Vialet's blog

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mardi 17 août 2010

Les Sept Samouraïs

Logo UGCLe 12 avril 2001, mon complice Karim et moi-même décidâmes, tous désœuvrés que nous étions suite au dépôt de bilan de notre start-up et armés de la nouvelle carte UGC Illimitée, de nous lancer un nouveau défi des temps modernes : passer une journée entière au cinéma. Gratuitement.

Voir la vie en rose ? Quel intérêt quant on peut la voir en 24 images par seconde, profondément assis dans un fauteuil, le tout plongé dans l'obscurité ?

Que restait-il à Lindbergh, Armstrong, Daboville, après leurs exploits respectifs ? L'envie de recommencer ? Absolument pas ! Des images plein la tête, voilà ce qui devait les hanter. Ce n'est pas Ring qui nous laissera une trace indélébile, mais je garde encore en moi le souvenir des fantômes japonais. Voici donc pour vous le récit de cette folle journée, où vos deux serviteurs ont franchi les limites de la carte UGC Illimité (et du tolérable).

Jeudi 12 avril 2001, 10h10... Ring

La journée s'annonce plutôt bien : le soleil est là pour saluer notre nouvelle fantaisie. La faune de l'UGC à cette heure matinale est essentiellement composée de désœuvrés : étudiants, chômeurs (vous nous aurez reconnus), retraités. Quelques mères avec leurs enfants. Karim sort la fameuse liste de sa poche : 6 films, tous inédits (règle n°1 du Maxtuple Club). Dans mon sac, du Doliprane, deux bouteilles d'eau, des Mikado... de quoi tenir entre les séances. Le premier film sera Ring, film fantastique Japonais. La note : **/**** Bien, mais pas top. Pour l'instant, ça nous semble facile.

12h25... De l'Amour

Après une pose socio/philo allongés dans les couloirs du ciné, bien réveillés et avec la touchante naïveté des héros n'ayant pas encore réalisé à quel point il serait difficile de tenir les 6 films... mais bon, sur le coup, eux, y savent pas, vous si. Reprenons. De l'Amour donc, toujours, avec Virginie Ledoyen dans un mélo franchouillard pas très bien interprété. Passable donc. **/**** Mais qui a dit que ce Sextuple serait facile ??? Certainement pas les films à l'affiche. Il fait faim, mangeons !

14h25... Voyance et manigance

Nous avons déjà franchi l'étape critique du double (prononcer : deubeul). Dès lors, nous avançons en terrain inconnu où tout est à ré-apprendre. Ring + De l'amour = trop dur pour nos petits cerveaux DONC maintenant, on passe à l'artillerie légère : de l'humour et des histoires simples. Par ici Dieudonné. Toujours **/****, ben oui ! Plus on avance, et plus la critique est acérée. Le critique, lui, souffle, peine, se rend bien compte que si personne n'est inscrit au Maxtuple Club, c'est qu'il y a une bonne raison à cela. L'épreuve est avant tout physique. Mais l'énergie et la motivation sont là. Et une idée diabolique nous traverse l'esprit. En faisant sauter un film du programme, Intimité (qu'on ne massacrera donc pas), il nous est possible de voir 7 films !!!!! Il faut donc faire TRÈS simple ! Après un petit break d'oxygène Cours St-Emilion, direction...

16h20... Yamakasi

Encore plus simple (**/****). Et là, la formule marche. Ça saute dans tous les sens, ça dégouline de bons sentiments, on s'enfonce encore plus dans nos fauteuils, on regarde d'un œil pendant que l'autre se repose, bref, le film passe bien. Et quel public : le film raconte l'histoire d'un gamin qui mange le bitume après avoir imité ses idoles Yamakasi, grimpeurs urbains. Tous les gamins de la salle on trouvé bon, à la fin du film, de sauter dans tous les sens, d'escalader les rambardes, sauter sur mon fauteuil avec moi encore assis tranquillement dedans (...). Évacuation d'urgence. Tous les voyants sont au rouge : ne pas arrêter la sérié dégradation QI. Plus qu'une seule solution :

18h25... L'erreur, heu... La Tour Montparnasse infernale

Prenez un film, vous lui enlevez ses acteurs, son scenario, sa musique, sa sensibilité artistique, son public, et vous obtenez Eric et machin sur une tour, les deux tombent, qui les a poussé ? MOI MOI MOI MOI MOI !!! Tout fonctionnait pour le mieux dans notre entreprise héroïque, mais comme la tempête frappe le navigateur, la Tour Montparnasse infernale émousse sérieusement notre moral (d'acier, je le rappelle). Laissant derrière-nous quelques neurones dans la salle (merci de nous les retourner), nous nous dirigeons vers notre douche salvatrice.

20h35... Mademoiselle

Il fait nuit. L'UGC ressemble à un grand hall de gare. Et nous deux voyageurs en salles obscures. La fièvre et la fatigue nous font délirer. Tel le perchiste devant la barre des 6 mètres remettant en question ses forces et sa détermination, nous mesurons l'ampleur des dégâts, de notre bêtise, des navets projetés, et surtout notre anonymat total. Peu importe, le film (***/****) nous sauve du gouffre, et nous franchissons la barre des 6 films. Merci Mademoiselle, pour vos nombreux messages.

22h20... Miss Détective

Arggg... On traîne des pieds, avachis dans nos fauteuils (12 heures que l'on se côtoie !!), mais le savoir-faire Américain nous sauvera ; facile à digérer, bon choix pour un ultime film...

Nous sommes maintenant le 13 avril, nos deux héros anonymes sortent définitivement du complexe qui les a absorbés 14 heures durant. Sans même se retourner, ils se dirigent maintenant vers la lumière du métro 14 (Aïe aïe aïe ! La lumière). Que reste-il de cette journée ? Un très, très long métrage, l'histoire d'un fantôme japonais voyant extra-lucide de son état, qui tombe amoureux d'une jeune de banlieue croisée au Derviche sauteur, au 50e étage de la tour Montparnasse (au pied de laquelle, je vous le rappelle, se trouve les cadavres écrasés d'Eric et machin cf. plus haut), et apprend que mademoiselle est détective. Après, je sais plus. J'ai bien dormi, n'ai pas fait un seul rêve, et regarde maintenant les moutons blancs dans le ciel de Paris. C'est beau, la vie en technicolor, non ?

Et lorsque ces images disparaîtront, que restera-t-il ? Quelle preuve subsistera ? Sept petits tickets de cinéma, perdus au fond d'une boîte...

vendredi 1 mai 2009

Emilie Vialet sur France Culture

Emilie Vialet était invitée sur France Culture à l'émission Studio 168 animée par Aude Lavigne et Xavier de la Porte. Ça se passait dans la nuit de mercredi à jeudi 30 avril, et vous pouvez (ré)écouter l'interview ici :

Un grand merci à Aude et Xavier d'avoir mis en lumière le travail d'Emilie, et un grand bravo à elle aussi !

Pour les retardataires, son exposition continue jusqu'au 16 mai prochain, à la Galerie Schumm-Braunstein. Vous trouverez plus d'informations dans un de mes précédents billets.

mercredi 8 avril 2009

Musée des blindés de Saumur

J'étais dimanche dernier au musée des blindés de Saumur où j'ai pu admirer pendant près de 4 heures la collection publique (et un peu moins publique comme vous le verrez...) qui y a été réunie, pour mon plus grand plaisir :-)

Il me reste maintenant à organiser les très nombreux clichés pris sur place (attention, il vous faudra débourser 5 euros supplémentaires si vous venez armé d'un APN reflex) sur Flickr : tri, tags, analyse, commentaires, etc. Résultat dans quelques jours mois...

Panzer III à Saumur

Il s'agit là de la première étape d'une série de visites de musées spécialisés qui devraient me mener en Russie et aux États-Unis, après avoir écumé l'Europe Occidentale.

dimanche 30 novembre 2008

Lee Miller au Jeu de Paume

J'étais hier - samedi - à l'exposition consacrée à Lee Miller, photographe, muse, reporter et artiste, au Jeu de Paume.

Une représentation phallique de la femme :

Femme phallus

J'ai eu le plaisir de découvrir la femme qui se cachait derrière quelques clichés célèbres, comme celle du piano détruit pendant le Blitz allemand sur Londres, entre 1940 et 1941.

Piano

Reporter de guerre, d'ailleurs seule femme accréditée et présente sur le front, elle livrera des clichés bouleversants sur le camp de concentration de Buchenwald, ainsi qu'à Munich, en se faisant prendre en photo dans la baignoire d'Adolf Hitler... Totalement insolite !

Baignoire

Une légende m'a toutefois interpelé, non pas sur le plan artistique, mais historique. La photo, prise en 1945, montre le cadavre de ce qui est décrit comme étant un gardien (du camp de Dachau), mais l'uniforme de cet homme noyé dans un canal, se rapproche plus de celui d'un Waffen SS : j'en veux pour preuve le camouflage dit petits pois de sa tenue :

Dead Body

Un exemple de l'uniforme SS vers la fin de la guerre (ici des Finlandais) :

Uniforme SS

L'exposition laisse le visiteur quelque peu sur sa faim, on se demande pourquoi Lee Miller mit fin à sa carrière en 1948, alors qu'elle fut extrêmement moderne et riche tout au long de sa vie.

L'Art de Lee Miller, du 21 octobre 2008 au 04 janvier 2009 au Jeu de Paume.

samedi 18 octobre 2008

Rétrospective Richard Avedon au Jeu de Paume

J'ai eu la chance d'aller voir la rétrospective consacrée au photographe Richard Avedon, organisée au Jeu de Paume à Paris - merci à Emilie ;-). Cette très belle exposition, riche en clichés de cette artiste que j'avais eu la chance de découvrir quelques années plus tôt à la Tate Modern de Londres, m'a surtout interpellée par la série The Family.

Richard Avedon a photographié la crème de la classe politique américaine : fonctionnaires, avocats, lobbyistes, élus, etc. bref les hommes politiques les plus influents de Washington. Et sur ce mur de clichés par nature extrêmement neutres, qui ont tous été pris en 1976 (la série était commanditée par le magazine Rolling Stones) on découvre avec stupeur plusieurs futurs présidents des États-Unis d'Amérique : Jimmy Carter (alors en poste ou sur le point de l'être), Ronald Reagan qui lui succédera, George H. Bush, Bill Clinton mais aussi les sinistres Dick Cheney et Donald Rumsfeld. Bref, trente ans de politique concentrée sur un mur, qui finalement est restée dans les mêmes mains... Aujourd'hui encore, c'est le fils d'un de ces membres de la "Family" qui dirige pour quelques mois encore le pays de l'Oncle Sam.

Je ne pense pas que Richard Avedon ait cherché à délivrer un quelconque message politique - ses photos se voulant les plus neutres possible dans leur forme - mais je trouve remarquable que l'œuvre dépasse l'artiste et puisse devenir une sorte de témoignage, d'avertissement, et finalement d'appel au changement.

Richard Averdon - The Family