Vialet's blog

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samedi 20 mars 2010

Fiasco commercial pour le format iTunes LP ?

Gorillaz iTunes LP

Apple a lancé il y a six mois son nouveau « format audio » iTunes LP (anciennement dénommé « Cocktail »). N'étant pas adepte de la marque ni de l'iPod, la nouvelle m'a échappé. A ma décharge, Apple se sera montré plutôt silencieux lors du lancement.

Si vous ne savez pas encore ce qu'est iTunes LP, cette petite vidéo promotionnelle vous l'apprendra. En quelques mots, LP est essentiellement du contenu multimédia aurait-on dit il y a 15 ans, parfois totalement original, associé à la musique. Et oui, il vous faudra un iPod pour profiter de ce contenu.

Et pourtant, les maisons de disques ont faire part de leur grande déception face à ce format qui devait donner une nouvelle raison aux consommateurs d'acheter leur musique plutôt que de la pirater : jaquettes et photos haute définition, paroles, vidéos, anecdotes, jeux interactifs sont en effet réunis pour la toute première fois dans un seul et même format téléchargeable (sur iTunes Store seulement, Apple oblige).

Malheureusement, seuls quelques amateurs suffisamment motivés se sont procurés ces LP (un clin d'œil à la dénomination anglo-saxonne du 33T et une incantation au bon vieux temps du vinyle), les autres Apple fanboys n'ayant vu qu'une curiosité de plus. Où alors savent-ils ce qu'est LP ?

Étrangement, le prix d'un album iTunes LP n'est souvent facturé que quelques euros de plus qu'un album standard, et parfois au même prix : comptez 9,99 € pour le « dernier » Hendrix, dont on parle beaucoup dans la presse en ce moment.

Pourtant, le coût de fabrication d'un tel album oscille entre $50.000 et $60.000, somme pratiquement impossible à rentabiliser aux vues du faible nombre de titres écoulés (le dernier album de Gorillaz en LP « pèse » plus de 760 Mo de données pour seulement 11,99 €).

L'avenir ne semble pas rose pour iTunes LP : Steve Jobs n'a pas pris la peine d'évoquer ce format lors de la traditionnelle messe qui intronisait récemment l'iPad, où seules quelques secondes furent consacrées à la musique. Or, iTunes LP est était censé avoir été développé expressément pour ce support.

Apple a tout de même mis un kit de développement à la disposition de la communauté afin d'accélérer l'adoption de ce format ; certains artistes ayant ainsi produit leurs propres albums iTunes LP.

Faut-il en conclure que le contenu n'est donc pas le nouveau Graal face aux habitudes et facilités offertes par le téléchargement illégal ? Qu'en pensent des acteurs comme MXP4 ?

Ndlr : Ce billet est largement inspiré par celui de GigaOM : Apple’s iTunes LP 6 Months Later: LP What?

lundi 8 mars 2010

Guvera, le Ché du téléchargement en ligne

GuveraJ'ai eu le plaisir de tester la semaine dernière la bêta version du site Guvera, étoile montante du téléchargement gratuit de musique. Voici donc un petit compte rendu de ce qu'il est possible de faire sur cette pré-version.

Viva la revolución!

Guvera est un projet qui nous vient de l'autre bout de la planète : l'Australie. Il n'en reste pas moins que ce projet fait beaucoup parler de lui de part son côté « révolutionnaire » tant sur le fond que sur le forme, d'ailleurs.

When prosecution is the only option, its only a matter of time before people make their own changes.

Sur le fond, il s'agit bêtement de téléchargement MP3 financé par la publicité. Mais pas n'importe quelle forme de publicité. Les créateurs ont voulu qu'elle ne soit pas intrusive. Elle prend d'ailleurs le contre-pied des formats publicitaires actuels (le pre-roll de Beezik, par exemple) en intégrant le musique au cœur de la marque et non l'inverse.

Bienvenue dans le channel McDonald's

Pour ce faire, Guvera a créé le principe des Channels : une page sur le site aux couleurs de la marque et bénéficiant d'un certain degré de personnalisation (grands visuels, fond qui habille la page, blocs de textes, liens, etc.). Plusieurs modèles (ou templates) sont prévus à cet effet et d'ores et déjà visibles avec la petite dizaine d'annonceurs que compte la bêta.

Channel Guvera pour Travelsim

L'interface de Guvera se fait d'ailleurs très discrète et fait la part belle à l'espace annonceur. Il est d'ailleurs impossible de télécharger de la musique sans passer ou adhérer au channel d'une marque.

Une qualification basée sur le déclaratif

Lorsque vous vous inscrivez sur Guvera, vous aurez à remplir 11 petits questionnaires qui s'attachent à définir vos goûts et vos habitudes dans des domaines variés comme les loisirs, les vacances, le sport, etc.

Parfois les questions fleurent bon l'Australie (le surf est un thème dominant), mais il est obligatoire de répondre à au moins une question pour chaque questionnaire afin d'obtenir un profil rempli à 100% (quand bien même votre réponse devait être fausse, comme avec le questionnaire Favorites Charities qui ne contient pas de réponse Je ne fais pas de dons).

Informations basiques Guvera

Questionnaire Food de Guvera

A noter que l'adresse postale semble être vérifiée, certainement par l'envoi d'un code qui doit être ensuite renseigné dans un champ déjà présent sur le site.

On peut donc supposer que de la publicité « papier » sera envoyée aux membres. Mais il est difficile de dire ce qui sera réellement communiqué aux marques en matière de données personnelles, ni comment les membres pourront gagner plus de crédits à ce stade de la bêta, si ce n'est en adhérant à d'autres channels.

Du point de vue de l'annonceur

La mise en place d'une campagne annonceur se fait en deux grandes étapes :

  1. L'annonceur créé un channel. Ce faisant, il définit quelle musique il souhaite proposer et un algorithme proche de celui que propose Pandora détermine pour lui les titres les plus « pertinents ».
  2. Viennent ensuite les paramètres de sa campagne de recrutement : l'annonceur caractérise son audience (ses prospects), quelle quantité de musique il est prêt à consacrer par prospect (les titres), ainsi que le montant total qu'il souhaite dépenser pour sa campagne (son plafond).

L'annonceur aura le loisir de consulter en temps réel, c'est-à-dire au fur et à mesure des téléchargements, le profil-type et les comportements de sa cible.

Liste des channels disponibles

Lorsqu'un membre de Guvera recherche de la musique, il se voit proposer une liste de channels d'annonceurs répondant à ses critères. En consultant un channel, il se voit attribuer des crédits afin de télécharger son titre ; un téléchargement ou une écoute en streaming valant 1 crédit - oui, Guvera propose aussi du streaming on demand !

Les annonceurs proposent en moyenne deux crédits par membre ciblé, soit deux téléchargements MP3 en 256 Kbps. J'ai pu télécharger quelques titres sympa, comme My Sharona du groupe The Knack. Mais l'ensemble sent tout de même le fond de catalogue, bêta oblige.

Le modèle économique est un peu plus obscur : un annonceur payera une certaine somme par téléchargement, les maisons de disque recevant en retour un pourcentage de cette somme (qui devrait comprendre au moins le prix du titre...). A la lecture de différents articles, il n'est pas sûr que le montant payé aux maisons de disque soit au final de 70c le titre, mais moins !

Quelques données sur l'entreprise

A l'heure actuelle, les labels ou distributeurs ayant signé avec Guvera sont au nombre de 4 : EMI et Universal Music pour les majors, secondés de IODA et INGrooves (qui a d'ailleurs récemment signé avec MOG et Deezer). Seul le catalogue EMI semble être en partie disponible sur la bêta...

Claes Loberg, Finbar O'Hanlon et Dan Thompson

La société a levé 10 millions de dollars l'année dernière et a récemment bouclée une deuxième levée de fonds 20 millions de dollars. Une grande fête a été organisée à New York où trônait un énorme « Revolution » sculpté dans un bloc de glace B-)

Enfin, il semblerait que seuls les États-Unis soient bloqués à la porte du site et que l'Europe ait été « oubliée » lors de la mise en place du filtrage géographique (le magazine Wired s'en plaignait). Il faut simplement être un peu malin lors de l'inscription... A bon entendeur ;-)

Révolutionnaire ?

Guvera n'est pas en soit un modèle révolutionnaire dans la mesure où il ne donnera pas accès à des albums en intégralité. Exit donc les gros consommateurs de musique. Mais il est cependant très prometteur et se rapproche d'un Beezik où le téléchargement d'un titre s'accompagne du visionnage d'une publicité.

Les créateurs l'ont bien dit : il n'y aura de titres gratuits qu'à hauteur de ce que les annonceurs daigneront apporter. Tout repose donc sur le ROI de ce « nouveau » format qui mélange track-listings thématiques et décors publicitaires.

Enfin, on sait très peu de choses sur ce que l'annonceur paye au final : une présence ? Des données comportementales ? Des données personnelles comme le nom et l'adresse e-mail ou postale ? Car c'est finalement cette donnée qui fera de Guvera un succès ou un flop à 20 millions de dollars.

Guvera devrait cependant faire parler de lui dans les semaines à venir, lorsqu'il se sera lancé outre-Atlantique.

dimanche 27 décembre 2009

iTunes, délateur au service d'Hadopi ?

Ce qui devait arriver s'est produit : la commission Hadopi n'aura pas à pister l'adresse IP des « pirates » téléchargeant de la musique sur les réseaux P2P.

Rien de plus simple pour trouver l'identité d'un contrevenant - malgré lui - aux conditions d'utilisation des fichiers numériques. Tout comme le MP3 depuis peu, Apple marque en clair ses fichiers m4u (AAC) avec le nom de l'acheteur. Un simple éditeur de texte suffit à retrouver l'information, située en tête du fichier après l'identificateur name.

Il suffit ensuite d'effectuer une petite recherche sur l'indiscret Google portant sur le nom de ce client d'iTunes. Enfin, si vous n'êtes pas membre de la commission, car sinon rien de plus facile : il suffit de communiquer à Apple le nom et le titre du morceau pour obtenir toutes les données, notamment bancaires, de la personne en indélicatesse.

Un seul petit fichier m'a suffit pour retrouver un certain Philippe P., fan de Snow Leopard et de rugby... Je pense que le réveil sera douloureux en avril prochain pour tous ceux qui achètent de la musique sur iTunes et la partagent naïvement entre amis ;-)

Peut-on en déduire que les premières victimes d'Hadopi seront ceux qui ne piratent pas, justement ?

mardi 10 novembre 2009

Le compte Twitter de Deezer détourné ?

Il semblerait que le compte Twitter de Deezer ait été détourné dans la nuit, les deux derniers twitts étant plus que douteux :

Deezer Twitter

Deezer Twitter

Alors, hack ou pas hack ?

mercredi 4 novembre 2009

Bientôt le grand shift de la musique en ligne ?

On ne veut pas de taxe sur sur le chiffre d'affaires des fournisseurs d'accès à Internet ! Ne cherchez pas, ce n'est pas une annonce faite par l'AFA, mais par David El Sayegh, président du SNEP et reprise par l'AFP.

Dans l'attente du rapport Zelnik

Cette prise de position à rebrousse poils par certains égards, intervient très peu de temps avant de la publication des propositions de la commission (à la méthodologie quelque peu douteuse).Peut-être aura-t-elle comme premier effet de relancer le débat autour de l'Hadopi qui avait un peu perdu de sa vigueur.

A l'origine, la Sacem et l'Adami ont avancé l'idée d'une taxe compensatrice prélevée sur les résultats des FAI : un mécanisme similaire à celle sur la copie privée (chaque support numérique est taxé afin de compenser le manque à gagner du à la copie privée de films ou de CD audio).

Tout sauf la licence globale

Cette levée de boucliers a deux principales raisons :

  1. Elle troublerait le consommateur-internaute comme elle trouble le copieur de CD audio en herbe : si taxe il y a, alors copier ou télécharger je peux. On retrouve très souvent ce raccourci dans les récriminations des internautes à l'égard des "majors".
  2. Mais surtout, elle pourrait créer un précédent pouvant mener vers la licence globale, ultime hérésie pour le SNEP.

A défaut d'innover, effrayons les internautes ; à défaut de leur faire peur, faisons-les payer, tel pourrait être le nouveau credo de la Sacem et de l'Adami, quelques peu défaitistes.

Le SNEP n'aurait probablement pas tenu de tels propos il y a un ou deux ans, avant l'élaboration de la loi Création et Internet. Mais aujourd'hui, le temps presse car le marché du disque et ses modes de consommation associés sont moribonds. La musique est au cœur de tous les enjeux, et les ténors du Web ou de l'informatique grand public sont bien mieux placés que les actuels tenants de cette industrie. La musique accessible partout et pour tous est déjà là, indépendamment du "piratage" P2P.

Demain, c'est aujourd'hui !

Le combat d'arrière garde de l'Hadopi vieillit aussi vite et encore plus mal que les modes de distribution et de consommation actuels de biens culturels. Le grand shift, c'est-à-dire la dématérialisation totale de (l'accès à) la musique, c'est pour aujourd'hui.

Que celle-ci passe par une licence globale, des formats propriétaires verrouillés (MXP4, Cocktail, CMX...) et/ou tout autre mécanisme associé à des lecteurs nouvelle génération, n'a en fin de compte aucune importance pour l'industrie qui remplacera celle du disque. Par contre, pour nous amateurs de musique et vous les artistes, ce choix est essentiel et nous avons tous notre mot à dire.

A condition qu'on nous écoute...

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