peut-être mort-né et un MP3TopDeals qui ne proposerait que des reprises, on se demande si le « modèle Groupon » (voir mon billet sur le sujet) peut être véritablement adapté à un produit numérique au coût marginal quasi nul et aux marges aussi faibles ?

MAJ au 23 mars : j'ai pris contact par e-mail avec Étienne Vicard de la société Souple, propriétaire du nom de domaine rainbowtunes.com mais je n'ai là non plus pas obtenu de réponse, ce qui ne présage rien de bon pour la suite de ce projet.

mercredi 9 novembre 2011

L'inconsistance de l'offre numérique

Je reprends aujourd'hui mon bâton de pèlerin du numérique afin d'effectuer une second comparatif d'achat de musique numérique (le précédent est ici). Ma recherche porte cette fois sur un double album de musiques de films.

François de Roubaix (D.R.) - Courtesy Last.fmL'album en question s'intitule Le Monde électronique de François de Roubaix. Il s'agit d'une compilation de bandes originales de films composées par le génial François de Roubaix. Ce double album de 39 titres (20 pour le premier CD, 19 pour le second) est relativement récent (2004 pour le volume I et 2006 pour le volume II). Il a été publié par Emarcy via Universal Music.

Amateur de musiques de films et de ce grand monsieur qui a marqué toute une époque (La Scoumoune, Le Vieux Fusils, Les Aventuriers) cette compilation fera bonne figure dans ma petite collection un peu trop anglophone à mon goût.

A la recherche de ce double album

La tâche qui me semblait simple s'est en réalité révélée plus laborieuse. En effet, seulement deux sites proposent le double album en téléchargement. Un grand nombre ne référence aucun des deux CD quand les autres ne proposent arbitrairement que le volume un ou deux.

Ensuite, comble du ridicule, il est quasiment plus intéressant d'acheter le double album sur CD audio (neuf) plutôt que de le télécharger !

Amazon : 9,99 € / MP3 256 Kbps (VBR)

Seul le premier volume est disponible en téléchargement numérique, vendu 9,99 €. Les deux albums sont pourtant bien disponibles au format CD chez ce même marchand, pour 12,68 € pièce (frais de ports offerts).

Pour seulement 2,69 € de plus par album (le deuxième opus n'étant pas disponible en numérique), vous aurez donc une qualité et un produit bien supérieur au format MP3 proposé (Amazon propose le plus mauvais format du marché). Il est possible d'acheter les CD neufs sur la Marketplace d'Amazon, ce qui fera descendre la dépense respectivement à 9,95 € et 10,18 €.

Amazon annonce 17 millions de morceaux en téléchargement.

iTunes Store

Apple ne propose aucun de ces deux albums parmi ses 20 millions de références annoncées. Ce qui met en lumière le côté totalement artificiel et trompeur de ce chiffre au demeurant impressionnant.

VirginMega : 9,99 € / MP3 320 Kbps (CBR)

Ce disquaire est le seul de ce comparatif à proposer à la vente le double album recherché dans un format respectable (du 320 Kbps en constant bit rate). A noter qu'une pop-up intempestive s'est (encore) manifestée afin de pousser un produit ou service de la marque, une habitude sur VirginMega.

Qobuz : 9,99 € / MP3 320 Kbps (CBR) - 12,99 € / FLAC

Le spécialiste de la qualité ne référence qu'un seul des deux opus, le second en l’occurrence. Comme à son habitude, Qobuz le propose dans deux formats : à 9,99 € en MP3 320 Kbps (CBR) (c'est-à-dire le même format que VirginMega) et à 12,99 € en FLAC (l'équivalent numérique du CD audio, compression sans perte en plus).

Qobuz se révèle donc aussi cher que du « physique » à qualité d'écoute égale mais pour deux produits bien différents (licence vs CD audio).

Starzik : 9,99 € (MP3 192 Kbps, FLAC, OGG, AAC, WMA)

Comme son camarade Qobuz, Starzik ne propose qu'un seul des deux albums, mais cette fois-ci le second ! Le prix reste inchangé - 9,99 € - mais vous aurez droit à de nombreux formats : MP3 (192 Kbps), FLAC, OGG, AAC, WMA (edit : tous encodés à partir d'une source en 192 Kbps dans un codec proche du MPEG 4 AAC+). Starzik se révèle donc moins cher que son précédent concurrent pour une qualité d'écoute numérique égale (lossless).

musicMe

Ces deux albums n'y sont pas référencés. Apparemment musicMe propose trois formats audio dans différents taux de compression. Le meilleur des trois ne semble cependant pas systématiquement disponible. musicMe dispose de 6,6 millions de titres.

7digital : 6,99 € / MP3 320 Kbps (CBR)

Aucun des deux albums n'est vendu chez nos amis anglais qui dispose pourtant 15 millions de titre. Edit : Le disquaire anglais référence bien le premier album et le propose même à 6,99 €. Il fallait deviner qu'en Albion François de Roubaix se dit François Roubaix. La recherche est donc déficiente. Contrairement à ce que j'avais précédemment constaté, 7digital ne propose pas d'AAC pour cet album.

La Fnac

L'enseigne référence les deux albums au format CD audio vendus 14 € pièce (le prix moyen d'un album CD) mais rien du côté du numérique. Elle a pourtant récemment déclaré mettre l'accent sur le numérique (avec seulement 6 petits millions de titres à son actif).

On peut cependant trouver les deux CD deux fois moins cher sur la Marketplace du marchand, copie de celui d'Amazon.

Ecompil

Vide absolu pour Ecompil. A noter que je me suis rendu sur le site français d'Universal Music par acquis de conscience. Ce dernier référence bien un des deux albums (le premier) et indique à tort et à renfort de liens qu'il est disponible sur Ecompil et iTunes Store...

Orange Music Store

Pas de trace non plus de François de Roubaix, hormis les albums habituellement disponibles pour ce compositeur et que l'on retrouve un peu partout : « Dernier Domicile Connu » Et Autres Films, Le Samouraï / Les Aventuriers et L'Homme Orchestre. Quand on connait la discographie de l'homme, ça fiche un peu le bourdon.

Beezik : 0 € / WMA (avec DRM) 192 Kbps

C'est un peu la surprise de ce comparatif et le deuxième site, avec VirginMega, à proposer les deux albums ! Pour peu qu'on prenne le temps de visionner 39 publicités (soit environ 15 minutes de spots publicitaires) et que l'on s’accommode des DRM, bien entendu. ;-)

Il est tout de même aberrant de constater qu'on trouve plus facilement ces deux albums de musique en téléchargement gratuit qu'en payant.

Conclusion

Cinq Six marchands référencent au moins un des deux albums que je souhaitais acheter. Il est plus facile de trouver le deuxième opus (4 sites le référencent) plutôt que le premier (3) sans vraiment savoir pourquoi. Edit : 7 digital vient rééquilibrer les choses : 4 partout. :-)

Pour découvrir l’œuvre de François de Roubaix, rien de mieux que d'aller faire un tour sur YouTube puis d'acheter le double CD sur Amazon ou La Fnac (pour cette dernière on lui préférera sa Marketplace, mais attention aux frais de port). A moins que le CD ne soit pas lui-même protégé par des DRM contraires au dispositif de la copie privée, le rapport qualité-prix sera bien meilleur que toutes les offres numériques proposées.

Quant aux plus impatients ou avares, ils pourront toujours se faire une idée du talent du musicien en le téléchargeant légalement sur Beezik. Ce qui ne vous dispensera pas d'aller visiter son site personnel.

A noter que les albums brillent par leur absence sur le comparateur Hubluc.

Qui a dit que le CD ou le tout gratuit étaient morts ?

mardi 8 novembre 2011

A propos des nouvelles offres Qobuz

La start-up française Qobuz a annoncé hier le lancement de nouvelles offres d'abonnement en streaming qui viendront remplacer les formules actuelles et compléter son activité de téléchargement payant.

Une nouvelle grille de services

Courtesy www.c4mprod.comQualifiée de « première mondiale », Qobuz a en effet lancé une offre de streaming sur mobiles Apple et Android au format FLAC 16 bits/44,1 kHz. En clair, l'abonné aura accès à un format audio sans perte (« lossless ») par rapport à une écoute sur CD quand d'autres proposent « seulement » du MP3 en 320 Kbps.

La société française reprend ainsi son cheval de bataille : privilégier et faire payer la qualité plutôt que la quantité et une expérience d'écoute de moindre qualité (la compression MP3 dégradant en effet le son). Ainsi sur Qobuz, le format dit lossless est proposé à un prix supérieur à son équivalent compressé. Il peut arrive qu'un album vendu dans ce format soit quasiment au même prix que son équivalent sur CD.

La nouvelle grille tarifaire, reprise de l'article publié par PC INpact, comprend trois niveaux de service :

  • Basic : streaming sur ordinateur uniquement – MP3 à 320 Kbps à 7 € par mois.
  • Premium : streaming sur ordinateur et mobile (Apple/Android) et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X au format MP3 320 Kbps pour 13 € par mois.
  • Haute-Fidélité : streaming sur ordinateur et mobile et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X en lossless (16 bits/44 kHz) à 29 € par mois.

L'avenir de la musique selon Qobuz

Sur son blog, Qobuz justifie ces nouveaux services et tarifs dans un argumentaire tenant en trois points :

  1. Les abonnements streaming à 10 € par mois ne peuvent pas faire vivre la filière du disque. Il faut donc augmenter les tarifs afin de pérenniser ce mode de consommation de la musique. Ces tarifs sont pourtant en partie fixés par l'industrie du disque (tout au moins par les majors du disque). Je me rappelle les ambitions d'un Jiwa qui voulait justement « casser » ces prix jugés trop élevés.
  2. La qualité audio proposée par la concurrence n'est pas suffisante et laisserait ainsi à la porte une grande partie des consommateurs, déçus par l'offre légale. L'adoption de ce mode d'accès à la musique pour une majorité de personnes doit, pour Qobuz, passer obligatoirement par une amélioration de la qualité d'écoute.
  3. Il n'y aurait pas de vrai service de musique en ligne ; les acteurs du marché doivent donc se concentrer sur l'essentiel : la musique. Modèles économiques hasardeux, grandes surfaces ou publicité n'ont rien à faire avec la distribution numérique.

Les « abonnements haute-qualité à valeur ajoutée » sont la réponse à ces trois problématiques : prix, qualité, spécificité.

On ne fera pas de commentaire sur le ton très « qobuzien » de leur communiqué de presse que je vous laisse découvrir. ;-)

Du téléchargement « illimité » limité

Tordons déjà le cou à cette formule galvaudée mais toujours à la mode. Le téléchargement « illimité » proposé par Qobuz ne correspond ni plus ni moins qu'à la synchronisation hors ligne des offres Deezer ou Spotify Premium.

Vous n'aurez pas la possibilité de copier vos titres sur votre baladeur ou chaîne Hi-Fi équipée d'un disque dur ou d'une prise USB. L'écoute sera obligatoirement faite depuis un PC ou un Mac équipé du logiciel bientôt fourni par Qobuz. En clair, il s'agit de téléchargements avec DRM ce qui implique que les morceaux « téléchargés » verront leur licence révoquée en fin d'abonnement.

On comprend la tentation pour Qobuz de qualifier de « téléchargement illimité » cette nouvelle fonctionnalité, mais elle aura plutôt comme conséquence de troubler et frustrer le consommateur, comme l'indique déjà la réaction de certains.

Des choix stratégiques de Qobuz

Du streaming en lossless

Les opérateurs télécoms ne sont pas forcément favorables aux applications consommatrices de bande passante. Un article des Échos montre que la tarification, et donc la bande passante et le quota associé, varie fortement d'une offre à l'autre et selon les opérateurs.

L'ARCEP a aussi mis en lumière les différences en matière de couverture et qualité d'accès à la 3G : il y a une différence sensible entre les débits théoriques ou annoncés et la réalité sur le terrain. Pour ma part, depuis mon domicile parisien, mon BlackBerry capte très difficilement le signal 3G (opérateur SFR). :-(

Comment donc se comportera le streaming en lossless, où un débit de 700 Kbps est nécessaire (12 Mo pour un morceau de 2min30, et quatre fois plus en 24 bits) sur une connexion mobile 3G dans des conditions réelles ? A cela on pourra rétorquer que le système de cache présent sur l'application mobile permet de télécharger les morceaux de sa playlist et les jouer même en cas d'absence de toute connexion réseau. Il faudra donc privilégier une connexion WiFi sous peine de voir votre quota mensuel fondre comme neige au soleil (une heure de musique FLAC équivaut à environ 250 à 400 Mo).

Quid aussi du respect de la neutralité du Net en matière de débits pour Orange qui pousse activement l'offre concurrente Deezer vers ses clients ?

Les mélomanes sur smartphones veulent-ils du lossless ?

J'ai toujours du mal à voir l'intérêt du lossless en streaming mobile : un smartphone n'est tout simplement pas la meilleure plateforme d'écoute pour qui accorde une grande importance à la qualité audio. La restitution de la musique sur mobile est souvent desservie par un mauvais chipset ou un casque de piètre qualité. Le mobile est un appareil souvent utilisé dans un environnement bruyant à l'instar du baladeur.

De plus, il est nécessaire de passer soit par son mobile (donc par un jack audio sur Android qui est loin d'être la panacée, ou AirPlay pour l'iPhone) soit par un PC/Mac (DRM oblige) via le Qobuz Desktop pour écouter ses morceaux sur une chaîne Hi-Fi, seule capable de correctement restituer une musique qualité CD. Or Qobuz s'adresse avant tout à la niche des amateurs avertis de musique à la recherche de qualité plutôt que d’exhaustivité. Il y a là, à mon sens, une petite contradiction.

Sans parler du fait que iPhone et autres mobiles Android ne sont pas capables de lire un morceau encodé en 24 bits (bien qu'Apple réfléchisse à passer une partie de son catalogue iTunes Store dans ce format).

Le manque de profondeur du catalogue

Certes, Spotify ne propose qu'une partie de ses titres en MP3 320 Kbps, mais il affiche 15 millions de morceaux au compteur, soit deux fois plus que Qobuz (7,2 millions). Ce dernier botte en touche en arguant que le site opère de lui-même une « sélection » des artistes et albums à la manière d'un disquaire.

Pour autant, les goûts ne devraient pas se discuter. Le disquaire traditionnel avait avant tout à régler la problématique de ses stocks et rayonnages non extensibles, contraintes qui n'existent plus dans le numérique où la partie éditoriale d'un site comme Qobuz est justement là pour orienter le consommateur alors qu'il le laisse à la porte de son service, faute de lui offrir ce qu'il cherche. Certains genres brillent ainsi par leur absence comme les musiques de films.

Qobuz peut-il se permettre de tout sacrifier au nom de la qualité ?

Une tarification élevée

C'est à mon sens le point crucial de cette annonce. Les deux premières offres sont à peu de choses près équivalentes à ce que propose la concurrence incarnée par Deezer et Spotify, mais elles sont facturées ici 30 à 40% plus cher pour une profondeur de catalogue réduite de 47% (Deezer) à 54% (Spotify).

La véritable nouveauté et le fer de lance de Qobuz - qui mise ici tout sur le streaming payant, l'avenir de la musique selon la start-up - réside donc dans la dernière offre dite Haute-Fidélité. L'abonnement bondit à 29 € par mois (prix de lancement) qu'il est possible de réduire à un peu moins de 25 € en souscrivant à l'année.

Qobuz fait donc un double pari : celui que les consommateurs privilégient la qualité sur la quantité/profondeur de catalogue, et que cette qualité justifie un écart de prix de 30% à 40% à produit égal (streaming MP3 en 320 Kbps). Le streaming en qualité Hi-Fi a quant à lui peu de chance de trouver son public compte tenu de son prix prohibitif : 29 € par mois, soit l'équivalent de deux à trois albums CD, ce qui ne doit pas être loin de la consommation moyenne d'un amateur de musique.

Se tromper de cible et d'adversaire ?

Le raisonnement de Qobuz est certes louable mais ne correspond pas d'après moi aux réalités du marché qui n'a cessé de muter ces 10 dernières années. La qualité et le soutien à l'industrie du disque à travers des tarifs plus élevés ne sont pas des arguments à même de changer profondément et massivement les habitudes ou d'attirer les réfractaires au tout numérique, et encore moins les « pirates ».

Les études montrent d'une part que la qualité d'écoute en 320 Kbps sur les supports actuels est considérée comme largement suffisante pour le plus grand nombre. Le prix est ensuite un facteur clé. Il y avait déjà peu de différence entre le prix de vente d'un fichier compressé et son équivalent CD, cette différence disparaît avec le lossless pour un produit (le numérique) qui n'est pas perçu comme émotionnellement et qualitativement identique au Compact Disc.

La profondeur de catalogue est aussi un élément important : un des « avantages » essentiels du téléchargement « pirate » réside dans la richesse de son « offre » et dans la disponibilité de titres ou albums introuvables, car celle-ci s'affranchit de la lourdeur bien réelle des droits d'auteur. Pour acheter en ligne, il faut d'abord trouver ce que l'on cherche. Le client est ensuite fidélisé par la qualité du produit et des services associés, et enfin par les recommandations faites en fonction de ses achats, goûts ou de la ligne éditoriale du site.

Je pense enfin que Qobuz se trompe d'adversaire : les services comme Deezer (véritable bête noire de son P-Dg) et Spotify ne sont pas les vrais adversaires de la société (ni les « supermarchés » de la musique). Le véritable ennemi, c'est bien la contrefaçon qui a depuis longtemps versé dans le lossless.

Faire encore la distinction fin 2011 entre du téléchargement et du streaming et utiliser des DRM montre que la distribution numérique - et avec elle toute l'industrie du disque - a encore quelques années devant elle avant de véritablement proposer une alternative crédible, accessible et compétitive au téléchargement « pirate » et adaptée aux nouveaux modes de consommation de la musique.

jeudi 27 octobre 2011

(Petit) comparatif de sites de téléchargement de musique

Acheter de la musique sur le Web est devenu un acte extrêmement banal. Encore faut-il trouver son bonheur parmi les offres légales, affichant le beau label PURE de la Hadopi.

Je me suis donc mis en quête d'un morceau spécifique, la version « Radio Edit » du tube Spin Spin Sugar de Sneaker Pimps (du trip hop, ce détail aura son importance), dont le clip est disponible sur YouTube, bien sûr.

Cette version est très différente de celle présente sur l'album Becoming X, et elle a ma préférence.

J'ai mis à l'essai la fameuse offre légale qui bénéficiera très bientôt d'une deuxième couche de vernis brillant « carte musique (jeune) ». Voici la liste des solutions testées :

Soit 11 plateformes de téléchargement (payant ou gratuit financé par la pub).

Résultats...

Sur ces onze candidats, seulement 5 (soit 45%) référencent le titre. Sans surprise, ce sont les 5 plus gros sites de téléchargement du paysage français : Amazon, iTunes Store, VirginMega, 7digital et Fnac.com.

Aucun ne propose de lossless, c'est-à-dire de fichier audio non compressé (ou compressé sans perte). Le plus mauvais ratio de compression est celui proposé par Amazon (MP3 256 Kbps VBR), les meilleurs étant proposés par le trio Virgin-7digital-Fnac.

Voici dans le détail les résultats de ce test.

Amazon : 0,79 € / 6,05 Mo / MP3 256 Kbps (VBR)

Amazon est la seule boutique à proposer une page produit dédiée au titre et non pas le track-listing d'un album (ici généralement l'album Spin Spin Sugar EP, sauf pour la Fnac...). Une bonne initiative.

C'est aussi le moins cher de ce comparatif, mais, en admettant que l'AAC soit un meilleur format de compression que le MP3, c'est aussi lui qui propose le plus mauvais encodage.

Le format de compression n'est d'ailleurs pas indiqué directement sur la fiche mais dans une pop-up qui précise que l'encodage peut être aussi en VBR, mais généralement en 256 Kbps (il s'agit bien de VBR en ce qui concerne ce titre : on tombe parfois en 224, 192 ou 160 Kbps pendant la lecture).

L'achat en « un clic » permet de télécharger le morceau quasi immédiatement, pour peu que vous ayez déjà un compte client Amazon.

Amazon.jpg

Côté méta-données, on retrouve les informations basiques et le cover de l'album, en basse définition (voir un exemple).

iTunes Store : 0,99 € / 7,22 Mo / AAC-LC 256 Kbps (VBR)

Bien que l'usine à gaz le logiciel iTunes Store soit censé faciliter l'achat de contenus numériques, force est de constater que ça n'a pas été le cas cette fois-ci : trois identifications ont été nécessaires, un rappel de l'expiration prochaine de ma carte bleue (alors que mon compte est largement provisionné - merci la carte « jeune » v1), énième validation des conditions générales et engagement de confidentialité (?) d'Apple...

Aucun format de fichier n'est précisé sur la fiche produit, ni ailleurs me semble-t-il. Celui-ci sera, après téléchargement, du MP4 AAC 256 Kbps (VBR, c'est-à-dire à débit variable, donc théoriquement moins bon que du débit constant même si l'encodage fait parfois des « pointes » à 382 Kbps).

Tout comme pour Amazon, le morceau est extrait de l'album Spin Spin Sugar EP. Le téléchargement via iTunes Store est sensiblement plus long qu'avec un navigateur classique.

iTunes-Store.jpg

Question méta-données, c'est un peu moins bien qu'avec Amazon, mais le cover de l'album est bien présent. Là où Amazon voyait un titre de Rock alternatif, iTunes nous indique qu'il s'agit d'électro...

VirginMega : 0,99 € / 8,24 Mo / MP3 320 Kbps (CBR)

Sur ce site, il a tout d'abord été impossible de trouver ce titre en effectuant une recherche sur le nom complet avec parenthèses. Ensuite, le morceau référencé ne fait pas mention de sa version Radio Edit, il faut donc écouter les deux homonymes pour trouver lequel est le bon. L'écoute est entravée par un trop grand nombre d'ouvertures de pop-ups.

Enfin, il faut 3 ou 4 clics pour trouver un début d'information sur le format audio, au-delà du fait qu'il s'agit de MP3, information qui ne sera même pas révélée dans l'aide après consultation. Il faut donc attendre l'achat et le téléchargement du fichier pour le découvrir (du 320 Kbps).

Manque de chance, le mot de passe de mon compte VirginMega n'étant plus le bon, il a fallu passer par la case réinitialisation. En réalité, le champ mot de passe dans la base de données du site ne peut contenir que 20 caractères quand je lui en avais soumis un de 32 caractères... sans que j'en sois averti. :-(

Le site propose de mémoriser vos coordonnées bancaires afin de faciliter de futurs achats, tout comme pour Amazon. On aime ou on n'aime pas, mais c'est parfois bien pratique.

Le téléchargement peut se faire soit directement (donc en HTTP à travers son navigateur) soit via un download manager, solution que je n'ai pas testée (j'ai une sainte horreur de ces bestioles, ce que propose aussi... Amazon !).

VirginMega.jpg

Pas de (bonne) surprise au niveau des méta-données, si ce n'est le genre qui devient Rock indé (sic).

Qobuz

Le titre est indisponible sur Qobuz, qui il faut le rappeler, n'est pas une boutique généraliste mais a ses spécialités (le trip hop ne devant pas en faire partie). Dommage pour le lossless...

Starzik

Idem, titre non référencé sur Starzik chez qui j'avais effectué mon tout dernier achat de musique avant ce banc d'essai.

musicMe

Titre indisponible. Dommage aussi ! J'apprécie la grande qualité du site.

7digital : 0,99 € / 8,36 Mo / MP3/AAC 320 Kbps (CBR)

La page de paiement est très déroutante : on y trouve en effet des champs inhabituels, comme la saisie de la date d'émission de votre carte bleue (en sus de sa date d'expiration), que j'ai bêtement commencé à remplir avec la date d'expiration... A noter tout de même la possibilité de payer avec un compte PayPal.

7digital propose deux formats téléchargeables : MP3 en 320 Kbps et AAC (iPod) en 320 Kbps.

7digital.jpg

Rien à dire niveau méta-données, aussi pauvres que chez la concurrence. Le genre musical est identifié ici comme étant Alternatif.

Fnac.com : 0,99 € / 8,22 Mo / MP3 320 Kbps (CBR)

Tout comme sur VirginMega, le site de la Fnac a beaucoup de mal à me trouver le morceau recherché. Le moteur retourne en effet 80 109 résultats pour Spin Spin Sugar (Radio Edit) rien que ça ! Il est pourtant bien disponible, pour peu que l'on effectue une recherche portant sur le nom du groupe et non le titre.

Contrairement à tous les autres « disquaires » en ligne, la Fnac ne propose pas l'album Spin Spin Sugar EP mais 6 Underground Rewired.

Le format est ici précisé, en bas de fiche cependant : MP3 320 Kbps.

Une fois le règlement effectué, un gestionnaire de téléchargement est proposé ainsi qu'un téléchargement direct.

Fnac.jpg

La Fnac est le vilain petit canard de ce comparatif question méta-données : nous n'aurons même pas droit à la pochette de l'album, tagué encore une fois musique alternative.

E-compil

Titre indisponible. Ce site est-il toujours en activité ?!

Beezik

Titre non disponible.

Orange Music Store

Sans trop de surprise, le morceau recherché n'est pas disponible. Il est cependant en écoute sur Deezer.

Conclusions

Le « vieux » format MP3 est roi, sauf chez Apple et 7digital pour des raisons commerciales.

Notons que l'utilisation du comparateur de prix Hubluc.com nous aurait sans doute un peu aidé, mais il s'est montré incapable de comparer les titres disponibles et non pas les albums. Impossible donc de faire un choix sans visiter chaque site retenu.

Comparatif-hubluc.png

Finalement, la qualité audio est sensiblement la même quel que soit le site retenu, et même un peu en deçà pour Amazon mais le site se rattrape au niveau prix. Le consommateur ne dispose donc pas d'une offre très différenciée : même prix, même qualité audio, même (absence de) méta-données.

A produit identique*, et donc sans surprise, la différence ne peut se faire qu'à travers les services offerts : qualité du référencement du site, disponibilité du morceau (profondeur du catalogue : merci la longue traîne), facilité de recherche, pré-écoute, processus d'achat et de téléchargement sans accrocs, possibilité de télécharger (voire de stocker) son morceau ultérieurement depuis le site, etc.

Sans parler des méta-données, grande absente et véritable régression entre le « physique » et le numérique, après la qualité audio : photographies, paroles, biographie, goodies, etc. passent à la trappe.

(* La qualité d'un fichier encodé dépend bien entendu de la source, du codec, de l'encodeur, du taux de compression, etc. et peut énormément varier d'un site à un autre sans qu'il soit possible d'en vérifier les paramètres au moment de l'achat.)

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