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vendredi 20 mars 2009

Invitation au vernissage photo d'Emilie Vialet

C'est avec beaucoup de plaisir et une fierté non dissimulée que je vous invite à me rejoindre jeudi 26 mars prochain à 18h, à la galerie SCHUMM-BRAUNSTEIN au vernissage de la première exposition photo (en galerie) de ma sœur Emilie. Voici une reprise du communiqué de presse rédigé pour l'occasion.

« Left&Found »

Tryptique - Emilie Vialet

Des vêtements abandonnés dans une friche urbaine, qu'Émilie VIALET photographie, trouvés, déployés, portés. En mettant à distance son objet, elle nous oblige à le voir, lui redonne une épaisseur, nous met face à l'histoire perdue dont il est la trace.

« Baie »

Baie - Emilie Vialet

Cette « Baie », dont les eaux se sont totalement retirées, au loin, est une splendeur : lumière évanescente à l’infini ; un chemin d'eau ; du sable gorgé d’eau, imbibé, craquelé, peu accueillant pour les pas ; le scintillement de la nacre ; des structures érigées venues d'un monde sous-marin ; une digue et une palissade dérisoires, face aux éléments qui pourraient se déchaîner ; et puis un signe, venu de temps ancestraux, telle la tour d'un château oublié, qui perturbe l'échelle que l’on croyait avoir de ce paysage grandiose. Enfin, un non-lieu, en attente, une halte bâtie dans une improbable gestion de l'espace.

« Les Meulières »

Les Meulières - Emilie Vialet

Toponyme de l'absence, de l'illusion ; un lotissement, nulle part ; des pavillons, comme tombés du ciel, posés tels des décors en carton-pâte ; rien qui ne tient au sol si ce n'est la boue ; des toitures coupées à ras ; des façades tout juste peintes et déjà maculées ; un décorum du « chacun chez soi », du « chacun pour soi » ; aucune hiérarchie entre les espaces public et privé.

De cet étiage, de ce renoncement à l’architecture, de cette indifférence du paysage urbain, que nous montrent ces photographies ? Comme Georges PEREC, qui avait fait d'une « disparition » un passionnant roman lipogrammatique, Émilie VIALET, face à la pauvre « espèce d'espace » jetée là, sur un terrain de jeux de son enfance, rebâtit du frontal, de la profondeur, réinvente de la perspective. Elle pose sa focale sur cette « città diffusa » et nous ramène au Quattrocento, avec des détails de cité dans des recoins de tableaux, des aplats très pâles de roses et de gris, des pans de mur presque cubistes. Elle capte la lumière de cette scène inhabitée, de ce théâtre des opérations déserté. En mettant en suspens ces lieux, elle les met à nu autant qu'elle en fait des écrans de possibles projections.

A propos d'Emilie Vialet

Émilie VIALET est née le 24 décembre 1980. Après avoir suivi l'enseignement de Tom DRAHOS aux Beaux-Arts de Rennes, elle entre à l'École Nationale Supérieure Louis Lumière en photographie. Elle obtient son diplôme en 2006, avec « Coulisses d'autoroutes », travail sous la direction de Thibaut CUISSET. La Galerie SCHUMM-BRAUNSTEIN a le plaisir de présenter les derniers travaux photographiques d'Émilie VIALET : deux séries de paysages, « Les Meulières », « Baie » et « Left&Found ».

Rendez-vous jeudi prochain donc !

samedi 18 octobre 2008

Rétrospective Richard Avedon au Jeu de Paume

J'ai eu la chance d'aller voir la rétrospective consacrée au photographe Richard Avedon, organisée au Jeu de Paume à Paris - merci à Emilie ;-). Cette très belle exposition, riche en clichés de cette artiste que j'avais eu la chance de découvrir quelques années plus tôt à la Tate Modern de Londres, m'a surtout interpellée par la série The Family.

Richard Avedon a photographié la crème de la classe politique américaine : fonctionnaires, avocats, lobbyistes, élus, etc. bref les hommes politiques les plus influents de Washington. Et sur ce mur de clichés par nature extrêmement neutres, qui ont tous été pris en 1976 (la série était commanditée par le magazine Rolling Stones) on découvre avec stupeur plusieurs futurs présidents des États-Unis d'Amérique : Jimmy Carter (alors en poste ou sur le point de l'être), Ronald Reagan qui lui succédera, George H. Bush, Bill Clinton mais aussi les sinistres Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Bref, trente ans de politique concentrée sur un mur, qui finalement est restée dans les mêmes mains... Aujourd'hui encore, c'est le fils d'un de ces membres de la "Family" qui dirige pour quelques mois encore le pays de l'Oncle Sam.

Je ne pense pas que Richard Avedon ait cherché à délivrer un quelconque message politique - ses photos se voulant les plus neutres possible dans leur forme - mais je trouve remarquable que l'œuvre dépasse l'artiste et puisse devenir une sorte de témoignage, d'avertissement, et finalement d'appel au changement.

Richard Averdon - The Family