Vialet's blog

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lundi 8 mars 2010

Guvera, le Ché du téléchargement en ligne

GuveraJ'ai eu le plaisir de tester la semaine dernière la bêta version du site Guvera, étoile montante du téléchargement gratuit de musique. Voici donc un petit compte rendu de ce qu'il est possible de faire sur cette pré-version.

Viva la revolución!

Guvera est un projet qui nous vient de l'autre bout de la planète : l'Australie. Il n'en reste pas moins que ce projet fait beaucoup parler de lui de part son côté « révolutionnaire » tant sur le fond que sur le forme, d'ailleurs.

When prosecution is the only option, its only a matter of time before people make their own changes.

Sur le fond, il s'agit bêtement de téléchargement MP3 financé par la publicité. Mais pas n'importe quelle forme de publicité. Les créateurs ont voulu qu'elle ne soit pas intrusive. Elle prend d'ailleurs le contre-pied des formats publicitaires actuels (le pre-roll de Beezik, par exemple) en intégrant le musique au cœur de la marque et non l'inverse.

Bienvenue dans le channel McDonald's

Pour ce faire, Guvera a créé le principe des Channels : une page sur le site aux couleurs de la marque et bénéficiant d'un certain degré de personnalisation (grands visuels, fond qui habille la page, blocs de textes, liens, etc.). Plusieurs modèles (ou templates) sont prévus à cet effet et d'ores et déjà visibles avec la petite dizaine d'annonceurs que compte la bêta.

Channel Guvera pour Travelsim

L'interface de Guvera se fait d'ailleurs très discrète et fait la part belle à l'espace annonceur. Il est d'ailleurs impossible de télécharger de la musique sans passer ou adhérer au channel d'une marque.

Une qualification basée sur le déclaratif

Lorsque vous vous inscrivez sur Guvera, vous aurez à remplir 11 petits questionnaires qui s'attachent à définir vos goûts et vos habitudes dans des domaines variés comme les loisirs, les vacances, le sport, etc. Parfois les questions fleurent bon l'Australie (le surf est un thème dominant), mais il est obligatoire de répondre à au moins une question pour chaque questionnaire afin d'attendre un profil rempli à 100%, même si votre réponse devait être fausse (par exemple avec le questionnaire sur les Favorites Charities).

Informations basiques Guvera

Questionnaire Food de Guvera

A noter que l'adresse postale semble être vérifiée, certainement par l'envoi d'un code qui doit être ensuite renseigné sur le site. On peut donc supposer que de la publicité « papier » sera envoyée aux membres. Mais il est difficile de dire ce qui est communiqué aux marques en matière de données personnelles, ni comment les membres pourront gagner plus de crédits à ce stade de la bêta, si ce n'est en adhérant à d'autres channels.

Du point de vue de l'annonceur

La mise en place d'une campagne annonceur se fait en deux grandes étapes :

  1. L'annonceur créé un channel. Ce faisant, il définit quelle musique il souhaite proposer et un algorithme proche de celui que propose Pandora détermine pour lui les titres les plus « pertinents ».
  2. Viennent ensuite les paramètres de sa campagne de recrutement : l'annonceur caractérise son audience (ses prospects), quelle quantité de musique il est prêt à consacrer par prospect (les titres), ainsi que le montant total qu'il souhaite dépenser pour sa campagne (son plafond).

L'annonceur aura le loisir de consulter en temps réel, c'est-à-dire au fur et à mesure des téléchargements, le profil-type et les comportements de sa cible.

Liste des channels disponibles

Lorsqu'un membre de Guvera recherche de la musique, il se voit proposer une liste de channels d'annonceurs répondant à ses attentes. En consultant un channel, il se voit attribuer des crédits afin de télécharger son titre (un téléchargement ou une écoute en streaming valant 1 crédit - oui, Guvera propose aussi le streaming).

Les annonceurs proposent en moyenne deux crédits par membre ciblé, soit deux téléchargements MP3 en 256 Kbps. J'ai pu télécharger quelques titres sympa, comme My Sharona du groupe The Knack. Mais ça sent tout de même le fond de catalogue.

Le modèle économique est un peu plus obscur : un annonceur payera une certaine somme par téléchargement, les maisons de disque recevant en retour un pourcentage de cette somme (qui devrait comprendre au moins le prix du titre...). A la lecture de différents articles, il n'est pas sûr que le montant payé aux maisons de disque soit au final de 70c le titre, mais moins !

Quelques données sur l'entreprise

A l'heure actuelle, les labels ou distributeurs ayant signé avec Guvera sont au nombre de 4 : EMI et Universal Music pour les majors, secondés de IODA et INGrooves (qui a d'ailleurs récemment signé avec MOG et Deezer). Seul le catalogue EMI semble être en partie disponible sur la bêta...

Claes Loberg, Finbar O'Hanlon et Dan Thompson

La société a levé 10 millions de dollars l'année dernière et a récemment bouclée une deuxième levée de fonds 20 millions de dollars. Une grande fête a été organisée à New York où trônait un énorme « Revolution » sculpté dans un bloc de glace B-)

Enfin, il semblerait que seuls les États-Unis soient bloqués à la porte du site et que l'Europe ait été « oubliée » lors de la mise en place du filtrage géographique (le magazine Wired s'en plaignait). Il faut simplement être un peu malin lors de l'inscription... A bon entendeur ;-)

Révolutionnaire ?

Guvera n'est pas en soit un modèle révolutionnaire dans la mesure où il ne donnera pas accès à des albums en intégralité, mais il est cependant très prometteur. Il se rapproche en ça de Beezik où le téléchargement d'un titre s'accompagne du visionnage d'une publicité. Exit donc les gros consommateurs de musique.

Les créateurs l'ont bien dit : il n'y aura de titres gratuits qu'à hauteur de ce que les annonceurs apporteront. Tout repose donc sur le ROI de ce « nouveau » format qui mélange track-listings thématiques et décors publicitaires.

Enfin, on sait très peu de choses sur ce que l'annonceur paye au final : une présence ? Des données comportementales ? Des données personnelles comme le nom et l'adresse e-mail ou postale ? Car c'est finalement cette donnée qui fera de Guvera un succès ou un flop à 20 millions de dollars.

Guvera devrait cependant faire parler de lui dans les semaines à venir, lorsqu'il se sera lancé outre-Atlantique.

dimanche 27 décembre 2009

iTunes, délateur au service d'Hadopi ?

Ce qui devait arriver s'est produit : la commission Hadopi n'aura pas à pister l'adresse IP des « pirates » téléchargeant de la musique sur les réseaux P2P.

Rien de plus simple pour trouver l'identité d'un contrevenant - malgré lui - aux conditions d'utilisation des fichiers numériques. Tout comme le MP3 depuis peu, Apple marque en clair ses fichiers m4u (AAC) avec le nom de l'acheteur. Un simple éditeur de texte suffit à retrouver l'information, située en tête du fichier après l'identificateur name.

Il suffit ensuite d'effectuer une petite recherche sur l'indiscret Google portant sur le nom de ce client d'iTunes. Enfin, si vous n'êtes pas membre de la commission, car sinon rien de plus facile : il suffit de communiquer à Apple le nom et le titre du morceau pour obtenir toutes les données, notamment bancaires, de la personne en indélicatesse.

Un seul petit fichier m'a suffit pour retrouver un certain Philippe P., fan de Snow Leopard et de rugby... Je pense que le réveil sera douloureux en avril prochain pour tous ceux qui achètent de la musique sur iTunes et la partagent naïvement entre amis ;-)

Peut-on en déduire que les premières victimes d'Hadopi seront ceux qui ne piratent pas, justement ?

mardi 10 novembre 2009

Le compte Twitter de Deezer détourné ?

Il semblerait que le compte Twitter de Deezer ait été détourné dans la nuit, les deux derniers twitts étant plus que douteux :

Deezer Twitter

Deezer Twitter

Alors, hack ou pas hack ?

mercredi 4 novembre 2009

Bientôt le grand shift de la musique en ligne ?

On ne veut pas de taxe sur sur le chiffre d'affaires des fournisseurs d'accès à Internet ! Ne cherchez pas, ce n'est pas une annonce faite par l'AFA, mais par David El Sayegh, président du SNEP et reprise par l'AFP.

Dans l'attente du rapport Zelnik

Cette prise de position à rebrousse poils par certains égards, intervient très peu de temps avant de la publication des propositions de la commission (à la méthodologie quelque peu douteuse).Peut-être aura-t-elle comme premier effet de relancer le débat autour de l'Hadopi qui avait un peu perdu de sa vigueur.

A l'origine, la Sacem et l'Adami ont avancé l'idée d'une taxe compensatrice prélevée sur les résultats des FAI : un mécanisme similaire à celle sur la copie privée (chaque support numérique est taxé afin de compenser le manque à gagner du à la copie privée de films ou de CD audio).

Tout sauf la licence globale

Cette levée de boucliers a deux principales raisons :

  1. Elle troublerait le consommateur-internaute comme elle trouble le copieur de CD audio en herbe : si taxe il y a, alors copier ou télécharger je peux. On retrouve très souvent ce raccourci dans les récriminations des internautes à l'égard des "majors".
  2. Mais surtout, elle pourrait créer un précédent pouvant mener vers la licence globale, ultime hérésie pour le SNEP.

A défaut d'innover, effrayons les internautes ; à défaut de leur faire peur, faisons-les payer, tel pourrait être le nouveau credo de la Sacem et de l'Adami, quelques peu défaitistes.

Le SNEP n'aurait probablement pas tenu de tels propos il y a un ou deux ans, avant l'élaboration de la loi Création et Internet. Mais aujourd'hui, le temps presse car le marché du disque et ses modes de consommation associés sont moribonds. La musique est au cœur de tous les enjeux, et les ténors du Web ou de l'informatique grand public sont bien mieux placés que les actuels tenants de cette industrie. La musique accessible partout et pour tous est déjà là, indépendamment du "piratage" P2P.

Demain, c'est aujourd'hui !

Le combat d'arrière garde de l'Hadopi vieillit aussi vite et encore plus mal que les modes de distribution et de consommation actuels de biens culturels. Le grand shift, c'est-à-dire la dématérialisation totale de (l'accès à) la musique, c'est pour aujourd'hui.

Que celle-ci passe par une licence globale, des formats propriétaires verrouillés (MXP4, Cocktail, CMX...) et/ou tout autre mécanisme associé à des lecteurs nouvelle génération, n'a en fin de compte aucune importance pour l'industrie qui remplacera celle du disque. Par contre, pour nous amateurs de musique et vous les artistes, ce choix est essentiel et nous avons tous notre mot à dire.

A condition qu'on nous écoute...

jeudi 15 octobre 2009

Moins de choix sur Deezer

Est-ce le résultat des négociations et de la "normalisation" des relations entre Deezer et les ayant-droits (maisons de disque, artistes, etc.) ? Quoiqu'il en soit, une de mes listes d'écoute ne compte plus que 5 morceaux disponibles sur les 19 que j'avais l'habitude d'écouter.

Playlist Deezer

Comment le grand public peut-il comprendre que d'un côté, l'on défende l'industrie du disque et les artistes avec la loi Création et Internet, et de l'autre des solutions légales et encensées par certains, voient les accords réduire leur catalogue musical ?

Il y a encore décidément beaucoup de chemin à parcourir pour cette industrie, et malgré le cataclysme économique qu'elle traverse, la leçon n'est pas encore retenue... :-(

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