Un an d'utilisation de Mailorama

Comment fonctionne Mailorama ? Quels sont les modes de rémunération proposés ? Qui sont ses clients ? Ce sont les questions auxquelles je me propose de répondre aujourd'hui en vous livrant une petite étude d'une année complète de réception d'e-mails rémunérés.

« Gagnez de l'argent avec les mails rémunérés »

Mailorama vous propose de gagner de l'argent en recevant par e-mail des offres non ciblées de la part d'annonceurs et de profiter des bonnes affaires qui vous sont proposées (en grande majorité sous la forme de cash back : le marchand vous rétrocède un pourcentage de votre panier d'achats ou parfois une somme fixe).

L'inscription est très simple et rapide, très peu d'informations sont demandées et aucune ne semble être vérifiée, si ce n'est l'adresse e-mail (et l'adresse postale doit l'être lors de l'envoi du 1er chèque, si vous avez cumulé suffisamment d'euros sur votre compte...).

Informations sur le foyer

Goûts

On retrouve aussi un très classique système de parrainage de nouveaux membres qui fait gagner 0,50 € par filleul inscrit.

Le modèle Mailorama

Mailorama semble avoir résolu le problème d'acquisition des annonceurs en puisant presque exclusivement dans le vivier de l'affiliation. Ainsi, toutes les campagnes poussées vers sa base d'inscrits sont issues des plus grands programmes d'affiliation du Web : Zanox, TradeDoubler, LSF Interactive (que je ne connaissais pas) etc. Certaines sont poussées directement par Mailorama ou Rentabiliweb (l'éditeur du service), mais c'est l'exception qui confirme la règle.

En fonction de l'offre proposée par l'annonceur et du type de rémunération définit par la plateforme d'affiliation, Mailorama peut alors proposer plusieurs sortes de gains pour le membre, dont voici la liste :

  • une rémunération à le lecture de l'e-mail ou à la visite du site de l'annonceur (on est alors dans un modèle au CPC ou au CPM),
  • à l'action : participation à un jeu-concours, inscription à une newsletter, demande de devis, etc. (CPA),
  • un cash back à l'achat,
  • plus anecdotique : le cadeau offert à la commande (Les Éditions Atlas semblent les seuls à le proposer) ou le tirage au sort (pour Meetic).

Il n'y a généralement - dans 99% des cas - qu'un seul type de gain par e-mail reçu : on ne cumule donc pas la lecture, la visite et le cash back.

Les campagnes semblent orchestrées directement par Mailorama, mais il arrive que l'annonceur participe à la conception du message en de rares occasions (par exemple une demande de co-registration à une newsletter).

La structure des gains pour le membre est simple :

  • 0,01 € pour chaque e-mail du type « rémunération à l'ouverture » ;
  • 0,02 € pour chaque e-mail du type « rémunération à la visite du site » ;
  • une somme variant généralement entre 0,10 €, 0,20 € par action (inscription, jeu-concours, demande de devis, mise en vente de produits, etc.) ;
  • un cash back lui aussi très variable : somme fixe pour le PMU ou la FDJ, pourcentage du panier pour la plupart des autres marchands, le mieux-disant étant Yves Rocher avec 26% de cash back.

On retrouve les grands annonceurs du Web et les programmes d'affiliation : Orange, FDJ, Smartbox, VistaPrint, Pages Jaunes, Bouygues Telecom, Decathlon, MMA, CDiscount, Cetelem, Microsoft, etc.

Certains annonceurs fonctionnent exclusivement au cash back (Yves Rocher), d'autres mixent plusieurs modèles (cash back et CPC) comme Orange ou la Fnac. Les plus petits optent généralement pour un gain à la lecture de l'e-mail ou la visite du site.

Courant 2009, les offres semblaient être majoritairement tournées vers le cash back mais l'année 2010 semble avoir marqué un tournant dans la typologie des gains et les CPC, CPM et CPA ont fait un retour en force. De même les 0,02 € par visite semblent avoir laissé la place aux 0,01 € par lecture d'e-mail.

Résultats d'une année de gains

J'ai reçu en un an de participation 522 e-mails. Sur ces 522 e-mails, 493 concernaient un « push » effectué pour un annonceur unique. Soit un peu moins de 10 e-mails par semaine sur une année.

Je n'ai pas compté les annonceurs, mais ils devaient être quelques dizaine, les plus récurrents étant La Française des Jeux (Loto, PMU, etc.), Orange, La Fnac, et Yves Rocher.

J'ai aussi reçu 22 « newsletters » (c'est moi qui les appelle ainsi) contenant plusieurs messages publicitaires (généralement l'annonce de « l'arrivée » d'un nouvel annonceur et dans 99% des cas il s'agissait d'offres de cash back) ; le reste des e-mails reçus étant composé soit de messages de service (notification de gains), soit de publicités propres à Mailorama (lancement du site Textorama.fr, de la fan page Facebook, ces deux messages étant d'ailleurs rémunérés 0,02 €).

N'ayant pas effectué d'achat à travers les différentes offres de cash back proposées, mes gains concernent uniquement les ouvertures d'e-mails, visites de sites et participations à tout ce qui était gratuit (jeux-concours, inscriptions à des newsletters, etc.) et ne peuvent donc être représentatifs des gains moyens sur Mailorama.

J'ai gagné exactement 2,19 € ce qui me semble correspondre au gain moyen par membre généralement constaté sur les sites vivant de revenus publicitaires. Impossible par contre de contrôler l'exactitude des sommes gagnées tant elles sont fractionnées (tous mes clics et inscriptions ont-ils été comptabilisés ?). Il serait par contre intéressant de connaître le montant perçu par Mailorama pour chaque centime reversé à un membre.

Répartition des e-mails reçus pour chaque catégorie :

  • Lecture : 175
  • Visite : 46
  • Inscription/jeu/newsletter/devis : 64
  • Questionnaire : 4
  • Loto/Paris en ligne* : 43
  • Cash back : 158
  • Cadeau à la commande : 3

(* il s'agit aussi de cash back mais je voulais les distinguer des autres produits.)

Répartition par types de gains :

Structure des gains

Les deux grands types de revenus :

Grands types de revenus

Catégories d'e-mails envoyés par Mailorama :

Grandes catégories d’e-mails envoyés par Mailorama

Quelques remarques :

  • Priceminister a poussé deux offres récompensées uniquement à la mise en vente de produits, donc propres à son modèle économique.
  • Certains messages doivent s'ouvrir dans une fenêtre de navigateur classique et non pas dans le logiciel de messagerie (~15% des cas), sans doute pour des raisons techniques de marquage ou de la technologie d'affichage retenue (Flash).
  • Mailorama a étrangement poussé un unique e-mail de qualification avec cette question (elle aussi rémunérée 0,02 €) : Avez-vous dans votre foyer, un ou des enfant(s) de moins de 3 ans ?
  • Les offres par e-mail sont « périssables » dans le sens où les supports visuels ne sont plus disponibles en ligne et rendent parfois la consultation de l'e-mail a posteriori impossible. C'est d'ailleurs une des tares de ce format.

En conclusion...

Hors cash back, les gains ne sont pas suffisants pour retenir un membre, malgré l'ouverture systématique de tous les e-mails reçus sur 12 mois. Le seuil de paiement étant fixé à 20 €, il me faudra près 10 ans pour percevoir cette somme. ;-)

La véritable source de revenus pour le membre réside donc dans le cash back, mais ce système n'est pas non plus efficace : il est rare de trouver la bonne offre au bon moment et il ne diffère en rien de ce que peuvent proposer les autres systèmes du marché (eBuyClub, Fabuleos, iGraal, etc.). L'achat est un acte occasionnel voire marginal pour certains produits et il est difficile de fidéliser le membre uniquement sur des perspectives lointaines de gains...

En tout état de cause, Mailorama fonctionne donc grâce à l'utilisation judicieuse des programmes d'affiliation (mais avec les contraintes qu'on leur connaît comme le problème de traçabilité des gains, la mauvaise foi des marchands, les problèmes d'implémentation technique, etc.) et surtout l'absence de contrainte ou d'effort à fournir pour le membre, si ce n'est ouvrir des e-mails sur un compte dédié au junk-mail.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Guillaume

Author: Guillaume

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