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lundi 19 janvier 2009

Les dommages collatéraux selon BHL

Les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, s'appelle un "crime de guerre") ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom - "dommage collatéral" - qui, même s'il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale).

Bernard Henri Lévy, lu sur Le Point.fr.

vendredi 2 janvier 2009

Que reste-t-il aux palestiniens ?

L'état d'Israël a lancé en cette fin d'année une nouvelle offensive aérienne au dessus de la bande de Gaza, petit bout de terre coincé entre la mer, l'Égypte et Israël.

Dans cette guerre qui n'en porte pas le nom, exemple extrême d'un conflit asymétrique et colonial, que reste-t-il aux palestiniens ? Qu'elle est aussi la solution retenue par le gouvernement israélien et son armée afin de mettre un terme à 60 ans de lutte ?

Du côté israélien, la division de l'état palestinien en deux entités est une avancée stratégique. Elle permet notamment à l'armée d'agir sur un seul front à la fois (au Liban ou dans la bande de Gaza) en concentrant toutes ses forces. Israël a la possibilité historique d'écraser un à un ses adversaires : le Hamas dans la bande de Gaza - opération en cours - et le Hezbollah au sud Liban, dont Tsahal aurait retenu les leçons de son échec.

Du côté palestinien, ou plutôt du côté du Hamas devrais-je écrire, les dirigeants doivent certainement comprendre que leur isolement scelle leur destin, et avant ça leur division qui avait déjà limité la portée de leurs actions terroristes initialement exécutées sur deux "fronts".

AFP_-_PATRICK_BAZ.jpg

Alors que l'Occident, Europe en tête, s'évertue à appeler au cessez-le-feu et à la relance du "processus de paix", l'accélération des opérations militaires laisse entrevoir de quoi sera faite l'année 2009 : une amplification du conflit armé, seule garantie pour la Palestine et le Hamas en particulier, de sa survie politique, avec éventuellement une redite de la guerre du Liban. Le Hamas peut espérer paradoxalement que l'embargo qui le pénalise s'adoucisse après l'attaque de Tsahal et puisse importer l'armement qui lui permettrait de diminuer l'écart des forces. Malgré la puissance de l'armée israélienne, le Hezbollah a montré récemment à quel point cette armée pouvait être malmenée par des forces non conventionnelles. Il n'est donc pas totalement fou d'imaginer la Palestine revenir à la table des négociations "grâce" à la force.

Côté Israélien, il s'agit encore et toujours d'une question de temps. Les attaques lancées ces derniers jours sur Gaza lui en feront certainement gagner un peu. Mais il est très peu probable de voir Israël tenir ses promesses, et encore moins accepter une montée en puissance d'une force armée, qu'elle soit à la solde du Hamas ou de l'Autorité Palestinienne. Les moyens financiers sont aussi très importants : l'aide américaine sera-t-elle encore disponible en 2009, en plein cœur de la crise économique qui frappe le monde et les États-Unis en particulier ? Ce petit pays aura-t-il encore les moyens de sa politique ? Il faut donc frapper fort maintenant, et frapper vite. Écraser les palestiniens aujourd'hui, faire la paix avec ses voisins, puis revenir le plus tardivement possible à la table des négociations en vainqueur.

Il est donc clair et regrettable que plus vite la Palestine sera armée, plus tôt prendra fin ce conflit. Tsahal le sait, la pression démographique est trop forte, à l'image de la rancœur palestinienne à l'égard de son voisin. Toutes les actions militaires d'Israël ne sont que retardatrices, aussi violentes soient-elles. La question qui se pose véritablement est donc : quand la donne militaire changera-t-elle  ?