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mardi 14 mai 2013

Transformez PriceMinister en Rakuten France

N'attendez plus, avec ce petit script Greasemonkey, transformez dès à présent notre PriceMinister national en Rakuten !

Ce n'est un secret pour personne : près de trois ans après son rachat pour un montant de 200 millions d'euros, PriceMinister est condamné à disparaitre au profit de la marque de son nouveau propriétaire, le groupe Rakuten. Vous en avez d'ailleurs déjà un aperçu sur rakuten.fr.

De PriceMinister à Rakuten France

Son P-Dg, Pierre Kosciusko-Morizet-Rakuten n'a certes pas encore annoncé de date dans une récente interview donnée au Journal du Net tant le passage de témoin est délicat en France où la marque PriceMinister y est présente depuis plus de 12 ans, mais le processus est inexorable.

Il est d'ailleurs intéressant de constater que cette mutation se fait à tous petits pas, comme en attestent les différents logos (A' et B) disponibles sur le site, où Rakuten s'y fait une place de plus en plus grande :

Version A :

logo_A.gif

Version B :

logo_B.gif


Les étranges Rakuten SuperPoints ont aussi fait leur apparition, sans doute dans le plus grand étonnement pour les habitués de la place de marché C2C.

Mise en place du script Greasemonkey

Mais voyons comment nous pouvons sauter plusieurs étapes et gagner quelques mois grâce à ce petit hack !

Il vous fraudra tout d'abord installer le module complémentaire Greasemonkey sur votre navigateur Firefox (préféré, bien entendu).

Ensuite, vous aurez à héberger le « nouveau » logo de PriceMinister :

logo_C.gif

Et à copier/coller dans Greasemonkey ce petit script en changeant l'URL de la nouvelle image par celle de votre choix (vous pourrez vous aider de ce tutoriel si cet outil ne vous était pas encore familier) :

var images = document.getElementsByTagName ("img");
var x=0;
while(x<images.length)
{
if(images[x].src == "http://pmcdn.priceminister.com/res/pic/0/www/www/29499/logo_B.gif")
{
images[x].src = "http://votre_url/logo_C.gif";
}
x=x+1;
}

Vous obtiendrez alors ce résultat à l'écran :

Rakuten_France.png

Bienvenue sur Rakuten France ! ;-)

samedi 27 octobre 2012

Les incohérences de l'offre mutualisée OVH

Plongée critique dans les offres mutualisées Linux et leurs options chez OVH.

OVHC'est en voulant rationaliser mes offres et me doter de plus de services que je me suis immergé dans les options proposées par OVH.

Client de longue date de l'hébergeur devenu en une décennie n°1 en Europe, plutôt habitué aux dédiés qu'aux mutualisés, je disposais deux offres Perso ainsi que deux autres offres obsolètes (mais ô combien pratiques) : des Start1G (1 Go d'espace disque, une base MySQL et un compte POP/IMAP).

J'ai donc fait un petit tableau récapitulatif de mes différents sites, de leurs ressources et de leurs tarifs :

Calcul coût services hosting mutu Perso OVH

L'objectif était de me donner d'une part un peu plus de souplesse avec plus de bases de données pour le développement de nouveaux projets personnels (voire plus de services, comme un accès SSH) et de diminuer les coûts en mutualisant les hébergements.

En optant pour l'offre directement supérieure au plan Perso, c'est-à-dire l'offre Pro, afin de rester dans une gamme de prix approchant, j'obtenais le tableau ci-dessous :

Calcul coût services hosting mutu Pro OVH

La migration, bien que m'ouvrant à des bases MySQL plus larges et disposant de plus de ressources (notamment pour le SQL Pro), je suis au final perdant sur plusieurs plans : le prix, la libération de nouvelles bases (j'en obtiens le même nombre) et le nombre de MX disponibles.

En effet, le mutlidomaine chez OVH ne permet pas la prise en charge de l'hébergement de plusieurs MX sur votre offre Pro, Business ou même Premium. Vous aurez donc droit à 100 voire 1000 comptes POP ou IMAP mais sur un seul et unique nom de domaine. Bref, on aurait pu doubler ce chiffre très théorique (sans parler de la gestion de 1000 comptes POP et leurs alias dans un Manager OVH assez peu fonctionnel).

Afin de bénéficier de MX pour l'offre Pro, je vais donc avoir besoin d'y ajouter un Mail Plan (via le Manager, cette offre n'est plus directement accessible sur le site d'OVH).

Facturé 5 € HT par an une fois pour toutes pour 5+1 comptes POP/IMAP, cette option n'ouvre cependant pas aux comptes de 2 Go. Il faudra débourser un supplément de 12 € HT par an (soit un total de 17 € pour la première année) afin de bénéficier de 5 comptes de 25 Go. Alors que d'un autre côté, le Start10M vous offre gratuitement 1+1 comptes POP/IMAP de... 25 Go !

Enfin, le plan Pro (et au-delà) n'offre qu'un seul domaine gratuit (les anciens freedom) ce qui fait une vraie différence entre deux plan Perso vs un plan Pro.

L'autre solution aurait été d'ajouter des bases SQL à mes offres actuelles (sur un de mes plan Perso par exemple), mais à 36 € HT par an pour 5 bases de 100 Mo (ou une de 400 Mo), cela me revient plus cher à l'année que le plan lui-même. Mais il aurait tout de même fallu ajouter des MX.

Le premier prix de l'hébergement dédié

J'ai aussi établi un comparatif avec le premier prix en matière d'hébergement dédié, à savoir le vKS Small. Bien qu'on ne parle plus de la même architecture ni de la même disponibilité (pas de sauvegarde ni de redondance, la mise en place des services et leur maintenance étant à la charge du client, pas de distribution prête à l'emploi, etc.), on reste dans la même gamme de prix pour - théoriquement - plus de possibilités.

Cependant, cette offre va disparaître pour devenir la nouvelle gamme VPS à la tarification encore inconnue.

Calcul coût services hosting vKS OVH

Enfin, les très faibles capacités disque du vKS Small ou même Medium sont rédhibitoires pour une exploitation courante (transposition des 100 Go d'espace disque de mon plan Perso, amélioration des quotas des e-mails, etc.) sans parler de l'absence totale de backup (que l'offre Kimsufi classique a elle aussi perdu).

Le problème des quotas

Justement : les quotas sont bien un des gros problèmes de l'offre actuelle en matière d'e-mail.

Ceux-ci ont bénéficié il y a quelques années d'un passage à 2 Go après avoir été bloqués à 25 Mo, mais depuis l'offre n'a pas été revue. A côté, OVH pousse très fort sa gamme sous Exchange qui voit son quota disque aller jusqu'à 25 Go (j'ai même cru voir passer une annonce évoquant 50 Go).

A l'heure où les services gratuits comme Gmail annoncent 10 Go d'espace disque, les utilisations qui sont faites de leurs messageries par les internautes montrent rapidement les limites d'une offre « bloquée » à 2 Go.

Quand on pose le problème au support d'OVH, on obtient ce genre de réponse :

Passez sous Exchange, Hosted E-mail ou sur serveur dédié.

Passer sous Exchange fait d'une part exploser le budget uniquement pour les e-mails, modifie totalement les habitudes (adieu webmail Roundcub, Thunderbird, etc.) sans parler des contraintes du format propriétaire de Microsoft (combien de PST traînent sur mes disques de sauvegarde sans que je puisse les exploiter, faute de licence Outlook ?).

Hosted E-mail qui semble(ait) un produit très intéressant, est toujours en développement depuis de nombreux mois sans qu'une idée de sa date de disponibilité, de la clientèle visée ou même de sa grille tarifaire ne soient données. Quand on connaît les déboires du récent hubiC, trop souvent en panne et ne disposant pas des fonctions basiques d'un service de stockage dans le Cloud, j'aurai beaucoup de mal à migrer mes gigas d'e-mails sur une offre ayant aussi peu d'ancienneté. A noter que la page de présentation de ce produit n'existe plus sur le site d'OVH (la bêta venant de s'achever).

Enfin, un serveur dédié en matière de tarification et de charge de travail est sans comparaison avec une offre mutualisée. Et comme les tableaux le montrent, on ne bénéficie plus d'aucun freedom.

Pas d'anti-spam non plus

Dernier aspect négligé par OVH et pourtant qui alourdit considérablement les coûts en matière d'hébergement d'e-mails : avoir un filtre anti-spam digne de ce nom.

Lorsque votre domaine a une certaine ancienneté, il est impératif de filtrer les e-mails pour ne pas être submergé de spam. La solution proposée par OVH étant loin d'être satisfaisante, il sera nécessaire de lui adjoindre un service de filtrage externe des e-mails entrants.

Pour ma part, je passe par les services de la société Protecmail qui, s'ils me donnent satisfaction à 100%, correspondent moins à un usage mono-domaine mono-compte e-mail avec petite volumétrie compte tenu de sa tarification (comptez 59,98 € HT par an, soit deux plan Perso chez OVH).

D'autres problèmes rédhibitoires

On notera aussi le problème du filtrage silencieux des e-mails chez OVH déjà traité dans ce billet, de problèmes de hard bounce sur certains forwards ou la disparition du catch all, même en option payante et l'impossibilité de passer un compte postmaster en catch all à plus de 25 Mo.

Pour autant, mes MX sont déjà filtrés par Protecmail (OVH est donc déchargé de ce travail que je suis pourtant prêt à payer) et le catch all ne ramène quasiment aucun spam, les pratiques des spammeurs semblent en effet avoir bien évolué dans ce domaine (aspiration des données du whois et envoi immédiat de spam malgré OwO, par exemple).

De nouvelles offres & options

OVH devrait revoir ses offres en y intégrant les éléments suivants :

Pour la partie e-mail :

  • Une offre spécialisée dans l'hébergement d'e-mails, de la mono adresse e-mail au multicompte avec un meilleur traitement des files d'attente et des bounces, adresse IP dédiée, etc. (l'offre Hosted E-mail).
  • Le retour de l'option catch all.
  • Des quotas jusqu'à 25 Go par compte, y compris pour le postmaster en catch all.
  • Un véritable service anti-spam, et pourquoi pas en collaboration avec Protecmail ?
  • La différenciation entre alias et forward au niveau du filtrage externe (ou plus de filtrage pour Hosted E-mail).
  • La possibilité d'utiliser ses comptes POP/IMAP libres afin de procéder à des sauvegardes automatisées.

Pour la partie Web :

  • Une offre dédiée aux développeurs Web afin de leur apporter une plateforme de développement abordable, entre la phase de conception et la phase de lancement d'un projet (et leur proposer ensuite des migrations « en un clic » comme dirait Octave, à tarif préférentiel vers les offres classiques une fois le projet lancé).
  • Une plus grande modularité des offres mutualisées : choix du nombre de bases, de l'espace disque, des MX, voire de la puissance de calcul, etc. (convergence entre les offres VPS et mutualisées).
  • De meilleures performances avec certains CMS de e-commerce.

MAJ au 7 novembre : D'après le fondateur et directeur technique d'OVH qui réagissait à un de mes tweets, la possibilité de passer un compte POP/IMAP mutualisé à 25 Go de quota aurait été mise en production il y a déjà 6 mois, mais n'est toujours pas disponible. J'attends une réponse du support commercial de la société à ce sujet.

samedi 25 août 2012

De l'intérêt du programme Email Attitude

Email Attitude est un programme de prospection marketing du groupe 1000mercis « d'envoi d'offres promotionnelles ciblées » et récemment de retargeting, concept ronflant mais à la mode ces dernières années.

Email Attitude se définit, du point de vue de l'internaute (qui est au cœur du système puisqu'il est le « produit ») comme un acteur «  sans cesse à la recherche meilleure offre. Promotions, bons plans, coupons de réduction, chèques cadeaux, nouveaux produits... ».

L'inscription au programme est libre et gratuite, mais nécessite de remplir un formulaire conséquent. Étape indispensable puisque les « promotions » et autres « bons plans » sont annoncés comme ciblés et refléter vos centres d'intérêts déclarés. Attention à ne pas réclamer d'envois publicitaires par voie postale, car l'opt-out est d'un autre âge (par courrier avec photocopie de la carte d'identité de l'abonné).

Formulaire d'inscription Email Attitude, copyright groupe 1000mercis

Pour en savoir un peu plus sur la finalité de cette inscription, il faut se rendre sur la page dédiée au service sur le site du groupe 1000mercis.

Classé dans les offres de publicité interactive, il est décrit comme « un programme opt-in d'envoi d'offres promotionnelles ciblées ». La base de données revendique 25 millions d'adresses e-mail dont 17 millions pour la France.

Des offres redondantes et peu ciblées...

Abonné depuis février 2011 au programme de bons plans d'Email Attitute, j'ai du attendre décembre 2011 avant de recevoir mon premier e-mail publicitaire ciblé. Mes centres d'intérêts déclarés sont alors Lecture, Presse et Cinéma, TV, Vidéo, en plus de mon adresse postale et ma date de naissance. Les autres paramètres, qui n'ont pas changé en une année, sont optionnels et ne seront donc pas remplis.

Le premier message est effectivement ciblé, géographiquement du moins, et fait la promotion d'une chaîne de restauration rapide japonaise. Aucune promotion ni bon plan, il s'agit simplement de m'avertir de l'arrivée de la nouvelle carte dans cette enseigne. De la publicité somme toute très classique pour ce premier essai. Un e-mail quasi identique me sera poussé un mois plus tard.

Le From des e-mails mentionne systématiquement l'origine du courriel publicitaire (« via Email Attitude ») et les e-mailings semblent toujours poussés par la solution interne de 1000mercis (tracking des clics et ouvertures compris).

Les 50 offres qui suivront le premier envoi seront extrêmement banales et répétitives : des jeux-concours, des offres d'abonnement avec ou sans incentive, des annonceurs classiques et de très nombreuses répétitions de messages à l'identique, parfois d'un jour sur l'autre ou le même jour avec le record détenu par Autolib' qui m'aura routé 16 messages en 8 mois (soit 28% du total des envois et 31% des publicités), suivi de l'Officiel des Vacances (ODV) avec 8 messages et Canal+ que l'on retrouve à peu près partout, avec 7 publicités, ex æquo avec Belambra.

A aucun moment il ne m'a été possible de signifier à Email Attitude l'intérêt que je pouvais porter aux publicités qui m'ont été poussées afin de modifier mon « ciblage » (qui n'est basé que sur le sexe et la ville précisée dans le formulaire d'inscription et pour les offres Canal+ ou Numericable, sur la case Cinéma, TV, Vidéo). Il n'est pas non plus possible de modifier les données saisies lors de l'inscription comme en cas de déménagement, par exemple.

...mais une base de données en forte croissance

En définitive, les offres et les annonceurs sont majoritairement redondants et manquent d'intérêt direct ou d'originalité pour retenir l'internaute. On suppose donc que la base Email Attitude souffre d'un turnover élevé.

Dès lors, on peut s'interroger sur la formidable croissance que connait cette base de données, passant de 13 millions à 17 millions d'adresses en opt-in françaises entre 2010 et 2011, soit 24% de croissance quand le nombre d'internautes n'a progressé que de 2 millions sur la même période (passant de 38 millions en décembre 2010 à 40 millions en décembre 2011, selon Médiamétrie).

Cette croissance est obtenue sans aucune forme de publicité directe auprès de l'internaute (qui a déjà été contacté par Email Attitude ?) et sans mutualisation de bases de données alors que les inscriptions sont très probablement dédoublonnées et peuvent parfois prendre près d'un an avant d'être validées, comme j'ai pu en faire l'expérience.

Exemple de questionnaire qualifiant Email Attitude - copyright 1000mercis

En plus des messages publicitaires, Email Attitude aura poussé 6 e-mails de requalification sur la période étudiée, sans que je donne suite à ces demandes (on imagine qu'elles auraient pu faire varier la nature des e-mailings ou augmenter la fréquence des envois).

Elles concerneront les voyages (avec Travel Attitude, une autre base de données ?), les projets personnels, le travail, une étude européenne sur les marques de luxe, la voiture électrique et une étude sur les habitudes de consommation des français sur le thé et le café. A noter un e-mail co-brandé Dailymotion, proposant le top 3 des vidéos qui ont créé le « buzz » en 2011 et qui pointe aujourd'hui sur une publicité pour Sony Ericsson.

Avec un CPM de 100 à 190 euros (selon le Journal du Net), le chiffre d'affaires généré par ces 51 envois publicitaires (déduction faite des messages directement poussés par Email Attitude) entre décembre 2011 et août 2012, oscille entre 5,10 et 9,69 € sans que le programme n'ait déboursé le moindre centime en acquisition (inscription « froide ») ou en récompense.

Une activité lucrative si le CPM annoncé est effectivement aussi élevé pour quelques paramètres de ciblage (âge, sexe, localité et un ou deux centres d'intérêts) pas toujours à jour, qui ne récompensent pas l'internaute autrement qu'à travers l'éventuelle offre poussée par l'annonceur, à l'inverse des programmes d'un Maximiles (qui pousse les mêmes e-mailings d'Autolib) ou Mailorama, bien plus intéressants de ce seul point de vue, des offres de réduction et de cash back directement récupérables sur un eBuyClub ou encore du phénomène Groupon.

On peut donc légitimement se demander ce qu'apporte le programme Email Attitude à l'internaute et en définitive, à l'annonceur.

Le retargeting ou la nouvelle martingale du e-marketing

La nouvelle offre d'Email Attitude, toujours basée sur sa « mégabase » de 25 millions d'adresses e-mail, repose sur le retargeting. Il s'agit de faire revenir sur le site du e-marchand qu'il vient de quitter un internaute indécis et le séduire à travers un message publicitaire personnalisé (sous la forme d'un e-mail ou d'un bandeau publicitaire). Une étude complète des offres du marché français est disponible à cette adresse.

Présentation du retargeting Email Attitude, copyright groupe 1000mercis

La relative complexité technique et légale du retargeting en limite grandement l'intérêt, pourtant réel quand on se réfère au seul descriptif fonctionnel. En pratique, il faut croiser plusieurs bases de données, obtenir le consentement de l'internaute deux fois (une première pour la base Email Attitude et l'autre pour le retargeting proprement dit) et se reposer sur une donnée extrêmement volatile : le cookie de l'internaute.

J'ai moi-même été « retargeté » dans la plus totale illégalité grâce à eBuyClub via Cdiscount qui lui aura revendu mon adresse e-mail sans mon accord.

A l'heure où les cookies tiers devraient être bloqués par défaut par les navigateurs, quand des solutions comme Adblock Plus ou BetterPrivacy sont de plus en plus utilisées et les bonnes pratiques d'usage des adresses e-mail se répandent, les conditions de mise en place d'un retargeting efficace sont de plus en plus marginalisées.

mardi 14 août 2012

De la publicité cachée dans les add-ons Firefox

Certaines applications tierces ou add-ons disponibles pour Firefox ont recours à la publicité afin de générer des revenus à leurs créateurs. En voici un exemple particulièrement sournois.

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin, en cherchant sur Amazon des informations et avis de consommateurs pour une imprimante Brother de voir un bel encart publicitaire, intitulé Hot Deals Advertisement en plein milieu d'une fiche produit de ce marchand.

La même imprimante est proposée dans cet encart anonyme quelques euros moins chers que celle vendue sur Amazon.

Publicité Alter Net sur la fiche produit Amazon

Très intrigué, je décide d'ouvrir les deux liens qui m'amènent alors sur les sites de GrossBill et Cdiscount, deux concurrents notoires du site de Jeff Bezos. Quelques clics plus loin, je constate que GrosBill « bénéficie » lui aussi du même encart publicitaire pour des produits similaires.

Il n'y a plus de doute possible, un spyware a certainement infecté ma machine pourtant bien protégée, me dis-je...

Des liens sponsorisés TradeDoubler...

Les liens pointant vers les deux e-marchands font référence au domaine alter-shopping.com et se basent sur le programme d'affiliation de TradeDoubler et les outils de Kelkoo pour la partie monétisation et recherche de produits similaires. Le whois fait remonter un autre domaine, investisa.fr.

Le site d'Alter-Net est très peu prolixe (tout comme celui d'Investisa) : aucune explication sur la nature ou l'origine de ces publicités « parasites », pas un mot sur la société, la nature de la collecte ou l'utilisation des données personnelles de l'internaute qui pourraient être faites (sa navigation est de facto déjà analysée), aucunes mentions légales, etc.

Bref, on ne sait pas ni à qui l'on a affaire, ni comment mettre fin à ce qui semble être du parasitisme.

...au module Firefox

Ce n'est qu'après une recherche sur Google et la lecture d'un billet publié par CreaSion.ch que je suis mis sur la piste de l'add-on Firefox, supposition qui est confirmé par la réponse apportée par le fondateur de la société Alter-Net, éditrice de Alter Shopping.

Celle-ci serait en effet un service de monétisation des modules complémentaires Firefox permettant d'intégrer de la publicité sur les pages Web consultées par l'internaute.

Dans le billet de CreaSion.ch, l'auteur fait état de publicité affichée sur Wikipédia. En réponse, Benoit Oberlé d'Alter-Net (société qui se présente aussi comme faisant du « Domain Parking 2.0 ») précise que la publicité sur Wikipédia a été depuis désactivée.

Il ajoute : « Nous essayons, dans la mesure du possible, d’être le plus clair possible sur l’interaction que va avoir l’extension avec les pages visitées pour afficher de la publicité : politique de vie privée avec nos coordonnées, lien dans la publicité expliquant quelle extension a généré l’affichage, possibilité de désactivation… »

Pas d'opt-out

Or, il m'est encore impossible d'une part, d'identifier quelle extension Firefox est responsable de l'apparition de ces liens sponsorisés, ni d'en connaître l'éditeur ou encore moins d'en désactiver l'affichage.

Il faut donc partir à la chasse aux extensions en les désactivant une à une afin de trouver le « coupable » avant de procéder à une désinstallation ou un downgrade de celle-ci.

Il est donc essentiel de bien lire les conditions générales d'utilisation de vos extensions afin de déterminer laquelle permettra à une solution publicitaire d'analyser votre navigation et d'y insérer de tels liens sans votre consentement préalable (autrement qu'à travers l'acceptation des CGU d'un module Firefox quand elles existent ou mentionnent ce type de comportement).

Je me demande ce que des sites comme Amazon, GrosBill ou Cdiscount pensent d'un système qui met directement leurs (futurs) clients face aux offres de la concurrence sur la page même du produit vendu. Sans doute pas du bien.

Mise à jour : le coupable a été identifié, il s'agit du très utile FireShot (dont la version payante est un peu chère). Un utilisateur a même déjà signalé le « problème » fin juillet à l'éditeur via l'interface de bug-reporting. L'autre extension incriminée est Dcurrency.

mardi 24 juillet 2012

Les e-mailings commerciaux et partenaires de WellPack à la loupe

WellPack est une société qui propose depuis plusieurs années de la vente de matériel informatique, HiFi et électroménager à crédit sur le long terme. Abonné à sa newsletter ainsi qu'aux publicités de ses « partenaires » sur près d'une année, voici une petite analyse statistique de ces multiples courriels.

Période étudiée

Le projet ZéroThune a continué son développement après mon départ en s'appuyant sur le partenariat noué avec la société WellPack (voir cet unique article sur elle dans le Journal du Net datant de 2008).

Logo WellPack - copyright WellPackSachant un lancement proche, je suis devenu membre du site de vente à crédit le 7 septembre 2011 et ai commencé à recevoir à la fois les lettres internes de WellPack ainsi que les messages poussés par ses « partenaires », ceci afin d'être sûr d'être prévenu de la sortie du site zerothune.com.

Afin de produire une étude statistique de ces envois, chose que j'ai rarement vu sur le Net (et c'est bien dommage), j'ai conservé tous les messages reçus depuis cette date jusqu'à ce jour. Ce qui me permet de produire une petite étude sur le modèle de celle déjà réalisée pour Mailorama.

Les chiffres

De septembre 2011 à juillet 2012 (soit 361 jours), WellPack aura routé un total de 288 e-mails. Ce qui représente une moyenne de 0,8 messages par jour.

Le message de confirmation d'inscription et l'offre de bienvenue ayant été tous deux routés en double exemplaire, je retiendrai pour mes calculs le chiffre dédoublonné de 286 e-mails.

Produits WellPack vs publicités

Le premier constat, outre la fréquence relativement élevée de ces envois, est à faire du côté de la nature des envois. Plus des 2/3 des e-mails poussés par WellPack l'ont été au profit des « partenaires » de celui-ci, c'est-à-dire plus prosaïquement de la publicité pour d'autres produits ou services, généralement via des programmes d'affiliation ou des brokers.

Répartition globale des envois - WellPack

La gestion des envois publicitaires est particulièrement propre (il faut le signaler car c'est relativement rare dans ce milieu), les e-mails étant poussés par WellPack (le prestataire choisi semble être toujours eCercle ou une de ses filiales associé au domaine en parking messenger.com) et non le locataire de la base de données et l'expéditeur a toujours été une adresse du type @affi.wellpack.fr. Un bon point pour WellPack, donc (sauf en ce qui concerne l'adresse des serveurs de routage, dont on aurait aimé avoir une partie HTTP plus explicite, mais c'est un point de détail).

La méthode de désabonnement est elle aussi toujours la même et se fait côté WellPack, qu'il s'agisse des publicités ou de la newsletter (via deux URL distinctes, bien entendu).

Seule la fréquence des envois et leur nombre peuvent laisser pantois.

Fréquence et nature des envois - WellPack

Seconde remarque, la répartition des envois entre newsletters et publicités est relativement stable entre septembre et décembre 2011. Janvier 2012 marque une rupture de cet équilibre au profit des publicités, dont les envois restent constants (et en très nette augmentation les mois suivants) alors que la fréquence d'envoi des lettres d'information WellPack (c'est-à-dire la promotion de leurs propres produits) s'effondre (-80%).

L'année 2012 marque donc un tournant, à la fois en matière d'envoi de newsletters et de messages publicitaires : les premières se font très rares, les secondes voient leur nombre doubler, avec un pic de 35 messages par mois en mars, soit plus d'un e-mail publicitaire routé par jour !

Enfin, le mois de juillet 2012 marque lui aussi un second tournant dont nous reparlons plus bas, avec l'arrêt quasi total des envois : seules deux petites publicités seront envoyées début juillet et aucune newsletter, malgré un changement de taille opéré sur le site WellPack.

CPM et répartition des annonceurs

L'étude des annonceurs nous permet aussi de dresser une typologique de ce type de publicité.

En partant du principe que l'adresse e-mail vendue est d'une part non qualifiée et d'autre part « froide », c'est-à-dire totalement dissociée d'une quelconque action de ma part (n'ayant jamais rien acheté sur le site WellPack, etc.), le CPM doit tourner autour des 10 € du mille (on me corrigera si cette évaluation est par trop optimiste). Soit un chiffre d'affaires réalisé grâce à cette adresse, sans aucune contrepartie pour l'internaute, qui doit tourner autour des 2 € sur l'ensemble de la période étudiée.

Ce chiffre d'affaires est purement théorique, n'ayant jamais (ou quasiment jamais) cliqué sur les liens déclenchant peut-être une rémunération au CPA, modèle qu'il n'est pas possible de généraliser : n'importe qui d'autre aurait très certainement cliqué rapidement sur le lien de désabonnement. Je suppose que le turn-over de WellPack, autant pour ses newsletters que ses adresses en opt-in partenaires doit être très élevé. WellPack lui-même doit être un gros consommateur de bases de données de prospects (en effet, la société a fait l'acquisition d'une base de données de 4 millions d'adresses, ndla).

Répartition des annonceurs par secteurs d'activités - WellPack

Le top 5 des annonceurs est occupé, dans l'ordre, par :

  • L'automobile (28 messages)
  • Les rencontres en ligne (26)
  • Le crédit, essentiellement le rachat de crédits (25)
  • Le secteur de la prévoyance/mutuelle (20)
  • Les jeux/concours (18)

Dans le domaine du cocasse, on m'aura proposé :

  • 20 fois d'essayer la voiture de mes rêves,
  • 17 fois d'installer une alarme ou un chauffage à mon domicile,
  • 13 fois de devenir trader en ligne (et gagner beaucoup d'argent, merci la vente pyramidale),
  • 12 fois de rencontrer la femme de ma vie, 13 fois de la tromper en toute sécurité et une fois « d'essayer » une « cougar »,
  • 5 fois de me former à un métier « d'avenir », Délégué Pharmaceutique, ou bien... comptable.

Take the money and run!

Les publicités routées se révèlent toutes extrêmement mal ciblées et sans aucune valeur ajoutée pour l'internaute. Pire, quelques e-mails venant de concurrents directs de WellPack font partie du lot.

Sur les 206 e-mails partenaires, seuls 20% (42) citent WellPack dans l'objet. La mention de la provenance du message publicitaire, en dehors de l'adresse e-mail de l'expéditeur, ne sera présente nulle part ailleurs pour les autres.

En dehors des nombreux annonceurs « obscurs », dont beaucoup de sites au fonctionnement pyramidale (formation, trading, etc.) nous retrouvons quelques annonceurs plus classiques comme Groupama, le GAN, eDarling, Feu-France Soir, Smartbox, Bouygues Telecom, le PMU, Mistergooddeal, etc.

Dans le lot, nous retrouvons bien entendu ZéroThune, qui n'aura bénéficié que d'un seul et unique envoi le 22 septembre 2011 (sur plus de 200 publicités poussées) pour ce qui aura été un test grandeur-nature (voir le billet qui couvre ce pré-lancement) et dont la troisième version du site toujours développée avec WellPack, ne saurait tarder.

Mais aussi Mailorama, concurrent de ZéroThune (mais plus axé sur le cash back et qui rémunère les internautes en euros plutôt qu'en musique), dont nous avons déjà parlé.

La fréquence d'envoi des newsletters WellPack devient plus raisonnable en 2012, mais ce changement est malheureusement contrebalancé - dans le scénario étudié ici - par l'accroissement massif de courriels publicitaires.

Il est intéressant de noter que WellPack aura privilégié la monétisation de sa base membres plutôt que de pousser ses propres offres, au risque de « brûler » très rapidement de nombreuses adresses e-mail : le nouveau membre que j'étais aura reçu lors de son inscription et en moins d'un mois, plus de 30 e-mails dont une majorité de publicités.

Il y a donc un vrai besoin de financement de l'acquisition de la base de données d'e-mails (dont on imagine qu'elle se fait en opt-in partenaires) par l'envoi massif et rapide de publicités, la véritable prospection commerciale pour les produits vendus sur WellPack se faisant par téléphone plutôt que par e-mail (la société annonce pourtant réaliser 50% de son chiffre d'affaires par ce biais, selon ce communiqué de presse, ndla).

Changement d'activité pour WellPack ?

Plusieurs modifications sont intervenues courant juillet chez WellPack. Tout d'abord, côté registre du commerce et des sociétés, l'objet social de l'entreprise a changé.

Ensuite, côté fréquence et typologie d'envois des e-mails, nous avons constaté que les publicités ont été privilégiées jusqu'à remplacer totalement les newsletters au mois de juillet. Même la périodes des soldes qui suit Noël ou celles estivales n'a pas été couverte par WellPack, ce qui est un signe fort.

Enfin, et c'est sans doute l'information la plus importante, WellPack ne fait plus crédit sur son site (sic). Exit donc, le modèle initial qui consistait à vendre en de très nombreuses mais petites mensualités des biens informatiques ou de l'électroménager. La dernière newsletter, datant du 14 juin et renvoyée à l'identique le 20 juin, faisait encore référence à un achat à crédit (45 € par mois pour un écran LCD et son lecteur Blu-ray sur 48 mois). Ensuite, plus rien.

WellPack va donc probablement débuter sa rentrée 2012 sans sa formule de crédit et seule une classique vente en « 3 fois sans frais » sera proposée à l'internaute. Ce qui mettra le marchand en concurrence directe avec les ténors du secteur comme Amazon, Pixmania ou encore RueDuCommerce.

A moins qu'un changement encore plus radical n'intervienne d'ici là, qui coïnciderait avec une hypothétique sortie de zerothune.com ?

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