Vialet.org

Aller à l'accueil | A propos de ce blog | Contactez-moi

mardi 8 novembre 2011

A propos des nouvelles offres Qobuz

La start-up française Qobuz a annoncé hier le lancement de nouvelles offres d'abonnement en streaming qui viendront remplacer les formules actuelles et compléter son activité de téléchargement payant.

Une nouvelle grille de services

Courtesy www.c4mprod.comQualifiée de « première mondiale », Qobuz a en effet lancé une offre de streaming sur mobiles Apple et Android au format FLAC 16 bits/44,1 kHz. En clair, l'abonné aura accès à un format audio sans perte (« lossless ») par rapport à une écoute sur CD quand d'autres proposent « seulement » du MP3 en 320 Kbps.

La société française reprend ainsi son cheval de bataille : privilégier et faire payer la qualité plutôt que la quantité et une expérience d'écoute de moindre qualité (la compression MP3 dégradant en effet le son). Ainsi sur Qobuz, le format dit lossless est proposé à un prix supérieur à son équivalent compressé. Il peut arrive qu'un album vendu dans ce format soit quasiment au même prix que son équivalent sur CD.

La nouvelle grille tarifaire, reprise de l'article publié par PC INpact, comprend trois niveaux de service :

  • Basic : streaming sur ordinateur uniquement – MP3 à 320 Kbps à 7 € par mois.
  • Premium : streaming sur ordinateur et mobile (Apple/Android) et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X au format MP3 320 Kbps pour 13 € par mois.
  • Haute-Fidélité : streaming sur ordinateur et mobile et « téléchargement illimité » sur Windows/Mac OS X en lossless (16 bits/44 kHz) à 29 € par mois.

L'avenir de la musique selon Qobuz

Sur son blog, Qobuz justifie ces nouveaux services et tarifs dans un argumentaire tenant en trois points :

  1. Les abonnements streaming à 10 € par mois ne peuvent pas faire vivre la filière du disque. Il faut donc augmenter les tarifs afin de pérenniser ce mode de consommation de la musique. Ces tarifs sont pourtant en partie fixés par l'industrie du disque (tout au moins par les majors du disque). Je me rappelle les ambitions d'un Jiwa qui voulait justement « casser » ces prix jugés trop élevés.
  2. La qualité audio proposée par la concurrence n'est pas suffisante et laisserait ainsi à la porte une grande partie des consommateurs, déçus par l'offre légale. L'adoption de ce mode d'accès à la musique pour une majorité de personnes doit, pour Qobuz, passer obligatoirement par une amélioration de la qualité d'écoute.
  3. Il n'y aurait pas de vrai service de musique en ligne ; les acteurs du marché doivent donc se concentrer sur l'essentiel : la musique. Modèles économiques hasardeux, grandes surfaces ou publicité n'ont rien à faire avec la distribution numérique.

Les « abonnements haute-qualité à valeur ajoutée » sont la réponse à ces trois problématiques : prix, qualité, spécificité.

On ne fera pas de commentaire sur le ton très « qobuzien » de leur communiqué de presse que je vous laisse découvrir. ;-)

Du téléchargement « illimité » limité

Tordons déjà le cou à cette formule galvaudée mais toujours à la mode. Le téléchargement « illimité » proposé par Qobuz ne correspond ni plus ni moins qu'à la synchronisation hors ligne des offres Deezer ou Spotify Premium.

Vous n'aurez pas la possibilité de copier vos titres sur votre baladeur ou chaîne Hi-Fi équipée d'un disque dur ou d'une prise USB. L'écoute sera obligatoirement faite depuis un PC ou un Mac équipé du logiciel bientôt fourni par Qobuz. En clair, il s'agit de téléchargements avec DRM ce qui implique que les morceaux « téléchargés » verront leur licence révoquée en fin d'abonnement.

On comprend la tentation pour Qobuz de qualifier de « téléchargement illimité » cette nouvelle fonctionnalité, mais elle aura plutôt comme conséquence de troubler et frustrer le consommateur, comme l'indique déjà la réaction de certains.

Des choix stratégiques de Qobuz

Du streaming en lossless

Les opérateurs télécoms ne sont pas forcément favorables aux applications consommatrices de bande passante. Un article des Échos montre que la tarification, et donc la bande passante et le quota associé, varie fortement d'une offre à l'autre et selon les opérateurs.

L'ARCEP a aussi mis en lumière les différences en matière de couverture et qualité d'accès à la 3G : il y a une différence sensible entre les débits théoriques ou annoncés et la réalité sur le terrain. Pour ma part, depuis mon domicile parisien, mon BlackBerry capte très difficilement le signal 3G (opérateur SFR). :-(

Comment donc se comportera le streaming en lossless, où un débit de 700 Kbps est nécessaire (12 Mo pour un morceau de 2min30, et quatre fois plus en 24 bits) sur une connexion mobile 3G dans des conditions réelles ? A cela on pourra rétorquer que le système de cache présent sur l'application mobile permet de télécharger les morceaux de sa playlist et les jouer même en cas d'absence de toute connexion réseau. Il faudra donc privilégier une connexion WiFi sous peine de voir votre quota mensuel fondre comme neige au soleil (une heure de musique FLAC équivaut à environ 250 à 400 Mo).

Quid aussi du respect de la neutralité du Net en matière de débits pour Orange qui pousse activement l'offre concurrente Deezer vers ses clients ?

Les mélomanes sur smartphones veulent-ils du lossless ?

J'ai toujours du mal à voir l'intérêt du lossless en streaming mobile : un smartphone n'est tout simplement pas la meilleure plateforme d'écoute pour qui accorde une grande importance à la qualité audio. La restitution de la musique sur mobile est souvent desservie par un mauvais chipset ou un casque de piètre qualité. Le mobile est un appareil souvent utilisé dans un environnement bruyant à l'instar du baladeur.

De plus, il est nécessaire de passer soit par son mobile (donc par un jack audio sur Android qui est loin d'être la panacée, ou AirPlay pour l'iPhone) soit par un PC/Mac (DRM oblige) via le Qobuz Desktop pour écouter ses morceaux sur une chaîne Hi-Fi, seule capable de correctement restituer une musique qualité CD. Or Qobuz s'adresse avant tout à la niche des amateurs avertis de musique à la recherche de qualité plutôt que d’exhaustivité. Il y a là, à mon sens, une petite contradiction.

Sans parler du fait que iPhone et autres mobiles Android ne sont pas capables de lire un morceau encodé en 24 bits (bien qu'Apple réfléchisse à passer une partie de son catalogue iTunes Store dans ce format).

Le manque de profondeur du catalogue

Certes, Spotify ne propose qu'une partie de ses titres en MP3 320 Kbps, mais il affiche 15 millions de morceaux au compteur, soit deux fois plus que Qobuz (7,2 millions). Ce dernier botte en touche en arguant que le site opère de lui-même une « sélection » des artistes et albums à la manière d'un disquaire.

Pour autant, les goûts ne devraient pas se discuter. Le disquaire traditionnel avait avant tout à régler la problématique de ses stocks et rayonnages non extensibles, contraintes qui n'existent plus dans le numérique où la partie éditoriale d'un site comme Qobuz est justement là pour orienter le consommateur alors qu'il le laisse à la porte de son service, faute de lui offrir ce qu'il cherche. Certains genres brillent ainsi par leur absence comme les musiques de films.

Qobuz peut-il se permettre de tout sacrifier au nom de la qualité ?

Une tarification élevée

C'est à mon sens le point crucial de cette annonce. Les deux premières offres sont à peu de choses près équivalentes à ce que propose la concurrence incarnée par Deezer et Spotify, mais elles sont facturées ici 30 à 40% plus cher pour une profondeur de catalogue réduite de 47% (Deezer) à 54% (Spotify).

La véritable nouveauté et le fer de lance de Qobuz - qui mise ici tout sur le streaming payant, l'avenir de la musique selon la start-up - réside donc dans la dernière offre dite Haute-Fidélité. L'abonnement bondit à 29 € par mois (prix de lancement) qu'il est possible de réduire à un peu moins de 25 € en souscrivant à l'année.

Qobuz fait donc un double pari : celui que les consommateurs privilégient la qualité sur la quantité/profondeur de catalogue, et que cette qualité justifie un écart de prix de 30% à 40% à produit égal (streaming MP3 en 320 Kbps). Le streaming en qualité Hi-Fi a quant à lui peu de chance de trouver son public compte tenu de son prix prohibitif : 29 € par mois, soit l'équivalent de deux à trois albums CD, ce qui ne doit pas être loin de la consommation moyenne d'un amateur de musique.

Se tromper de cible et d'adversaire ?

Le raisonnement de Qobuz est certes louable mais ne correspond pas d'après moi aux réalités du marché qui n'a cessé de muter ces 10 dernières années. La qualité et le soutien à l'industrie du disque à travers des tarifs plus élevés ne sont pas des arguments à même de changer profondément et massivement les habitudes ou d'attirer les réfractaires au tout numérique, et encore moins les « pirates ».

Les études montrent d'une part que la qualité d'écoute en 320 Kbps sur les supports actuels est considérée comme largement suffisante pour le plus grand nombre. Le prix est ensuite un facteur clé. Il y avait déjà peu de différence entre le prix de vente d'un fichier compressé et son équivalent CD, cette différence disparaît avec le lossless pour un produit (le numérique) qui n'est pas perçu comme émotionnellement et qualitativement identique au Compact Disc.

La profondeur de catalogue est aussi un élément important : un des « avantages » essentiels du téléchargement « pirate » réside dans la richesse de son « offre » et dans la disponibilité de titres ou albums introuvables, car celle-ci s'affranchit de la lourdeur bien réelle des droits d'auteur. Pour acheter en ligne, il faut d'abord trouver ce que l'on cherche. Le client est ensuite fidélisé par la qualité du produit et des services associés, et enfin par les recommandations faites en fonction de ses achats, goûts ou de la ligne éditoriale du site.

Je pense enfin que Qobuz se trompe d'adversaire : les services comme Deezer (véritable bête noire de son P-Dg) et Spotify ne sont pas les vrais adversaires de la société (ni les « supermarchés » de la musique). Le véritable ennemi, c'est bien la contrefaçon qui a depuis longtemps versé dans le lossless.

Faire encore la distinction fin 2011 entre du téléchargement et du streaming et utiliser des DRM montre que la distribution numérique - et avec elle toute l'industrie du disque - a encore quelques années devant elle avant de véritablement proposer une alternative crédible, accessible et compétitive au téléchargement « pirate » et adaptée aux nouveaux modes de consommation de la musique.

lundi 12 septembre 2011

Qtrax de retour, Qobuz hors de ses frontières et 16 millions pour RootMusic

Qobuz arrive en Suisse, en Belgique et au Luxembourg

Le site Qobuz a annoncé hier être enfin disponible en Suisse, en Belgique et au Luxembourg. Spécialisé dans la musique numérique de haute qualité (lossless voire studio masters), que ce soit en téléchargement ou en streaming, Qobuz n’était disponible qu'en France. Son internationalisation débute donc avec d'autres pays francophones.

A lire sur PC INpact

Orange UK proposera à son tour un bundle musical avec Deezer

Ô surprise ! Orange UK et Deezer qui se lancera probablement fin septembre outre-Manche, proposeront un bundle aux abonnés de l'opérateur, sans doute afin de concurrencer Spotify qui avait en premier appliqué cette stratégie (avec Virgin Media UK).

La suite sur The Next Web

Internet : Aubry propose une mini taxe

A la place de l'Hadopi, la candidate à la primaire PS propose un forfait Internet plus cher d'1 euro.

A lire sur le site d'Europe 1

Le retour de la start-up Qtrax

Qtrax player - Copyright Qtrax, via Associated Press

Lancé en grande pompe en janvier 2008, la start-up Qtrax proposait du téléchargement gratuit, un peu à l'instar d'un SpiralFrog mais via un client P2P. Les déconvenues juridiques, les ennuis financiers et les déceptions de ses utilisateurs (tous les morceaux étant protégés par DRM) ont obligé la start-up a fermer boutique. Elle vient pourtant de se relancer dans 11 pays, toujours sur le modèle du « tout gratuit » financé par de la publicité display, le tout à travers une application Silverlight.

Article à découvrir sur le site du New-York Times

Beezik : musique gratuite contre pub obligatoire

Sur fond de démêlées judiciaires entre Universal et Deezer, Compagnon-Parfait.fr a interviewé un des fondateurs de Beezik, le site de téléchargement de musique gratuit… à condition de regarder une vidéo publicitaire. Un modèle qui séduit un certain public, à mi-chemin entre ceux qui ouvrent sagement leur porte-monnaie sur iTunes et ceux qui piratent par principe.

Lire l'interview sur compagnon-parfait.fr

RootMusic lève 16 millions de dollars

La start-up qui s’est imposée comme un incontournable de la musique sur Facebook avec quelque 32,4 millions de membres (inscrits sur son application BandPage) vient de réaliser une belle levée de fonds (de $16,4 millions, il s'agit de sa seconde levée de fonds, ndla) qui devrait lui permettre de continuer à acquérir de nouveaux droits. (Source : ebusiness.info)

A lire sur Inside Facebook

Le site d'enregistrement de vidéos TubeFire est poursuivi par les Majors de la musique

Au Japon, un site capable d'enregistrer des vidéos diffusées en streaming sur YouTube est au centre d'une plainte en justice. TubeFire est accusé par les 4 géants du disque d'enfreindre le droit d'auteur.

Lire la suite sur Clubic

mercredi 13 juillet 2011

Lady Gaga, Hadopi, streaming et lossless

La justice rendra son verdict mi-août dans le conflit entre Deezer et Universal

Les avocats d'Universal Music et de Deezer étaient convoqués ce mardi 5 juillet devant la juge. Universal Music a porté plainte pour contrefaçon contre Deezer qui propose gratuitement son catalogue alors que le contrat d'accord de licence entre les deux sociétés n'a pas été renouvelé. Verdict le 17 août.

A lire sur le site de La Tribune

Étrangler le streaming, la nouvelle fausse-bonne idée ?

Dans un article du 4 juillet 2011, Philippe Astor analyse la menace qu'Universal fait peser sur Deezer comme visant à imposer une nouvelle équation au marché de la musique. Ce nouvel épisode ne fait pourtant que démontrer une fois encore que, d'une part, le business du streaming n'a jamais eu de réelles fondations et d'autre part, que les majors ne mesurent toujours pas les effets de leurs actions.

Billet de Patrice Lazareff à lire sur le blog de Virginie Berger

Hadopi : bilan de la réponse graduée au 1er juillet 2011

Depuis la Bellevilloise (20ème arrondissement de Paris), la Hadopi a tiré son bilan après plusieurs mois égrainés d’une dizaine de décrets. Les premiers e-mails ont été envoyés au 1er octobre 2010. Au 1er juillet 2011, après 9 mois de fonctionnement, la CPD estime avoir un recul suffisant pour avoir des enseignements dont voici quelques chiffres :

  • 18 380 844 constats reçus
  • 1 023 079 demandes d'identification
  • 902 970 adresses IP identifiées
  • 470 878 premières recommandations
  • 20 598 secondes recommandations (réitérations dans le délai de 6 mois)

A lire sur PC INpact

Le catalogue de Qobuz passe intégralement en « Vraie Qualité CD »

La plateforme de téléchargement payant Qobuz vient d'obtenir de la dernière major du disque, Warner, l'accord diffusion de son catalogue en « vraie qualité CD » (entendez du lossless encodé au format FLAC ou ALAC pour le matériel Apple). Qobuz annonce aussi pour la rentrée une refonte du site et une nouvelle formule d'abonnement.

Lire l'annonce sur le blog de Qobuz

Le compte YouTube de Lady Gaga temporairement fermé par… Nagui

Après Wax Taylor et son compte Facebook, les fans de Lady Gaga se sont réveillés, mercredi (6 juillet, ndla), sans pouvoir accéder au compte officiel YouTube de la chanteuse. Car celui-ci a été purement et simplement supprimé après une requête pour violation de copyright. Sur la page du compte, on apprend que la plainte émane de Air Productions, en l'occurrence, la société de production de Nagui. En cause, une vidéo du passage de la chanteuse sur l'émission Taratata qu'elle aurait elle-même mise en ligne sans autorisation.

A lire sur le blog Big Brother

MySpace : révolutionnaire en 2003, bradé en 2011

Le réseau social MySpace a été vendu à Spécific Media, spécialiste de la publicité en ligne, et à Justin Timberlake himself, pour une poignée de dollars. Les Inrocks reviennent sur ce météore du Web, dont je n'ai personnellement jamais compris le succès (MySpace était pour moi le GeoCities des années 2000).

A lire sur le site des Inrocks

vendredi 25 mars 2011

Guerre du streaming et critiques de son modèle économique

La guerre du streaming a commencé

L'industrie du disque aurait-elle un avenir avec le numérique ? C'est en tout les cas ce que pense David Joseph des bureaux anglais d'Universal Music avec le modèle d'abonnement des offres de streaming en ligne. Spotify, peut-être prochainement Apple, bientôt Google Music et d'autres outre-Atlantique sont là pour prendre la relève du CD.

Lire le billet sur le blog Amp Music Marketing

The History of Recording Industry Sales, 1973-2010...

Tout ne repose pas uniquement sur le piratage. Nos habitudes de consommation de la musique enregistrée changent avec le temps. Les progrès technologique introduisent aussi des ruptures profondes. Le marché suit ainsi des évolution qu'il est intéressant d'étudier pour mieux comprendre comment répondre aux nouvelles attentes. Or, les ventes de titres décollent et celles des albums ne cessent de baisser. Le système mis en place dans les années 80 a vécu.

A lire sur Digital Music News

Le véritable déclin de l'industrie du disque

US Recorded Music Revenue - Source : businessinsider.comBusiness Insider revient sur les chiffres publiés par Bain & Company dans une étude dénommée Publishing in the Digital Age sous la forme d'une critique méthodologique et publie de nouveaux graphiques. Les données sont tirées de la RIAA et la période étudiée est là encore celle de 1973 à 2010. Le constat semble le même : plus personne n'achète d'albums, principale source de revenus de cette industrie. Et une surprise : les revenus liés au streaming déclineraient. Même si ce constat est prématuré, il révèle l'extrême fragilité de ce marché.

Lire l'article sur Business Insider

Note : les articles suivants sont à lire séquentiellement pour une meilleure compréhension des réactions de chacun.

Comment le streaming gratuit financé par la publicité peut-il s'inscrire dans un développement durable ?

« Le streaming audio est ainsi le modèle de consommation le plus plébiscité notamment chez les 15-24 ans. Mais les revenus reversés par ces plateformes représentent moins de 12% des revenus digitaux des producteurs de musique, soit moins de 2% de leurs revenus globaux », s'alarme Universal Music sur son blog.

Lire le billet d'Universal Music

Musique : Esquisse d'une industrie culturelle « post-piratage »

Axel Dauchez, directeur général de Deezer justement critiqué sur le blog d'UMF, nous livre ses réflexions dans une tribune du Monde.fr sur le futur de la musique à l'ère du post-piratage.

Lire l'article sur LeMonde.fr

« Travailler ensemble oui, mais pas à n'importe quel prix »

A la suite de la tribune d'Axel Dauchez, David El Sayegh, directeur général du SNEP a souhaité apporter sa contribution au débat dans une réponse publiée en exclusivité sur ElectronLibre.

Lire le billet sur ElectronLibre.info

L'abonnement pèsera bientôt autant qu'iTunes en France

Jonathan-Benassaya, fondateur et ancien P-Dg de Deezer dont il ne fait plus partie aujourd'hui, estime que grâce à l'accord signé avec Orange, l'abonnement pèsera autant qu'iTunes en France dès la fin de l'année, dans les sources de revenus des labels. Et il continue de défendre le modèle du streaming gratuit, sans lequel, selon lui, rien de tout cela n'aurait été possible.

Lire l'interview sur ElectronLibre.info

Les services de musique en ligne à valeur ajoutée négative ont vécu

La tribune d'Axel Dauchez dans le Monde n'en finit pas de susciter des réactions. Après le SNEP par la voix de David El Sayegh, puis Jonathan Benassaya, ex-Pd-g de Deezer, c'est au tour de Yves Riesel, Directeur de Abeille Musique et co-fondateur du site de musique en ligne Qobuz.

La suite sur ElectronLibre.info

Et si l'industrie musicale faisait fausse route ?

Eric Petrotto, président de CD1D, fédération professionnelle de labels indépendants, revient à son tour sur la tribune d'Axel Dauchez et livre son sentiment sur le modèle économique du streaming.

A lire sur LeMonde.fr

vendredi 18 février 2011

La guerre des chiffres : 8 millions de titres pour Deezer, et après ?

Deezer 8 millions de titres

Deezer a annoncé début février avoir franchi le cap des 8 millions de titres disponibles sur sa plateforme de streaming.

Huit millions de morceaux de musique, c'est beaucoup et peu à la fois. Difficile de comparer ce chiffre avec la production annuelle de titres au niveau mondial, cette information étant difficile sinon impossible à trouver. Comparons-le donc avec la concurrence.

  • Jiwa comptait avant sa fermeture mi-2010 4,8 millions de titres. La petite start-up accuse donc un sérieux retard face à son éternel rival.
  • WorMee, avant d'être condamné à disparaître suite à la participation d'Orange au capital de Deezer, recensait 4,9 millions de morceaux.
  • Spotify, n°1 européen du secteur, affiche 10 millions de titres au compteur. Deezer court évidemment derrière ce chiffre à 8 zéros...

Regardons maintenant quelques chiffres du côté du téléchargement payant, autre facette du marché de la musique numérique.

  • Le club des 4 millions : la Fnac (ce qui me semble très étrange), VirginMega, Starzik et 7digital. Des sites qui ne poussent pas vraiment du côté de l'exhaustivité.
  • Qobuz : 6 millions de titres dont de nombreux morceaux en qualité CD ;-)
  • musicMe qui fait mieux que le gros de la concurrence avec 6,1 millions de titres !
  • Apple/iTunes Store affiche près du triple de titres que ses principaux concurrents avec 11 millions de références.
  • AmazonMP3 qui aurait le leadership d'une courte tête devant iTunes Store avec pas moins de 11,5 millions de morceaux (sur 13 millions officiellement licenciés, selon l'IFPI).

Enfin, dans le domaine du gratuit, nous n'avons plus que Beezik sur le marché français qui affiche 2,4 millions de titres avec et sans DRM au compteur. C'est assez révélateur des limites du système de la « gratuité ».

Cette course aux chiffres cache difficilement plusieurs travers du marché :

  1. il est très difficile de proposer une offre riche et variée tant les conditions d'accès aux catalogues peuvent être difficiles ;
  2. la grande majorité des titres produits n'est pas disponible en téléchargement et encore moins en streaming, fut-il payé 10 euros par mois ;
  3. les distributeurs et les maisons de disque se contentent de livrer au public de la musique mainstream, celle la plus consommée, sans se soucier de ce que la longue traîne pourrait leur (r)apporter ;
  4. enfin, de nombreux ayant-droits s'opposent de toute façon à la réédition de leur musique, certains titres ou albums n'étant même pas disponibles sur CD Audio (sans parler des éditions limitées, des conflits juridiques qui bloquent les rééditions, le caca nerveux de certains artistes, etc.).

L'offre légale numérique qui devrait donc être celle de tous les records en matière d'exhaustivité, n'est qu'une pâle représentation de l'immense production musicale de ces dernières décennies.

Note : ces chiffres ne sont plus forcément d'actualité, n'hésitez pas à me corriger.