Vialet's blog

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dimanche 23 mai 2010

Du spam tu n'enverras pas à tes clients

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas rédigé de billet sur ce fléau qu'est le spam commis par des marques ayant pignon sur rue.

Pourtant la terre ne s'arrête pas de tourner quand on ne parle plus d'elle. Et je continue de recevoir des e-mails non sollicités de sociétés qui devraient pourtant se sentir très concernées par législation en vigueur.

Samsung & la newsletter perpétuelle

Commençons par Samsung, qui ne sait manifestement pas ce qu'est l'opt-out et qui me fait le plaisir de m'envoyer sa newsletter malgré mes désabonnements réguliers depuis plus d'un an - sans aucun effet, bien entendu.

Les responsables techniques ne font pas grand cas des formulaires de désinscription, pourtant un seul dysfonctionnement suffit généralement à transformer un client ou ancien client en internaute mécontent et hostile à la marque...

Préférences de réception des newsletters de Samsung

Au nom de la Rose

Ce fleuriste, que j'avais cessé d'utiliser en... 2007 suite à des erreurs et retards de livraisons répétés, s'est subitement mis à m'envoyer ses spam newsletters le 15 avril dernier. Et malgré mes désinscriptions répétées, j'en aurais reçu 4 en moins d'un mois. La encore, un formulaire de désinscription défaillant ?

Petite subtilité dans le réglage des opt-in de ce vépéciste, j'étais en opt-out pour la newsletter mais pas pour les envois concernant le Club Au nom de la Rose. Sur les 4 envois, un seul concernait ce club, justement... ;-)

Comptoir de l'Homme & « KINGO LOTTO »

Plus troublant, j'ai reçu une e-mail de phishing sur mon adresse Comptoir de l'Homme le 2 mai dernier, en double exemplaire, avec ce message :

Nous vous contactons par la présente lettre pour vous informer de votre gain à la KINGO LOTTO, ceci n'étant donc pas un Spam ni un virus, veuillez trouver en fichier joint votre notification de gain.

Pour toutes réclamations de votre gain, entrer en contact direct Email : etude_maitre_kassy_michel@hotmail.fr

Faut-il préciser que l'e-mail vient d'Abidjan ? J'ai immédiatement contacté Comptoir de l'Homme qui a pris très au sérieux ma demande en y répondant tout aussi rapidement (c'est le point positif) mais curieusement, alors que je ne la recevais (pas ?) plus, je me suis retrouvé ré-abonné à leur newsletter !

Comptoir de l'Homme

Le 8 mai, je devais en effet recevoir un premier e-mail commercial (Ce Week End -20% sur votre Soin ou Parfum au Choix) suivi de trois autres envois et autant de confirmations de désinscription, comme en atteste l'écran ci-dessus.

La dernière newsletter datant du 22 mai et mon premier désabonnement du 8, bien entendu.

Smartbox & Codage

Et pour finir, l'honorable société Smartbox aurait semble-t-il vendu ou communiqué les adresses e-mail de ses clients.

J'ai en effet reçu un e-mail marketing hébergé et relayé par l'agence lyonnaise poWOW pour la marque cannoise Codage, dont le site est hébergé par OVH.

Je n'ai même plus envie de leur demander comment et pourquoi mon e-mail s'est retrouvé dans leur base d'envoi... Quoiqu'il en soit, je serais référencé dans la base de données www.mycodage.com, comme le précise en caractères minuscules le spam courriel de poWOW.

Spam MyCodage.com

Mise à jour du 29 mai 2010 : Las ! Comptoir de l'Homme m'a adressé une énième newsletter ce matin et... son catalogue par courrier postal ! C'est ce qui s'appelle un très mauvais timing ;-)

Mise à jour du 16 juin 2010 : merci à Amandine de Codage (www.mycodage.com) de m'avoir adressé un petit message explicatif suite à la lecture de ce billet.

lundi 8 mars 2010

Guvera, le Ché du téléchargement en ligne

GuveraJ'ai eu le plaisir de tester la semaine dernière la bêta version du site Guvera, étoile montante du téléchargement gratuit de musique. Voici donc un petit compte rendu de ce qu'il est possible de faire sur cette pré-version.

Viva la revolución!

Guvera est un projet qui nous vient de l'autre bout de la planète : l'Australie. Il n'en reste pas moins que ce projet fait beaucoup parler de lui de part son côté « révolutionnaire » tant sur le fond que sur le forme, d'ailleurs.

When prosecution is the only option, its only a matter of time before people make their own changes.

Sur le fond, il s'agit bêtement de téléchargement MP3 financé par la publicité. Mais pas n'importe quelle forme de publicité. Les créateurs ont voulu qu'elle ne soit pas intrusive. Elle prend d'ailleurs le contre-pied des formats publicitaires actuels (le pre-roll de Beezik, par exemple) en intégrant le musique au cœur de la marque et non l'inverse.

Bienvenue dans le channel McDonald's

Pour ce faire, Guvera a créé le principe des Channels : une page sur le site aux couleurs de la marque et bénéficiant d'un certain degré de personnalisation (grands visuels, fond qui habille la page, blocs de textes, liens, etc.). Plusieurs modèles (ou templates) sont prévus à cet effet et d'ores et déjà visibles avec la petite dizaine d'annonceurs que compte la bêta.

Channel Guvera pour Travelsim

L'interface de Guvera se fait d'ailleurs très discrète et fait la part belle à l'espace annonceur. Il est d'ailleurs impossible de télécharger de la musique sans passer ou adhérer au channel d'une marque.

Une qualification basée sur le déclaratif

Lorsque vous vous inscrivez sur Guvera, vous aurez à remplir 11 petits questionnaires qui s'attachent à définir vos goûts et vos habitudes dans des domaines variés comme les loisirs, les vacances, le sport, etc.

Parfois les questions fleurent bon l'Australie (le surf est un thème dominant), mais il est obligatoire de répondre à au moins une question pour chaque questionnaire afin d'obtenir un profil rempli à 100% (quand bien même votre réponse devait être fausse, comme avec le questionnaire Favorites Charities qui ne contient pas de réponse Je ne fais pas de dons).

Informations basiques Guvera

Questionnaire Food de Guvera

A noter que l'adresse postale semble être vérifiée, certainement par l'envoi d'un code qui doit être ensuite renseigné dans un champ déjà présent sur le site.

On peut donc supposer que de la publicité « papier » sera envoyée aux membres. Mais il est difficile de dire ce qui sera réellement communiqué aux marques en matière de données personnelles, ni comment les membres pourront gagner plus de crédits à ce stade de la bêta, si ce n'est en adhérant à d'autres channels.

Du point de vue de l'annonceur

La mise en place d'une campagne annonceur se fait en deux grandes étapes :

  1. L'annonceur créé un channel. Ce faisant, il définit quelle musique il souhaite proposer et un algorithme proche de celui que propose Pandora détermine pour lui les titres les plus « pertinents ».
  2. Viennent ensuite les paramètres de sa campagne de recrutement : l'annonceur caractérise son audience (ses prospects), quelle quantité de musique il est prêt à consacrer par prospect (les titres), ainsi que le montant total qu'il souhaite dépenser pour sa campagne (son plafond).

L'annonceur aura le loisir de consulter en temps réel, c'est-à-dire au fur et à mesure des téléchargements, le profil-type et les comportements de sa cible.

Liste des channels disponibles

Lorsqu'un membre de Guvera recherche de la musique, il se voit proposer une liste de channels d'annonceurs répondant à ses critères. En consultant un channel, il se voit attribuer des crédits afin de télécharger son titre ; un téléchargement ou une écoute en streaming valant 1 crédit - oui, Guvera propose aussi du streaming on demand !

Les annonceurs proposent en moyenne deux crédits par membre ciblé, soit deux téléchargements MP3 en 256 Kbps. J'ai pu télécharger quelques titres sympa, comme My Sharona du groupe The Knack. Mais l'ensemble sent tout de même le fond de catalogue, bêta oblige.

Le modèle économique est un peu plus obscur : un annonceur payera une certaine somme par téléchargement, les maisons de disque recevant en retour un pourcentage de cette somme (qui devrait comprendre au moins le prix du titre...). A la lecture de différents articles, il n'est pas sûr que le montant payé aux maisons de disque soit au final de 70c le titre, mais moins !

Quelques données sur l'entreprise

A l'heure actuelle, les labels ou distributeurs ayant signé avec Guvera sont au nombre de 4 : EMI et Universal Music pour les majors, secondés de IODA et INGrooves (qui a d'ailleurs récemment signé avec MOG et Deezer). Seul le catalogue EMI semble être en partie disponible sur la bêta...

Claes Loberg, Finbar O'Hanlon et Dan Thompson

La société a levé 10 millions de dollars l'année dernière et a récemment bouclée une deuxième levée de fonds 20 millions de dollars. Une grande fête a été organisée à New York où trônait un énorme « Revolution » sculpté dans un bloc de glace B-)

Enfin, il semblerait que seuls les États-Unis soient bloqués à la porte du site et que l'Europe ait été « oubliée » lors de la mise en place du filtrage géographique (le magazine Wired s'en plaignait). Il faut simplement être un peu malin lors de l'inscription... A bon entendeur ;-)

Révolutionnaire ?

Guvera n'est pas en soit un modèle révolutionnaire dans la mesure où il ne donnera pas accès à des albums en intégralité. Exit donc les gros consommateurs de musique. Mais il est cependant très prometteur et se rapproche d'un Beezik où le téléchargement d'un titre s'accompagne du visionnage d'une publicité.

Les créateurs l'ont bien dit : il n'y aura de titres gratuits qu'à hauteur de ce que les annonceurs daigneront apporter. Tout repose donc sur le ROI de ce « nouveau » format qui mélange track-listings thématiques et décors publicitaires.

Enfin, on sait très peu de choses sur ce que l'annonceur paye au final : une présence ? Des données comportementales ? Des données personnelles comme le nom et l'adresse e-mail ou postale ? Car c'est finalement cette donnée qui fera de Guvera un succès ou un flop à 20 millions de dollars.

Guvera devrait cependant faire parler de lui dans les semaines à venir, lorsqu'il se sera lancé outre-Atlantique.

jeudi 14 janvier 2010

Abonné d'office à VoyagerMoinsCher (suite)

Ce qui m'avait été annoncé 5 jours plus tôt par PriceMinister a bien eu lieu : j'ai reçu la newsletter de VoyagerMoinsCher :-(

Le prétexte ? Les deux sociétés font partie du même groupe, donc si l'on se réfère à la LCEN, je suis en quelque sorte client des deux entités.

Quand une loi est mal faite, surtout lorsque la notion d'e-mail de prospection flirte dangereusement avec les pratiques des spammeurs, on s'abstient d'imposer une énième newsletter à ses clients.

Je ne résiste cependant pas à reprendre le texte en petit caractère qui figure en fin de leur e-mail (la mise en avant est de mon fait) :

Ce message électronique a été généré automatiquement. Veuillez ne pas répondre à cette adresse électronique, car les réponses parviennent à une boîte aux lettres non consultée donc vous ne recevrez pas de réponse.

Il aura fallu attendre la réception de cette newsletter afin de pouvoir consulter quelles données ont été extraites de la base client de PriceMinister au profit de celle de VoyagerMoinsCher (adresse e-mail, nom et prénom) et pouvoir se désabonner. On ne m'a pas proposé de supprimer mes données de leur base de prospection...

VoyagerMoinsCher opt-out

Le second effet pervers de la LCEN est l'effet « domino » : l'opt-in partenaire génère peu à peu une marré d'abonnements que l'on subit plus que l'on n'a désiré.

Dans cet exemple, je suis client de PriceMinister, donc de VoyagerMoinsCher, mais et si je coche la case qui me propose de recevoir les offres des partenaires de VoyagerMoinsCher et PouvoirHA (mais que vient faire ici ce service ?!), j'aurai droit à une autre livrée de « newsletters » de ces mystérieux partenaires, toujours en opt-out.

Qui eux-même proposeront leurs partenaires en opt-out. Etc. L'e-mailing légal se transforme alors peu à peu en spam pour le commun des utilisateurs.

VoyagerMoinsCher & données personnelles collectées

Je ne jette pas forcément la pierre à PriceMinister, d'autres sociétés abusent réellement de ce système qui est peut-être légal mais totalement contre-productif.

samedi 17 octobre 2009

De la rétention des adresses e-mails

Les récents billets que j'ai pu consacrer au spam révèlent une mauvaise pratique du e-marketing : une durée exagérément longue de rétention des adresses e-mails.

Découplage base (opt-in) & base d'envoi

La collecte d'adresse e-mails sur le Web n'est plus un problème, elle se fait à travers différents services, du jeu-concours à l'achat en ligne, en passant par la simple demande d'information.

Il est par contre une mauvaise habitude encore trop répandue : dissocier les adresses e-mails de ses clients des adresses utilisées pour ses e-mailings. Deux sources coexistent donc, au risque de créer des envois en doublon, ou provoquer des situations absurdes.

C'est le cas d'EDF qui me demandait la semaine dernière « êtes vous prêt a faire de nouvelles économies d'énergie ? » dans le premier numéro de leur newsletter un coin de ciel bleu. Manifestement, eux ne feront pas l'économie d'un envoi, car la question me fut posée deux fois, une fois à l'adresse de mon compte client, une autre sur la toute première adresse renseignée il y a deux ans de cela...

Deux coins de ciel bleu

Plus drôle, PriceMinister m'a récemment envoyé une invitation à m'inscrire assortie d'un bon de réduction à l'adresse avec laquelle j'avais créé mon tout premier compte :-)

Et je ne reviendrai pas sur le cas Chaud-Devant ou plus récemment Canal+. Marchands, gérez et faites vos envois vous-même : on est jamais mieux servi que par soi-même.

La communication aux (fameux) partenaires

Ces adresses e-mails parfois oubliées ou abandonnées par leurs propriétaires (qui les ont remplacées par de nouvelles adresses entre temps) peuvent un jour être utilisées ou même communiquées à des partenaires. Affiliation (pas plus tard que ce matin pour CDiscount via un affilié TradeDoubler qui avait acheté mon adresse je-ne-sais-où), routeurs, sites partenaires, changements d'activités, etc.

Tout est fait pour que votre adresse circule et finisse immanquablement entre des mains peu scrupuleuses. C'est peut-être pour cela que la CNIL semble se pencher sur ce problème, selon PC INpact. Il serait demandé aux collecteurs d'adresses que l'ensemble des destinataires soient connus de l'internaute au moment de la collecte et même a posteriori.

Je ne peux saluer que très bas cette demande qui fera certainement pousser des cris à la profession, comme ce fut le cas pour la LCEN. Comme le disait Fred Cavazza à ce propos :

Ceux qui utilisent (les newsletters) se sont perdus en chemin.

Espérons qu'une nouvelle fois la CNIL saura les remettre dans le droit chemin...

jeudi 10 septembre 2009

Comment se prépare une newsletter ?

L'été nous réserve souvent son lot de mauvaises pratiques. La récidive ne semble pas décourager les plus téméraires d'entre les spammeurs du Web tricolore, je m'en vais donc vous compter comment se prépare et se gère les newsletters chez Chaud-Devant. Oui, encore eux. Non, ni mon ex ni ma belle-mère ne travaillent pour eux. Pire, je suis client.

Cette conversation totalement imaginaire a lieu entre « The Boss » et « Le P'tit stagiaire », les deux protagonistes de cette tragédie estivale. Les dates, la méthodologie et les envois sont hélas véridiques...

7 juillet 2009 : Acte I

The Boss : Les chiffres sont vraiment mauvais, faut faire quelque chose.

Le P'tit stagiaire : Heu... une newsletter ?

The Boss : Quelle idée géniale ! Bon, faut juste passer par une société plus complaisante...

Le P'tit stagiaire : Complaisante comment ?

The Boss : Qui ne se pose pas trop de questions sur la provenance des e-mails à router (faut tout leur apprendre à ces stagiaires !). Prépare-moi un envoi qu'on balancera sur notre base de données. Non attend, prends les adresses collectées ces 6 derniers mois pour être sûr de ratisser large.

Le P'tit stagiaire : Ok Boss ! Mais faudra quand même un mécanisme de désinscription, non ?...

The Boss : Mouais... Tu vas me pondre un petit script PHP qui balance un e-mail de confirmation, pas la peine de le relier à notre base, pas l'temps et ils n'y verront que du feu ;-) Tu leur écris un truc bien senti, par exemple : Nous avons bien pris en compte votre désincription à notre Newsletter. Elle est effective dès maintenant.

Le P''tit stagiaire : Z'êtes le meilleur, Boss !

14 juillet 2009 : Acte II

The Boss : Bon, j'ai vu les chiffres de l'envoi du 7 juillet, c'est vraiment pas terrible. On va fêter à notre façon la Fête Nationale en re-balançant notre newsletter.

Le P'tit stagiaire : La même ?! Sur une nouvelle liste d'adresses ?

The Boss : Mais non, il est fou, trop cher, on utilisera la même ! Et recycle-moi la newsletter du 7 juillet, ils n'y verront que du feu (bis). Aller, zou !

Le P'tit stagiaire : Et ceux qui se sont désinscrits entre-temps ?

The Boss : Au pire on leur expliquera que "ça prend du temps", que "c'est techniquement compliqué" et "que c'est long de contacter son prestataire afin de mettre à jour la base".

Le P'tit stagiaire : Mais ils vont nous répondre qu'il suffit de ne pas faire d'envois aussi rapprochés ?

The Boss : Te pose pas trop de questions... Des e-mails ils en reçoivent des brouettées, alors un de plus...

Chaud-Devant Unsub

27 juillet 2009 : Acte III

The Boss : Décidément, j'y comprends plus rien, nos taux de transfo font la tronche. C'est la crise... On va pousser un nouvel e-mailing, on a un super menu à 18 euros !

Le P'tit stagiaire : Heu...

The Boss : Je te vois venir avec tes scrupules. Aller, balance-moi ça aux mêmes, de toute façon la moitié était en vacances en juillet et ils n'ont probablement rien reçu. Et puis ce sont nos clients, merde ! Mais passe par notre prestataire habituel, qu'on se fasse plus discrets...

10 septembre 2009 : Acte IV

The Boss : Tant qu'à faire, tu m'en envois un p'tit pour notre site Allo Apéro, sur la même base bien sûr, je le sens bien ce coup-ci.

Le P'tit stagiaire : Ok Boss ! Z'êtes vraiment le meilleur !

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