ZeroThune devient Urban Music

Logotype Urban Music, tous droits réservés

Lancée il y a maintenant un an et demi, le dernier site de téléchargement gratuit financé par la publicité de France a annoncé sur sa page Facebook qu'il devenait Urban Music (avec comme tagline Plus de musique, plus d'infos).

Ce changement d'identité fait suite à l'orientation résolument musicale du projet : exit donc la mise en avant de la qualification des internautes afin de leur pousser de la publicité ultra-ciblée et la promesse de télécharger gratuitement de nombreux morceaux de musique.

Urban Music s'impose ainsi comme étant un site de contenu vivant essentiellement à travers Facebook (et ses 4300 fans) et proposant en marque blanche le catalogue de 7digital à des tarifs bien supérieurs payés en thunes, la monnaie locale.

Vers un modèle purement orienté contenu ?

Annonce Facebook du changement d'identité visuelleLa page Facebook où cette annonce a été uniquement publiée est d'ailleurs le reflet de ce positionnement « contenu » : les messages qui s'y succèdent ne concernent que l'actualité musicale et ne font plus référence aux données personnelles, qui ont pourtant été l'ADN du projet et sont plus que jamais sous les feux des médias (cookies, PRISM, Criteo, etc.).

Urban Music est le premier site d'informations musicales, d'écoute et de téléchargement.

Bien que disposant d'une audience plus que confidentielle avec moins de 10 000 visites par mois, le site claironne être le premier site d'informations musicales, d'écoute et de téléchargement.

Le fait de placer le mot téléchargement en toute fin de phrase est révélateur de ce nouveau positionnement qui n'est dû qu'au manque d'intérêt de la formule vis-à-vis du grand public et l'incapacité de la société Urban Musique (sic) à commercialiser sa base.

Dans un précédent billet, je soulignais d'une part l'absence totale de messages publicitaires permettant de gagner des thunes, la monnaie virtuelle (dont on se demande ce qu'elle deviendra avec la disparition de ZeroThune) et d'autre part le fait que le mécanisme de gains en thunes encourageait l'internaute à remplir tout et n'importe quoi.

Des questionnaires qui aujourd'hui ne semblent plus du tout fonctionner. Enfin, de la publicité classique faite de grands bandeaux intrusifs non rémunérateurs pour le membre a fait son apparition sur le site.

Si ce n'est en utilisant la méthode complexe du cash back poussée par la Société Générale, c'est-à-dire effectuer un achat en ligne chez un partenaire afin de se voir gratifier de quelques thunes plusieurs semaines après, l'utilisateur n'a concrètement plus la possibilité de gagner des thunes et donc de télécharger gratuitement des morceaux au format MP3.

Lancement d'un quiz

Paradoxalement, il est maintenant possible d'échanger des « thunes » qui se font rares (sauf si vous les achetez, sic) afin de les jouer en ligne au quiz des mille thunes.

Ce jeu censé permettre d'affronter d'autres internautes et de gagner quelques « thunes » n'est d'ailleurs pas tout à fait finalisé, pour ne pas dire pas fini du tout.

Ce changement d'identité dont on ne peut pas dire qu'il soit très bien géré, bien qu'en phase avec l'orientation du projet, ne sera sans doute pas sans conséquences à la fois sur le référencement du site qui repose essentiellement sur le nom ZeroThune et sur le positionnement de l'offre face à une audience qu'on imagine circonspecte.

Enfin, Urban Music n'est toujours pas présent dans le catalogue des offres légales poussé par la Hadopi et qui vient justement de bénéficier d'une refonte tout en étant relancé... sous un autre nom ! Le label PUR.fr devient ainsi offrelegale.fr.

Après la disparition de Beezik qui aurait pu profiter à la start-up, ses fondateurs enterrent encore un peu plus un modèle pourtant original et prometteur. Encore un peu et ZeroThune sera finalement devenu un couteux blog musical reposant sur le contenu de Music Story et quelques articles pêchés sur la toile.

Mise à jour : Selon Infogreffe, Urban Musique, société éditrice du site ZeroThune/Urban Music, aurait réalisé au 31 décembre 2012 (soit 6 mois après son lancement) un chiffre d'affaire de 99 € pour une perte de 127 299 €. Son fondateur dans une interview datée de novembre 2012 espérait justement atteindre l'équilibre financier fin 2012.

Enfin, suite à ce changement de dénomination et donc de nom de domaine, l'audience du site déjà faible aurait baissé de moitié.

Guillaume

Author: Guillaume

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