Vialet's blog

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Tag - informatique

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dimanche 24 janvier 2010

Dell ou les limites de la délocalisation

Dell failVous n'êtes pas sans savoir que la course au profit à la réduction des coûts dans le merveilleux monde de l'informatique entraîne certains désagréments.

Comment croire en effet qu'une production made in China, une gestion humaine en zone franche et un support après-vente délocalisé ne servent autre chose que la rentabilité au détriment de la sacro-sainte « expérience client » ?

Mais voilà, l'expérience client se heurte souvent à la réalité, et la panne de la carte WiFi d'un Inspiron 1525 me l'a douloureusement rappelé. Chronologie des faits.

Premier jour : your call is important to us

Le 5 janvier, j'appelle le SAV afin de m'assurer que mon portable est toujours sous garantie (le site Dell m'annonçant le contraire). Oui, ma garantie 3 Year Consumer Hardware Support inc. Evenings and Saturdays (5 Day) est bien valide. Je peux donc espérer être livré en 5 jours ouvrés (samedi inclus).

Le SAV prend en charge la commande, note l'adresse de livraison (que l'on va appeler Adresse 1), ne me donne aucun code de suivi ou référence, ni numéro à appeler en cas de soucis.

Première surprise très désagréable : il faut installer la pièce soi-même ! Un comble ! Imaginez l'embarras d'un client qui n'imaginait même pas qu'un portable puisse être démonté. Et pourtant, c'est écrit noir sur blanc sur leur site :

Que vous utilisiez votre produit Dell pour vous divertir ou pour travailler chez vous, Dell peut vous aider à le réparer.

Troisième jour : première livraison ?

C'est le grand jour, nous sommes le 7 janvier et la livraison est prévue entre 9h et 18h. Une personne a pris sa journée à l'Adresse 1 afin de réceptionner le colis. Dix-huit heures passée, rien, pas un coup de fil, pas un e-mail. 1er lapin.

Huitième jour : deuxième essai !

Un nouveau rendez-vous a été - difficilement - fixé (attente téléphonique, difficulté de compréhension de l'interlocuteur) au mardi 12 janvier : de nouveau on nous pose un lapin et une deuxième journée de perdue pour la personne qui attendait à l'Adresse 1 :-(

Nous sommes à J+6, les délais contractuels de notre garantie sont dépassés.

Je tente d'appeler le SAV dans le journée de mardi 12 janvier, mais sans succès, puis réussi à les joindre le lendemain après une petite balade de services en services.

Dixième jour... ne pas craquer

Je décide de changer l'adresse de livraison afin d'éviter de faire perdre une journée supplémentaire à la personne habitant à l'Adresse 1.

La livraison se fera à mes bureaux. Mais en ce 14 janvier, je n'ai toujours pas de chance car, de pièce commandée, je n'en reçois point.

Comme après chaque lapin, je contacte le SAV de Dell. Aucune explication ne me sera donnée pour ces retards et les défauts de livraison. Nous sommes à J+9 pour une garantie à J+5). Pas même un petit mot d'excuse.

Une je-ne-sais-combien-tième livraison est prévue lundi 18 janvier...

Quatorzième jour : la patience est mère de toutes les vertus

La livraison attendue comme le Messie ce 18 janvier ne se fera toujours pas. Nous sommes à J+11.

Je rappelle Dell le 20 janvier. Mon interlocuteur prétend tout d'abord qu'il y a eu « un soucis technique ». Devant mon instance et ma énième narration de la chronologie des interventions, il me donne enfin les vraies raisons de tous ces problèmes :

  • Le 7 janvier : Dell n'a pas commandé la bonne pièce pour mon portable Inspiron ! Ce qui a automatiquement annulé la livraison.
  • Le 12 janvier : la précédente commande n'a pas été correctement (ou du tout) annulée, provoquant l'annulation (sic) de la deuxième intervention car une 1ère intervention était en cours ! Ça ne s'invente pas !
  • Le 14 janvier : le deuxième adresse de livraison a été enregistrée avec les pieds : 34 boulevard des Italiens est devenu boulevard des Italiens, 75009 s'est changé en 75006 (nous sommes au 6ème étage, CQFD), le nom de la société France Océan Musique a été noté Océan Music, le code porte de l'Adresse 1 est toujours présent, etc. UPS a donc annulé une livraison impossible à honorer !
  • Le 18 janvier : comble de la bêtise humaine, la demande d'intervention n'a pas été envoyée par l'opératrice (alors que je lui ai fait tout répéter dix fois) ! Elle est donc restée lettre morte...

On me promets alors une livraison le 21 janvier et qu'un e-mail de confirmation me sera envoyé (l'opératrice du 18/01 m'avait d'ailleurs envoyé un questionnaire de satisfaction - ils ont osé - suite à mon appel...).

Dix-septième jour : A New Hope

Toujours pas de livraison. Je ne prends même pas la peine d'appeler Dell. Aucun e-mail de « confirmation » ne m'a été envoyé.

Dix-huitième jour : la délivrance

Ce vendredi 22 janvier, à 16h10 :-) se présente un sympathique livreur d'UPS avec ma fameuse petite pièce de rechange (4 cm sur 2), 18 jours après mon premier appel et à J+15.

Carte WAN Dell

Et je vous passe bien sûr les familiarités, la mauvaise humeur et l'incompétence des différentes personnes que j'ai pu avoir au bout du fil. Je finirai ce long billet en citant une opératrices Dell (véridique) :

Bonne soirée, bonne après-midi, au-revoir !

mercredi 16 septembre 2009

Le MP3 n'est pas l'avenir de la musique en ligne

A l'heure de l'adoption à l'Assemblée Nationale d'Hadopi 2, et des débats sur le financement de la création artistique, sans parler de la survie de l'industrie du disque, il est des questions qu'on ne se pose pas assez.

L'objectif avoué de la loi Création & Internet est de provoquer un effet de levier : la lutte contre la contrefaçon musicale doit entraîner une importante hausse du téléchargement légal. C'est le vœu pieux de Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France, interrogé sur BFM Radio.

Logo du MP3L'offre de téléchargement légal, comme il est maintenant coutumier de l'appeler, repose essentiellement sur le format de fichier MP3.

Mais que savez-vous vraiment de ce format ? Qu'est-ce qu'un fichier MP3 proposé sur les plateformes légales de vente de musique (ou d'écoute), dont on nous dit beaucoup de bien ? Voici en 7 points la réponse à cette question en apparence anodine.

1. Le MP3 est un vieux format

C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes. Certes. Celui du MP3, de son nom de baptême MPEG-1/2 Audio Layer 3, est assez âgé : 1992, voire bien plus âgé si l'on se réfère à sa biographie officielle. A cette époque, mon Amiga trônait encore fièrement sur mon bureau, c'est vous dire ;-) Le MP3 est un algorithme de compression audio qui a vécu, mais qui rend encore bien des services. Ce n'est certainement plus une technologie d'avenir.

2. Le MP3 est un format qui a atteint ses limites...

La qualité première du format MP3, c'est bien entendu son extraordinaire capacité à compresser un fichier audio sans diminuer la qualité d'écoute, à partir d'un taux de 128 Kbps. C'est particulièrement vrai dans des registres musicaux comme le Pop ou le Rock, où la copie sur K7 était d'ailleurs très répandue. En une petite ligne de commande, et après une tasse de café, vous obteniez un fichier audio "qualité CD" capable de tenir sur une disquette 3,5". Un petit miracle.

A l'heure des disques durs de plusieurs centaines de Go, de l'ultra-haut débit ou de la 3G, cette prouesse n'est plus vraiment nécessaire. Pis, l'encodage maximal à 320 Kbps est devenu une vraie limitation. L'avantage compétitif du MP3 a donc vécu. Son usage est devenu aussi banal que celui d'un fichier Jpeg, par exemple.

3. ...mais sous-exploité par l'industrie du disque

Et pourtant... plus de 17 ans après la normalisation du MP3, des fichiers sont encore vendus encodés en 128 Kbps quand on peut atteindre 320 Kbps. Que dire aussi de la sous-exploitation du format ID3 tag ? Imaginez que le MP3 peut contenir non seulement de la musique, mais des visuels (pochette, photo de l'artiste), des textes, les paroles du morceau que vous écoutez, et un ensemble impressionnant de meta-données... toutes plus délaissées les unes que les autres. Ne pas remplir ces données, c'est un peu comme vendre un CD Audio sans sa jaquette.

4. C'est un format breveté (et c'est mal)

Comme de nombreux formats propriétaires qui nous empoissonnent la vie, le MP3 est breveté. Ce qui signifie en clair que tous les distributeurs de musique au format MP3 doivent s'acquitter d'une licence calculée sur le chiffre d'affaires. En réalité, tout logiciel ou société ayant recours à ce format (un encodeur MP3, par exemple) doit payer des royalties à Thomson :-) Beaucoup ne les payent pas, d'ailleurs, à en croire la liste des clients licenciés.

5. Un fichier compressé à pertes n'est pas "réversible"

A partir d'un CD Audio, je peux - lorsqu'il n'a pas été sournoisement "protégé" - créer autant de fichiers MP3 que je le désire, à différents taux de compression afin de gagner un peu de place sur mon vieux baladeur de 256 Mo (oui, je sais...), soit en qualité maximale afin de préserver la qualité de restitution.

L'inverse n'est pas vrai : impossible de partir du fichier MP3 afin d'obtenir une piste audio en 16 bits/44 KHz. C'est bête, mais il faut le savoir. C'est précisément ce qui fait passer notre pauvre vieux format dans la catégorie des produits jetables pour le commun des d'jeunes mortels.

6. Le MP3 n'est pas un "produit", mais une licence

Vous achetez un Compact-Disc chez votre disquaire préféré : il est à vous, vous pouvez l'offrir, le donner, le vendre, le jeter dans la rue afin de faire un heureux. Lorsque vous téléchargez légalement (sic) un fichier MP3, vous faites l'acquisition d'une licence qui vous donne le droit... d'écouter le morceau. C'est à peu près tout ! Extrait des CGV de Fnac.com, Article 12 - Propriété Intellectuelle :

Toute revente, échange, louage des fichiers ou transfert à un tiers, sont strictement interdits.

Ainsi que :

Le client ne bénéficie quant à lui que d’un droit d’utilisation personnel de ces fichiers dans un cadre strictement privé et gratuit.

7. Un format qui renferme des données personnelles

En prime, chaque fichier MP3 téléchargé doit théoriquement être marqué par le distributeur, avec au minimum un identifiant de transaction qui permettra de remonter jusqu’au client ayant acheté le titre, si jamais vous aviez la très mauvaise idée de copier votre fichier sur l'iPod de votre petite amie. Vous ne le saviez pas, mais vos MP3 vous sont dédicacés :-D

Et là, vous me dites : il n'a pas du tout répondu à la question que sous-tend le titre de son billet ! Mais alors quel est l'avenir de la musique en ligne, si ce n'est le MP3 ?! Eh bien, ceci est une autre histoire ;-)