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mardi 24 janvier 2012

Allomusic lance une nouvelle formule pour le site Jiwa

Allomusic a lancé aujourd'hui une nouvelle version de Jiwa.fm. Il n'est plus possible d'écouter la musique au titre mais uniquement à travers des webradios et smartradios.

banner-logo-jiwa.jpg

Jiwa a traversé de nombreuses épreuves depuis 2010 : d'abord un dépôt de bilan en août suite à son incapacité à rentabiliser ses services et lancer son application mobile payante, suivi d'un rachat par Digiteka en novembre 2010 qui finira par abandonner le projet et le cédera très rapidement à Allomusic en juillet/août 2011, société déjà éditrice d'un site de streaming à la demande.

Six mois après ce rachat, les équipes d'Allomusic viennent de pousser la v3 de Jiwa (qui se sera fait longtemps attendre car annoncée pour le printemps 2011), version qui se rapproche d'ailleurs graphiquement et fonctionnellement du site Allomusic.com. Le logotype de Jiwa est ainsi griffé d'un Jiwa by Allomusic. On ne pourra pas leur reprocher cette cohérence graphique et la simplification d'une interface v2 que j'ai toujours trouvé trop « lourde » et un peu brouillonne.

Deux « produits » sont dorénavant disponibles :

  • Les webradios thématiques.
  • La smartradio paramétrable (selon le genre musical, l'artiste, l'année, la voix féminine/masculine, etc.).

Le tout streamé au format MP3 en 256 ou 320 Kbps.

Jiwa-radios-disponibles.png

Les playlists des anciens utilisateurs ne pourront être lues qu'à la condition de contenir plus de 3 heures d'écoute (chacune). On ne peut plus non plus en créer de nouvelles (ndla : elles seront bientôt de nouveau disponibles d'après Jiwa).

L'écoute d'un titre précis (via la recherche par mot-clé) est limitée à 30 secondes. Par contre il est possible d'écouter la smartradio d'un artiste ou d'un groupe (mais vous n'aurez pas accès aux seuls morceaux de l'artiste choisi). Il est enfin possible de cliquer sur le bouton de recommandation pour chaque titre ou écoute (symbolisé par un cœur) ce qui aura une incidence sur vos prochaines écoutes.

Jiwa-choix-smartradio.png

A noter qu'il n'est pas nécessaire d'être membre pour avoir accès à l'ensemble des fonctionnalités d'écoute de Jiwa, ce qui rend inutile l'inscription sur le site (puisque les playlists ont disparu ou sont quasi-inutilisables) à l'heure actuelle (les futures radios personnalisées et les playlists nécessiteront un compte, ndla).

Le modèle économique de nouveau Jiwa est relativement simple : à chaque 1er chargement d'une radio, smartradio ou changement de paramètre de cette dernière, une publicité vidéo de 25 secondes environ est jouée avec obligation de la visionner de bout en bout.

Nous sommes donc proches du modèle « inventé » par Beezik pour le téléchargement de musique, à savoir le spot vidéo garanti. Mais contrairement à celui-ci, la vidéo ne se joue pas en plein-écran et aucun mécanisme empêche l'internaute de changer d'onglet ou d'application.

Publicité vidéo sur Jiwa

La vidéo et les annonceurs sont apportés par la société StickyAdsTV, solution là encore très proche de celle de BeeAd.

On note aussi la présence de bandeaux publicitaires classiques poussés par différents programmes comme celui de DoubleClick, par exemple.

Un timide bandeau Allomusic est présent sur toutes les pages, créant un pont entre les deux services qui ne communiquaient pas vraiment entre eux jusqu'à présent.

Il est cependant dommage de ne pas exploiter plus en profondeur la synergie entre Jiwa (smartradio gratuite) et Allomusic (streaming à la demande, lire mon billet à ce sujet). Par exemple dans le listing des titres disponibles ou via les playlists en pensant Premium. ;-)

jiwa-encart-allomusic.png

Une pop-up intempestive s'ouvrira aussi à la fin de la diffusion de la vidéo, vous proposant systématiquement de laisser un commentaire sur le mur de votre compte Facebook (sans rapport avec le titre ou la radio écouté).

Il sera intéressant de suivre l'évolution des statistiques de fréquentation des mois de janvier et février afin de voir l'impact positif ou négatif de cette nouvelle version sur l'audience de Jiwa qui a encore de nombreux fans sur la Toile, preuve de l'excellent travail fourni par l'équipe fondatrice du service.

jeudi 15 décembre 2011

Rara.com, le nouveau service de streaming à la demande d'Omnifone

Le fournisseur de solutions musicales « clé en main » et en marque blanche, Omnifone franchit aujourd'hui une nouvelle étape en lançant une offre en direct de streaming à la demande.

Logo rara.com - courtesy Rara Media Group Ltd. & Musically.comOmnifone n'est pas une marque connue du grand public car cette société anglaise opère dans le monde du B2B, c'est-à-dire des services aux entreprises. Omnifone est ainsi derrière l'offre de streaming d'un certain nombre d'acteurs de l'informatique ou de l'électronique : HP, Sony, RIM (avec l'application BlackBerry Music), etc. à travers son offre white label MusicStation, véritable boite à outils de la musique numérique.

La société Omnifone vient de franchir une nouvelle étape en propulsant dans 16 pays, dont les États-Unis et la France, un nouveau service de streaming à la demande. Ce service s'appelle rara et ce lancement présente quelques caractéristiques qui méritent que l'on s'y intéresse.

De la marque blanche à la marque en propre

On imagine sans peine le savoir-faire technique et la connaissance du marché de la musique numérique accumulés par les équipes d'Omnifone à travers les différents partenariats et déploiements de solutions Web, applicatifs et mobiles pour le compte de ses clients.

Là où je pense personnellement que le marché B2B est bien plus intéressant que le B2C déjà (laborieusement) occupé par les Spotify ou Deezer, Omnifone procède en sens inverse : d'abord la marque blanche puis le lancement d'une marque en propre, rara.com.

Le discours de Rob Lewis est relativement simple : l'objectif est de séduire les 80% d'internautes ou possesseurs de smartphones qui n'ont pas encore cédé aux sirènes du streaming à la carte (et qui estiment que leur opérateur ne se goinfre pas déjà suffisamment tous les mois). Et pour ce faire, rara mise sur une large couverture géographique dès le lancement et sur une application Web et mobile (Android seulement pour l'instant, mais iOS a été annoncé) qui se veut plus graphique, ludique et simple d'utilisation.

HP devrait précharger (quoi donc d'ailleurs, une application ?) rara sur ses ordinateurs, faisant doublon avec l'offre conjointe déjà lancée sous l'étiquette MusicStation.

Une offre qui n'apporte rien de nouveau

Sans surprise, la grille tarifaire de rara.com n'est qu'un copier-coller de ce que propose la concurrence, grille dont on peut dire qu'elle est dictée par les quatre trois majors du disque. Pas d'innovation possible de ce côté-ci : 4,99 € pour la version Web et 9,99 € pour l'abonnement mobile.

Le lancement rapide semble avoir été facilité d'une part, par l'expérience d'Omnifone mais aussi par son modèle économique : en effet, exit le freemium cher à Spotify et Deezer : pour tester le produit, il faudra passer obligatoirement par la case abonnement. Mais rassurez-vous, les trois premiers mois seront facturés 0,99 € (1,99 €pour l'offre mobile). Cela suffira-t-il à ne pas laisser à la porte du site (mal traduit en français) les plus curieux ?

Rara affiche au compteur « plus de 10 millions de titres » et déjà une embrouille avec le distributeur Merlin, absent de cette sélection qui n'a pas manqué de critiquer le lancement de l'offre malgré l'absence de ses artistes.

Autant dire que l'interface graphique tant vantée par le chairman de Rara Media Group Ltd. aura intérêt à être à la hauteur (avec une bonne dose de Facebook pour ne pas contrevenir à la bulle mode actuelle).

Lancement global pour concurrence locale

Rara aura donc à affronter sur le terrain local des services de streaming à la carte plusieurs adversaires : Spotify tout d'abord, qui a certainement le plus d'arguments à opposer à la spin-off d'Omnifone, Deezer et sa béquille Orange qui fait de lui un acteur majeur sur le marché français, puis Qobuz sur le créneau de la « super-vraie-qualité-CD-tu-m'en-diras-des-nouvelles », l'offre d'Allomusic dont le système de zeeks est en train de se retourner contre elle et enfin le discret musicMe.

J'ouvre ici une petite parenthèse au sujet d'Allomusic : c'est le seul site dont le streaming « gratuit » n'est pas (encore) bridé, contrairement à ses deux grands concurrents. Encore un paradoxe de l'industrie du disque. Parenthèse close. :-)

L'abandon du freemium a sans doute permis d'une part un lancement rapide à l'international, raccourcissant les négociations avec les ayants droit dont certains répugnent à regarder ce modèle pourtant proche de celui de la radio, et d'autre part de prendre un risque financier moindre. Un de mes fidèles lecteurs saura sans doute de quoi je veux parler. ;-)

Il est enfin intéressant de noter qu'on ne se lance plus dans le téléchargement payant mais uniquement dans le streaming : personne ne veut répliquer le modèle de l'iTunes Store, pas même Google comme le faisait très justement remarquer aujourd'hui un intervenant de l'émission On refait la musique sur Radio Neo (bien qu'ils y viennent enfin avec Android Market).

Le téléchargement est mort, le freemium aussi, vive l'abonnement, vive le streaming !

mardi 8 novembre 2011

A propos des nouvelles offres Qobuz

La start-up française Qobuz a annoncé hier le lancement de nouvelles offres d'abonnement en streaming qui viendront remplacer les formules actuelles et compléter son activité de téléchargement payant.

Une nouvelle grille de services

Courtesy www.c4mprod.comQualifiée de « première mondiale », Qobuz a en effet lancé une offre de streaming sur mobiles Apple et Android au format FLAC 16 bits/44,1 kHz. En clair, l'abonné aura accès à un format audio sans perte (« lossless ») par rapport à une écoute sur CD quand d'autres proposent « seulement » du MP3 en 320 Kbps.

La société française reprend ainsi son cheval de bataille : privilégier et faire payer la qualité plutôt que la quantité et une expérience d'écoute de moindre qualité (la compression MP3 dégradant en effet le son). Ainsi sur Qobuz, le format dit lossless est proposé à un prix supérieur à son équivalent compressé. Il peut arrive qu'un album vendu dans ce format soit quasiment au même prix que son équivalent sur CD.

La nouvelle grille tarifaire, reprise de l'article publié par PC INpact, comprend trois niveaux de service :

  • Basic : streaming sur ordinateur uniquement – MP3 à 320 Kbps à 7 € par mois.
  • Premium : streaming sur ordinateur et mobile (Apple/Android) et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X au format MP3 320 Kbps pour 13 € par mois.
  • Haute-Fidélité : streaming sur ordinateur et mobile et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X en lossless (16 bits/44 kHz) à 29 € par mois.

L'avenir de la musique selon Qobuz

Sur son blog, Qobuz justifie ces nouveaux services et tarifs dans un argumentaire tenant en trois points :

  1. Les abonnements streaming à 10 € par mois ne peuvent pas faire vivre la filière du disque. Il faut donc augmenter les tarifs afin de pérenniser ce mode de consommation de la musique. Ces tarifs sont pourtant en partie fixés par l'industrie du disque (tout au moins par les majors du disque). Je me rappelle les ambitions d'un Jiwa qui voulait justement « casser » ces prix jugés trop élevés.
  2. La qualité audio proposée par la concurrence n'est pas suffisante et laisserait ainsi à la porte une grande partie des consommateurs, déçus par l'offre légale. L'adoption de ce mode d'accès à la musique pour une majorité de personnes doit, pour Qobuz, passer obligatoirement par une amélioration de la qualité d'écoute.
  3. Il n'y aurait pas de vrai service de musique en ligne ; les acteurs du marché doivent donc se concentrer sur l'essentiel : la musique. Modèles économiques hasardeux, grandes surfaces ou publicité n'ont rien à faire avec la distribution numérique.

Les « abonnements haute-qualité à valeur ajoutée » sont la réponse à ces trois problématiques : prix, qualité, spécificité.

On ne fera pas de commentaire sur le ton très « qobuzien » de leur communiqué de presse que je vous laisse découvrir. ;-)

Du téléchargement « illimité » limité

Tordons déjà le cou à cette formule galvaudée mais toujours à la mode. Le téléchargement « illimité » proposé par Qobuz ne correspond ni plus ni moins qu'à la synchronisation hors ligne des offres Deezer ou Spotify Premium.

Vous n'aurez pas la possibilité de copier vos titres sur votre baladeur ou chaîne Hi-Fi équipée d'un disque dur ou d'une prise USB. L'écoute sera obligatoirement faite depuis un PC ou un Mac équipé du logiciel bientôt fourni par Qobuz. En clair, il s'agit de téléchargements avec DRM ce qui implique que les morceaux « téléchargés » verront leur licence révoquée en fin d'abonnement.

On comprend la tentation pour Qobuz de qualifier de « téléchargement illimité » cette nouvelle fonctionnalité, mais elle aura plutôt comme conséquence de troubler et frustrer le consommateur, comme l'indique déjà la réaction de certains.

Des choix stratégiques de Qobuz

Du streaming en lossless

Les opérateurs télécoms ne sont pas forcément favorables aux applications consommatrices de bande passante. Un article des Échos montre que la tarification, et donc la bande passante et le quota associé, varie fortement d'une offre à l'autre et selon les opérateurs.

L'ARCEP a aussi mis en lumière les différences en matière de couverture et qualité d'accès à la 3G : il y a une différence sensible entre les débits théoriques ou annoncés et la réalité sur le terrain. Pour ma part, depuis mon domicile parisien, mon BlackBerry capte très difficilement le signal 3G (opérateur SFR). :-(

Comment donc se comportera le streaming en lossless, où un débit de 700 Kbps est nécessaire (12 Mo pour un morceau de 2min30, et quatre fois plus en 24 bits) sur une connexion mobile 3G dans des conditions réelles ? A cela on pourra rétorquer que le système de cache présent sur l'application mobile permet de télécharger les morceaux de sa playlist et les jouer même en cas d'absence de toute connexion réseau. Il faudra donc privilégier une connexion WiFi sous peine de voir votre quota mensuel fondre comme neige au soleil (une heure de musique FLAC équivaut à environ 250 à 400 Mo).

Quid aussi du respect de la neutralité du Net en matière de débits pour Orange qui pousse activement l'offre concurrente Deezer vers ses clients ?

Les mélomanes sur smartphones veulent-ils du lossless ?

J'ai toujours du mal à voir l'intérêt du lossless en streaming mobile : un smartphone n'est tout simplement pas la meilleure plateforme d'écoute pour qui accorde une grande importance à la qualité audio. La restitution de la musique sur mobile est souvent desservie par un mauvais chipset ou un casque de piètre qualité. Le mobile est un appareil souvent utilisé dans un environnement bruyant à l'instar du baladeur.

De plus, il est nécessaire de passer soit par son mobile (donc par un jack audio sur Android qui est loin d'être la panacée, ou AirPlay pour l'iPhone) soit par un PC/Mac (DRM oblige) via le Qobuz Desktop pour écouter ses morceaux sur une chaîne Hi-Fi, seule capable de correctement restituer une musique qualité CD. Or Qobuz s'adresse avant tout à la niche des amateurs avertis de musique à la recherche de qualité plutôt que d’exhaustivité. Il y a là, à mon sens, une petite contradiction.

Sans parler du fait que iPhone et autres mobiles Android ne sont pas capables de lire un morceau encodé en 24 bits (bien qu'Apple réfléchisse à passer une partie de son catalogue iTunes Store dans ce format).

Le manque de profondeur du catalogue

Certes, Spotify ne propose qu'une partie de ses titres en MP3 320 Kbps, mais il affiche 15 millions de morceaux au compteur, soit deux fois plus que Qobuz (7,2 millions). Ce dernier botte en touche en arguant que le site opère de lui-même une « sélection » des artistes et albums à la manière d'un disquaire.

Pour autant, les goûts ne devraient pas se discuter. Le disquaire traditionnel avait avant tout à régler la problématique de ses stocks et rayonnages non extensibles, contraintes qui n'existent plus dans le numérique où la partie éditoriale d'un site comme Qobuz est justement là pour orienter le consommateur alors qu'il le laisse à la porte de son service, faute de lui offrir ce qu'il cherche. Certains genres brillent ainsi par leur absence comme les musiques de films.

Qobuz peut-il se permettre de tout sacrifier au nom de la qualité ?

Une tarification élevée

C'est à mon sens le point crucial de cette annonce. Les deux premières offres sont à peu de choses près équivalentes à ce que propose la concurrence incarnée par Deezer et Spotify, mais elles sont facturées ici 30 à 40% plus cher pour une profondeur de catalogue réduite de 47% (Deezer) à 54% (Spotify).

La véritable nouveauté et le fer de lance de Qobuz - qui mise ici tout sur le streaming payant, l'avenir de la musique selon la start-up - réside donc dans la dernière offre dite Haute-Fidélité. L'abonnement bondit à 29 € par mois (prix de lancement) qu'il est possible de réduire à un peu moins de 25 € en souscrivant à l'année.

Qobuz fait donc un double pari : celui que les consommateurs privilégient la qualité sur la quantité/profondeur de catalogue, et que cette qualité justifie un écart de prix de 30% à 40% à produit égal (streaming MP3 en 320 Kbps). Le streaming en qualité Hi-Fi a quant à lui peu de chance de trouver son public compte tenu de son prix prohibitif : 29 € par mois, soit l'équivalent de deux à trois albums CD, ce qui ne doit pas être loin de la consommation moyenne d'un amateur de musique.

Se tromper de cible et d'adversaire ?

Le raisonnement de Qobuz est certes louable mais ne correspond pas d'après moi aux réalités du marché qui n'a cessé de muter ces 10 dernières années. La qualité et le soutien à l'industrie du disque à travers des tarifs plus élevés ne sont pas des arguments à même de changer profondément et massivement les habitudes ou d'attirer les réfractaires au tout numérique, et encore moins les « pirates ».

Les études montrent d'une part que la qualité d'écoute en 320 Kbps sur les supports actuels est considérée comme largement suffisante pour le plus grand nombre. Le prix est ensuite un facteur clé. Il y avait déjà peu de différence entre le prix de vente d'un fichier compressé et son équivalent CD, cette différence disparaît avec le lossless pour un produit (le numérique) qui n'est pas perçu comme émotionnellement et qualitativement identique au Compact Disc.

La profondeur de catalogue est aussi un élément important : un des « avantages » essentiels du téléchargement « pirate » réside dans la richesse de son « offre » et dans la disponibilité de titres ou albums introuvables, car celle-ci s'affranchit de la lourdeur bien réelle des droits d'auteur. Pour acheter en ligne, il faut d'abord trouver ce que l'on cherche. Le client est ensuite fidélisé par la qualité du produit et des services associés, et enfin par les recommandations faites en fonction de ses achats, goûts ou de la ligne éditoriale du site.

Je pense enfin que Qobuz se trompe d'adversaire : les services comme Deezer (véritable bête noire de son P-Dg) et Spotify ne sont pas les vrais adversaires de la société (ni les « supermarchés » de la musique). Le véritable ennemi, c'est bien la contrefaçon qui a depuis longtemps versé dans le lossless.

Faire encore la distinction fin 2011 entre du téléchargement et du streaming et utiliser des DRM montre que la distribution numérique - et avec elle toute l'industrie du disque - a encore quelques années devant elle avant de véritablement proposer une alternative crédible, accessible et compétitive au téléchargement « pirate » et adaptée aux nouveaux modes de consommation de la musique.

mercredi 27 juillet 2011

Qualité de Spotify, EMI et le piratage, Apple et la musique

De la qualité du streaming premium de Spotify

Ulysses Shi, un utilisateur averti (et Chinois) de Spotify, amateur de musique classique, a mené une enquête sur la véritable qualité du streaming Premium sur cette plateforme. Il livre ses conclusions sur son blog, qui ne sont pas en faveur de Spotify : seuls 30% des morceaux seraient encodés en 320 kbps !

Lire le billet (en anglais)

Résultats financiers d'Apple : la vente de musique reste marginale

Ce n'est pas un secret : Apple ne tire pas ou peu de profits directs de la distribution de musique numérique. Au contraire, elle est plutôt perçue comme une fonctionnalité de ses périphériques, à l'origine destinée à assurer les ventes de l'iPod et aujourd'hui de la gamme iPhone, iPod Touch et bien sûr iPad.

Faut-il y voir la preuve que le marché de la musique numérique ne se développera pas dans le download ? Ou que la musique seule (hors périphérique ou service) a décidément beaucoup de mal à percer ?

Lire la brève sur hypebot

Nouveaux déboires judiciaires pour l’américain Grooveshark

Un groupe d'éditeurs de musique et d'auteurs-compositeurs américains vient de déposer plainte contre le site de streaming Grooveshark, qui fait figure de dernier rempart du Web musical gratuit aux États-Unis. Un déboire judiciaire de plus pour la compagnie, qui vient s'ajouter au procès intenté contre elle par la maison de disques Universal Music. (La plainte peut être téléchargée ici, ndla.)

Lire le billet sur ElectronLibre.info

Amy Winehouse : le business de la mort ça se fait, ça ne se dit pas...

Pour avoir publié un tweet dans lequel il encourageait les membres de sa communauté à télécharger l'album phare d'Amy Winehouse sur la plateforme Zune, Microsoft a dû présenter ses excuses. La firme n'est pourtant pas la seule, loin de là, à profiter de la mort de la chanteuse pour dynamiser ses ventes.

A lire sur Numerama

Spotify : un succès très variable en Europe

Source : comScore / Clubic

A peine lancé sur le territoire américain, Clubic.com fait le point sur l'implantation de Spotify en Europe. Selon les pays, le site de streaming légal est plus ou moins populaire avec de grandes disparités suivant les régions.

La suite sur Clubic

Specific Media arrivera t-il à relancer le site MySpace ?

MySpace, ancienne fine fleur des réseaux sociaux, a été racheté par Specific Media, une régie publicitaire américaine (voir cette revue de presse). Le site pourra t-il renouer avec le succès ?

Analyse à découvrir sur Ina Global

Un ancien cadre d'EMI affirme que les pirates sont les meilleurs clients

L'ancien responsable de la stratégie numérique d'EMI, Douglas C. Merrill (et ex DSI de Google), a taclé la politique de la maison de disques au cours d'une conférence donnée en Australie. Il affirme que, dans l'ensemble, les plus actifs sur les réseaux P2P sont aussi les plus disposés à consommer de la musique légalement.

Article à lire sur Numerama

mercredi 20 juillet 2011

Jiwa racheté par Allomusic

Mise à jour du 21 juillet : rendons à César ce qui lui appartient, l'annonce a été en premier lieu publiée par Christophe Baillon, toujours sur Twitter. Christophe est l'ex-CTO de Jiwa (on s'est d'ailleurs peut-être déjà croisé là-bas...).

Mise à jour du 21 juillet (10h30) : ce n'est plus une rumeur, Allomusic a bien repris Jiwa il y a de cela quelques jours, avec l'intention de conserver la marque et son esprit.

C'est par un tweet de Philippe Astor du webzine ElectronLibre.info, qui anime aussi le (trop rare) blog Digital Jukebox sur ZDNet, que l'on apprend le probable rachat du site se streaming Jiwa.fm par son concurrent Allomusic.com.

tweet-makno-jiwa.png

Allomusic avait totalement changé de cap fin 2010, abandonnant le modèle du portail thématique (une « encyclopédie participative 100% musique on-line » selon les termes des fondateurs) pour se lancer dans le streaming à la demande, c'est-à-dire le même modèle que Spotify et Deezer, ou de Jiwa avant ses ennuis financiers.

Les actifs de Jiwa.fm avaient précédemment été repris par Digiteka suite à la liquidation judiciaire de la start-up. Il y a quelques semaines, le P-Dg de cette société annonçait même dans une interview publiée par PC INpact le lancement d'une nouvelle version du site et l'arrivée prochaine d'offres Premium sur smartphones.

Annonce du rachat et de la prochaine relance de Jiwa par Digiteka, encore en page d'accueil de leur site

Et bien, pour la deuxième fois de sa courte histoire, le site de streaming n'aura peut-être pas droit à son application mobile (Jiwa espérait déjà officieusement lancer une application mobile avec abonnement courant 2009). Le nom de domaine Jiwa.fm a effectivement été transféré à Allomusic :

whois-jiwa.fm.png

Allomusic propose quasiment les mêmes produits que Jiwa : des offres d'abonnement Web et mobiles appuyées par du streaming gratuit. Mais différence de taille : l'écoute gratuite est à la demande et illimitée, quand on doit se contenter de smartradios chez Jiwa, coût d'acquisition des catalogues oblige. Comme quoi avec Universal Music et les majors en général, c'est la règle du deux poids, deux mesures.

Alors que compte faire Allomusic de sa première acquisition, et pas des moindres ? Stimuler des ventes de packs qu'on imagine plutôt mauvaises, mais cette fois sous la marque « Jiwa » mieux connue des internautes ? Fermer le site et rediriger son audience vers Allomusic ? Ou l'inverse ? Ou bien segmenter l'offre en jouant habilement avec les deux marques ?

On attend maintenant l'hypothétique communiqué de presse officiel qui nous en dira peut-être plus sur les raisons de l'abandon de Jiwa par Digiteka et les motivations de ce rachat par Allomusic.

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